Champ Vallon

  • Royaux ou princiers, les jardins de Paris au XVIIIe siècle devaient offrir à la population urbaine des îlots salvateurs face aux exhalaisons et aux miasmes de la ville. Loin d'être figés dans un écrin de verdure et de représenter des enclaves champêtres au coeur de la ville, ces espaces étaient fermement insérés dans le tissu urbain. Ce livre propose ainsi une véritable microphysique de la nature parisienne, des dégâts causés par les taupes à l'élagage des arbres. L'histoire matérielle et vivante des jardins parisiens du XVIIIe siècle permet ainsi de restituer avec le plus de fidélité possible un monde composé de micropartages faisant la part belle aux conflits entre juridictions, aux régulations policières ainsi qu'aux tensions entre les différents usages sociaux de l'espace du jardin.

  • À vos poubelles citoyennes ! Enterrer, brûler, réutiliser, recycler : que faire des déchets qui encombrent les villes ? Quels destins pour nos résidus ? Ne faudrait-il pas éviter d'en produire ? D'apparences triviales, ces questions travaillent profondément nos sociétés contemporaines. À vos poubelles citoyennes ! aborde ces questions dans le cadre du Paris moderne. Entre Renaissance et Révolution, la capitale du royaume de France a connu non seulement une forte croissance spatiale et démographique, mais aussi une importante transformation des modes de vie et de consommation. Les Parisiens ont ainsi produit des quantités croissantes d'ordures dont le traitement a constitué un défi constant pour eux comme pour les autorités municipales et royales. Pour comprendre comment il a été relevé, les auteurs proposent une autre histoire des Parisiens en montrant que leurs liens avec leur environnement immédiat, la rue, constituent une question politique. S'écartant d'une vision noire décrivant les villes anciennes comme des cloaques immondes, l'enquête interroge l'édilité de la capitale et le soin que les Parisiens apportaient à la propreté de leur ville. Elle rend compte des expériences des habitants et tente d'aborder la question du nettoiement et des services urbains sous de multiples points de vue : économique, politique, environnemental. Chemin faisant, ce livre trace une nouvelle voie pour qui veut aborder l'histoire de l'Ancien Régime.

  • A partir des années 1970, les deux phénomènes se sont nourris mutuellement, suscitant une multitude d'initiatives pour défendre des espaces « naturels », ou lutter contre la pollution industrielle ou automobile. Une enquête collective menée dans les agglomérations de Lyon et de Grenoble, mais aussi au niveau des politiques nationales, restitue la richesse d'innovation sociale de cette époque, les bouleversements subis par les territoires urbanisés, et apporte une profondeur historique indispensable à la réflexion sur la situation contemporaine.

  • Ce livre traite de l'histoire des « communs » en France et dans l'Empire colonial français du XVIIe au XXIe siècle. Les « communs » sont la forme que prend, historiquement, la gestion collective des ressources et des environnements par les communautés locales :
    Pâturages et forêts, zones humides, cours d'eau, zones de pêche... Ils ont représenté, sur le long terme, un pan essentiel de la vie des sociétés et des écosystèmes, ne relevant ni de la propriété privée, ni d'une gestion par l'État. Ce modèle des « communs » est aujourd'hui promu partout pour faire face aux défis de la crise environnementale. Ce livre en propose la première analyse historique d'ampleur pour la France et ses colonies, afin éclairer d'un nouveau regard, et l'histoire de nos sociétés et leurs futurs possibles.

  • Ce livre est une histoire du jardin zoologique à travers celle de la ménagerie du Jardin des Plantes de Paris, des zoos de Londres et d'Anvers, depuis leur fondation. Ecrite du côté des animaux, sans perdre des yeux les humains qui font et défont l'institution, il dit le poids de l'emprise dans les cages et au-delà, puisque le zoo dessine des réseaux tentaculaires de capture, puis, à partir du XXe siècle, une mainmise conservationniste, enfermant les animaux au nom de leur protection.
    Depuis le zoo-microcosme, l'ouvrage dessine l'histoire d'institutions puissantes - zoos, organisations élitaires de protection animale et de conservation de la faune - qui contraignent ceux qu'elles disent protéger, et celle d'animaux et d'humains qui résistent et luttent pour ouvrir d'autres possibles.

