Cormier

  • Uzès ou nulle part

    Corinne Hoex

    • Cormier
    • 1 October 2020

    Ce nouveau livre de poésie de Corinne Hoex convoque la figure du vent, figure sans repos qui nous enfonce dans l'impression d'un vide inaliénable qui ne nous trompe pas au sujet de l'univers poétique que nous révèle ce titre, Uzès ou nulle part : tout ce qui demeure hors d'atteinte, tous ces paysages intérieurs, sont rejoints, touchés. Et ce serait une profonde erreur que de croire y découvrir quelque légèreté après y avoir identifié une telle obstination à tâter le fond de l'existence pour approcher au plus près ces lieux où aucune paix n'est jamais acquise. Au-delà de l'expérience singulière, cette parole poétique resserrée comme nulle autre, désigne un dénuement extrême, comme elle montre cette fragilité secrète épousant les limites de l'expression, et où se joue la présence de ce qui s'est absenté, où se découvre un quotidien épuré de ses strates inutiles afin d'atteindre le plus démuni qui est aussi chez elle le plus dense, là où l'autre se trouve désormais : nous nous offrirons / l'un à l'autre / de beaux moments / de manque, écrit-elle. Ce sont les coups et blessures qui s'y dissimulent, que l'on pouvait croire un instant égarés ; et qui reviennent avec une précision de la langue, de l'expression, celle d'une passion qui embrasse le vent. Quelque chose d'une urgence, d'une brûlure traverse ce livre exceptionnel.

  • Les ruderales

    Szpilmann Harry

    Les rudérales sont des plantes qui poussent en toute liberté sur les terrains en friche, sur les bords des chemins ou dans la proximité de l'habitat humain. Et telle apparaît la parole poétique de Harry Szpilmann, singulière autant que remarquable par la lucidité dont elle fait preuve et la liberté d'expression qu'elle s'autorise. Le monde des Rudérales se construit en réponse à une attente toujours fragile et indécidable, à l'étonnement face à ce qui se montre, la rencontre du réel, sa morsure. C'est toute la présence de l'expérience sensible qui se trouve mobilisée, cependant que cette profusion du regard se double d'une réflexion sur le livre en train de se faire et les possibilités de l'écriture poétique, sa puissance et sa précarité. Pour autant, aussi attentive soit-elle aux ressorts de la parole et à leur soubassement de silence, la poésie d'Harry Szpilmann n'a rien d'un simple jeu formel. Elle se maintient coûte que coûte sur le fil d'une interrogation inquiète, pointant les désastres approchés par l'image, par l'imaginaire, afin de ramener à soi la matière improbable qui insuffle au poème sa chair et son tracé.

  • L'arbre en chemin

    Philippe Jones

    • Cormier
    • 1 October 2015

    L'Arbre en chemin s'inscrit dans le sillage de Parenthèses, paru voici deux ans. Dans cette suite alternant poèmes en vers et en prose, il semble que Philippe Jones condense en quelques pages aussi denses que limpides l'expérience de toute une vie en poésie. L'arbre occupe depuis toujours une place privilégiée dans l'imaginaire de l'auteur. Le revoici tel qu'en lui-même, campé dans sa matérialité d'arbre, mais simultanément envisagé dans toutes ses connotations symboliques, et enfin comme une métaphore de l'écriture poétique (« un arbre s'enracine / et se forge l'image »). À l'instar d'un arbre, le livre progresse en se ramifiant, évoquant tour à tour le rapport du poète au monde sensible, la femme, l'amour et le couple (ces deux êtres qui n'en font qu'un), les éléments essentiels d'un paysage intérieur - avant de se clore par le rappel discret d'un épisode tragique fondateur de la vie de l'auteur. La dédicace ouvrant le livre s'éclaire alors, et l'on comprend in fine que ce livre dessine aussi un autoportrait en creux.

