Christian Bourgois

  • Ce volume rassemble la plupart des textes autobiographiques de walter benjamin.
    De 1906 à sa mort, benjamin, sans avoir, semble-t-il, tenu régulièrement de journal, obéit à sa propre injonction : "ne laisse passer aucune pensée incognito, et tiens ton carnet de notes avec autant de rigueur que les autorités tiennent les registres des étrangers. " ce registre, benjamin l'ouvre à l'occasion de voyages (italie), d'une rencontre importante (brecht) ou lorsque affluent les souvenirs d'enfance : c'est alors la chronique berlinoise, d'autant plus précieuse qu'elle n'est rythmée que par l'épiphanie du souvenir.
    On sait que benjamin proscrivait le "je" de ses textes ; s'il semble déroger à cette règle ici, c'est au moyen de la note, oú celui qui écrit se tait pour laisser parler les choses et fixer les idées au moment oú elles surgissent. ces textes, souvent fragmentaires, témoignent par leur diversité de la cohérence d'une pensée ; ils ne livrent pas seulement les matériaux infatigablement recherchés des chantiers à venir, il donne à lire le parcours d'une vie oú les crises personnelles font souvent entendre leur écho.

  • Les lecteurs du Journal de Gombrowicz savent que celui-ci a passé vingt-quatre années de son existence en Argentine.
    Au mois d'août 1939, il avait été invité à la croisière de lancement du Chrobry, un transatlantique polonais circulant sur la ligne Gdynia-Buenos Aires. Entre le départ et l'arrivée, la Pologne était envahie, la guerre déclarée et Gombrowicz contraint de rester en Argentine, exil qui se poursuivit après la guerre, l'écrivain étant peu soucieux de rejoindre la nouvelle Pologne.
    Vers 1960, Radio-Free-Europe lui demanda une série de conférences destinées aux auditeurs de la Pologne qui venait de changer d'occupant. On savait qu'il avait rédigé ces textes, on ne savait pas s'ils avaient été diffusés, on les croyait perdus.
    Lorsque Gombrowicz rentra en Europe en 1963, il avait dans ses bagages plusieurs valises de manuscrits. Après sa mort en 1969, celles-ci accompagnèrent sa veuve, Rita Gombrowicz, à Milan où elle s'était établie ; des amis de Buenos Aires lui expédièrent plus tard une dernière valise de documents qu'elle entreprit de mettre en ordre. C'est là qu'elle trouva un dossier contenant les textes des causeries destinées à Radio-Free-Europe, dont quarante intitulées Souvenirs de Pologne (Christian Bourgois Editeur, 1984) et une vingtaine consacrées à l'Argentine. Ce sont ces dernières qui composent le présent volume, publié en 1984 puis réédité en 1994.

  • « Je suis arrivé à Paris après vingt-quatre ans d'Argentine, tourmenté par des sentiments chaotiques et douloureux. Les quelques chapitres de ce petit livre ne sont attention ! qu'un fragment de mon Journal, que j'écris depuis quinze ans et qui compte déjà trois volumes, plus de mille pages.
    C'est entendu, je suis anti-parisien. Cependant, à travers Paris, c'est plutôt toute une culture européenne que je vise, dont Paris est le maître et le champion. Derrière la frivolité de ces notes hâtives et passagères, vous retrouverez non seulement mon Journal, mais aussi mes romans, mes contes, mes pièces de théâtre tout un petit monde personnel tendu vers la même problématique. Je veux dire que ce ne sont pas les impressions d'un promeneur, d'un touriste. Ces notes sont organiques. » (Witold Gombrowicz)

  • Un grand homme de science nous parle de la sexualité, et non pas seulement des dérivés et symboles de la libido.
    Reich, découvrant le caractère social des névroses, développe la critique sociale implicite dans les premiers écrits de freud. l'idéologie sociale et la forme patriarcale et monogamique de notre famille ont pour conséquence la répression sexuelle, conséquence qui est en même temps conditions et but de cette famille. le caractère fondateur de la psychanalyse par rapport à toute psychologie sociale et politique démontre cependant - et c'est ici la dimension capitale de ce livre-culte - qu'une révolution sexuelle ne saurait être radicale.

  • Le Fordisme et la production de masse à l'âge de l'électronique.
    La fin du Fordisme, l'affirmation d'un nouveau système technique inaugurent, soutient-on dans le prologue qui ouvre cet ouvrage, une nouvelle conjoncture historique.
    Sous le nom de technologies de l'information, dont le Robot est pris comme figure emblématique, une révolution silencieuse opère. Par une série de contagions majeures, c'est le système entier de la production de masse qui va s'en trouver bouleversé.
    Une série renouvelée d'exigences, mais aussi d'opportunités en naîtra. Partir de l'atelier, pour examiner la manière dont le Fordisme affronté à l'âge de l 'électronique se trouve désassemblé, puis recomposé : tel est en bref l'objet de cet ouvrage.
    De bout en bout et de manière délibérée, la préoccupation est prospective. Pour marquer la diversité des avenirs possibles, en guise d'épilogue, trois scénarios sont proposés qui tracent les contours des différentes configurations "post-fordiennes " qui se nouent sous nos yeux.

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  • " mon ouvrage sur le travailleur parut en automne 1932, à une date oú le caractère intenable de l'ancienne situation et la montée de forces nouvelles ne faisaient désormais plus aucun doute.
    Il représentait - et représente toujours - une tentative pour atteindre un point d'oú les événements, avec leur diversité et leurs contradictions, soient non seulement compréhensibles mais méritent qu'on leur rende hommage, malgré les dangers qu'ils représentent. la parution de ce livre juste avant l'un des grands tournants n'est pas le fruit du hasard ; et il ne manqua pas de voix pour lui attribuer une influence sur ce tournant.
    Cela n'était certes pas toujours conçu comme un compliment, et j'ai le regret de ne pas pouvoir non plus y souscrire d'abord parce que je ne surestime pas l'influence des livres sur l'action, mais en outre parce qu'il parut beaucoup trop tard par rapport aux événements ". ernst jünger, 1963.

  • " J'ai aimé Kant, non point la grandeur austère de sa pensée, mais pour le désespoir qui l'anime de n'être pas aimé.
    Le deuil du bonheur est peut-être le plus effroyable qui soit, mais aussi le plus moral, car en apprenant à ne pas nous aimer nous devons, à tout le moins, compatissants. Un conte moral éveille en nous cette charité lyrique qui tient autant à l'apitoiement qu'à la cruauté. Assurés de notre enfer et revenus de notre paradis, nous sommes dans le monde intermédiaire de la souffrance déçue. C'est alors qu'intervient le conte pour nous promettre une médiation égoïste sur notre chagrin.

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