  • Cette vaste synthèse étudie l'occupation urbaine depuis le XVIIe siècle par les plantes, parcs et jardins, mais aussi plantes « hors-sol » qui circulent dans l'espace urbain (fruits et légumes, fleurs coupées, déchets végétaux, etc.). Il s'agit de montrer que loin d'être un espace absolument artificialisé, non « naturel », la ville a constamment été imprégnée de végétaux, mais que cette présence a fluctué au fil des siècles. Sont interrogés les raisons, les acteurs et les défis de la végétalisation urbaine qui repose sur des motivations nombreuses, esthétiques, sanitaires, écologiques. De même, la végétalisation a sans cesse été soutenue par ceux que nous appelons les mains vertes, qui sont tout aussi bien des particuliers, des professionnels que les pouvoirs publics. Mais étendre ou maintenir la présence végétale en ville impose de relever de multiples défis (fonciers, financiers, esthétiques, biologiques...) qui ont pu varier au cours des siècles.

    Ce livre propose aussi une réflexion neuve sur les usages qui ont été faits de la nature en ville, paradoxalement instrument d'urbanité, de sociabilité et donc d'affirmation sociale, mais aussi inversement jungle, ferment de discorde et d'ensauvagement, objet d'affrontements politiques. On peut également faire usage du végétal pour bien être et bien vivre, accompagner les plaisirs, exercer les corps ou cultiver les esprits. Plus prosaïquement, la ville est aussi, tout au long de ces quatre siècles, un lieu de production et de consommation important de végétal. Enfin, c'est aussi en ville qu'une science botaniste et un savoir sur les plantes se développent.

    Ce tableau général, inédit, permet ainsi de voir la ville autrement et d'offrir des pistes de réflexion sur la nature en milieu urbain aujourd'hui.

  • L'humanité doit-elle se préparer à vivre sur une planète de moins en moins habitable ? Comment adapter l'équipement intellectuel collectif pour éviter cette situation ? Et pourquoi pas en recourant à la science-fiction et à son potentiel imaginaire ?
    Dans la masse de récits et de représentations qu'elle offre, on peut trouver des ouvertures inspirantes, aidant à réfléchir, éthiquement et politiquement, sur les manières pour une collectivité de prendre en charge les défis écologiques. La science-fiction, au-delà du découragement ou du sursaut de conscience qu'elle est censée susciter, offre à la réflexion, en plus d'un réservoir imaginaire, un support de connaissance qui est susceptible de nous aider à habiter les mondes en préparation. Et à avancer vers une autre éthique du futur...

  • Au XIXe siècle, les Eaux et forêts et les Ponts et Chaussées rivalisent d'arguments pour faire valoir le rôle bénéfique des forêts sur l'environnement et le climat. Jouant sur la fibre émotionnelle de l'opinion, ils n'hésitent pas à prédire les pires catastrophes, associant le déboisement à la décadence et à l'effondrement de la société. Leur récit pourrait sembler faire écho au discours environnemental contemporain, alors qu'il est en réalité un plaidoyer pour la modernité et l'abolition de toutes les pratiques traditionnelles.
    La relecture stimulante de cette controverse sur le rôle des forêts est une invite à débusquer, derrière les apparences, les intérêts en jeu de tout discours catastrophiste environnemental, les liens entre savoir et pouvoir, entre conservation et développement.

  • Les récits du déclin environnemental du Maghreb racontés depuis les Romains sont acceptés sans réserve aujourd'hui pour justifier les projets d'aménagement et de conservation autour du bassin Méditerranéen. Tirant les conséquences de recherches récentes sur l'écologie des terres arides et des indices paléoécologiques, Diana K. Davis nous raconte que ce mythe de la déforestation et du surpâturage a été construit par les savants français et les administrateurs de la période coloniale en Algérie, au Maroc et en Tunisie. Écrivant l'une des premières histoires environnementales du Maghred, Diana K. Davis ébranle de manière magistrale des certitudes bien acquises.

  • Le clergé de cour a toujours été la cible de critiques visant à disqualifier le statut et la piété de ces hommes d'Église et notamment des prélats de cour. Accusés de se parer du manteau de la religion pour arriver à leurs fins, ils étaient affublés de tous les péchés:
    Ambition, impiété, machiavélisme, libertinage. Ce livre analyse la fabrique de ces poncifs pour tenter ensuite de comprendre la place, l'organisation et la fonction de cette Église curiale, de la fin du Moyen âge jusqu'à son déclin relatif dès le règne de Louis XIV. Pourquoi pendant plusieurs siècles, l'État dit « moderne » a-t-il éprouvé le besoin de s'appuyer sur l'Église et surtout sur le clergé de cour et en quoi, à l'inverse, cette insertion recherchée a-t-elle contribué à servir les intérêts ecclésiaux ?

