Littérature générale

  • L'écume des jours

    Boris Vian

    « Le plus poignant des romans d´amour contemporain.» Raymond Queneau« L´écume des jours, c´est Roméo et Juliette sans confl its familiaux, Tristan et Yseut qui n´ont pas besoin de philtre, Paul et Virginie à Saint-Germain-des-Prés, une Dame dont les Camélias sont remplacés par un Nénuphar, Héloïse sans castrer Abélard. Voilà un tournant : le moment, après la guerre, où le roman français se dit que ce qui importe, c´est de faire bouger le lecteur sur un air de be-bop. Boris Vian en a marre des académismes, il veut faire rire et swinguer la langue, il veut obtenir les larmes, il veut aussi faire rêver et proposer davantage qu´une romance: une fenêtre ouverte sur le merveilleux.» Frédéric Beigbeder

  • L'arrache-coeur

    Boris Vian

    28 août Le sentier longeait la falaise. Il était bordé de calamines en fleur et de brouillouses un peu passées dont les pétales noircis jonchaient le sol. Des insectes pointus avaient creusé le sol de mille petits trous ; sous les pieds, c'était comme de

  • Quand le désastre de la pandémie éclata, les Journaux de confinement fleurirent comme autant de bruyères à la Toussaint. Car comment la littérature, qui aime tant se mesurer à l'histoire, pouvait-elle rester silencieuse devant cette tragédie  ? Mieux encore  : la littérature n'était-elle pas, en définitive, la seule à pouvoir rendre compte d'un événement d'une telle ampleur dans toute sa complexité et toute sa puissance de sidération ?
    Quand la marche du monde se fait tumultueuse, la France, comme par réflexe, en appelle à ses écrivains. Grands si possible.
    Mais qu'est-ce qu'un «  Grand écrivain  »  ? Comment se construit, entre écriture et politique, cette figure légendaire  ? Et quel insatiable sinon coupable désir se propose-t-elle d'assouvir  ?
    Convoquant Michel Houellebecq, Virginie Despentes, Sylvain Tesson, Emmanuel Carrère ainsi que Sartre, Zola ou Hugo notamment, ce livre tâche de décrypter ce mythe bien français, et les fatales névroses qu'il engendre.
     
    Johan Faerber est docteur en littérature, critique et éditeur. Il est notamment l'auteur d'Après la littérature  (PUF, 2018). Il est l'un des co-fondateurs du magazine culturel  Diacritik.

  • Paru pour la première fois en 1948, Et on tuera tous les affreux est le troisième ouvrage de Boris Vian écrit sous le pseudonyme de Vernon Sullivan. Sexe, sang, anticipation scientifique, suspense, espionnage et froide rigolade y sont superbement dosés.

  • "L'Histoire de l'oeil" sans doute le premier livre de Georges Bataille, a été publié en 1928 sous le nom de Lord Auch. Le "Plan d'une suite de l'histoire de l'oeil" a paru pour la première fois dans l'édition de 1967.

  • Ma mere

    Georges Bataille

    La vieillesse renouvelle la terreur à l'infini. Elle ramène l'être sans finir au commencement. Le commencement qu'au bord de la tombe j'entrevois est le porc qu'en moi la mort ni l'insulte ne peuvent tuer. La terreur au bord de la tombe est divine et je m'enfonce dans la terreur dont je suis l'enfant.

  • L'astragale

    Albertine Sarrazin

    PREFACE DE PATTI SMITH"Le ciel s´est éloigné d´au moins dix mètres." Ainsi débute ce livre culte, récit de la cavale d´une jeune fille de dix-neuf ans évadée de la prison où un vol l´a conduite et qui, dans sa fuite, s´est brisé un os du pied nommé astragale. La route d´Anne croise celle de Julien, qui deviendra l´amour de sa vie. Il parle comme elle le langage des prisons et va l´aider à échapper aux autorités qui la traquent. De planque en planque, de rencontre en rencontre, la mineure en cavale lutte au prix de toutes les audaces pour sa fragile liberté. Quoi qu´il en coûte, chaque rayon de soleil est à prendre.Anne, c´est Albertine Sarrazin (1937-1967), qui, avec ce livre paru en 1965, a fait découvrir à des milliers de lecteurs son style mêlant verdeur de l´argot, trouvailles poétiques et humour. Le destin scandaleux d´Albertine est devenu cette oeuvre romanesque dont la vitalité littéraire défie le temps. Au point que quarante-six ans plus tard, fin 2011, alors qu´elle vient elle-même de publier un livre, Patti Smith parvienne à convaincre son éditeur, New Directions, d´en rééditer la version anglaise devenue introuvable, et se propose de rédiger une préface à ce roman qu´elle désigne comme son préféré. Cette publication prévue en 2013 devrait être accompagnée de nombreuses autres dans différentes langues. Vitalité cinématographique, aussi, puisque longtemps après une première adaptation en 1969, Brigitte Sy en acquiert les droit en 2009, avec Leila Bekthi et Reda Kateb au casting.

