Littérature générale

  • Au XVIIIe siècle, un nouveau fluide fascine le monde : l'électricité. L'intensité devient un idéal ordinaire pour l'homme et un concept savant de philosophie, de la puissance nietzschéenne au vitalisme de Deleuze, de l'excitation nerveuse des libertins à l'adrénaline du désir, de la performance et des sports extrêmes.

  • Dans une société qui valorise le paraître et les confessions à grand spectacle, la discrétion est une forme heureuse et nécessaire de résistance. Plaisir baudelairien de flâner anonymement parmi la foule, joie silencieuse de regarder son amour dormir ou ses enfants jouer sans qu'ils remarquent notre présence, soulagement de voir s'éloigner enfin le désir de triompher : loin de la dissimulation, du calcul prudent ou de la peur d'être vu, l'âme discrète offre une juste présence au monde.

    Pierre Zaoui convoque les grands penseurs de la discrétion, de Kafka à Blanchot et Deleuze, en passant par Virginia Woolf et Walter Benjamin, pour cerner cette expérience «rare, ambiguë et infiniment précieuse».

  • Un match de football, un but marqué et cinq cents supporters crient spontanément leur joie. Robert Misrahi voit dans cette réaction immédiate le signe de notre liberté première : une liberté par essence, non choisie, antérieure à toute action. Sans le savoir, sans rien y pouvoir, nous sommes libres!

    Mais il est une autre liberté. Une liberté qui s'apprend. Concrète et réfléchie, véritablement heureuse, elle est à l'origine de toute création.

  • La curiosité a mauvaise réputation. Loin d'une passion triste et voyeuriste, Jean-Pierre Martin l'envisage surtout comme une vertu, un élan salutaire.
    Avec l'étonnement ou le doute - sources de l'activité philosophique -, la curiosité provoque la rencontre d'un objet inattendu, jusque-là exclu de notre pensée. Elle va de question en question. Au désir de savoir, elle oppose une surprise. Elle va plus loin encore : elle s'insurge contre l'indifférence. Son étymologie (cura) nous dit qu'elle prend soin du monde. Invitant à une conversion du regard, elle est une manière de penser, mais aussi une raison de vivre.
    Jean-Pierre Martin est lauréat de la bourse Cioran 2019 pour cet ouvrage.

  • Vous ne pouvez pas vous empêcher de paresser, décaler, lambiner, atermoyer, ajourner, proroger, différer, musarder, zigzaguer, suivre des chemins de traverse? Ce livre est pour vous!

    Le philosophe américain John Perry bâtit un plaidoyer souvent inattendu, toujours convaincant en faveur de la procrastination structurée, ce «défaut» qui, bien utilisé, peut vous transformer en foudre de guerre.

  • Alors qu'on assiste au crépuscule des grandes idéologies, rarement la difficulté d'admirer aura paru si sensible, si propice aux éclats polémiques. Pourtant, contre l'indifférence et le cynisme érigés en norme ou les emballements immédiats devant tout et n'importe quoi, l'admiration reste une force. La force de s'étonner et de s'incliner devant le beau, le sublime. Toutefois, admirer ne signifie pas se soumettre. C'est même en cela que l'admiration est le contraire de l'idolâtrie. Michel Crépu se penche sur les vertus et les dangers de l'admiration et revisite les oeuvres littéraires de Stendhal, Cioran, Chateaubriand, Céline, Heidegger ou Barthes, et de grandes figures historiques - Napoléon et Malraux notamment -, à la lumière de ce sentiment que Descartes qualifiait de « première des passions ».

  • «Chacun se proclame si facilement héros qu'on serait presque prêt à faire l'éloge du conformisme et de la soumission rien que pour leur dire Non».

    Jamais dire Non n'aura été aussi à la mode - jamais être anti-conformiste n'aura été aussi répandu. Mais mesure-t-on vraiment l'importance vitale que revêt ce petit mot?
    Paradoxalement fécond, c'est un mot qui agit plus qu'il ne signifie. Or que se passe-t-il quand je dis Non? Du premier refus de l'enfant à la résistance politique, la révolte ou la destruction, en passant par un délicat «Non merci!» aux pouvoirs insoupçonnés, Non irrigue nos vies et nos sociétés. Mais comment éviter la posture stupide ou le repli stérile, comment en faire bon usage?
    Vincent Delecroix explore les vertus du refus, déconstruit ses mythologies et propose, enfin, un autre Non. Un Non qui n'est pas simple négation, mais un certain usage de la négativité, du retrait, de l'impertinence ou de l'ironie. Un Non intime, intelligent et indispensable à la vie de l'esprit - et à la vie tout court.

  • "Il y a quelque chose de réconfortant dans le fait d'avoir quarante ans." Quelques cheveux blancs et trois pattes d'oie : on n'a rien vu venir. Un sentiment paradoxal nous saisit, mêlé de nostalgie et d'ennui, mais aussi de lucidité, de confiance et de sérénité. La quarantaine est une étape délicate et contradictoire : d'un côté les dés sont jetés, de l'autre la trajectoire n'a jamais été aussi limpide.
    Un philosophe anglais interroge ce moment si particulier de la vie avec une sincérité réjouissante. Il nourrit sa réflexion des oeuvres d'autres quarantenaires inspirés, de Nietzsche à Hölderlin, de Montaigne à Rembrandt.


    Vo : Middle Age Photographie : Graeme Harris © Bridgeman Images Réalisation graphique : Raphaëlle Faguer © Autrement Édition originale : © Christopher Hamilton, 2009.
    Traduction autorisée par Acumen Publishing Ltd Edition.
    Édition française publiée par l'intermédiaire de l'agence littéraire Eulama International.
    © Éditions Autrement, Paris, 2014, pour la présente édition.

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