Arlea

  • Venise toute Nouv.

    Venise toute

    Benoït Casas

    • Arlea
    • 5 May 2022

    Avez-vous déjà regardé le monde au travers d'un kaléidoscope ? Voilà le jeu subtil que nous propose Benoît Casas sur Venise.
    Venise toute est une joie. Enquête sur la ville par mille éclats, voyage des voyages. Détails, parcours, captures, matière et sensations, couleurs, observations.
    Venise toute est un abécédaire sensible, expérience de regard et de marche, déambulation en tous lieux et à toutes les saisons. C'est une exploration : on y rencontre une Venise de lumière et de boue, une Venise de pierre et d'eau, une Venise quotidienne : on y rencontre Venise. Un labyrinthe, un archipel, une énigme.

  • Le fils de la maîtresse

    Serge Toubiana

    • Arlea
    • 3 March 2022

    Qui sont nos parents ? Quel passé, quelles joies, quelles inquiétudes nous taisent-ils, et quelle force nous donnent-ils ?
    Serge Toubiana interroge les souvenirs d'une enfance heureuse en Tunisie. Sa mère institutrice, son père horloger étaient tous deux des communistes engagés. Il avait la passion du jeu et de la liberté, elle avait le goût de transmettre et d'éduquer.
    Au-delà de l'évocation des beaux jours, Le Fils de la maîtresse est un éloge de la filiation. « Je me suis rendu compte, écrit Serge Toubiana, que j'avais, en quelque sorte, choisi le même métier qu'elle : en transmettant mon amour du cinéma, je me sens tel un instituteur du cinéma. Transmettre et partager, c'est aimer. »

  • Un dimanche à Ville-d'Avray

    Dominique Barbéris

    • Arlea
    • 5 September 2019

    Le titre, Un dimanche à Ville-d'Avray, est un lointain écho du film féérique - et mystérieusement inquiétant -, sorti en 1962, qui a marqué, tel un météore, le cinéma français.
    Même sentiment d'inquiétude dans le livre de Dominique Barbéris : deux soeurs se retrouvent, alors que fléchit la lumière, dans un pavillon de Ville-d'Avray, avec chacune dans le coeur les rêves et les terreurs de l'enfance, le besoin insatiable de romanesque, de landes sauvages dignes de Jane Eyre et d'un amour fou, tout cela enfoui dans le secret d'une vie sage.
    L'une se confie à l'autre. Lui raconte une invraisemblable rencontre dans le décor en apparence paisible de Ville-d'Avray, de ses rues provinciales. L'autre découvre, stupéfaite, son errance entre les bois de Fausse-Repose, les étangs de Corot, les gares de banlieue et les dangers frôlés...
    Ce sont des pages à la Simenon. Les grands fonds de l'âme humaine sont troubles comme les eaux des étangs.

  • Fils de prolétaire Nouv.

    Fils de prolétaire

    Philippe Herbet

    • Arlea
    • 5 May 2022

    Philippe Herbet est photographe. Il aime photographier les gens qui lui racontent leurs histoires de vie lors de ses voyages, notamment en Russie, où il vit une partie de l'année, et en Orient. Il a fui une enfance terne et difficile, à l'image de celles magnifiées dans l'oeuvre des frères Dardenne.
    Mais combien faut-il avoir traversé de pays pour pouvoir un jour se retourner sur sa propre enfance ? Et découvrir ainsi dans le modeste et l'ordinaire, dans le silence d'une enfance parfois malheureuse, le sentiment de la joie.

  • L'apocalypse heureuse

    Stéphane Lambert

    • Arlea
    • 6 January 2022

    Ici l'apocalypse avait déjà eu lieu. La dévastation avait engendré la beauté avant qu'à son tour la beauté ne sème la dévastation. Dans ce décor propice à l'invention des dieux, nous nous baignons tranquillement aux portes de la mort, savourant la proximité du ciel et de l'abîme.