  • Le verbe vivre n'est pas tellement bien vu puisque les mots viveur et faire la vie sont péjoratifs. Si l'on veut être moral, il vaut mieux éviter tout ce qui est vif, car choisir la vie au lieu de se contenter de rester

  • Elles se rendent pas compte paraît pour la première fois en 1950 sous le nom de Vernon Sullivan, traduit par Boris Vian. " D'abord, ça devrait être interdit, les bals costumés. Ça assomme tout le monde et au vingtième siècle, on n'est tout de même plus d'âge à s'habiller en bandit sicilien ou en grand air de la Tosca juste pour avoir le droit d'entrer chez des gens dont on fréquente la fille... "

  • "Depuis Autobiographie de mon père, j'étais fasciné par ses livres, par cette voix sourde et obstinée, par cette façon de regarder sans ciller tout ce qui compose une expérience humaine. Toute son oeuvre est un exercice d'intranquillité et de vigilance."
    Emmanuel Carrère (extrait de la préface)
     
    Ce volume contient  :
    Autobiographie de mon père
    Le Grand âge
    Bêtise de l'intelligence
    Conversations à Jassy
    L'oeuvre des jours
    Adieu
    L'Amour dans le temps
    Devant ma mère
    Sans amour
    Préface d'Emmanuel Carrère
    Postface de Martin Rueff
    Notices d'introduction de Yaël Pachet
     
    Écrivain, essayiste, traducteur et critique littéraire, Pierre Pachet (1937-2016) s'est intéressé aussi bien au sommeil, à la littérature de l'Est, de Kafka à Soljenitsyne, qu'à l'Histoire et à la politique. Mais au-delà d'un apparent éclectisme, il a surtout laissé une oeuvre littéraire de premier plan. Le choix proposé dans ce volume, orienté vers l'écriture de l'intime, à l'écoute de personnes aimées et proches mais aussi des laissés pour compte de la vie moderne, permet de mieux saisir l'individu Pierre Pachet  : un grand écrivain contemporain aux aguets, sensible au «  devoir que l'on a d'être celui que l'on est  ».

  • Marianne et le garçon noir veut apporter une parole de l'intérieur sur l'expérience des noirs de sexe masculin dans la France de notre temps, en particulier sur le sol hexagonal. Plus largement, c'est sur la présence noire que se penche l'ouvrage, afin d'en explorer les particularités dans l'espace français. Les contributions sont de divers ordres, mais elles prennent appui, pour l'essentiel, sur le vécu des auteurs. Le projet est né à la suite de violences policières impliquant des jeunes hommes noirs. A partir du regard posé sur le corps, des fantasmes suscités par lui ou d'autres éléments, l'objectif est de rendre audible une parole sensible et politique, parfois inattendue, tant les représentations transmises depuis des générations sont réductrices.  L'influence de Marianne se déployant au-delà de ses frontières déjà complexes - la France étant un grand archipel - il m'a semblé pertinent d'associer à cette prise de parole une voix subsaharienne. En effet, le garçon noir qui cherche à arracher sa souveraineté aux rets de l'entreprise criminelle connue sous le nom de Françafrique est, lui aussi, concerné. De plus, dans l'environnement mondialisé où les réseaux sociaux abolissent frontières et distances, le sort des Noirs en France ne laisse pas indifférent en Afrique subsaharienne.

  • Chroniques de jazz

    Boris Vian

    Boris Vian n'aura jamais fini de nous étonner, (ce qui est une raison supplémentaire de ne jamais désespérer). Et de même que ses romans sont d'une actualité de plus en plus troublante, de même ses chroniques - où le jazz est souvant prétexte aux luttes passionnées d'un homme libre - par leur vivacité, leur ironie et leur amour, ont une jeunesse miraculeusement préservée. Réunies en volume, elles ont même un "punch" supplémentaire : c'est qu'on ne lutte jamais assez contre la bêtise, l'ignorance, la méchanceté, et que le bon Vian est un pourfendeur infatigable, un polémiste irrésistible, un attaquant sagace et généreux. Ceux qui connaissent ces chroniques ne manqueront pas d'être attendris, mais toujours étonnés ; quant aux autres, ils trouveront là un vin généreux d'une force inaltérée. Et quel plaisir rare que celui de la découverte !

