Actes Sud Junior

  • Quand Lola est entrée dans la classe, ce fut comme un éblouissement pour Charlie. Puis il y eut cette façon de se présenter, en épelant les quatre lettres de son prénom - L.O.L.A. -, comme une mélodie. D'inconnue, Lola devient pour Charlie une amie, puis une meilleure amie. Quelque chose chez elle d'indéfinissable l'attire irrésistiblement. Du trouble, du désir sans doute. Les filles plaisent à Charlie mais certains garçons aussi, c'est confus. Mais on tombe amoureux d'une personne, pas d'un sexe. Pourquoi faudrait-il se définir selon une orientation sexuelle ? Pourquoi se conformer à une étiquette - hétéro, homo... ? Plutôt simplement mettre des mots sur ses pensées pour que ça existe vraiment. Alors Charlie le dit : « Je suis amoureuse de Lola. » Un texte lumineux sur l'éveil du sentiment amoureux, l'affirmation de soi et de ses désirs.

  • C'était il y a dix-sept ans. La narratrice se souvient de ses années de lycée et d'une certaine Suzy, une fille paumée à qui on avait fait croire qu'un garçon de la classe était amoureux d'elle. Personne ne pensait qu'elle marcherait dans l'histoire à ce point, mais pour se sentir aimée, Suzy était prête à tout. De défis idiots en mensonges, le canular avait dégénéré jusqu'au sordide : un viol collectif. Dix-sept ans de silence et celle qui fut spectatrice passive parle. Une confession brute, brutale. Un texte qui prend à la gorge.

  • Née garçon, Sara se sait être fille depuis la prime enfance. Avant même de pouvoir le formuler, de le comprendre. Mais elle a dû grandir emprisonnée dans un corps subi, moulée dans les lois de la masculinité, à ne pas pouvoir supporter son reflet dans un miroir. Une erreur ? Une anomalie ? Il fallait un changement, un réalignement de ce corps, et c'est à seize ans que Sara débute sa transition pour être celle qu'elle est, se sentir enfin vivante. S'autoriser à être un météore que plus rien n'arrête, même pas les coups et les insultes. Un monologue saisissant et maîtrisé sur un sujet trop longtemps tabou. Un plaidoyer pour la tolérance.

  • Cette lettre à Jordan, elle a brusquement éprouvé le besoin de l'écrire, après être retournée par hasard sur le « lieu du crime ». Une lettre pour parler d'elle, de lui, de leur passé. Il lui aura fallu des années pour trouver les mots de leur histoire, celle de gamins inséparables complices des mauvais coups, devenus lui petit escroc pervers et elle lâche aventurière. Jusqu'au funeste épilogue...  Comment se pardonner, se racheter ?

  • "D'où tu viens ?" Comment supporter cette sempiternelle question qui vous réduit à une origine ? Mais qu'est-ce que ça dit de soi, l'endroit où on est né ? Français à part entière, et pourtant... Marre du regard des autres et des préjugés, à cause d'une couleur de peau. Réclamer le droit à exister simplement comme un(e) ado, ici et maintenant, sans avoir tout le temps à se justifier ou provoquer, c'est trop demander ? Tant de questions, de colère à juguler, de confiance à puiser en soi, pour être capable de passer de l'aigreur à la douceur. Un texte qui trouve dans la parole la force de s'opposer à la discrimination.  

  • Un simple échange de regards, le jour des rattrapages du bac, et tout lui revient en pleine figure. Elle, c'est la jolie fille populaire, comme il en existe dans tous les lycées. Cette année, elle faisait partie des forts, des puissants, de la meute, et n'hésitait pas avec son groupe à se moquer de tous les moches, les geeks, les nuls en cours. Ils avaient même créé un groupe Facebook, l'Association des Cassos Anonymes, pour pouvoir partager leurs vannes et leur mépris, à grands renforts de photos et de vidéos. Lui était l'un de ces « cassos », leur cible favorite avec qui ils sont allés si loin qu'il a fini par craquer... Les mois ont passé. Le voilà assis, comme elle, à attendre dans le hall. Lui dont elle craint maintenant le regard, rongée par les remords. Un monologue puissant contre le déni, une parole qui se libère pour combattre le harcèlement.    

  • Verdict : acquittée. Célia a honte d'être heureuse car qu'advient-il de votre conscience quand, à 16 ans, on a été accusée d'avoir tué son petit ami ? Une vie fichue - avec l'image obsédante d'un corps étendu sur le carrelage d'une piscine vide - mais une vie à vicre.