    Dans ce livre majeur, Stéphane Lambert dit le chaos d'une enfance abusée. Au hasard des jours, en se rendant chez un thérapeute, il se retrouve à son insu, trente ans plus tard, dans l'immeuble-même de son ancien abuseur. A partir de là il remonte le fil de son enfance et de ce qu'on a voulu taire, en mesurant avec quelle force le passé imprégnait sa vie présente. Il perçoit dans le souvenir traumatisant d'une famille qui vole en éclats, l'écho de la crise qu'il traverse en tentant d'aimer. Et quand survient la mort du père, d'anciens séismes se réveillent sur cette île grecque où il a trouvé refuge pour écrire. Ce sont dans les failles les plus profondes que les livres tentent la difficile communion du meilleur et du pire.

  • Dans les eaux profondes ; le bain japonais

    Akira Mizubayashi

    • Arlea
    • 8 March 2018

    L'espace de la salle de bains, espace souvent anodin, ou exigu en Europe, est au Japon un lieu privilégié où le thème de l'intimité familiale ou amicale se manifeste mieux qu'ailleurs. Le bain japonais est un élément de civilisation, au même titre que la cérémonie de thé, les haïkus ou la voie des fleurs.
    Si le bain est d'abord associé aux yeux d'un occidental à l'idée de propreté, il est au Japon un savoir-vivre raffiné, poétique, qui rend possible la rencontre de l'autre dans un cadre intime et bienveillant.
    Comme Tanizaki, dans son Éloge de l'ombre, Akira nous livre dans cette évocation des eaux profondes, le secret d'un coeur japonais mais aussi la vigilance critique d'un homme de son temps dans un pays en crise.

  • écrire, écrire, écrire

    Sally Bonn

    • Arlea
    • 3 February 2022

    La main, ma main, veut écrire. Elle veut saisir le monde par l'écriture, ses petits dessins noirs, ses formes agencées qui font sens. Je m'y accroche. Un jour, je serai écrivain. Même si je ne sais pas quel chemin prendre, quelle ligne suivre, quels signes tracer. C'est ainsi que ça a commencé.

    Où commence l'écriture ? Dans le corps ou dans la tête ? Dans la main crispée sur le stylo de l'enfant à sa table ou dans la mémoire de l'adulte ?
    Il faut peut-être voir ailleurs. Retrouver les traces. S'amuser de graffs dans la rue. Observer les rituels d'écrivains, ceux d'hier (Proust, Walser, Benjamin) comme ceux d'aujourd'hui. Parcourir la Mésopotamie, la Grèce, les mythes égyptiens.
    À partir de souvenirs personnels, de voyages et de confidences d'artistes, Sally Bonn compose, à son tour, la trace la plus sensible qui soit : son livre.

  • Ozu et nous

    ,

    • Arlea
    • 7 October 2021

    À l'origine de ce livre, une même fascination pour une oeuvre singulière : les films de Yasujiro Ozu, l'un des tout premiers cinéastes japonais et l'un des grands cinéastes du XXe siècle. Et une complicité et une amitié entre Nathalie Azoulai et Serge Toubiana qui se sont affranchis de la solitude de ces derniers mois en partageant, entre eux tout d'abord et avec nous désormais, leurs sentiments sur des films qui, malgré une tranquillité apparente et mélancolique, pénètrent au plus profond de notre âme.
    L'un et l'autre évoquent d'autres cinéastes, d'autres films qui résonnent avec ce « monde d'Ozu », un Japon fascinant qui va de 1930 au début des années 1960, comme avec les grands mouvements et déchirements de nos vies intérieures.

  • Paul Klee, jusqu'au fond de l'avenir

    Stéphane Lambert

    • Arlea
    • 26 August 2021

    C'est à Berne, où Paul Klee (1879-1940) est né et enterré, que Stéphane Lambert nous entraîne, questionnant le lien entre paysage et créativité, entre ancrage et vision, entre réalité et mythologie. Il explore la matière et les effets de l'oeuvre en tissant un lien subtil entre le chemin de l'homme et le cheminement de l'artiste. Cent mètres séparent la sépulture de Paul Klee de la fondation qui porte son nom (superbe réalisation de Renzo Piano à partir d'un motif de Klee) cette proximité entre la réalité concrète de l'abîme et la vitalité de la création est au coeur de l'émotion.
    Chaque chapitre a pour titre une citation de Klee. Ainsi l'esprit du peintre accompagne le lecteur dans ce voyage à travers son oeuvre et révèle le souffle de l'invisible qui la traverse.

