Bleu Nuit

  • Originaire de la région du Suffolk, Benjamin Britten (1913-1976) est élève de Frank Bridge puis boursier au Royal College of Music de Londres. D'abord compositeur pour le cinéma, il rencontre le ténor Peter Pears (1910-1986, son futur compagnon et interprè-te) en 1937 avec qui il s'exilera trois ans aux USA pendant la guerre. Ses premiers opéras, Peter Grimes (1945) et Le viol de Lucrèce (1946), le poussent à créer sa compagnie, English Opera Group, privilégiant ensuite des formes réduites pour en faciliter les productions, comme Albert Herring (1947), Le tour d'écrou (1954) ou les Paraboles d'église (1964-68), tout en composant encore des pièces imposantes comme Billy Budd (1951), Le Songe d'une nuit d'été (1960) ou son testamentaire Mort à Venise (1973). Pacifiste et ami de Rostropovitch et Chos-takovitch en pleine Guerre froide, il est anobli en 1973 par Elisabeth II. Parmi ses oeuvres orchestrales, le public affectionne toujours son Young Person's Guide to the Orchestra sur un thème de Purcell - qu'il a contribué à redécouvrir - ainsi que son poignant War Requiem sur la Première Guerre mondiale.

  • Schumann, Robert

    Jean Gallois

    Ayant grandi dans les décou-vertes des littératures romantiques de son temps, Robert Schumann (1810-1856) abandonne ses études de droit pour se consacrer à la musique, ambitionnant de devenir le plus grand pianiste de son temps et d'épouser la fille de son professeur, Clara Wieck. C'est finalement elle qui mènera une carrière internationale, promouvant les compositions de son époux et donnant naissance à 8 enfants. Eternel tourmenté oscillant entre Eusébius (son double lumineux et rêveur) et Florestan (sa part sombre, tourmentée et suicidaire), Schumann finit par sombrer dans la folie et termina les deux dernières années de sa vie dans un asile, s'éteignant à seulement quarante-six ans. Il a laissé un vaste catalogue typiquement romantique - notamment plus de 150 Lieder, 4 symphonies, 3 pièces lyriques, de nombreux cycles pour piano et de la musique de chambre - où son merveilleux sens de la mélodie se développe dans une écriture raffinée.
    Avec ce nouvel opus de la collection horizons, Jean Gallois nous convie aux sources du romantisme allemand avec cette biographie illustrée, complétée de nombreux exemples musicaux et d'annexes pratiques.

  • Modeste Moussorgski Nouv.

    Issu d'une famille bourgeoise de l'ouest de la Russie, Modeste Moussorgski (1839-1881) est formé à l'école d'officiers de St-Petersbourg, d'où il sort lieutenant quand le goût pour la musique prend le dessus. Avec ses camarades Balakirev, Cui, Glinka et Rimski-Korsakov, il forme le «Groupe des Cinq» supervisé par Stassov. De ce compagnonnage naîtront de nombreuses oeuvres, notamment des opéras (Madla, Le Mariage, Boris Godounov, Khovantchina). Outre des pièces orchestrales remarquées (dont la désormais fameuse Nuit sur le Mont Chauve), Moussorgski a laissé de nombreuses mélodies (par exemple les cycles Enfantines, Sans Soleil, Chants et danses de la mort) inspirées par le folklore russe. Longtemps taxé péjorativement d'autodidacte, Moussorgski a justement développé un style personnel du plus grand intérêt et qui en fait sa particularité.
    Dépressif et alcoolique, le compositeur russe mourût prématurément de potomanie, seul et dans la misère.

  • Alexandre Borodine (1833-1887) est bien plus que le «simple» compositeur des Danses Polovtsiennes et des célèbres Steppes de l'Asie Centrale. Outre un chimiste très doué, confrère de Mendeleiev, il est aussi un des piliers de la musique russe, au même titre que ses amis du groupe des cinq comptant notamment Moussorgski et Rimski-Korsakov. Liszt a été un des premiers occidentaux à défendre ses compositions en Europe, car l'originalité de son oeuvre tout entière est dans son enracinement au plus profond de la terre et de la sensualité russes.
    Ce premier volume de la collection horizons livre une étude passionnante sur l'homme et le musicien, soulignant la beauté de ses mélodies, mettant en relief l'ardente architecture des symphonies ou de la musique de chambre dont l'écriture harmonique annonce l'impressionnisme, analysant l'admirable opéra Le Prince Igor, un des joyaux de toute sa production. Largement illustré, il se complète d'exemples musicaux et d'annexes pratiques (tableau synoptique, catalogue des oeuvres, bibliographie, discographie, ...).