  • Même les Chinoises n'ont plus les pieds bandés.
    En 1920, une jeune fille refuse de porter le corset. De voir le monde et l'horizon se réduire à sa maison. De céder sous la menace de sa mère de lui enlever ses livres. Elle les cachera mais ne se soumettra pas.
    Le Ramadan de la parole De nos jours, blessée par l'attitude irrespectueuse des garçons, une ado décide de faire le «ramadan de la parole».
    «C'est quoi ce monde où il faut toujours craindre ? (...) Je ne veux plus participer à ce langage qui fait de nous des bêtes de crainte. Je me lave de toutes ces insultes qu'on entend, de tous ces gestes obscènes, de tous ces interdits qu'ils jettent sur nous pour se protéger de leurs désirs.» (extrait) À l'affiche Une jeune fille se révolte contre sa mère qui a vendu son corps pour une affiche publicitaire.

  • L'horizon rêvé d'Angela, au-delà des tours du quartier, c'est cette mer indomptable du Portugal, celle des souvenirs de sa grand-mère. Une mer furieuse, comme un cheval au galop. Angela rêvait d'un voyage làbas, avec Benjamin, en été. Ça, c'était avant. Avant que le cousin de son père ne l'approche et la viole. Avant la douleur, le sentiment de honte et les insultes des garçons du quartier. Avant que son amitié avec Naima ne vole en morceaux. Avant cet être qui grandit dans son ventre, à qui elle parle doucement. C'est toute seule qu'elle fait le voyage jusqu'à la mer.
    En s'avançant dans l'eau houleuse, Angela crie son histoire, sa colère et cherche le soutien du cheval océan.

  • «Mais tes seins tombent !» lance Youna, 13 ans, à sa grand-mère qui partage la même petite chambre, à l'occasion de vacances passées en Corse. L'aïeule aura bien du mal à décrocher d'autres mots de la part de l'ado qui, dans la splendeur de ses seins naissants, se pavane en bikini, l'attention constamment et entièrement portée sur son téléphone portable.
    Chacune est une énigme pour l'autre, l'arrogance de la jeunesse face aux questionnements, aux défaillances de l'âge.
    Que va retenir Yona de sa jeunesse ? Quel adulte sera-t-elle ? Mais comment lui parler ?

  • Les confidences rêvées d'un futur père à son enfant. Un monologue tendre et surprenant sur le désir de parternité, même quand on a dix-neuf ans et qu'on est toujours sur les bancs de la fac. Et même si le monde entier pense que ce n'est pas raisonnable.

  • Non, Manon n'a pas couché avec Timothée ! L'amitié entre fille et garçon, sans embrouilles et sans larmes, ça existe. Manon le clame haut et fort, même si les autres ne peuvent, ne veulent, pas comprendre. Pourtant, le doute finit par s'installer chez elle : ravages des rumeurs et des idées reçus, malentendus, peur de se perdre et désir confus de l'autre... Un texte tendre sur les ambiguïtés de l'amour et de l'amitié.

  • Difficile d'avoir seize ans et d'être engoncée dans un corps de quatre-vingt dix kilos. Un corps d'ourse, qui gêne et qui rassure, à la fois fardeau et rempart. L'adolescente déverse ses rêves dans un cahier noir et préfère taire son secret, son amour pour son amie Liv. « Elle m'est devenue indispensable.
    Pas un jour sans la voir, lui parler, rire. Sinon, j'en crève. Le sentiment d'avoir trouvé mon pays, une soeur. Jours de bonheur absolu. » Mais quand naît le désir, c'est la honte qui prend place, la peur d'être rejetée, de perdre Liv. Alors elle prend les devants et s'enfuit à travers la campagne, pour se réfugier chez la vieille Madame Burridon, en haut de la colline. Elle aime y retrouver sa chienne, Diane. Elle, c'est certain, ne la repoussera pas.

  • Lorsqu'elle rencontre Olivier sur internet, elle a enfin le sentiment de pouvoir tout partager avec quelqu'un. Ses pensées les plus secrètes, ses peines parfois aussi. Mais bientôt, l'emprise qu'exerce ce garçon plus âgé sur elle grandit. Au point de s'enfuir ensemble, d'être prête à le suivre n'importe où et jusqu'au bout.
    Mais la solitude peut-elle vraiment réunir deux personnes ? Dans une longue course à travers la ville, le doute s'installe : la douleur d'Olivier est-elle vraiment la sienne ?
    Sa pulsion de vie reprend le dessus.

  • Ils ont tiré à pile ou face : ce sera lui. Une sangle tendue entre deux tours et en dessous le vide. Flirter avec le risque, faire monter l'adrénaline, c'est le défi qu'il s'est lancé.
    À cette hauteur, la vie est étourdissante et légère. Pourquoi rester au sol ? La traversée s'engage, les cinq minutes les plus longues et les plus folles de sa vie. Les pensées affluent, la vie défile et les souvenirs s'entrechoquent, le traumatisme d'un abandon.

  • Parce qu'elle a été une enfant à problèmes, qu'elle est lente, immature, Ludivine n'aurait pas droit à l'amour et au plaisir ? Le secret de sa rencontre avec Mathis, le bonheur scandaleux de sa première fois lui appartiennent. Rien ne saurait saccager leur histoire. Quitte à le hurler, pour ne pas oublier.

