Cnrs

  • Figure emblématique du monde spirituel ottoman, le derviche tourneur fascine les Occidentaux depuis des siècles. Si la doctrine de la Mevleviye, cette confrérie soufie fondée par Rumi au XIIIe siècle, a fait l'objet de nombreux travaux érudits, la vie des derviches, leurs pratiques, leurs rituels quotidiens, demeurent encore méconnus.

    S'appuyant sur le parcours et l'oeuvre d'Ankaravî (mort en 1631), principal disciple de Rumi, cette étude analyse le soufisme à un moment où le pouvoir ottoman cherche parmi les confréries des responsables à sa décadence.

    Ecrivain célèbre, auteur de textes savants et mystiques dont l'influence perdure, cheikh du tekke de Galata à Istanbul, Ankaravî a rédigé le Minhâc'ül-fukara, maître-livre de la confrérie, à la fois défense des derviches et véritable manuel initiatique. Alberto Fabio Ambrosio présente, traduit et analyse ici l'ensemble des textes qui permettent de comprendre les pratiques des derviches tourneurs dans leurs formes et leurs structures.

    Une initiation lumineuse à l'histoire et à la symbolique de la voie mevlevîe.

  • Syrie, une nouvelle ère des images : de la révolte au conflit transnational Nouv.

    Depuis 2011, la re´volte et le conflit en Syrie ont ge´ne´re´ une masse conside´rable d'images produites par des manifestants, des activistes et des combattants. Disse´mine´es sur Internet ou dans des cartes me´moires de te´le´phones portables, elles rendent compte de manie`res de documenter, de raconter et de vivre la protestation, l'engagement, la guerre et la violence extre^me. Cet ouvrage explore ce vaste territoire d'images et de sons pour e´clairer d'un nouveau jour ce conflit, ses acteurs, ses temporalite´s et les imaginaires qui s'y de´ploient. A` partir d'enque^tes nume´riques mais aussi d'entretiens aupre`s de ceux qui ont filme´, il s'agit de saisir les multiples formes d'expression de la re´volte et son basculement dans une guerre dont les enjeux de´passent les frontie`res syriennes. Au plus pre`s de la fabrique, des usages et des grammaires de productions audiovisuelles issues de diffe´rents espaces du conflit, l'objectif est e´galement de comprendre comment elles coexistent et s'affrontent.

  • La révolution néolithique est sans doute l'un des événements majeurs de l'histoire humaine. Indépendamment, dans plusieurs régions du monde, des espèces animales et végétales sont domestiquées, permettant une maîtrise des ressources alimentaires.

    Il en résulte une explosion démographique sans précédent qui conduit en quelques millénaires à des sociétés inégalitaires et violentes où apparaissent des villes et des États. Cet ouvrage, associant les points de vue d'archéologues, d'anthropologues, de linguistes, de généticiens, d'agronomes, s'interroge sur les causes de cette révolution et en décrit les diverses formes dans les principales régions du monde - Proche-Orient, Afrique, Chine, Amériques, Océanie, Japon - grâce aux acquis les plus récents de la recherche.

    En résulte une analyse des conséquences sociales, économiques, culturelles, mais aussi écologiques et démographiques de l'invention de l'agriculture et de l'élevage qui est, peut-être, la première grande rupture des équilibres entre l'homme et la nature.