  • Les papillons de Nabokov, le boomerang de Gracq

    Thierry Le Rolland

    • Arlea
    • 4 November 2021

    En marge de la création littéraire, dans les coulisses de l'écriture, ou en écho avec elle, un certain nombre d'écrivains ont nourri des passions, des marottes, voire des manies. S'y attacher, c'est explorer la part d'intime et les pans d'existence sinon méconnus, du moins souvent cités et regardés « de loin ». Il s'agit ainsi de décrire autant de petites aventures humaines intensément vécues, d'en restituer pleinement les mystères, les plaisirs, les promesses, tenues ou non, et l'inlassable démesure d'utopie qu'elles contiennent.

  • La disparition de Jim Thompson

    Vincent Hein

    • Arlea
    • 2 September 2021

    Qui était Jim Thompson ? Homme d'affaires américain, né en 1906, il a mystérieusement disparu en mars 1967 en Malaisie alors que les Américains étaient très engagés au Vietnam et, plus généralement, dans la région. Connu pour sa collection d'oeuvres d'arts sud-asiatique, il est à l'origine du renouveau de l'industrie de la soie. Truman Capote ou Somerset Maugham furent ses hôtes.
    Mais Jim Thompson est aussi un ancien membre de l'OSS, puis de la CIA, très au fait de la vie politique thaïlandaise et des agissements inavouables des services secrets américains dans cette partie du monde. A-t-il été assassiné ? S'est il perdu dans la jungle implacable de Cameron Highlands ? Où a-t-il décidé de s'évaporer pour recommencer ailleurs une autre vie ? Sa maison à Bangkok, de toute beauté, est devenue un musée, et son histoire une légende parfois récrite par ceux qui avaient intérêt à ce qu'il disparaisse.
    Vincent Hein, en enquêtant sur cette disparition, s'est passionné pour cette figure romanesque et ô combien troublante et il nous éclaire des zones d'ombre et d'Histoire.

  • Café Néon et autres îles ; chemins grecs

    Jean-Christophe Bailly

    • Arlea
    • 11 March 2021

    Jean-Christophe Bailly nous a confié les pages enchantées de ses carnets grecs écrits entre 1974 et 2016. Il écrit le pays comme il le regarde, avec clairvoyance, plaisir et émotion, s'interrogeant sur les raisons toujours mystérieuses qui font d'une terre une nation. Il sonde le passé et le présent en se laissant porter par les impressions les plus immédiates tout en variant les angles d'approche. Parfois il arpente les îles dans le vent, parfois il regarde Athènes de sa fenêtre et parfois depuis l'Iran.

    Les textes qui composent ce livre ( journaux de voyage, cartes postales, poèmes en prose et brefs essais) ont tous trait à la Grèce et donnent, comme les reflets de lumière sur la mer agitée, une image mobile, diffractée, vivante.

  • Bébé

    Olivier Rasimi

    • Arlea
    • 26 August 2021

    Nous devons l'origine du mot Bébé à un bien étrange personnage de la cour du roi Stanislas, roi de Pologne et de Lorraine. Sans doute est-il aussi à l'origine du jeu du Nain jaune. Au mois de juin 1745, trois dames de la cour se rendent en villégiature dans les Vosges par la route des Princes. Elles découvrent dans une ferme un enfant, Nicolas Ferry, parfaitement proportionné, de la taille d'une poupée et le ramènent à la cour, où il vivra vingt ans, célébré dans toute l'Europe.
    Dans ce merveilleux roman, Olivier Rasimi nous fera aimer le roi de Lorraine, Mme du Châtelet, quelques automates, un crapaud et Piccolino, l'ami de Bébé. Quant à Joujou, autre nain invité à la cour et ennemi juré de Bébé, il est préférable de ne rien en dire... Le squelette de Nicolas Ferry est aujourd'hui au Musée de l'homme à Paris. Et son âme dans les pages de ce livre.