  • Enfin mort

    Caroline Lamarche

    • Cormier
    • 15 February 2014

    Dans cette suite de courts textes en prose, un frère et une soeur s'expriment tour à tour. Querelle, fugue, drame ou retrouvailles ? Chacun a sa version des faits.
    La relation fusionnelle entre un frère et une soeur - deux adultes restés des enfants sauvages qui inventent en marge du monde leur propre règle du jeu -, Caroline Lamarche l'avait déjà explorée dans son roman "Karl et Lola". Mais si elle reparaît ici, c'est dans une tonalité plus ouvertement onirique. Il s'agit en effet, dans "Enfin mort", moins de personnages que de voix opposées et complémentaires, l'animus et l'anima en quelque sorte - ou encore l'aigle et le condor du texte final -, dialoguant comme en songe. D'un texte à l'autre circule tout ce qui fait la singularité de l'écriture de Caroline Lamarche, le lien frémissant au monde sensible, le sens inné du détail concret, la création d'images aussi justes qu'inattendues.

  • Ulysse Lumumba

    Laurent Demoulin

    • Cormier
    • 1 April 2014

    Comme son titre, "Ulysse Lumumba", l'indique peut-être, ce livre mêle l'histoire, proprement historique, d'un homme politique congolais nommé Patrice Émery Lumumba et la légende grecque (et donc occidentale) d'Ulysse, telle que nous l'a rapportée Homère. Il invente pour ce faire une forme hybride et inclassable, mariant la prose et la poésie, le récit, la fable et la méditation, le lyrisme et l'humour, le pastiche, le détournement référentiel et le brassage intertextuel où Dante et Rimbaud rencontrent Aimé Césaire.
    Un tel foisonnement permet à Laurent Demoulin de multiplier les points de vue, de déconstruire en finesse et sans angélisme le regard occidental sur l'Afrique - non sans interroger au passage sa propre position d'auteur ; mais aussi de croiser et faire dialoguer les traditions culturelles africaine et européenne. En filigrane, une question : que faire, lorsqu'on est d'une génération ayant grandi au tournant des années 1960-1970 dans une Belgique encore prospère et tranquillement assise sur ses certitudes, avec le passé colonial du pays ; comment vivre aujourd'hui avec "ça" ?

  • Västerås

    Elke De Rijcke

    • Cormier
    • 15 December 2012

    À la fois portrait et récit, ce livre est tout d'abord le journal poétique d'un séjour à Västerås, ville proche de Stockholm. L'auteur s'y est rendue en 2006 pour s'imprégner des paysages du "Sacrifice", le dernier film d'Andreï Tarkovski. Västerås est l'espace-temps non maîtrisable où s'esquisse, au fil des heures, la rencontre insaisissable avec la voix et le corps du cinéaste éparpillé à travers les champs, rivé aux lacs, résolu dans les nuages. À la façon d'un séismographe, l'écriture enregistre le champ magnétique de cette expérience qui transforme, dès l'arrivée sur place, les capacités de la perception sensorielle et du savoir. Or, "Västerås" est aussi le temps d'un bilan de la quarantaine, qui considère le fruit de vingt ans de vie d'adulte. Fruit aux goûts suspects d'une émancipation devenue impraticable par un temps de mauvaise conjoncture. L'auteur y évalue le tracé, l'état et la valeur des éléments qui ont déterminé sa vie : la poésie, l'amour, le travail, les amitiés, la féminité. "Västerås" est le livre-extraction d'un âge qui plonge dans la durée tout comme dans l'instantané d'une vie, à travers l'aventure du journal et de la phrase poétique.

  • Contre jour

    Corinne Hoex

    • Cormier
    • 15 February 2009

    "Contre Jour" est un livre bref, d'une économie d'autant plus étonnante que son auteure parvient à condenser en quelques mots tout un univers de sensations qui sont dans un premier temps construites autour de couleurs et de formes et où les lieux minimalement évoqués sont présents à la manière d'une énigme. C'est alors sur un tout autre plan que se découvre la profondeur de cette écriture poétique d'une grande sobriété. Ce sont les effets d'étrangeté que porte cette écriture, c'est le sentiment de vertige qu'elle produit chez le lecteur qui retient immédiatement l'attention. Comme s'il s'agissait de lever un secret auquel nous ne pourrons pas accéder, mais qui se présente sous les aspects d'une obsession poursuivie avec obstination. Et c'est tout autant l'évocation du processus de la création picturale qui agit comme un palimpseste, à travers les rythmes de la voix. Et c'est une interrogation plus large sur le destin de l'être qui se découvre à travers les gestes et les rêves approchés, une manière d'aller à l'essentiel de la condition humaine sans aucun pathos, mais avec une densité et une justesse qui entame le réel, ce à quoi nous sommes toujours confrontés.