  • Les pre´occupations environnementales et paysage`res se positionnent au coeur des questions socie´tales actuelles. Focalise´s sur les futurs possibles et la prospective, de nombreux travaux scientifiques sous-estiment l'enracinement de ces proble´matiques dans le temps long des dynamiques sociales et naturelles. L'e´clairage par l'e´paisseur de l'histoire et par l'inscription de ces phe´nome`nes dans l'espace s'ave`re ne´anmoins indispensable pour appre´hender dans leur complexite´ les trajectoires d'e´volution des syste`mes environnementaux et paysagers, appre´hende´s comme des socio-e´co-syste`mes. En plac¸ant au coeur de sa de´marche l'articulation entre le temps long, le temps interme´diaire et e´ve´nementiel, la ge´ohistoire, ouvre un espace pour e´crire une histoire de l'environnement et des paysages renouvele´e, centre´e sur les sciences sociales. Entre tradition de l'approche braude´lienne et renouvellement des outils et des me´thodes, la ge´ohistoire est une contribution scientifique majeure aux questions de notre temps. Et si la compre´hension du passe´, des he´ritages lie´s aux interactions entre socie´te´s et environnements du passe´ e´tait une des cle´s pour la compre´hension et une gestion durable de l'environnement ?
    Au travers d'une se´rie d'e´tudes de cas localise´es dans diffe´rents environnements montagnards (Alpes, Pyre´ne´es, Massif Central, Apennins italiens...), forestiers (fore^ts de Chambord, de l'Avenois, Massif du Lube´ron...), fluviaux (Garonne, Loire, Hers-Mort...) et de zones humides et marais (Delta du Danube, Niayes du Se´ne´gal, marais atlantiques, Grossetto toscan...), cet ouvrage illustre par l'exemple les me´thodes de la ge´ohistoire et leur applications a` la gestion de l'environnement. Abordant ces notions d'un point de vue pratique mais aussi the´orique, il permet un acce`s facile a` un large public, curieux de connaissances pluridisciplinaires sur les paysages extraordinaires mais aussi les paysages ordinaires.

  • Les nombreuses discussions sur le communautarisme en France déchaînent les passions. Ce thème est source de clivages et objet d'idées reçues qui finissent, à force d'être répétées, par gagner force de vérité. Cet ouvrage souhaite poser à nouveau frais les bases du débat, en privilégiant l'angle du religieux. Donnant la parole à des chercheurs de diverses disciplines qui apportent des éclairages complémentaires, il propose de réexplorer le mot et la chose. Qu'entend-on lorsque l'on parle de communau- tarisme religieux ? Traduit-il des réalités concrètes et mesurables ? Varient-elles selon les diverses « communautés » que compte la France ? Autant de questions délicates que les auteurs abordent, entre passé et présent, afin de poser un regard scientifique et distancié sur un sujet brûlant.

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  • « La colonisation a balkanisé l'Afrique ! », accusent les dirigeants d'un continent qui se fixent pour projet officiel de (re)trouver une unité perdue. Le Sahara est-il un obstacle objectif, définitif, à cette unité ? Non, si l'on en croit les synthèses ici présentées sur les stratégies des pays du Maghreb en direction de leur Sud et sur les relations de toutes natures entre le Maghreb et l'Afrique sub- saharienne.

    Politiques africaines de l'Algérie et du Maroc, politique de l'Afrique du Sud vis-à-vis du Maghreb, mutations de la géopolitique saharienne après l'effondrement du régime libyen, conséquences pour la région de la sécession d'un Nord-Mali contrôlé par les islamistes radicaux, importance des échanges économiques (formels et informels) et des échanges humains de part et d'autre du Sahara : tous ces thèmes, ici traités par des spécialistes reconnus, éclairent sous différents jours les relations entre le Maghreb et l'Afrique subsaharienne. Ils révèlent que les migrants subsahariens qui s'installent désormais dans les pays du Maghreb ne font qu'exprimer l'unité croissante d'un espace jusqu'ici renvoyé à des logiques géopolitiques divergentes, et renouvellent aussi la vision que nous, Européens, pouvons avoir de notre Sud.

  • Géant politique depuis sa création en 1949, la République populaire de Chine est devenue au cours des dernières décennies un géant économique. Quarante ans de croissance à un taux annuel moyen supérieur à 9% l'ont en effet propulsée à la deuxième place mondiale.

    Un tel changement de dimension s'est naturellement traduit par une forte dégradation de la qualité de l'environnement. Après des années de déni, Pékin reconnaît désormais la gravité des problèmes écologiques auxquels le pays est confronté. Outre des pertes économiques importantes (villes paralysées lors de pics de pollution, arrêts maladie...), ceux-ci engendrent également un profond mécontentement populaire et une dégradation de l'image internationale de la Chine. In fine, les perspectives économiques de la nation tout entière risquent d'être compromises. Les limites de la nature semblent ainsi se dresser tel un mur devant les ambitions politiques et économiques de l'empire du Milieu.

