Champ Vallon

  • La juste couleur : chroniques poétiques Nouv.

    Les études critiques relèvent généralement de la théorie ou du catalogue. Ce rassemblement de chroniques prétend procéder autrement, en cherchant ce qui peut éclairer une rencontre, en explorant chaque oeuvre à la lumière de l'intensité du choc qu'elle procure.
    Ainsi s'édifie un tableau inédit de la vitalité de la poésie, et une réflexion ouverte aux voix de la poésie nationale mais aussi internationale, trop souvent négligée dans le paysage littéraire français. L'écriture, poétique comme critique, prend dès lors exemple sur le travail de la mer, qui selon le poète grec Aris Alessandrou « ne cesse de mêler / algues et ciel / s'efforçant à trouver sa juste couleur ».

  • Marie dit la vie la vie tu n'as que ce mot aux lèvres c'est vrai j'avoue la vie est le seul refuge, je ne sais plus trop à force si "j'écris sur vous au lieu de mourir" ou pour rejoindre un verbe au présent "et me sentir mille choses heureuses à la fois" ayant atteint "la bienveillance du réel" du genre ces bras entre nous respirés alors c'est gagné la vie la vie

  • «Il arrive qu'un instant sans durée concentre en lui-même la valeur d'un long intervalle et fasse tenir le maximum de ferveur dans le minimum de temps. Il arrive qu'une jouissance continuée et plus ou moins diluée se ramasse au foyer d'une joie-éclair. [...] Or qu'est-ce que la vie entière perdue dans l'océan de l'éternité, sinon « un grand instant » ? . Cet extrait de La Mort de Jankelevitch, dans un chapitre intitulé «La vie brève», circonscrit le point d'attention réunissant des poèmes remontant à des époques diverses (enfance et jeunesse, temps présent) mais pour tenter d'en restituer et déplier l'intensité particulière, seul trait qui les rassemble, et pourrait faire de la vie reparcourue par coups de sondes un grand instant.

  • Féerie

    Sophie Loizeau

    Féerie est un livre protéiforme, éroticfantastique, dédié aux hommes aimés - aux amants. Il y a de vraies histoires d'amour et puis d'autres qui partent dans des délires : des délires égyptiens (Thot le dieu savant magicien), sorciers (la mandragore), indiens (Navajos), ésotériques (les fantômes), féeriques (les fées, les anges). Il y a l'univers d'Odilon Redon, Les lais de Marie de France, et tout ça fait de Féerie une sorte de livre des Merveilles.

  • Référence explicite au fameux recueil de Ronsard, Les Amours , ce livre revisite la tradition de la poésie amoureuse et en propose une suite avec des outils contemporains. Dans Les Amours suivants , opportunément pluriels, le poète propose de multiplier les muses, de penser l'amour comme une fi gure d'engagement dans la vie multiple, faire du monde mondialisé une surface de surf sur corps et visages où les a ects obéissent à la même logique que celle de chacun de nos jours :
    Une sorte d'accessibilité de tout partout, une disponibilité maximale, un bonheur qui ne cesserait de se répandre, ici et ailleurs. Un monde à foison où l'amour cesserait d'avoir un seul visage.

  • Vie commune

    Stéphane Bouquet

    Cet ouvrage rassemble trois poèmes, une pièce de théâtre et trois récits sur le thème du vivre ensemble et des projets individuels ou collectifs pour faire renaître un espoir commun.

  • J'habite ici

    Jean-Claude Pinson

    Où il est question d'une ronéo dans un garage.
    D'un palmier aperçu au milieu de jardins ouvriers. De copies à corriger. D'un moteur mis au point sous les pins. D'un port où les noms des bateaux de pêche forment comme un poème grandeur nature. D'un estuaire où le fleuve coule dans les deux sens. Où il est question d'habiter, au gré d'une poésie qu'on rêve lisible par beaucoup, une ville à la fois banale et singulière : Saint-Nazaire.

  • Sous la forme d'un abécédaire, dont les 33 lettres de l'alphabet russe sont les étoiles, un voyage, réel autant qu'imaginaire, en Russie (ou plutôt en « Soviétorussie » comme disait Marina Tsvétaïeva).
    Revenu d'on ne sait où, le poète Lermontov est le maître à danser de cet opéra-ballet linguistique. D'autres revenants (un sosie de Leopardi, un double de Kojève, un pseudo Baudelaire.) lui donnent la réplique, tandis qu'un narrateur du nom d'Aïe Ivanovitch assure la mise en scène.
    Entremêlant micro-fictions, bribes de poèmes, fragments autobiographiques, dialogues et jeux sur les langues, Alphabet cyrillique est un livre au genre délibérément indécis. C'est aussi à l'occasion un abécédaire enfantin, contenant un bestiaire, et même, un livre sur l'art d'être grand-père.