  • Au commencement, la beauté ; de Chauvet à Lascaux

    François Warin

    • Arlea
    • 1 October 2020

    Le beau qui ravit et ravage, ce qui se manifeste avec une force éclatante, était bien là dès le début, au commencement. Et c'est ce qui nous reste du commencement.
    La découverte de l'art paléolithique, de Chauvet et de Lascaux, est un moment de rupture et de surgissement. L'idée de progrès dont notre civilisation pouvait s'enorgueillir a été retourné comme un gant, et les assises mêmes de l'homme occidental bouleversées.
    La première manifestation, les premières mains du « premier homme », étaient déjà des « mains d'or », et c'est la splendeur de l'animalité qu'elles avaient choisie de représenter.

    En regardant leurs mains étalées et offertes, qui ne montrent, ne prennent, ne saisissent rien et peut-être ne signifient rien, nous sommes devant la bouleversante énigme qui est au coeur du livre de François Warin.

  • La visite de Katsura, villa impériale, est réduite à un circuit qui se parcourt en moins d'une heure. On en ressort étonné, éberlué, ébloui... et terriblement frustré. Restent les images intenses que notre oeil aura captées, dans le saisissement de l'instant qui fuit sans recours.

    Au milieu de son jardin et des quatre pavillons de thé qui bordent l'étang central, édifiée au XVIIe siècle par le prince Toshihito, sur le bord de la rivière qui baigne Kyoto, Katsura demeure l'image du raffinement. Lieu idéal, dit-on, d'où l'on peut contempler la lune...
    La réinterprétation de cette architecture si particulière par les architectes du mouvement moderne, au début du XXe siècle, a engendré nombre de quiproquos.
    Il faut aujourd'hui le talent et la sensibilité de Philippe Bonnin pour nous faire entrer dans la vérité d'une oeuvre mythique, et éclairer l'énigme.
    Avec de nombreuses photos et illustrations.

  • Des graffs dans la nuit surgissent de la rencontre avec les oeuvres pariétales de plus de 30 000 ans, et des chocs de la découverte. Au-delà de l'ancienneté de ces figures, quelque chose transcende ces images investies d'une puissance secrète qui défie les siècles. Elles portent en elles les traces d'une vision qui nous échappe et c'est cela qui nous émeut.


    Au-delà de l'ancienneté de ces figures, de leur état d'exceptionnelle conservation, quelque chose transcende ces images qui vient les faire vibrer d'un éclat presque surnaturel. Elles bougent et nous semblent vivantes, investies d'une puissance secrète qui défie les siècles. Elles portent en elles les traces d'une vision qui nous échappe et c'est cela qui nous émeut.
    Depuis l'enfance où son père instituteur l'amenait récolter des fragments de poterie, des silex ou des dents humaines dans les grottes ou au pied des dolmens de l'Ardèche, Jean-Jacques Salgon, écrivain et scientifique de formation, passionné d'art, a gardé un goût prononcé pour la préhistoire.
    En 2004, il a eu la chance de visiter la grotte Chauvet et, plus récemment, celle moins connue de Baume Latrone, dans le Gard. Des graffs dans la nuit surgissent de la rencontre avec les oeuvres pariétales de plus de 30 000 ans, et des chocs de la découverte. Son étonnement et son éblouissement apportent des réponses à sa passion de l'énigme.

  • Amérique fantôme

    Brice Matthieussent

    • Arlea
    • 4 February 2021

    À l'occasion d'une « tournée » solitaire notamment au Texas, pour accompagner la publication de son livre, Brice Matthieussent regarde l'Amérique d'aujourd'hui, loin des pages joyeuses de la route 66, du mythe des années Kerouac, et des clichés les plus tenaces. Il traverse les villes de Dallas, Pittbursgh, Houston, Austin, avant de revenir à Boston, étonné par les fantômes qui hantent un paysage de halls d'hôtels, d'autoroutes ou de librairies, à la lumière des néons ou des phares de voitures. On y croise les plus démunis dans des rues sans trottoirs comme les classes aisées dans les parcs ou les salons, les plus chaleureux et les plus distants. Mais la rencontre est d'abord celle du regard et de la littérature.
    Le récit est scandé par une succession de faits divers et de photographies de l'auteur.