  • Elle a 15 ans et se trouve vraiment idiote. Comment a-t-elle pu croire que ce garçon de 21 ans ne la prenait pas pour une gamine ? Pourtant il l'a dit, elle l'entend encore chuchoter à son oreille : «Bientôt, nous passerons toute la nuit ensemble toi et moi, et nous ferons l'amour.» Aucun garçon ne lui avait dit une chose pareille ; alors elle veut y croire, même si elle a l'a vu en embrasser une autre. Elle a tant et tant écrit dans sa tête le film de cette première nuit d'amour qu'elle refuse d'y renoncer.

  • La vie d'une adolescente à travers les errements malheureux de sa garde-robe : fringues bon marché, soldes, vêtements usagés offerts par des cousines éloignées, reprisés par sa mère, cousus par ses soeurs... Dans cet univers exclusivement féminin, Susie Morgenstern détaille avec humour et malice les codes vestimentaires surannés de son école pour filles, la folie des bonnes affaires de sa mère et le diktat impitoyable exercé par la mode sur le corps des femmes.
    Un portrait tendre et décalé d'une benjamine mal attifée et mal dans sa peau qui contemple, lointaine, cette curieuse passion féminine pour le vêtement.

  • Fleur est solide. Fleur s'occupe avec patience et parfois résignation d'une mère aimante, fantasque mais qui sombre un peu plus chaque jour dans l'alcoolisme. Louna elle aussi est livrée à elle-même. Fatiguée de s'occuper d'un père dépassé et négligent, Louna claque la porte et se réfugie chez Fleur et sa mère. La maladresse touchante et la fraîcheur de son amie envers sa mère vont permettre à Fleur d'accepter parfois de lâcher prise et un équilibre s'installe entre ces personnages, fragile mais lumineux.

  • Comment faire à dix-sept ans avec une mère qui s'éteint jour après jour ? La mémoire qui s'effiloche, le regard qui vacille. Une mère qui n'est plus là pour vous aider à avancer. Comment vivre quand la honte se mêle à la colère et à la peine face à la maladie d'Alzheimer qui frappe trop tôt ? Pourtant quand sa mère prononce son nom, Samuel se sent capable de déplacer des montagnes...

  • Premier jour au Centre d'appels. Docile et résignée, Marie apprend les règles du télémarketing en open space : tournures de phrases positives, attitude calme en toutes circonstances, «le sourire qui s'entend», comme dit son superviseur. Mais quand on veut lui imposer de s'appeler Sonia, Marie sent qu'elle est en train de s'oublier. Jusqu'au jour où elle recroise madame «Au moins un», cette professeur de français qui recommandait à ses élèves d'apprendre au moins un poème par coeur : un poème pour soi, comme un abri pour se réfugier, n'importe où et n'importe quand. Revient en mémoire à la jeune fille le souvenir de son poème-portrait, «Marie» de Guillaume Apollinaire. Le déclic. Marie refuse de se laisser étouffer par cette formatrice au brushing parfait, par son petit ami Mickaël qui aimerait qu'elle soit un peu plus «comme tout le monde» et la trompe, et par sa mère qui voudrait qu'elle pense comme elle. Marie veut devenir coiffeuse.
    Et plus question de perdre ses rêves de vue.

  • Arthur est un bon élève, sérieux, appliqué, discret. Il rêve de devenir médecin. Ennuyeux à mourir dirait sa grande soeur, So. So, elle défie le monde, elle n'a peur de rien. Alors quand elle revient un beau jour, après des années sans nouvelles, et demande à Arthur de l'aider, il ne peut pas refuser. Ils vont profiter de l'absence de leurs parents pour que So fasse une désintox à la maison, "à la dure". Pas de clinique, pas d'aide extérieure. Juste Arthur et du courage. Six jours vont s'écouler, pendant lesquels ces frère et soeur vont s'épauler, souffrir, se haïr parfois. Mais surtout se retrouver, après de longues années loin l'un de l'autre.

  • Stage de préparation au bac de français : un élève s'assoit sur une chaise, au centre de la pièce devant les autres, et parle. De tout ce qui lui passe par la tête, de ses projets, passions... La consigne : tenir le temps qu'une bougie se consume. Bientôt c'est au tour de Brahim. Mais comment parler de soi quand on pense n'avoir rien à dire ? Et avec quels mots ? Dans sa tête, ça se bouscule. Rien à dire ou trop à dire ? Tout dire d'une traite :
    Son obsession pour les chaussettes, son coup de coeur pour un gâteau allemand, le Stollen qui l'entraîne loin et lui rappelle son oncle Walid et sa femme Anja, en Allemagne. Au fil de ses souvenirs gourmands, de la Herrentorte à l'Appfelstrudel, l'Allemagne de Brahim incarne un lieu apaisant et accueillant, opposé à la France où il est confronté au racisme.

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