  • Sortilège

    Christian Garcin

    " Un jour une enseigne lumineuse s'était transformée en flamme et lui en papillon.
    C'était un bar perdu au bord d'une route que venait manger le sable. Il n'avait pas vu de route depuis deux mois, n'était plus entré dans un lieu fréquenté par d'autres depuis quatre. Il ne savait pas ce qui à présent le dirigeait vers cette enseigne déglinguée que le vent malmenait. Ce genre de questions, il ne se les posait plus. Il avançait. Cherchait un refuge. Pas un bar paumé, mais un lieu à sa mesure.
    Un trou quelconque, une grotte, un nid rocheux. Sans doute le bar serait la derrière étape : il devait le savoir. "

  • L'idiot de village

    Jude Stéfan

    « En six nouvelles, un Idiot de village offrira cette particularité d'aussi bien incarner un Professeur extasié, une Adolescente perplexe, des Soeurs perdues, qu'un Aveugle aimé, un Utopiste comblé, un Obèse transi, un Amant rompant, enfin un Suicidant définitif : de la Littérature, c'est-à-dire une Idiotie première. » Variations dans ces nouvelles désabusées sur les thèmes chers à l'auteur : le temps, la mort, le suicide, la vieillesse, la femme toujours, amante, prostituée, soeur, mère, l'amour charnel et la littérature encore comme ultimes refuges contre l'ennui existentiel. Au service de ce cynisme dont l'humour n'est pas exclu, une langue admirable, à la syntaxe abrupte, syncopée. La voix - grinçante, acide, tendre aussi - d'un des plus grands poètes et nouvellistes actuels.

  • Un peuple

    Stéphane Bouquet

    Un homme marche dans les allées d'un cimetière : Walt Whitman, John Keats, Ovide, Virginia Woolf, entre autres tombes. Il se demande ce qu'est la poésie. Il se sert dans les morts pour élaborer des réponses. D'une certaine manière, il essaie de se glisser dans leur brouhaha, il répète ce qu'il comprend : par ex. rendre la vie vivante, telle est la tâche que la poésie s'assigne parfois. Ou bien : trouver des égalités et des ressemblances dans le monde genre x roses = une certaine somme d'argent. Ou bien, parfois, la poésie attend comme une dingue un Tu et encore plus un Vous qui lui laisse ouvrir entièrement les draps du poème. S. B.

  • « La nudité de l'émotion ensemble et de la parole, c'est bien à cela (.) que tend Go ette » disait Jacques Borel. Et c'est bien en e et un poésie du quotidien, de l'instant et de l'immédiat, la plus humblement fi dèle à « ce qui seul compte parmi tout ce qui est » que nous découvrons dans un des premiers recueils du poète belge, recueil récompensé par le Prix Mallarmé à sa parution en 1989.
    Un classique de notre catalogue de poésie.

  • Ma maîtresse forme souligne non seulement la primauté de la nature mais aussi la nécessité vitale de l'écriture, et plus particulièrement en poésie. Montaigne dit que chacun s'il s'écoute découvrira en lui un caractère dominant (forme sienne, maîtresse forme, forme universelle). C'est au moyen de celle-ci que la nature se fait sentir en nous. Et c'est bien la nature, la terre matricielle, qui se fait entendre ici: la terre, la forêt, les bêtes, puis l'écriture et ses lieux, l'enracinement et la filiation, le souvenir et le deuil, et enfin les invisibles.
    Mais le point central de ce livre est qu'il est conçu comme un livre bilingue, où une langue serait écrite et l'autre entendue, entendue en quelque sorte de la bouche même de l'auteure, avec tout ce que l'écoute peut avoir de singulier.

  • Rien

    Christian Garcin

    " le lendemain on a trouvé son corps au bas de la falaise.
    C'est un chien qui s'en est approché le premier, l'homme suivait, essoufflé, en survêtement bleu. c'était un peu avant l'aube. a cette heure tout est désert, le ciel est vide et gris, et la mer au-dessous est une gueule de froid, un formidable aimant qui rugit et appelle. il y a aussi des musiques suspendues derrière cet appel, qui renvoient à chacun les sons qu'il veut entendre. et tandis qu'elle tournoie dans l'air glacé c'est comme du bach qu'elle entend.
    "

  • Monologue

    Ludovic Degroote

    A partir d'une tragédie intime (une jeune fille meurt dans un accident de voiture sur les routes de l'Angleterre), quatre voix prennent la parole pour entreprendre de raconter, et pour dire à leur manière la douleur : la morte elle-même (monologue de Godeleine), son père (monologue du père), sa mère (monologue de la mère) et son petit frère (monologue de ludo) qui plus jamais ne sortira de ses sept ans. Monologue et non monologues :
    Chaque voix se dit à travers une voix ; si elles se nouent, c'est par leur silence

  • Nos amériques est l'histoire d'un séjour : à New York peut-être, mais surtout dans l'utopie presque réalisée, dans la lumière, près d'un fleuve qui coule, avec tous les gens qui marchent sur le trottoir, et les voitures, les poutrelles métalliques.
    Dans cette ville-là, plusieurs personnes parlent, des je tu il elle, afin qu'on soit sûr que la conversation est bien commune et le quasi-bonheur mondialisé. S. B.

