politique internationale d'israel

  • Ce livre rassemble des textes politiques de Scholem et permet de découvrir un pan entier de son oeuvre, lié à son travail d'historien. Son sionisme paradoxal prend sa source dans ses recherches sur la mystique, et, en retour, cette recherche se fonde sur ses prises de position sionistes. Scholem aborde ici la plupart des problèmes qui se posent aujourd'hui à la société israélienne et à la diaspora. Au lendemain de la Guerre des Six jours, il écrivait : « En Israël, nous ne doutons pas que les vertus de la paix seront plus fortes et plus décisives que celles dont nous avons dû faire preuve dans ce combat qui nous a été imposé. Israël a montré qu'il était prêt à se mobiliser pour sa cause ; espérons qu'il nous sera accordé de nous mobiliser pour elle dans la paix plutôt que dans la guerre.»

  • La démarche de ces diverses contributions consistant à se demander si l'Etat d'Israël peut être qualifié d'Etat d'apartheid n'est pas idéologique mais scientifique. Elle se fixe pour principal obkjectif d'enrichir le champ des études consacrées au conflit opposant Israël aux Palestiniens. La mise à l'épreuve du concept d'Apartheid permet un regard nouveau et de sortir des approches dites "équilibrées", avatar idéologique de la fiction du "processus de paix".

  • Nous vivons la crise de l'Etat-nation.
    L'indépendance d'un peuple passe, plus que jamais, par la création d'un Etat-nation qui lui garantisse souveraineté et sécurité. Pourtant, cette forme politique moderne, telle que la définit la Révolution française par l'étroitesse du lien entre l'Etat, le territoire, la langue et la volonté de vivre ensemble une identité commune sécularisée, est partout contestée. Ainsi, à l'est de l'Europe, par la division en une myriade de petites nations qui exacerbent leurs particularismes - confession religieuse, langue, voire fantasmagorie de la race ; à l'ouest, par de multiples flux transnationaux - politiques, démographiques, culturels.
    Pour comprendre les ébranlements du présent, l'expérience des Juifs dans l'Europe du XIXe et du XXe siècle est éclairante. La normalisation de leur situation d'apatridie essentielle passait par l'invention d'un Etat-nation, donc la résolution de questions brûlantes : le choix d'un territoire, la détermination de la langue, l'établissement d'un rapport du politique à la tradition religieuse, la définition des identités communautaires, sociales et nationales.
    Le sionisme, dans sa volonté de fonder la nation juive, a lié ces éléments constitutifs dont la crise actuelle montre le possible délitement. On ne découvrira pas ici un livre de plus sur les Juifs tels qu'en eux-mêmes, mais une réflexion tout à fait neuve sur ce que le sionisme éclaire de l'émergence de notre politique moderne.

  • L'Expo de 1937 ou « Exposition internationale des Arts et des Techniques appliqués à la Vie moderne » est-elle un sujet mince ? On peut s'interroger sur le choix d'un tel sujet pour le dossier d'une revue généraliste comme les Cahiers d'histoire. En nous focalisant sur cet objet, un événement, certes international, mais de quelques mois de durée (du 25 mai au 25 novembre 1937), serions-nous du côté de l'anecdotique ou d'une histoire en miettes ? Nous ne le pensons pas, bien sûr. L'Exposition de 1937 nous semble être un de ces observatoires propices à l'étude historienne de l'enchevêtrement des enjeux sociaux telle que nous cherchons à la mener.