    À partir d'approches relevant de différentes sciences sociales (économie, géographie, philosophie, science politique, sociologie), ce livre explique comment les dirigeants chinois et la population affrontent ce défi et tentent de le surmonter. Les enjeux aussi bien nationaux qu'internationaux de la crise environnementale chinoise y sont analysés tout comme les formes de mobilisation de la société civile qu'elle engendre, les réponses apportées par le pouvoir politique tant sur le plan pratique (villes vertes, lutte contre la pollution de l'air...) qu'idéologique (confucianisme « vert »)...

  • Le jour anniversaire de la naissance de Van Gogh, le 30 mars 1987, une compagnie d'assurances japonaise achète ses Tournesols pour 24,7 millions de livres.

    L'argent japonais déferle sur l'art mondial. En trente ans à peine, collection, spéculation et krach vont faire du Japon un marché de l'art unique, primordial et atypique. Nul autre pays ne peut s'enorgueillir d'une telle variété de circuits artistiques, de réseaux de marchands. Nul autre n'a pu déployer autant d'expositions de premier plan dans les musées ou dans les grands magasins, en échafaudant de complexes et profitables partenariats avec des mécènes privés et les quotidiens nationaux.

    Dans cette enquête sociologique rigoureuse, l'auteur dresse un état des lieux de la vente des oeuvres d'art, en examinant les positions et les interdépendances de l'ensemble des acteurs. Elle revient aussi sur les grandes étapes historiques constitutives de cet univers, dévoilant les rouages du « rattrapage culturel » qui a poussé à la création de nombreux musées, à l'investissement public et philanthropique, et à la modernisation du marché de l'art. Cléa Patin analyse en particulier la formation, puis l'explosion dévastatrice de la bulle spéculative des quinze dernières années du xxe siècle. Et nous livre ici une réflexion délicate et vivante sur la manière dont les Japonais appréhendent le risque économique et la culture.

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  • Tours, grands projets immobiliers, multiplication de shopping malls et nouvelles infrastructures de transport sont autant de symboles de la me´tropolisation acce´le´re´e de Hô Chi´ Minh Ville aujourd'hui. Cette me´tropole de pre`s de 12 millions d'habitants est entre´e dans « l'e`re de la grande dimension », rede´finissant alors l'espace public de la cite´, ses pratiques et ses conceptions.

    Cependant, a` rebours de sa progressive verticalisation, c'est le long de ruelles (he?m) que vit 85 % de la population de la ville. Les ruelles demeurent la sce`ne de l'ordinaire urbain. Une sce`ne avec ses codes, ses rythmes propres et la diversite´ de ses acteurs. Outre la forme particulie`re que ces quartiers tre`s denses impriment a` la ville, les ruelles constituent des espaces ve´cus au sens fort. A` l'interface entre le public et le prive´, entre le collectif et l'individuel, une culture spatiale spe´cifique s'y de´veloppe, associant des activite´s extre^mement diverses et des lieux de sociabilite´ foisonnants. Les ruelles constituent alors autant de fene^tres ouvertes sur la petite me´canique me´tropolitaine vietnamienne du quotidien. Les mutations y sont moins spectaculaires - y compris au sens litte´ral de leur mise en spectacle -, mais tout aussi profondes et re´ve´latrices des transformations de la socie´te´ vietnamienne et de sa que^te de « modernite´ » dans un pays au re´gime politique autoritaire.

    Pour saisir le fonctionnement quotidien de ces « envers me´tropolitains », Marie Gibert- Flutre articule l'e´tude de leur morphologie et de leur gestion politique avec celle des pratiques sociales qui s'y de´ploient et des temporalite´s qui les structurent, a` partir de l'e´tude de six quartiers de ruelles. Cette e´tude magistrale, a` la croise´e de la ge´ographie, de l'anthropologie urbaine et de l'urbanisme, renouvelle et e´largit en particulier la notion d'« espace public » - historiquement issue de la pense´e urbaine occidentale - par sa confrontation avec le terrain vietnamien.