  • Né dans le même pays que sa contemporaine Sainte- Thérèse d'Avila, Tomás Luis de Victoria (1548- 1611) bénéficie du soutient de Philippe II pour se perfectionner au Collegium Germanicum de Rome, alors que Palestrina est déjà un compositeur très en vue et influant dans la Ville Sainte. Ordonné prête en 1575, Victoria met tout son génie musical au service de la religion catholique en composant de nombreux Motets et Messes, dont un merveilleux O magnum mysterium, ou encore une délicate Ave Maris Stella, qui gardent une certaine «rigueur ibérique» mêlée de mystère et de charme austère. Sous la protection de l'Impératrice Marie d'Espagne, qui le nomme son chapelain en 1592, il revient à Madrid, au Monastère des Déchaussées Royales, où il travaillera jusqu'à la fin de sa vie, continuant de composer de nombreuses pièces, dont un célèbre Office des Défunts dédicacé à sa protectrice disparue. Son répertoire, reflet du Siècle d'Or espagnol, reste un monument de la musique du XVIe siècle.

  • Venise la Sérénissime, la "Perle de l'Italie", est désormais associée à son célèbre compositeur, Antonio Vivaldi (1678-1741). Mais bien au-delà du succès mondial des Quatre Saisons, que retiendra-t-on du célèbre violoniste à qui l'on doit quelque 800 opus, dont certains concertos qu'il se vantait d'avoir composés « plus promptement qu'un copiste ne pouvait les copier » ? Vivaldi est bien à l'image de cette ville italienne à l'apogée de sa magnificence, de ses fêtes et de ses théâtres où l'on donnait l'opéra, genre pour lequel il nourrissait un réel penchant. Profitant de son poste de maître de musique de l'Ospedale de la Pietà et ayant ainsi à sa disposition un orchestre de jeunes orphelines des plus douées, Vivaldi a largement développé le genre musical du concerto italien initié par Corelli. Mais le "prêtre roux", finalement passé de mode, a aussi connu une triste fin à Vienne, loin d'une Venise qui vivait ses derniers feux. nouvelle édition entièrement révisée

  • Les 3 «B» : c'est ainsi qu'on regroupe généralement les trois maîtres viennois de la symphonie au XIXe siècle.
    Cette forme musicale - déjà largement développée par leurs compatriotes Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) et ses 41 symphonies ou encore Joseph Haydn (1732-1809) et plus de 100 symphonies - atteint son appogée dans la capitale autrichienne avec les 9 compositions de Ludwig van Beethoven (1770-1827) et de Anton Bruckner (1824-1896), ou encore les 4 de Johannes Brahms (1833-1897), magnifiant des inventions où l'orchestre symphonique développe toute sa puissance. Avec ces trois compositeur, ces «3 B», on assiste à la consécration mondiale de Vienne où son Musikverein devient un temple incontesté et incontournable de la musique européenne, et qui continuera de connaître sa période de gloire avec Gustav Mahler (1860-1911) et ses 9 amples symphonies, dernier grand cycle orchestral magnifiant le genre.

  • La musique occidentale de la préhistoire à la techno expliquée au travers d'un dialogue entre Arthur, et son père.

  • Dvorak, antonin

    Isabelle Werck

    Né en Bohème, Antonín Dvorák (1841-1904) est destiné à devenir boucher comme son père quand ses aptitudes musicales innées lui permettent finalement d'étudier l'allemand et la musique. Il s'installe à Prague, où il joue dans des orchestres, notamment sous les baguettes de Smetana et Wagner. En 1871, il décide de se consacrer à l'écriture, gagne une bourse viennoise et rencontre Brahms, von Büllow et Richter. Son Stabat Mater et ses symphonies enchantent rapidement le public, y compris en Russie et en Angleterre, lui ouvrant la porte d'un poste de directeur du Conservatoire de New York de 1892 à 1895, expliquant le titre de sa célèbre 9ème symphonie (Symphonie du Nouveau Monde) au succès immédiat et jamais minoré depuis sa création. Son retour à Prague, où il dirige le Conservatoire de Musique, donne lieu à la création de plusieurs opéras, dont le célèbre Rusalka en 1901. Dvorák s'éteint peu après dans la capitale tchèque, où il est enterré.