  • Dans une maternité, une femme épuisée, sous perfusion. Elle vient d'accoucher d'une fille, Adèle, et contemple le berceau, entre amour, colère et désespoir. Quelque chose la terrifie au point de la tenir éveillée, de s'interdire tout repos : la loi de la reproduction. De génération en génération, les femmes de sa lignée transportent la blessure de leur condition dans une chaîne désolidarisée, sans merci, où chacune paye l'ardoise de la précédente. Elle le sait, elle en résulte, faite de l'histoire et de la douleur de ses aînées. Elle voudrait que ça s'arrête. Qu'Adèle soit neuve, libre.
    Alors comme on vide les armoires, comme on nettoie, elle raconte. Adressant à Adèle le récit de son enfance, elle explore la fabrique silencieuse de la haine de soi qui s'hérite aussi bien que les meubles et la vaisselle. Défiance du corps, diabolisation de la séduction, ravages discrets de la jalousie mère-fille... Elle offre à Adèle un portrait tourmenté de la condition féminine, où le tort fait aux femmes par les femmes apparaît dans sa violence ordinaire.
    Et c'est véritablement un cadeau. Car en mettant à nu, rouage après rouage, la mécanique de la transmission, elle pourrait parvenir à la détruire.
    Maria Pourchet est romancière. Elle a notamment signé Rome en un jour (Gallimard, 2013) et Champion (Gallimard, 2015).

  • Jazz in Paris

    Boris Vian

    En 1948, Boris Vian est choisi par une radio de New York pour présenter aux auditeurs " amerlauds " le jazz tel qu'il se crée à Paris depuis les années trente. Pendant près de deux ans, il prend plaisir à enchaîner les disques des jazzmen français ou des groupes franco-américains enregistrés en France. Il le fait dans un anglais bien à lui, avec son élan habituel _ variations comiques et stylistiques, jeux de mots bilingues, fantaisie et humour _, mais aussi avec le sérieux du connaisseur pédagogue.
    Voici donc en édition bilingue un (ultime?) complément indispensable aux quelque 1 200 pages de chroniques de jazz déjà publiées du vice-président du Hot Club de Paris. Il se révèle toujours, même dans des textes d'une forme convenue, un instructeur aimable et un écrivain brillamment original que chaque titre de jazz peut faire glisser vers les régions fécondes de l'imaginaire.
    Gilbert Pestureau

  • Ce livre, nous l'avons imaginé comme une promesse faite à nous-mêmes et à ceux qui s'y reconnaîtraient. Balbutiant, c'est un rendez-vous donné à notre propre avenir. Car pour beaucoup d'entre nous, l'idée même de résignation est obsolète et nos vies, ces anecdotes uniques et non reproductibles, nous aimerions en faire des paris.
    Après la sidération du siècle achevé, le nihilisme et les cendres, nous renaissons aujourd'hui, vulnérables mais attentifs aux lueurs qui pourraient surgir dans un monde brutalement rappelé au tragique, où il n'y a plus une seconde à perdre.
    Tout change à chaque instant : c'est une chance.

  • Une partie de pierre-feuille-ciseaux avec un gangster ivre mort dans un jazz club mal famé de Pékin ; des dialogues en mandarin appris phonétiquement pour donner la réplique à Melle Fan, la vedette la plus populaire de Chine ; la rencontre de pandas dépressifs ; la dégustation de testicules de cerf ; un pèlerinage sur les traces des jésuites de Chine... Ce qu'a vécu Melvil Poupaud dans l'Empire du Milieu était bien plus qu'un simple tournage : une aventure épique, un voyage initiatique, un télescopage de planètes. Mais s'il relate les mille et un événements qui ponctuent la fabrication d'un long métrage - angoisses et secrets de comédien, incidents techniques, relations avec l'équipe, bref tout ce qui fait ce fameux « envers du décor » auquel le spectateur n'a jamais accès -, ce livre, ouvertement atypique, réinvente en même temps le journal de voyage et constitue un témoignage unique et intime sur ce qu'est véritablement le métier d'acteur. À l'autre bout du monde, mais au coeur du cinéma. Melvil Poupaud est comédien, musicien et réalisateur.

  • Enervée. Affamée. Exténuée. Terrorisée. En retard. Frigorifiée.
    Les journées, pour Sylvie Testud, sont une succession de moments intenses.
    Elle nous emmène à une interview au Plaza, sur un tournage en japonais, acheter du plâtre au BHV, faire l´amour devant vingt personnes pendant huit heures, essayer des robes chez Chanel pour les Césars, tout en refusant d´embrasser un serpent ou de sauter par la fenêtre... Le quotidien d´une actrice, en somme. Sauf que Sylvie Testud fait montre d´un regard ultra-lucide. Comment entre-t-on dans un rôle ? Comment apprend-on à l´aimer, comment le quitte-t-on, comment dire non, comment dire oui ? Où est la limite entre la vie qu´on vit et la vie qu´on joue ? Et si notre existence était un interminable casting ?