    Cet ouvrage est tire´ d'une the`se qui a rec¸u le Grand Prix de the`se sur la ville PUCA APERAU (2015) et le Prix de the`se du GIS Asie (2016).

  • Impose´e par des re´gimes politiques autoritaires et re´pressifs, par des conflits ouverts, des occupations e´trange`res ou des de´placements de population force´s, la violence est une expe´rience quotidienne dans de nombreuses socie´te´s arabes. Elle constitue un e´le´ment essentiel de l'engagement des militants politiques ou humanitaires.

    Les contributions ici re´unies souhaitent e´clairer ses effets sur les trajectoires, ainsi que sur les pratiques et subjectivite´s de militants en Jordanie, Palestine, Syrie et Liban au sein de plusieurs organisations (partis politiques, groupes arme´s, ONG, syndicats, mouvements sociaux, etc.). En portant un regard de´centre´ sur l'engagement militant, les chercheurs soulignent le ro^le des e´motions, des discontinuite´s, des ruptures, ainsi que celui de l'incertitude. Un ouvrage qui constitue ainsi un apport scientifique nouveau a` la sociologie de l'action collective encore trop centre´e sur des contextes pacifie´s.

    Les auteurs : Erminia Chiara Calabrese, Le´o Fourn, Ste´phanie Latte Abdallah, Pe´ne´lope Larzillie`re, Valentina Napolitano.

  • L'histoire du livre technique constitue un champ neuf et peu développé. Si elle est relativement moins connue que celle du livre de science ou de la littérature artistique, elle concerne pourtant une production extrêmement riche, qui représente et met à l'oeuvre l'intelligence pratique et l'esprit d'invention. Il suffit de penser aux Descriptions des arts et métiers, commandées au plus haut sommet de l'État sous l'Ancien Régime, aux spectaculaires « théâtres de machines », aux manuels de fonctionnaires circulant dans tout l'empire chinois, aux multiples traités qui ont formé des générations d'ingénieurs ou encore aux guides techniques destinés à améliorer les pratiques des artisans et des agriculteurs, pour comprendre qu'il s'agit d'une littérature importante à caractère universel faisant l'objet de circulations intenses entre les différentes parties du globe.

    L'objet de ce livre est à la fois de combler une lacune du champ historique et d'interroger les relations entre l'économie du livre et le monde de la technique afin d'analyser la catégorie du livre technique à travers ses formes, ses fonctions, ses modes de diffusion et d'appropriation, avant le xxe siècle. Cet ouvrage contribue ainsi au dynamisme de l'histoire des techniques, soucieuse d'affirmer sa dimension culturelle, comme une histoire des savoirs et des représentations, et de s'inscrire dans les débats de l'histoire globale.

  • « A` lire Foucault on se persuade aise´ment que l'histoire est encore tre`s jeune ».

    Cette re´flexion de Jacques Le´onard doit e^tre prise au se´rieux. Cinquante ans apre`s la parution de l'Histoire de la folie et alors que s'ache`ve la publication des cours au Colle`ge de France, le dialogue des historiens avec Michel Foucault se poursuit.

    Les textes re´unis dans ce volume, abordant des pe´riodes historiques diffe´rentes, mettent en avant des expe´riences individuelles au contact d'un Foucault de´sacralise´. Ils questionnent aussi bien des chantiers ouverts par Foucault (folie et de´raison, enfermement psychiatrique et carce´ral, pastorale, sexualite´), des outils conceptuels (pratiques discursives, biopolitique, gouvernementalite´, techniques de soi, re´gimes de ve´rite´, objectivation du sujet), que des propositions historiographiques et e´piste´mologiques (arche´ologie et ge´ne´alogie, ce´sure et continuite´).

    Dans cette mise a` l'e´preuve, le passe´ devient un lieu de proble´matisation du pre´sent, et l'histoire, une voie qui singularise l'actualite´.