  • Né à la Côte-saint-André (Isère), Hector Berlioz (1803- 1869), était destiné à la profession de médecin comme son père. Il abandonne cependant ses études dès 1921 pour se consacrer à la musique et entre au Conservatoire de Paris dans les classes de Reicha, Lesueur et Cherubini. Il obtient le prix de Rome en 1830. C'est pourtant seulement dans des traités qu'il avait découvert l'harmonie, et il en écrira un grand qui reste encore aujourd'hui une référence. Sa musique influencée par les compositeurs allemands Weber et Beethoven traduit des sentiments passionnés, déclarant : «Les règles de ma musique sont l'expression passionnée, l'ardeur intense, le rythme animé et les aspects surprenants.» Bien que peu compris du public à ses débuts, Berlioz est une des gloires de la musique française. Il est l'auteur de nombreuses mélodies, d'opéras (Benvenuto Cellini, Les Troyens), d'une symphonie dramatique Roméo et Juliette, d'un Requiem ainsi que de plusieurs oeuvres symphoniques dont la Symphonie fantastique qui reste son chef-d'oeuvre. Compositeur entier et passionné, il a laissé dans ses Mémoires un étonnant témoignage de la musique en son temps .
    2019 célèbre donc les 150 ans de sa disparition.

  • Avec la Révolution française, le clavecin, un des symboles emblématiques de l'Ancien Régime, connaît une terrible période de désaffection. De grand bûchers sont installés, dans lesquels sont précipités des centaines d'instruments. Mais sa mémoire est toutefois préservée par quelques interprètes, qui vont même finir par inciter les compositeurs à "redécouvrir" cet instruments et écrire des compositions originales, jusqu'au XXe siècle avec Francis Poulenc, par exemple. Dans cette étude complètement inédite, Jean-Patrice Brosse livre un formidable - autant que surprenant - travail d'exploration en mettant à jour un répertoire aussi inattendu que passionnant, montrant ainsi comment le clavecin a survécu à une extinction programmée, notamment grâce aux artistes "romantiques".

  • Maurice Ravel (1875-1937) est le compositeur français le plus joué et apprécié dans le monde. Son Boléro l'a élevé au statut de véritable mythe. On aurait pourtant bien évidemment tord de le résumer à cette pièce emblématique, pied de nez à l'intelligensia parisienne et dont le véritable sens, trop souvent ignoré des auditoires, tient plus de l'exercice - certes génial - d'écriture musicale et d'orchestration que d'invention musicale pure.
    Mais de nombreuses autres oeuvres comme son ballet Daphnis et Chloé, ses deux petits opéras (L'Heure espagnole et L'Enfant et les sortilèges) ou encore ses deux concertos pour piano sont bien plus les témoins d'un univers musical d'un grand raffinement, aux couleurs orchestrales dignes d'un Rimsky-Korsakov «version française», héritier direct des peintres impressionnistes tout en s'ouvrant déjà au jazz (dont on retrouve de nombreux traits dans différentes oeuvres, Ravel étant aussi curieux des nouveaux styles de son temps). Bien qu'initialement «maltraité» par le système français qui lui refusa le Premier Prix de Rome, son style devint le sujet de ce concours quelques années plus tard. Finalement la petite taille fluette de ce basque toujours tiré à quatre épingles cachat longtemps un des plus fins compositeurs du début du XXe siècle, tristement victime d'une maladie cérébrale, qui eut raison de lui à 62 ans.