    Décalée, d´une voix qui ne ressemble à aucune autre, drôle et sans concession, Sylvie Testud éteint les feux trompeurs de la rampe, et l´on découvre qu´Il n´y a pas beaucoup d´étoiles ce soir.

    Sylvie Testud est comédienne. Révélée dans Karnaval, elle a obtenu en 2001 le César du meilleur espoir féminin pour Les Blessures assassines. Ses derniers films : Stupeur et tremblements d´après le roman d´Amélie Nothomb, Filles uniques et Vivre me tue.

  • De son séjour à Séoul, le narrateur de cet étrange récit aurait pu rapporter le souvenir du café aromatisé à l'orange, le goût des tempuras de crevette, ou un selfie devant la tour la plus célèbre de la capitale coréenne, dont   le nom sonne en français comme celui d'un poisson. Mais si bien sûr comptent les lieux, les ambiances et les rencontres de hasard, si l'effet de dépaysement est aussi inévitable que séduisant, plus que d'un récit de voyage, il s'agit surtout du récit de l'éloignement et de la solitude. Car il faut sans doute s'éloigner pour comprendre qu'on finit toujours par réduire l'immensité d'une ville aux rues qu'on y a parcourues  ; le monde à ce qu'on en a vu. Mais aussi pour découvrir que c'est dans la conscience de ce rétrécissement que l'immensité reprend ses droits.

  • Théatre

    Boris Vian

    Boris Vian naît le 10 mars 1920 à Villed'Avray. - Elevé dans le plus parfait mépris de la Trinité Sociale : Armée, Eglise, Argent" (Noël Arnaud), il passe son baccalauréat latin-grec à quinze ans. Il apprend la trompette. 1939 : le 6 novembre, il est admis, avec un rang moyen, à Centrale. 1943 . ingénieur à l'Association Française de Normalisation, Vian s'y distingue en établissant une "Norme des Injures", Il écrit "Troubles dans les andains" (qui ne paraîtront qu'en 1966) et "Vercoquin et le Plancton", texte que Jean Rostand fait lire à Queneau. Sartre, Camus, Prévert sont de ses amis. 1946: Vian entre à l'Office Professionnel du Papier et du Carton, et c'est la qu'il termine "l'Ecume des jours", puis "l'Automne à Pékin", Il publie, sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, "J'irai cracher sur vos tombes". Gros succès (un demi-million d'exemplaires vendus), et scandale (le livre est interdit). 1947:Boris Vian renonce à son poste à l'Office. Il fait désormais figure de "roi" de Saint-Germain-des-Prés. Il joue au Tabou, puis publie "L'Ecume" et "L'Automne". C'est le temps des caves. Mais Vian se détachera bient6t d'un quartier qui lui doit sa légende. 1950 : représentation de "L'Equarrissage pour tous". Echec. 1950/1951 : Vian écrit l'Arrache coeur, que Gallimard refusera. "Découragé, harcelé ", écrit Noël Arnaud, Vian met un terme à sa carrière de romancier. Il abandonne la trompette. 1953 : Vian publie "L'Arrache coeur", avec un avant-propos de Queneau. 1955: entre ses diverses activités (trompette, littérature, bricolage d'envergure, économie, sciences, Journalisme), Boris compose des chansons (plus de 400), parmi lesquelles le Déserteur. 1959 : Boris Vian donne des signes d'extrême fatigue. Il meurt le 23 juin, à 39 ans, pendant la projection privée du film tiré de "J'irai cracher sur vos tombes".

  • "Je n'ai rien contre les voleurs, pas même les voleurs de gosses. J'admets très bien que l'adoption puisse faire le bonheur des petits et des grands, j'admets qu'on birfurque dans l'élevage lorsque le chemin de la maternité vous est barré, au risque que l'enfant volé ou acheté ou choisi gracieusement dans les parcs de l'A.P. ne s'avise rapidement de l'évidence de la triche, pour peu qu'il ait (comme c'était et c'est toujours mon cas) le caractère tocard et l'esprit tordu ; j'admets même que les parents remettent le gosse où ils l'ont pris lorsque le rôle de nounou a cessé de les arranger : vive l'adoption, vive a révocation, vive l'enfance, donc. L'expérérience la plus ratée et la plus navrante que je connaisse dans le genre - la mienne - ne m'autorise pas à en condamner les éléments : j'étais une enfant remarquable et ils étaient d'admirables parents ; seulement, qui maldonne perd sa donne. A ces souvenirs-là, je n'aime pas beaucoup penser ; j'en parle du bout des lèvres avec agacement ou ennui : le jour où je me suis avisée du monde réel et sans rêve qui m'entourait, mon enfance est devenue un paquet de lambeaux tristes.  Oh et puis parlons-en quand même"