  • Les recherches anthropologiques que Maurice Godelier effectua de longues années chez les Baruya de Nouvelle-Guinée ont généré une oeuvre abondante dont l'importance se mesure à la fécondité de ses avancées théoriques, à la richesse des travaux qu'elle a impulsés, et à la haute reconnaissance scientifique internationale qu'elle vaut à son auteur.

    Ce volume réunit des chercheurs en anthropologie, archéologie, histoire et histoire de l'art. Leurs textes constituent autant d'émanations de ses amitiés intellectuelles et lui sont dédiés, comme un rappel de ses problématiques familières ou un hommage à son insatiable désir de découverte. À travers leur diversité, ils expriment ici la force d'une pensée interdisciplinaire, réflexive et critique illustrant ce dont Maurice Godelier ne cesse de se faire le défenseur militant : la nécessité irremplaçable des sciences humaines et sociales dans la compréhension du monde et de soi.

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  • Comment traduire le poe`me oriental ? Comment transposer les pro- fondeurs de la psyche´ humaine exprime´es dans des langues, des formes, une pense´e me^me, qui n'ont rien d'e´quivalent avec celles du franc¸ais ? Selon quels crite`res ?

    Les auteurs de cet ouvrage re´pondent a` ces interrogations en distinguant les e´le´ments qui font la valeur esthe´tique de l'original. Pour eux, le tra- ducteur recourt d'abord a` l'analyse des jeux de composition, des modalite´s d'expression, des formes et des images qui jouent un ro^le-cle´ dans l'univers de signification de l'original. Ayant acquis une connaissance intime du texte, il peut alors e´tablir une relation cohe´rente entre le syste`me de composition du poe`me et celui qui constitue le fond stylistique de la litte´rature de re´fe´- rence. Ces mode`les, fort e´loigne´s des the´ories litte´raires que l'on connai^t en Occident, constituent le « fonds » de l'imagination cre´atrice qu'il va mettre au service de la traduction. En essayant de mettre en relation deux mode`les stylistiques, deux contextes linguistiques, culturels et langagiers, voire deux uni- vers civilisationnels, le traducteur peut espe´rer satisfaire au gou^t esthe´tique du lecteur et lui donner a` voir, a` sentir et a` aimer, a` travers la traduction, les beaute´s du poe`me original, sa poe´sie.

    Second volet d'une recherche mene´e au sein du Re´seau Asie « Lire et tra- duire les poe´sies orientales » (2005-2012), ce volume continue l'exploration du the`me de l'amour, base anthropologique commune des oeuvres e´tudie´es; le champ d'e´tudes se limite aux poe´sies pre´modernes de l'Asie orientale (chinois, core´en, japonais, vietnamien), de l'Inde (avhadi, kannada, sanskrit, ourdou, te´lougou) et de la Perse ; les travaux se de´veloppent a` travers une discussion entre des praticiens de la traduction et des spe´cialistes du langage.

  • Avec le xxie siècle, semble émerger un genre nouveau, celui de l'Homme trace.

    Jamais dans l'histoire de l'humanité, les outils technologiques n'ont été aussi nombreux et aussi efficaces non seulement pour communiquer, mais aussi enregistrer les moindres faits et gestes du quotidien. Il s'ensuit une forme de traçabilité humaine qui suscite les inquiétudes les plus déraisonnables et des questionnements éthiques, légitimes et inédits, qui touchent aux notions mêmes d'intimité et de liberté.

    Observant et analysant certaines des traces les plus exemplaires de l'homme contemporain, les spécialistes réunis ici placent ces interrogations primordiales en perspective. Dépassant l'illusoire évidence de la « trace », ces chercheurs, issus de champs disciplinaires variés (sciences de la communication, sociologie, informatique, psychologie, linguistique, mais aussi géographie et anthropologie), traitent le sujet sous des angles divers, déconstruisent la notion de trace et en dégagent un nouveau paradigme. Émerge ainsi l'absolue nécessité de mettre en rapport le contexte de production de la trace, celui de sa réception et de son interprétation.

    Une exploration contemporaine de la nature fondamentale de l'Homme.