  • La résistance des sciences sociales à se saisir de la question environnementale apparaît comme une spécificité française liée aux préjugés scientifiques, aux découpages institutionnels et aux conflits disciplinaires. Cet ouvrage explore les causes à l'origine de la relégation de cette discipline au rang d'objet périphérique et les difficultés à faire valoir son existence dans la recherche sociologique et dans l'espace public. Ses auteurs pénètrent dans les arcanes de la construction sociale et politique de l'environnement, fouillant les coulisses de la recherche, des ministères et des grands corps d'Etat pour comprendre ce particularisme français et les conséquences cognitives et pratiques qui en découlent.

  • Ce livre se propose d'introduire dans le débat intellectuel français l'un des champs de recherche les plus novateurs de ces dernières années : l'histoire environnementale, dont la portée dépasse largement les frontières de la discipline historique, pour s'adresser à l'ensemble des sciences sociales et humaines mais aussi des sciences de la nature, des sciences de la vie et des sciences exactes. Les défi s environnementaux qui engagent le futur de nos sociétés ont contribué à décloisonner cette discipline, dont les approches ne sont plus aujourd'hui l'apanage des seuls historiens mais des questions partagées par tous : comment en sommes-nous arrivés là et de quelle manière les di. érentes sociétés humaines sont-elles caractérisées par un certain type de relation à ce qui les entoure ?

  • Guerres mondiales, essor et chute du communisme, diffusion de la démocratie : voici les événements qui forment l'histoire habituelle du XXe siècle. Mais, durant ce siècle, l'impact des hommes sur l'atmosphère, l'eau, le sol et la biosphère a atteint une intensité sans précédent. Avec le recul, le changement environnemental apparaîtra sans doute comme le phénomène le plus important de l'histoire du siècle. Réunissant anecdotes, données chiffrées et analyses pertinentes, John McNeill nous propose le passionnant récit de « l'expérience gigantesque et incontrôlée menée sur la terre » par l'espèce humaine au XXe siècle.

  • « Tu sais comme est belle l'eau qui baigne les rivages de France, tu la regardes volontiers au ras des plages ou bien, en surplomb, du haut de falaises prodigieuses. Caps, criques, baies, lagunes, dunes, horizon, tu aimes la lumière, le vent, le scintillement et l'écume. Près de la mer ont poussé des maisons, des immeubles, des ports de plaisance et des raffineries de pétrole. Comment conserver la beauté du monde dans un pays moderne ? » Odile Marcel évoque dans cette promenade littéraire très personnelle l'invention du Conservatoire du littoral, en 1975. Elle raconte son travail, depuis trente-sept ans, pour obtenir la protection de près de sept cents sites « pour tous et pour toujours ».
    En racontant plus particulièrement les histoires, heureuses et mouvementées, de neuf sites sur les rivages de l'hexagone et d'outre-mer (la Guyane, L'anse de Paupilles, le Domaine de Rayol, Agriate, l'abbaye de Beauport.), elle décrit la mission du Conservatoire, une initiative institutionnelle originale qui oeuvre à construire un accord entre les propriétaires, les habitants et les élus. Une telle démarche a permis de protéger déjà plus du dixième des littoraux en France, illustrant la persistante capacité des citoyens à instituer le territoire en bien commun, à le tenir pour une ressource à partager dans le respect de la part qui doit rester à la nature.
    Comme si les hommes, autour de bonnes lois et par des processus de fortes concertations, savaient trouver en eux le ressort pour s'entendre afin de favoriser la durée des choses.

  • Cet ouvrage original est le récit captivant de la constitution en France dès les années 60 d'une société vert clair, alliant à la fois modernité technologique et considérations environnementales. La teinte vert clair évoque non seulement la modération, les compromis et les demi-mesures, mais aussi l'ambiguïté profonde qui a caractérisé la réception des idées écologiques par les citoyens français. En parallèle au développement technologique effréné destiné à rattraper un retard rendu responsable de la défaite en 1940, on assiste en France à la montée en puissance des idées et des mouvements écologistes, très critiques vis-à-vis de la société technologique.
    Cet ouvrage a reçu le Prix G.P. Marsh de l'American Society for Environnemental History.

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  • Ce livre explore en détail les liens historiques et les similarités entre esclavage et utilisation contemporaine des énergies fossiles. Il s'agit d'abord de montrer le rôle moteur de la traite des esclaves dans l'industrialisation au XVIIIe siècle en Grande-Bretagne, puis d'expliquer comment l'abolition de l'esclavage en Angleterre et aux États-Unis peut être pensée en lien avec l'industrialisation. Une seconde partie explore les similarités troublantes entre l'utilisation aujourd'hui du pétrole ou du charbon et l'emploi de la main d'oeuvre servile aux XVIIe ou XVIIIe siècles. Enfin, l'auteur montre en quoi l'Histoire peut nous aider aujourd'hui à mieux penser notre dépendance à l'énergie pas chère et à s'inspirer des abolitionnistes pour remédier au problème.

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