  • Sur l'arrière-fond que constitue l'épopée tragique des révolutions du XXe siècle, Drapeau Rouge raconte les aventures (et les déboires), dans les années d'avant et d'après mai 68, d'un narrateur du nom de Aïe, enrôlé, comme l'auteur, dans les rangs de ceux qu'on appelait alors « marxistes-léninistes ». Même si des épisodes et personnages réels sont parfois évoqués (Mao, Linhart, Chalamov, Lukacs, Beckett, la chienne Laïka...), Drapeau rouge n'est ni un livre d'histoire ni un livre de souvenirs. C'est d'abord un livre qui s'efforce d'inventer sans cesse, au présent de l'écriture, sa propre fiction (ainsi, réduit à ses initiales, D. R., le drapeau en question, devient-il un personnage à part entière de la narration). Tout à la fois poème, roman et essai, Drapeau rouge est donc un livre de littérature, mais, dans la mesure où il s'attache, sous l'angle d'une expérience très personnelle, à comprendre la genèse de l'époque actuelle, c'est aussi un livre politique où l'on tente de poser au présent la question de l'égalité.

  • Une histoire d'amour un peu martienne.
    Avec six personnages en vadrouille entre Bruxelles et Lisbonne, à la poursuite d'une présumée chanteuse de fado. Six personnages (six fantômes) en quête de voix : un sosie de Baudelaire, un pseudo-Pessoa, un double de Janacek, un certain Coelebs, Leopardi presque en personne et, sorti un peu sonné de son affaire, le narrateur, auquel les autres, experts en musique et paroles, ne manquent pas de prodiguer quelques conseils thérapeutiques et techniques (comment, par exemple, pour se réchauffer, faire prendre sous les flocons le feu d'une prosodie neuve).
    Sept variations sur l'amour, la musique et la poésie. Avec dialogues et chansons (la confrérie, semble-t-il, s'est mis en tête d'écrire un opéra).

  • La venue

    Robert Marteau

    Écrivant à l'oreille comme tous les grands poètes, Robert Marteau met son entière attention à entendre venir le poème. Il ne veut en forcer « la venue », mais seulement s'ouvrir à l'aventure qu'il constitue à chaque fois. Le poème naît de son attention toujours neuve et renouvelée, ouverte et étonnée à l'univers qui se déploie au rythme de sa marche. La venue rapporte en sonnets la création, l'amenant à rendre le monde invisible et sacré à notre vue. Le poète écoute comment danse le poème, comment y dansent les pieds de la muse, ainsi oeuvre-t-il à en saisir le passage. Dans ces sonnets sans rimes, c'est ce passage de la muse qui donne au vers sa mesure. C'est pourquoi les poèmes sont publiés tels qu'ils ont été écrits dans les carnets où, tout au long de l'année, pendant ses marches quotidiennes, le poète écrivait

  • Ciné-plage

    Etienne Faure

    Sur du papier d'amour - des lettres ! - ou à la plage, mots périssables, les revoici aux fenêtres via la focale de la vitre ou par l' oeil amoureux noir de Franz Ka a, les revoici après le lent travelling des balançoires, les Ô d'automne et d'écriture, cherchant dans l'impasse le rapprochement des corps, contre le froid la sève qui reprend, les mots, langue aimée, perdue dans les allées de l'Europe, entrée puis sortie du théâtre, qui ne tiennent qu'à un fi lm, amour des mots - continuons.

  • Ce livre est divisé en deux ensembles.
    Le premier recueille de courtes fictions inédites, écrites de 1980 à 1990 par Benjamin Jordane. Ce sont autant d'états préparatoires d'un roman rêvé mais inaccompli, inspiré par le drame personnel qui a détourné l'écrivain de la publication. Dans chacun de ces récits, un homme se sent coupable de la mort de sa compagne, il cherche à expier sa faute avec des femmes qui lui ressemblent, et il découvre progressivement (à travers une série d'épreuves qui le mènent de la vieille France à la Nouvelle-Angleterre, en passant par la Suisse et le Cachemire) que toute ressemblance est une illusion.
    Le second ensemble recueille un commentaire et des notes sur ces textes, par Stefan Prager. Le critique rappelle ou révèle l'origine autobiographique des fictions pour mieux mesurer ensuite le travail de transposition du romancier. L'intérêt d'une telle édition ne réside pas seulement dans sa contribution scientifique à l'histoire littéraire et à la génétique textuelle. Certains écarts entre l'oeuvre de Jordane et son commentaire par Prager suggèrent que le lecteur invente autant que l'écrivain.
    Prager accomplit plus qu'un commentaire impressionniste ou un exercice de critique projective, il crée une véritable lecture romancée. JEAN-BENOIT PUECH

  • Olivier barbarant est né en 1966 à bar-sur-aube. il vit et enseigne à saint-quentin, en picardie. il a publié aux editions champ vallon les parquets du ciel (poèmes, 1992), douze lettres d'amour au soldat inconnu (prose, 1993) et aragon, la mémoire et l'excès (coll. " champ poétique ", 1997).

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