  • Cent quarante mille Chinois ont travaillé en France pendant la Première Guerre mondiale. Cette histoire est restée longtemps méconnue du public. Que faisaient-ils dans cette « guerre européenne » ? Comment ont-ils été recrutés et transportés ? Où se trouvaient-ils, et pour quoi faire ? Que sont-ils devenus ? Quel est héritage de cette expérience ? L'ensemble de ces questions, par leurs multiples ramifications, touche non seulement à l'histoire de la Grande Guerre, mais aussi à l'histoire de la Chine. Cet épisode s'inscrit dans une période décisive de l'histoire mondiale : la Conférence de paix de Paris a déclenché le « Mouvement du 4 mai » (1919), soulèvement patriotique, considéré comme l'acte de naissance de la modernité chinoise.

    Cet ouvrage, le premier en langue française qui fait oeuvre de synthèse, réunit les recherches les plus récentes sur le sujet, en s'appuyant sur des documents originaux, archives et sources primaires chinoises, et en pré- sentant des témoignages inédits.

  • Si les expositions universelles sont au coeur de l'histoire des pratiques culturelles, elles sont aussi l'un des lieux de naissance de la technique comme utopie du progrès et de la modernité. Parce qu'elles favorisent des rapprochements entre le passé et l'avenir de l'humanité, entre les civilisations du monde, entre la diversité des productions humaines, elles promeuvent un universalisme de la technique. Dans un mouvement réflexif, la technique devient un savoir public, elle intéresse les visiteurs bien au-delà des cercles professionnels. Nouvelle mythologie, elle acquiert une valeur d'identifiant national et le statut de lieu de mémoire. Et pourtant, qu'en est-il, au milieu du xixe siècle et dans le demi-siècle qui suit, des espoirs libéraux et saint-simoniens mis dans l'industrie, à l'heure où l'autonomisation de la technique et les logiques émancipatrices qui lui étaient associées plient sous l'emprise d'une division du travail dont le sens se fait de plus en plus aliénant ? Qu'en est-il aussi de l'admiration pour la technique, alors que s'affirment l'hégémonie des beaux-arts et la sacralisation de l'artiste comme figure du génie ? En lien, quelle place est faite au patrimoine technique éphémère des expositions universelles ?

    C'est l'intérêt de ce volume de restituer la complexité des discours, des intentions et des perceptions autour de la technique et de la modernité dans la société française de la seconde moitié du xixe siècle. Cinq thèmes structurent l'ouvrage : les représentations, l'innovation et les savoirs techniques, les produits nouveaux et les stratégies de valorisation, les publics des expositions, le patrimoine technique des expositions.

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  • Aux moments décisifs de son histoire politique, la France a sou- vent cherché à prendre leçon auprès des puissances étrangères. Parmi les modèles qui ont été sollicités depuis le dix-huitième siècle, la Grande-Bretagne et les États-Unis figurent au premier rang : la fascination à l'égard de l'Angleterre pendant la monarchie de Juillet, tout comme les sympathies américaines de certains hommes de la République de 1848 sont bien connues.
    Cette étude se propose de retracer ces deux influences majeures qui ont pesé sur l'histoire politique françaises des Lumières jusqu'à la fondation de la Ve République. Ce travail révèle, à partir de sources originales, l'empreinte durable des modèles anglo-saxons. Il éclaire également la façon dont ceux-ci ont été compris, puis acclimatés au cours des vicissitudes de l'histoire constitutionnelle tourmentée de la France. Il souligne la particularité de ces réappropriations françaises, qui ont finalement - et paradoxalement - donné naissance à des insti- tutions profondément originales.