  • Cases départ

    Luc Delisse

    • Cormier
    • 20 May 2018

    Ce livre relate une série d'incursions temporelles dans l'année 1967.

    Coup après coup, 72 poèmes viennent trouer l'écran noir du passé pour faire surgir des rais de lumière.

    C'est l'époque où mon enfance commençait à céder de toutes parts sous la pression des forces extérieures : je sentais que j'allais devoir quitter ce royaume en ruines. Un sentiment d'urgence me gagnait. Chaque jour était un nouveau départ.

    De cette année engloutie, la plus ancienne où je puisse circuler en esprit, je n'ai pas une vision panoramique. Elle est morcelée. Elle m'apparaît comme une suite de lieux et de moments d'intensité variable, séparés les uns des autres par des portes invisibles, dont on devine la présence mais qui ne se laissent pas franchir. Chaque séquence demeure autonome. Le passage de l'une à l'autre se fait par coupures soudaines, par sauts imprévus dans un autre épisode frappant de cette histoire inachevée.

    Et pourtant, la perception de l'ensemble est là, comme dans un rêve profond où l'on perd sans arrêt le fil, tout en sachant qu'on en est à la fois le protagoniste et le témoin. On sait qu'on rêve. On sait qu'on va bientôt se réveiller. Une inquiétude diffuse accompagne la remontée vers la conscience : quelles pépites, quel butin va-t-on pouvoir ramener au grand jour ?

  • Poésie complète

    Guy Vaes

    • Cormier
    • 8 March 2018

    Écrivain francophone originaire d'Anvers, Guy Vaes (1927-2012) a publié de la poésie, des romans et des essais. Il était aussi photographe et grand arpenteur des villes, d'Anvers à Londres. Son premier recueil de poèmes, Ce qui m'appartient, paraît en 1952. Son premier roman, Octobre long dimanche (1956), salué par Julio Cortazar, est devenu un classique du « réalisme fantastique » belge. En 1983, son deuxième roman, l'Envers, reçoit le prix Rossel. Il publiera deux autres romans au début des années 2000, les Apparences et les Stratèges. Essayiste perspicace dans Londres ou le Labyrinthe brisé (1963), la Flèche de Zénon (1966) et le Regard romanesque (1987), il fut aussi un critique de cinéma d'une grande pénétration.

    Édition critique bilingue avec un essai et des notes de Bart Vonck.

  • Celles d'avant

    Corinne Hoex

    • Cormier
    • 15 February 2013

    Corinne Hoex pratique une poésie volontiers narrative, d'une trompeuse simplicité, qui privilégie une langue épurée où chaque mot, choisi avec une parfaite justesse, fait mouche dans la sensibilité du lecteur.
    Tout en s'inscrivant dans la continuité de ses précédents recueils, "Celles d'avant" témoigne à la fois d'un approfondissement et d'un élargissement de sa palette. Dans ses romans ("Le Grand Menu", "Ma robe n'est pas froissée", "Décidément je t'assassine"), Corinne Hoex n'a cessé de se colleter avec la domination de la famille et plus particulièrement l'emprise de la figure maternelle. Ce thème est à nouveau au coeur du présent recueil, où il se teinte d'une coloration fantastique tout à fait nouvelle dans son oeuvre. Les "celles d'avant" du titre, ce sont d'inquiétants fantômes qui murmurent dans la nuit et s'invitent sans façon, c'est le poids obsédant des générations antérieures dont il est impossible de se défaire. Le tout traité avec une belle âpreté, entre humour noir et cauchemar fantasmatique.

  • Couleurs d'un éveil

    Philippe Jones

    • Cormier
    • 15 December 2010

    La poésie de Philippe Jones est habitée par un imaginaire qui ne cesse de porter la parole depuis l'expérience la plus immédiate vers les rives les plus incertaines de cet inconnu qui nous habite et qui nous environne. Dans "Couleurs d'un éveil", l'alternance entre textes en prose et suites en vers maintient l'équilibre entre la saisie sensible du réel, à juste distance, et l'aspect critique affirmant un rapport au monde devenu plus problématique que jamais.