  • Alors que l'Espagne connaît son Siècle d'Or, un genre musical voit le jour au nord de Madrid dans la résidence royale du Palacio de la Zarzuela (ou «Palais de la Ronceraie»), où se donnent de fastueux spectacles, qui prennent donc le même nom que leur lieu d'accueil :
    Zarzuela. Pendant que l'opéra en est à ses débuts en Italie, le XVIIe siècle espagnol se distingue à travers ses propres pièces lyriques s'appuyant sur des livrets de Pedro Calderón, véritable fondateur reprenant les classiques de la mythologie gréco-latine, et des musiques de Juan Hidalgo, puis de Sebastián Durón. Au XVIIIe siècle, la zarzuela s'étend ensuite aux théâtres populaires ibériques et jusque aux Amériques grâce aux compositions de Antonio Literes, José de Nebra et Antonio Rodríguez de Hita, ou encore aux livrets de Ramón de la Cruz. Ce n'est qu'après cent cinquante ans de gloire ininterrompue que la zarzuela «baroque», tout comme l'Espagne, connaîtra à la fin du XVIIIe siècle une éclipse qui l'obligera à se renouveler...
    Cette étude inédite présente pour la toute première fois les origines de ce «continent musical» à part entière qu'est la zarzuela aux XVIIe et XVIIIe siècles, complétée de nombreuses illustrations et annexes.

  • Issu d'une famille de musiciens allemands, Carl Maria von Weber (1786-1826) compose dès ses onze ans Six Fughetten et un an plus tard un opéra, Die Macht der Liebe und des Weins. En 1800 naissent l'opéra-comique Das Waldmädchen puis l'opéra Schmoll und seine Nachbarn. Chef d'orchestre de l'Opéra de Breslau entre 1804 et 1806, il démissionne pour se consacrer uniquement à la composition. Il se rend à Mannheim en 1810, année de création de son opéra Silvana, puis voyage en Allemagne de 1811 à 1813 comme pianiste-concertiste avant d'être nommé directeur de l'Opéra de Prague en 1813 et directeur de l'Opéra allemand de Dresde en 1816. La composition de son chef-d'oeuvre Der Freischütz dure trois ans avant d'être créé en 1821 et de connaître un succès considérable. Victime de la tuberculose, l'état physique de Weber ne cesse de s'aggraver. Il continue cependant de composer, malgré la douleur, Euryanthe en 1823 puis Oberon en 1824 avant de s'éteindre en 1826 au cours d'un concert londonien. Wagner contribuera au rapatriement du corps à Dresde en 1844. Ce nouvel opus de la collection horizons vous invite à la rencontre du célèbre compositeur de l'Invitation à la danse considéré comme le père de l'opéra allemand, dans une étude inédite et illustrée aux nombreuses annexes.

  • Considéré comme le père de la musique romantique, Ludwig van Beethoven (1770-1827) a aussi fortement contribué à la renommée des formes sonates pour piano, de la musique de chambre mais surtout de la symphonie.
    Outre de nombreuses mélodies et quoiqu'ayant été pendant quelques temps directeur du Teater an der Wien, il n'a composé qu'un seul opéra, Fidelio, qui compte toutefois aujourd'hui de nombreux adeptes inconditionnels. Mais que ce soit dans les titres ou les sujets qu'il a traité, c'est son amour de la nature et des éléments, tout comme des sentiments passionnés, qui le classent définitivement dans la ligne fondatrice de son temps : son caractère torturé et sa vie faite de rudes épreuves (comme sa surdité qu'il lui fit envisager à un moment le suicide) en font à jamais un archétype de l'artiste romantique, passionné pour un «être aimé» qui l'ignore, et utilsant les masses orchestrales pour laisser exploser ses sentiments.
    Ce nouveau volume de la collection horizons vous propose de partir à la rencontre d'un maître de la musique germanique romantique parfois encore méconnu du «grand public», dans cette étude inédite illustrée et complétée de nombreuses annexes.

  • 2017 : 450° anniversaire Compositeur italien protéiforme autant qu'incontournable, Claudio Monteverdi (1567-1643) est un auteur majeur de la musique européenne, qui a assuré la transition de la période Renaissance à la période Baroque. Originaire de Crémone, il a longtemps servit les Ducs de Mantoue avant de finir sa carrière à Saint-Marc de Venise. Son opéra "L'Orfeo" est souvent considéré comme le premier véritable opéra de l'histoire de la musique, en tant que tragédie musicale. Mais la musique vocale de Monteverdi (Messes et Madrigaux) renferme aussi bien de multiples richesses. Denis Morrier, spécialiste de cette période, célèbre ce 450° anniversaire avec une biographie illustrée inédite sur ce maître italien, complétée de nombreuses annexes pratiques.