  • La République de Turquie a tourné le dos au Moyen-Orient pendant la plus grande partie du xxe siècle. Ce repli stratégique et culturel, acté dans les années 1920 pour consolider l'État naissant après l'effondrement de l'Empire ottoman et refonder une nation turque débarrassée des influences orientales, a perduré jusqu'à la fin de la guerre froide. Le monde arabe et iranien était devenu l'Orient d'une Turquie qui se voulait fermement ancrée dans la modernité occidentale. Le contraste est aujourd'hui saisissant : la Turquie en plein renouveau, progressivement libérée des tabous du kémalisme, réinvestit rapidement le Moyen-Orient, devenu terrain d'expansion économique et d'expérimentation diplomatique. Elle se positionne comme une puissance régionale à part entière, sur le mode du soft power. Le Moyen-Orient est même parfois présenté comme l'alternative à une perspective européenne en berne. Mais les « printemps arabes » posent un sérieux défi à l'influence turque dans la région. Modèle naturel pour les futures démocraties arabes, ou acteur impérial qui défend au plus près ses intérêts de puissance : quel sera le rôle de la Turquie dans un contexte de profonde instabilité régionale ? La diplomatie de l'AKP, le parti d'origine islamiste qui dirige le pays depuis 2002, subit ici un test majeur, entre recherche d'équilibre et exercice de responsabilité.

  • Le primat de l'« ici et maintenant » dans la culture japonaise souligné par Katô Shûichi et l'engagement de ce grand intellectuel disparu en 2008 sont ici discutés par Augustin Berque, Julie Brock, Pierre Caye, Maurice Godelier, Edgar Morin, Hidetaka Ishida, Emiko Ohnuki-Tierney, Cécile Sakai, Hitoshi Sakurai et Moriaki Watanabe. Philosophie, anthropologie, littérature, cinéma sont réunis pour questionner ce qui fut une des interrogations majeures de Katô Shûichi tout au long de sa vie de penseur engagé : comment penser la diversité des cultures ? Rien d'attendu dans les réponses proposées par les auteurs, qu'une table ronde avait rassemblés. L'échange avec le public, qui clôt l'ouvrage, est d'ailleurs à l'image de la liberté, de ton aussi bien que d'esprit, sous laquelle s'étaient placés les différents exposés. Le Japon en ressort notamment plus proche, moins exotique, mais aussi confronté à des défis communs aux sociétés modernes. La comparaison, enfin, entre des pays et des époques différents, et que Katô Shûichi affectionnait tout particulièrement, démontre une nouvelle fois de l'intérêt du dialogue interculturel.

  • Engagé dans un mouvement vertigineux, notre XXIe siècle brouille les repères. En intégrant du non-vivant au vivant et du vivant au non-vivant, les nouvelles techniques bouleversent les frontières de l'anthropologie. Les conceptions que l'« humain pensant » a de lui-même, de son schéma corporel comme de son identité, en sont renversées.

    Ce quatrième tome de la série L'Homme-trace prend donc le « corps », le corps-trace plus précisément, comme objet d'études. Il s'agit pour les chercheurs réunis ici d'examiner les processus traçuels à l'oeuvre en reprenant et questionnant la thèse, développée par Béatrice Galinon- Mélénec, d'une interaction étroite et rétroactive entre le corps et un système écologique multifactoriel marquée par l'histoire de l'Évolution. Le corps ainsi considéré s'inscrit dans une dynamique systémique liant un corps-interprété et un corps-interprétant au sein d'un complexe où des corps en co-présence sont animés par des interactions permanentes : à l'intérieur du corps, du dedans au dehors et du dehors au dedans. Avec cette nouvelle approche, toute la relation soignant-soigné, par exemple, prend une nouvelle dimension.

    La série L'Homme-trace montre comment la trace peut servir de para- digme interprétatif au sein de différentes disciplines et combien cette approche impose une déconstruction des processus à l'oeuvre dans l'interprétation humaine de la notion de trace.