  • Le coeur ; Frida Kahlo à Paris

    Marc Petitjean

    • Arlea
    • 30 August 2018

    Oscar, un écrivain mexicain dont je n'avais jamais entendu parler, m'a contacté via Internet pour une rencontre. Il a juste précisé que cela concernait mon père. J'étais intrigué car celui-ci est mort depuis plus de vingt ans. Notre rendez-vous eut lieu à l'angle de la rue du Temple et de la rue du Petit-Thouars. Voilà, me dit-il, j'ai découvert que votre père a eu une relation amoureuse avec Frida Khalo quand elle est venue à Paris en 1939. Je savais qu'elle et lui s'étaient connus et qu'elle lui avait offert un tableau intitulé Le Coeur, mais jamais il n'avait évoqué une quelconque liaison avec elle.

    Ainsi commence le livre de Marc Petitjean. Par une première rencontre qui le plonge soudain dans la vie tumultueuse de Frida Kahlo, artiste engagée, anticonformiste, bisexuelle, redécouverte par les féministes aux États-Unis et en Europe dans les années 80, devenant l'icône que l'on connaît aujourd'hui - mais aussi dans les zones secrètes de la vie de son propre père.

    Qui était ce curieux Michel Petitjean ? Quelle a été la relation entre lui et Frida durant les quelques semaines de son séjour en Europe, en compagnie d'André Breton, de Picasso de Dora Maar, de Marcel Duchamp ? Et pourquoi lui a-t-elle offert ce tableau énigmatique et si intime ?

    Le mystère de cette relation, à l'image de Frida Kahlo, est d'une telle force qu'elle traverse tout le livre comme un trait de lumière.

  • Tombeau du jeune monsieur de Cinq-Mars

    Olivier Baumont

    • Arlea
    • 11 March 2021

    Henri d'Effiat de Cinq-Mars (1620-1642) fut le dernier favori de Louis XIII, et son plus grand amour. Il avait dix-sept ans lorsqu'il fit son entrée à la Cour et il fut condamné à mort à vingt-deux ans pour avoir conspiré contre Richelieu. Vie brève et fulgurante que celle de ce jeune homme très beau, placé malgré lui dans une grande Histoire pour laquelle il n'était pas fait.
    Il a accompagné Olivier Baumont, grand claveciniste français, tout au long de sa carrière, mystérieusement, dans une passion majeure. Ce récit en constant jeu de miroirs entre notre époque et le XVIIe siècle est celui d'un musicien ; il réduit les distances pour rejoindre l'émotion.

  • Constellation du tigre

    Yannick Le Marec

    • Arlea
    • 6 May 2021

    Nous partons d'un fait divers : un soir de 2017, à Paris, un tigre échappé de sa cage est abattu dans la rue, près du pont du Garigliano. Deux ans plus tard, le narrateur, lecteur de Modiano et de Sebald, recherche les passages des tigres dans la capitale et retrouve leurs traces pour écrire cette Constellation, à travers la peinture de Monory, du Douanier Rousseau, ou de Delacroix, les musées qui exhibent leurs trophées, comme cette tigresse sur le dos d'un éléphant au fond d'une galerie du Muséum du Jardin des Plantes.

    En relisant les récits des chasses coloniales de Rousselet, des princes d'Orléans ou de Clemenceau, en cheminant à l'écoute des rugissements du tigre, Yannick Le Marec porte un regard nouveau sur le grand massacre des animaux, qui résonne avec l'actualité des luttes contre l'enfermement des animaux sauvages et la disparition des grands mammifères. Il apporte sa pierre aux débats sur l'héritage colonial. Le tout avec une grâce singulière qui est celle des écrivains.