  • « Je suis venu au monde à Cologne. [...] J'ai joué beaucoup du violoncelle. Je suis arrivé à Paris à l'âge de treize ans. J'ai été au Conservatoire, comme élève, à l'Opéra-Comique, comme violoncelliste, plus tard à la Comédie Française, comme chef d'orchestre. J'ai frappé avec courage, mais vainement, à la porte de l'Opéra-Comique. J'ai créé, alors, le théâtre des Bouffes-Parisiens : dans l'espace de sept ans, je me suis reçu, monté et joué une cinquantaine d'opérettes. [...] Je suis français depuis [1860] grâce à l'Empereur, j'ai été nommé chevalier de la Légion d'honneur. [...] Le succès ne m'a jamais rendu fier, la chute ne m'a jamais abattu. [...] J'ai pourtant un vice terrible, invincible, c'est de toujours travailler. Je le regrette pour ceux qui n'aiment pas ma musique, car je mourrai certainement avec une mélodie au bout de ma plume. » Ainsi s'autobiographia en 1864 Jacques Offenbach (1819-1880), compositeur des plus beaux opéra-bouffes français avec plus de 100 pièces dramatiques : Orphée aux Enfers, La Belle Hélène, La Grande-Duchesse de Gérolstein, La Périchole, Les Brigands, etc., jusqu'aux posthumes Contes d'Hoffmann. Cette biographie inédite sur le père international du «lyrique léger» au XIXe siècle, qui initia aussi les opérettes viennoises et anglaises, se complète de nombreuses illustrations et exemples musicaux, à l'occasion du bi-centenaire de sa naissance.

  • Avec la chute de Constantinople en 1453, de nombreux savants, lettrés et artistes byzantins s'exilent en Italie, apportant avec eux des manuscrits grecs et latins que l'Occident redécouvre, prémisces à de grands progrès dans les domaines artistiques, culturels, scientifiques et techniques, ainsi que de profonds changements en matière de politique, d'économie et de religion. Ce mouvement appelé Rinascimento (Renaissance), soutenu par de grandes familles italienne - tels les Médicis à Florence, les Sforza à Milan, les Gonzague à Mantoue ou les Este à Ferrare ou Venise -, permet aussi à la musique de s'affranchir du Moyen Âge et de donner naissance à d'extraordinaires polyphonies vocales (Madrigaux) ou instrumentales, que la diffusion de la musique écrite et imprimée favorise d'autant plus. Elle permet aussi l'émergence de nouveaux talents, parmi lesquels brillent Giovanni da Palestrina (1525-1594) au Vatican, puis le sulfureux Carlo Gesualdo (1566-1613) à Venosa, jusqu'au «maestro» Claudio Monteverdi (1567-1643) à Florence et Venise, annonçant déjà la musique «baroque» d'Antonio Vivaldi (1678-1741).

  • Maurice Jaubert

    François Porcile

    Né à Nice, Maurice Jaubert (1900-1940) apprend le piano dans sa ville natale avant d'étudier le droit à La Sorbonne de Paris, dans la lignée de son père avocat quand survient la guerre. Démobilisé en 1922, il décide de se consacrer à la musique et ses innovations technologiques, notamment dans celles de l'enregistrement.
    Il épouse le soprano Marthe Bréga en 1926 (Ravel est son témoin) et compose pour le cinéma dès 1929, notamment pour Jean Renoir, Jean Vigo, René Clair, Julien Duvivier ou Marcel Carné et dirige l'enregistrement de nombreux confrères comme Darius Milhaud, Arthur Honegger ou Kurt Weill. Mobilisé en septembre 1939, le capitaine de réserve Jaubert est mortellement blessé par un tir ennemi en 1940. Outre ses mélodies et musiques de scène, on peut noter dans sa trentaine de musiques de films les titres de Zéro de conduite, Carnet de bal, Quai des brûmes, Hôtel du Nord ou encore Le jour se lève.
    François Truffaut a utilisé des musiques de Jaubert pour quatre de ses films : L'Histoire d'Adèle H. (1975), L'Argent de poche (1976), L'Homme qui aimait les femmes (1977) et La Chambre verte (1978).
    Cet ouvrage est aussi l'occasion de mieux connaître ce travail tout particulier de la composition de musique de films dans la première moitié du XXe siècle.