  • Au coeur de la province de Hua` Pan, dans le nord-est du Laos, a` quelques kilome`tres du village de Long Nguapha, le massif montagneux de Pa` Hang est parcouru de nombreux abris-sous- roche, grottes et cavite´s. De`s 1934, le ge´ologue Jacques Fromaget exhuma des vestiges fauniques, arche´ologiques et humains en abondance, date´s du Pale´olithique au Ne´olithique, inscrivant ainsi le Laos dans la Pre´histoire mondiale. Ces localite´s sont regroupe´es sous un me^me nom, Tam Hang. Cet he´ritage historique a de´cide´ une e´quipe lao-franco-ame´ricaine a` entreprendre de nouvelles fouilles de`s 2003. Des prospections autour du massif karstique de Pa` Hang ne tardent pas a` re´ve´ler d'autres gisements tout aussi riches : abris-sous-roche, bre`ches intrakarstiques et remplissages primaires de grottes. Les plus anciens gisements (Tam Hang Sud, Nam Lot) nous plongent dans un passe´ vieux de 150 000 ans avec des faunes de grands mammife`res. La grotte de Tam Pa` Ling, avec l'exhumation des restes d'un cra^ne humain, re´ve`le la pre´sence des premiers Homo sapiens modernes dans la re´gion vers 50 000 ans. Dans des pe´riodes plus re´centes, a` proximite´ des abris-sous-roche en pied d'escarpement, on peut suivre l'e´volution locale de l'industrie hoabinhienne de pierre taille´e des chasseurs-cueilleurs entre 13 000 et 7 000 ans. Le massif de Pa` Hang est e´tudie´ sous l'angle des transformations ge´ologiques qui l'ont fac¸onne´ au cours de ces diffe´rentes pe´riodes d'occupation. Cet ouvrage rend compte de toutes les de´couvertes et analyses faites entre 2003 et 2010.

  • Be´ne´fique, e´conomique pour certains, irresponsable ou dangereuse pour d'autres, l'autome´dication, largement pratique´e en France, suscite des opinions contraires. Acheter des produits en pharmacie sans ordonnance rele`ve en fait d'un bricolage complexe qui inte´resse tant les rapports a` son me´decin, a` son pharmacien, que les pratiques d'autosoin en plein essor.
    Menant l'enque^te dans l'ouest de la France, les auteurs ont analyse´ l'autome´dication pendant plusieurs anne´es en s'inte´ressant aux pratiques me´dicamenteuses et non me´dicamenteuses. L'e´quipe de recherche, compose´e de me´decins, ge´ographes sociaux et sociologues, a associe´ des enque^tes quantitatives sur de tre`s grands e´chantillons et des enque^tes qualitatives innovantes, comme les journaux de sante´.
    A` dessein, cet ouvrage pre´sente a` la fois les me´thodes et les re´sultats, augmente´s d'une bibliographie de re´fe´rence. Et, si les re´sultats ont un caracte`re finalement assez trivial, celui d'une « combinaison » de prescriptions me´dicales et d'autome´dication, cette recherche re´ve`le surtout la diversite´ et les diffe´renciations des « bricolages » selon les territoires et les cate´gories sociales, ainsi qu'une valorisation massive du « naturel », caracte´ristique de notre e´poque mais inscrite dans des sche´mas de soin qui perdurent depuis des sie`cles.

    Sous la direction de Laurent Brutus, Sébastien Fleuret et Véronique Guienne.

  • L'Asie et le Pacifique. Immense région, neuve et ancienne à la fois, où vivent les deux tiers de l'humanité. Région de tous les superlatifs, de toutes les exceptions, de la Chine, renaissant perpétuellement des catastrophes et aléas de son Histoire, de l'Inde, continent à elle seule, ou du Japon, archipel des futurs. Une région qui tire la croissance mondiale et qui devient le centre du monde. Qui aurait pu dire que le PIB de l'Asie et du Pacifique ferait jeu égal avec celui de l'Union européenne ? Et demain ?

    Cet ouvrage réunit les textes de chercheurs et de spécialistes publiés sur le site Internet du Réseau Asie et Pacifique (CNRS), entre 2011 et 2013. Il constitue la suite du volume paru en 2011 et couvrant la période 2002-2011. Ces travaux, couvrant les sciences humaines et sociales, disent le passé, avertissent de l'avenir, montrent la complexité de l'Asie et du Pacifique, leurs failles, leurs atouts, leurs enjeux. Ils révèlent les racines profondes et donc les fondements du dynamisme de ces nouvelles puissances qui pourraient bientôt prendre les com- mandes de l'avenir de l'humanité.

    Une somme savante et accessible sur l'Asie et le Pacifique contemporains, qui rend sensibles les multiples aspects de ce formidable et inéluctable basculement du monde.

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