  • Célébration

    Serge Meurant

    • Cormier
    • 15 December 2009

    Dixième recueil de Serge Meurant publié au Cormier, "Célébration" porte bien son titre. La poésie de Serge Meurant est bel et bien célébration fidèle des proches, vivants ou disparus, et ce nouveau recueil, qui fait suite à "Vulnéraire" paru voici vingt ans, le rappelle d'un timbre murmuré, comme à voix basse. À l'émotion tenue à juste distance répond une prosodie dont la simplicité repose sur un travail attentif au rythme interne du vers, à la pesée exacte de chaque mot.
    Depuis son premier recueil, "Le Sentiment étranger", en 1970, Meurant a toujours fait preuve d'une même démarche, marquée par une quête permanente du dépouillement et du dessaisissement, comme l'écrivait à son propos Pierre Chappuis dans la "Nouvelle Revue française". Chez lui règne une atmosphère particulière, comme si l'on baignait dans un clair-obscur, entre le proche et le lointain des choses, entre dit et non-dit. "Célébration" témoigne à nouveau de cette poésie du murmure, sinon de l'effacement, bien qu'elle soit évocation d'une expérience de la vie dans ses aspects les plus concrets. Conscient de la précarité de toute chose, et de la légèreté de l'être qu'il ne tient pas pour insoutenable parce qu'une sagesse très ancienne l'y a initié de longue date, l'auteur charge quelques mots d'être des fétus sur le cours du temps. Ses poèmes semblent fragiles, mais ils sont de l'ordre des roseaux qui ne se rompent pas. Meurant est de ces poètes qui engagent le lecteur à une écoute à ras des mots, mais qui propulsent vers d'insoupçonnables contrées.

  • Jaune

    Anne Penders

    • Cormier
    • 15 February 2009

    La poésie comme un itinéraire de la voix, comme un parcours de la parole qui se découvre au fil des déplacements sur les routes d'un continent toujours incertain. La poésie comme un voyage où la parole accompagne les paysages, les lieux, les places, et simultanément comme une traversée intérieure où peu à peu se révèlent à chaque instant les sensations et les émotions, ouvrant ainsi un dialogue intime et intense entre l'auteure et le monde qui se déroule et se révèle peu à peu à elle. Jaune est un carnet intime où le plus extérieur de soi, toutes ces réalités croisées, pénètrent en soi et viennent se déposer dans la mémoire pour revivre presque instantanément sous la forme d'une parole poétique qui voudrait que rien ne lui échappe, que la moindre chose mérite d'être évoquée puisqu'elle porte sens, puisqu'elle fait signe au coeur de la vie.
    Ce livre est tout autant le journal d'une errance. Il est le résultat des associations plus ou moins libres entre ce qui est vu et ce qui est ressenti, entre ce qui est traduit par l'auteure et que rend cette écriture, et qui nous conduit de la sensation à l'expression.

  • Malfeu

    Bart Vonck

    • Cormier
    • 15 March 2012

    "Malfeu" est la traduction française de "Wanvuur", paru en néerlandais en 2008.
    Dans cette suite de poèmes en prose, Bart Vonck cherche à pénétrer les mondes multiples, souvent aléatoires, de la vie quotidienne afin de les rejoindre jusque dans l'infime détail. Chaque poème déplace notre regard pour mieux faire voir ce qui généralement se dérobe à notre attention, comme pour nous faire prendre conscience de l'étrangeté du monde qui nous entoure. C'est ainsi que "l'oeil étranger", comme il l'écrit - c'est-à-dire le regard constamment à l'affût qui se tient néanmoins à bonne distance pour ne pas se laisser submerger par les plates évidences -, nous révèle la plus grande clarté des choses et de la vie, puisque "ce qui reste étranger peut seul être appris". C'est ainsi qu'il s'invite comme il convie le lecteur à "s'éloigner au plus vite des chemins préférés des voyageurs". C'est ce "monde réel" qu'il tente de saisir au plus près, dans sa "densité des plus concrètes".