  • De son vivant, Johann Sebastian Bach (1685-1750) était connu principalement comme un organiste exceptionnel. De caractère querelleur, il a changé souvent de ville jusqu'à trouver sa place à la cour du Duc de Weimar, puis à Köthen (où il composa ses Concertos brandebourgeois) et enfin à Leipzig à partir de 1723 où il finit Cantor et directeur du Collegium Musicum fondé par Telemann. De cette période datent le splendide Magnificat, les deux Passions et la magistrale Messe en si mineur. S'y ajoutent un nombre impressionnant de cantates, sacrées et profanes, et des motets pour toutes les occasions. La fin de sa vie est marquée par trois grandes oeuvres : les Variations Goldberg, l'Art de la fugue et l'Offrande musicale. Le style de Bach se démarque par ses structures formelles très élaborées qui ont fait dire à Nietzsche que sa musique lui donnait une idée de "l'ordre supérieur des choses".

  • Kurt Weill

    Bruno Giner

    Né à Dessau, Kurt Weill (1900-1950) étudie à la Hochschule für Musik de Berlin, puis avec Busoni. Son langage mélange les techniques de la musique moderne (atonalité, polytonalité, jazz...) que l'on peut retrouver dès ses premiers opéras : Der Protagonist, Royal Palace. Sa première collaboration avec Brecht donne naissance à la pièce Mahagonny-Songspiel (1927).
    L'année suivante, ce travail à quatre mains débouche sur L'opéra de quat'sous qui révolutionne le théâtre musical en tirant à boulets rouges sur le capitalisme et l'ordre établi. En 1933, Weill s'exile en France et présente à Paris plusieurs oeuvres, dont Les sept péchés capitaux au Théâtre des Champs-Elysées, avant de fuir définitivement le régime nazi pour les Etats-Unis où il passera la fin de sa vie sous la nationalité américaine avec sa muse et exépouse, Lotte Lenya. Sa musique fera alors un véritable pont entre les cultures musicales allemande et américaine : Happy end, Silverlake, Railroads, One Touch of Venus, Lady in the dark, ...
    Ce nouveau volume de la collection horizons vous propose de partir à la rencontre d'une figure allemande du XXe siècle qui a aussi largement influencé la comédie musicale américaine, dans une étude inédite illustrée et complétée de multiples annexes.
    Il n'existe quasiment aucune biographie en français sur Kurt Weill (le dernier ouvrage chez Actes Sud/Classica date de 2000 !) qlors que son oeuvre est toujours aussi populaire.

  • Force de la nature, Georg Friedrich Haendel (1685-1759) révèla rapidement un don inné pour la musique dans sa ville natale de Halle. Son talent émergea à Hambourg, montrant déjà un goût certain pour l'oratorio et l'opéra.
    Après quelques succès en Italie (notamment Aggripina à Venise), il entra au service de la maison de Hambourg, ce qui le fit voyager en Angleterre dès 1710. C'est là qu'il éblouit les soirées londonniennes en créant pour sa Royal Academy of Music de nombreux chefs-d'oeuvre lyriques :
    Rinaldo, Guilio Cesare, Ariodante, Alcina, Serse, ... Ce compositeur prolifique (plus de 600 opus) s'illustra aussi dans la musique orchestrale (Concerti Grossi, Suites, Water Music, Music for the Royal Fireworks, ...) et un vaste catalogue religieux (Anthems, Te Deums, oratorios dont Messiah et La Resurrezione, ...). Il repose désormais à Westiminster Abbey.

  • Richard Wagner

    Gérard Denizeau

    Maître révolutionnaire de l'Opéra, le compositeur allemand Richard Wagner (1813-1883) est aussi considéré comme le père du Leitmotiv, la répétition d'un thème musical propre à un personnage ou une situation. Traversant une période politiquement instable en Europe, il put finalement compter sur le soutien de Louis II de Bavière jusqu'à la fondation d'une salle de représentation révolutionnaire en son temps. Artiste complet soutenu par Liszt, il écrivit également les livrets de ses opéras, comme le cycle des Nibelungen en Tétratlogie, adapté des légendes allemandes, et poussa son soucis de direction totale jusqu'à incrire lui-même ses didascalies sur ses partitions. A sa mort d'une crise cardique à Venise, il laisse plus d'une centaine d'opus dont neuf opéras incontournables, ainsi que ses Wesendonck Lieder.

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