  • Pourquoi le mot « dandy » serait-il réservé aux hommes ?
    L'histoire de cette mouvance d'origine anglo-française apparue vers 1800 montre que ce sont les hommes qui en ont posé les bases. Mais, près de deux siècles plus tard, n'est-il pas nécessaire de leur présenter celle qu'ils n'ont jamais vraiment reconnue : la « Lady Dandy » ?
    Car aucun de ce qu'on pourrait appeler les « dandy commandements » - élégance formelle, esprit, anticonformisme et surtout le fameux je-ne-sais-quoi, cette arme secrète qui permet de rester insaisissable - n'échappe aux compétences féminines.
    Des salons parisiens aux cocktails new-yorkais, de Sarah Bernhardt à Dorothy Parker en passant par Marlène Dietrich, de l'art de porter le pantalon à celui de faire scandale, du sens de la répartie aux mille et une façons de claquer son argent, ce livre démontrera que, oui, décidément, les femmes savent y faire.

  • Imprimé en 1941, puis en 1945, à un très petit nombre d'exemplaires, Madame Edwarda a été édité pour la première fois en librairie en 1956, sous le pseudonyme de Pierre Angélique. Seule la préface était signée de  Georges Bataille. C'est en 1967 que Madame Edwarda a reçu définitivement le nom de son véritable auteur.

  • Conscient que sa tentative de fuir l'Europe était vouée à l'échec, Walter Benjamin s'est suicidé à Port-Bou en 1940.
    Avec lui, c'est une part de la conscience européenne qui a trouvé la mort.
    Sébastien Rongier s'est retrouvé par hasard dans la petite localité espagnole, lieu à la fois solaire et tragique où les apports majeurs de l'écrivain et philosophe allemand à l'histoire de l'art et de la pensée prennent un relief particulier.
    Où mieux qu'ici prendre conscience de la fragilité d'une pensée face au totalitarisme ? L'auteur trace le chemin qui l'a conduit vers ce penseur, au milieu des livres et des villes. Il dessine son portrait, entre souvenirs et mémoire des dernières années de l'existence de Benjamin. Celui qui avait à coeur de penser en dehors des systèmes s'est pourtant retrouvé acculé dans une impasse par le pire des systèmes qui soient. Et c'est autant l'impossibilité de penser autrement que celle de fuir qui l'a conduit à son geste fatal.
    En ce début de XXIe siècle, cette impossibilité ne menace-t-elle pas à nouveau ?

  • La piste, le chemin, la route, l'autoroute ont progressivement, depuis l'Antiquité, quadrillé les territoires. Ces lignes ont tracé au fur et à mesure un réseau de communication entre les villes. Elles ont dessiné ainsi dans l'espace de nouveaux paysages. Cette histoire est connue, de même que celle des pratiques de représentation qui l'accompagne : des cartes aux plans.
    Pourtant, si on se place dans la perspective de l'infra-ordinaire, chère à Georges Perec, si on envisage la route comme un dispositif, alors elle apparaît comme un lieu inconnu.
    Convoquant la littérature, la psychanalyse, le cinéma, la photographie et même les manuels de conduite, ce livre montre comment la route, loin d'être un simple moyen de se rendre d'un endroit à un autre, devient ce lieu en soi, avec son régime propre d'inscriptions, des inscriptions qui ont le pouvoir extraordinaire de construire des espaces nouveaux, propices à la fiction.
    N'est-ce pas sur la route qu'OEdipe croisa son père sans le reconnaître, et qu'une banale querelle de priorité l'amena à commettre son geste fatal, donnant ainsi naissance à l'un des mythes les plus révélateurs de notre inconscient  ?
     
     
    Philippe Artières, Directeur de recherche au CNRS, à l'EHESS (Paris), ancien pensionnaire de la villa Medicis à Rome (section Littérature), a notamment publié une série d'ouvrages sur l'histoire contemporaine de l'écriture dont La Clinique de l'écriture (La Découverte poche, 2013), mais aussi plusieurs récits dont Vie et mort de Paul Gény (Le Seuil, 2013) et Miettes. Une histoire ordinaire de l'année 1980 (Verticales, 2016).

empty