  • L'ami japonais

    Marc Petitjean

    • Arlea
    • 5 March 2020

    Marc Petitjean est décidément placé sous le signe de la rencontre : après Le Coeur. Frida Kahlo à Paris, il nous raconte la vie fascinante et romanesque de Maître Kunihiko Moriguchi, peintre de kimono.
    Kunihiko Moriguchi est né à Kyoto en 1941. Il pratique la peinture sur kimono depuis presque un demi-siècle. Au Japon, où l'artisanat est considéré comme un art à part entière, il a reçu le titre prestigieux de Trésor National Vivant, tout comme son père avant lui. Dans les années 60, il étudie le graphisme à l'École Nationale des arts décoratifs à Paris (après un extraordinaire voyage en bateau de trente jours) et se lie d'amitié avec le peintre Balthus qui influencera sa carrière artistique. Il y vit les années heureuses du Paris d'après guerre et en garde une profonde nostalgie et un français merveilleux.De retour à Kyoto, il travaille aux côtés de son père qui lui transmet l'art exigeant du Yuzen. Kunihiko renouvellera néanmoins la tradition en introduisant des motifs abstraits.

    Ses kimonos sont exposés dans les plus grands musées au Japon comme à l'étranger. Le kimono cesse alors d'être un vêtement et devient quelque chose de subtil et d'immatériel : il garde en lui la mémoire et la vie de ceux qui l'ont porté.

  • La balade de Galway

    Thierry Clermont

    • Arlea
    • 4 February 2021

    « Un ciel qui bouge, comme l'océan instable, au-dessus du vert tendre et lumineux des prés à l'herbe courte.
    L'horizon semble avoir disparu. À en donner le vertige.
    Nous sommes à Galway, l'une des pointes les plus occidentales de l'Irlande ».

    Jamais fantômes n'auront été plus sereins dans un paysage. L'Irlande est une terre habitée par les vivants et les morts. La Balade de Galway leur rend hommage, et Thierry Clermont s'y promène avec les ombres familières de Joyce, Beckett et W.B. Yeats, ou la belle Maeve Brennan jusque sur les îles d'Aran.
    Après la pluie, se faufile, malicieux, un petit rongeur curieux dans le vert enchanté et infini des prairies.

  • Beckett, 29 juillet 1982, 11h30

    Michel Crépu

    • Arlea
    • 7 March 2019

    Après trente années d'éloignement volontaire, Michel Crépu revient sur les lieux d'une passion littéraire pour le créateur d'En attendant Godot.
    Mais est-ce possible de parler de Beckett ? oeuvre limite, qui transforme aussitôt les téméraires en commentateurs bavards. Michel Crépu relève néanmoins le défi. Il relit les oeuvres au gré d'une mémoire qui coïncide avec son attirance de naguère pour la vie monastique, au temps lointain des années 80. La littérature et le spirituel : ici commence une histoire commune, non achevée.
    Jeune homme, il voulait serrer alors la main de l'homme qui avait serré celle de Joyce. Un rendez-vous mémorable lui offrira cette chance. Beckett paraît loin aujourd'hui de la houellebecquerie ambiante. Sa solitude n'a jamais été aussi grande. C'est le moment où jamais d'y retourner voir. C'est ce que réalise Michel Crépu dans ce livre d'heures de lecture et d'intimité.

  • Son éclat seul me reste

    Natacha Wolinski

    • Arlea
    • 2 January 2020

    Suis-je orpheline de toi ou de l'absence de toi ? Tu vis désormais en moi comme le soleil de inuit, lactescent, éperdu de blancheur. Tu habites l'univers et mon arrière-monde. Je ne te cherche pas, tu es partout et introuvable. Tu es tapi dans le mohair des jours heureux. Tu es un lierre au feuillage persistant. La mort n'est pas une fin. Mon refus de ta disparition est tempéré par mon acceptation du monde.

    Cherchant à définir le lien qui l'unit à son père, Georges Wolinski, tué lors de l'attentat contre Charlie Hebdo, l'auteur revit les jours sombres de janvier 2015 et interroge les confins rouillés de sa mémoire, à travers une écriture qui revient inlassablement sur le motif. Entre refus et acceptation, l'adieu au père devient un chant d'amour et de consolation.

empty