  • Sorties du temps

    Luc Dellisse

    • Cormier
    • 12 February 2015

    Luc Dellisse est poète, romancier, scénariste. Toutes ces facettes convergent dans Sorties du temps. Cette suite de poèmes en prose (où se glissent quelques textes en vers) peut en effet se lire comme autant de courts métrages imaginaires où les images crépitent en décharges électriques ou en étincelles de foudre. Un personnage y circule dans une réalité hérissée de menaces troubles et de pièges, mais ouverte à tout moment à la possibilité de rencontres amoureuses. Le présent n'existe pas, pas vraiment. Il est irrigué par la mémoire, il est riche de tous les futurs possibles. Il n'y a pas de différence essentielle entre décrire sa vision d'il y a trente ou quarante ans, et fixer un certain mouvement des arbres, des visages ou du plaisir, qui est seulement en train de naître. De même qu'une goutte d'eau contient l'univers, le poème est le prisme qui permet de condenser ce champ de visions superposées ; et ainsi d'effectuer comme par effraction des plongées hors du temps.

  • Leçons de ténèbres

    Corinne Hoex

    • Cormier
    • 1 June 2017

    Ces Leçons de ténèbres de Corinne Hoex ont ceci de singulier : ils sont une leçon de poésie indissociable d'une leçon de vie, c'est-à-dire, une leçon de lucidité qui sait rejoindre et atteindre l'autre.
    Dans une langue poétique très maîtrisée, l'auteur habite au plus près sa voix pour nous faire partager ce qui échappe trop souvent à notre attention. Ainsi chaque poème respire, tient son propre souffle, inscrit sa solitude, celle d'une indivisible et humaine condition.
    Des textes brefs, d'une étonnante densité, composent ce livre. On le sait, les Leçons de ténèbres appartiennent à l'histoire de la musique liturgique depuis la Renaissance et l'époque baroque. Chez Corinne Hoex, une distance nécessaire est prise puisque nous sommes à la fois loin et cependant près des compositions musicales de Carlo Gesualdo, cette légende noire. Mais aussi de Marc-Antoine Charpentier et autres François Couperin. Ce titre, Leçons de ténèbres, que tous auront servi, connaîtra une longue descendance, au point de venir se prolonger dans ce que l'on tient pour le plus contemporain. Ces leçons auront été des leçons de solitude, d'abord, d'une farouche splendeur. Chez Corinne Hoex, chaque mouvement des cinq suites poétiques qui composent ce livre inscrit notre monde et la conscience que nous en prenons en son état présent, en ce présent éternel, consignant l'évocation de cette condition humaine qui aura traversé toutes les époques. Le chant qui les porte renonce à toute complaisance. Ainsi écrit-elle en ouverture de ces suites : Nous devons être perdu / Pour chanter.
    Ces textes parlent, nous parlent, comme rarement. Ce livre ne fait songer à aucun autre livre de poésie. Car cette poésie nous éclaire sans jamais perdre ce qu'elle recèle d'énigmatique.

  • Trèfle incarnat réunit deux suites de vingt poèmes inspirées respectivement par les oeuvres de Francis Bacon et de Paul Klee. Chaque poème - d'une longueur fixe de dix-sept vers - renvoie précisément à un tableau de ces deux peintres. Bien au-delà d'une démarche descriptive, il s'agit de dégager le complexe de sensations qui trouve son motif dans la vision pour s'élever jusqu'à l'expression. L'expérience poétique tend alors la main à l'expérience picturale - non pour prendre sa place mais pour en révéler les possibles, pour en signaler les complicités, pour alerter notre vision sur des toiles de Francis Bacon, de Paul Klee. La parole poétique de Rose-Marie François donne à voir, elle fait apparaître en dépaysant le lecteur pour mieux le familiariser avec l'insolite des formes et des couleurs de deux artistes parmi les plus important du XXe siècle.

  • La clef des champs

    Philipe Rivaud

    • Cormier
    • 28 February 2019

    Philippe Rivaud est né en 1972 à Annecy (France). Docteur en science politique, ses premiers contacts avec l'écriture l'ont porté à la chronique littéraire (1996-2001). Très influencé par l'épure poétique de Pierre Reverdy notamment. L'Heure blanche est son premier recueil de poésie.

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