    D'une part, l'Exposition permet bien sûr de scruter l'année 1937. Cette année, de l'entre-deux, souvent omise des histoires un peu rapides, ce n'est pas par goût des chiffres ronds, des anniversaires qu'elle nous arrête : elle est un de ces moments qui rendent visibles combien les contemporains ne vivent pas toujours les temps que construisent les regards rétrospectifs et cela la rend particulièrement intéressante. Le dossier constitué par Pascal Guillot réunit des articles qui, tous, montrent la vigueur des engagements des différents protagonistes politiques étudiés ici, que ce soit le sénateur socialiste indépendant André Morizet, l'élu et figure du socialisme français Jean Longuet et son fils, le sculpteur Karl-Jean Longuet, ou le dirigeant politique communiste Paul Vaillant-Couturier. Tous sont engagés avec passion pour dessiner les formes à venir de la société française. Les auteurs des articles, Gilles Candar, Annie Burger-Roussennac et Pascal Guillot lui-même, en scrutant les interventions des uns et des autres, montrent combien les acteurs sont pris dans la moyenne durée d'une vie politique dont ils poursuivent les choix. Quelles opportunités pourraient être offertes par l'Exposition pour l'aménagement de la région parisienne, pour la valorisation de la « banlieue » ? Quelle place sera faite à l'une des grandes passions de l'époque, l'art des jardins ? Dans quelles conditions l'Expo pourra-t-elle être la grande occasion tant attendue de valorisation de l'art et comment pourra-t-elle être un grand moment dans la démocratisation de l'accès du peuple à toute la culture ? Les enjeux sont d'ambition politique globale et, en même temps, apparaissent profondément insérés dans le court terme de la politique nationale. Les enjeux, ce sont la place des sénateurs dans le jeu des pouvoirs nationaux, les conflits entre les architectes consacrés et les avant-gardes. C'est aussi la lutte du gouvernement de Front populaire, qui prend le relais dans la préparation de l'Exposition et sera jugé sur sa mise en oeuvre, son coût, son audience, son sens politique. Tout cela est plein de passions qui, certes, n'ignorent pas les conflits du moment, mais n'anticipent pas une série de défaites, des gauches, des pacifistes, des antifascistes et finalement de la nation France tout entière, moins de trois ans plus tard. L'exposition accueille l'Allemagne nazie et l'Italie de Mussolini, et fait à leurs pavillons une belle place. On connaît l'exhibition de puissance voulue par le régime hitlérien, dont l'aigle et la croix gammée doivent surpasser le pavillon de l'URSS, l'ouvrier et la kolkhozienne qui lui font face. Les jurys de l'exposition distribuent des prix aux différentes nations et attribuent, pour le cinéma, le Grand prix au film de propagande national-socialiste de Leni Riefenstahl, Le Triomphe de la volonté, déjà primé par le régime mussolinien à la Mostra de Venise. Ceci tandis que les bombes nazies viennent d'anéantir la population de Guernica, le 26 avril, un mois avant l'ouverture de l'exposition, tandis que la république espagnole s'effondre et que le pasteur Niemöller est arrêté pour son opposition au pouvoir nazi en Allemagne le 1er juillet. Ceci tandis que le Japon, présent à travers une paisible maison de thé traditionnelle, s'empare de Pékin et de la côte chinoise. Notre regard d'historien voit surtout la guerre approchée, mais les contemporains, concepteurs comme foule se rendant à l'Expo - plus de 31 millions de visiteurs, un grandiose succès - y voient bien autre chose.

    Mais l'Exposition de 1937 ouvre aussi un autre champ d'observation. Comme les précédentes expositions, mais davantage sans doute du fait de l'acuité des tensions sociales, des espoirs immenses exprimés par les peuples au lendemain de la Première Guerre mondiale, et singulièrement en France à nouveau en 1936, l'Exposition est aussi l'ambition d'une pensée consciente de la société par elle-même et la mise en oeuvre de l'expression matérielle de cette pensée. Le projet de 1937 dit l'ambition d'un temps qui est encore vécu comme celui du progrès, possiblement infini, et du développement des techniques comme source, pour l'humanité tout entière, de liberté disent les uns, d'émancipation disent les autres. Les précieuses photos d'Achille Duchêne présentées dans le dossier par Georges Vayrou témoignent bien de cette fascination. La préoccupation sociale explicitée audacieusement par les organisateurs, les responsables politiques donc, est celle de la place de l'art dans ces sociétés dominées par l'épanouissement technologique. L'articulation de l'utile et du beau ouvre une problématique du devenir humain vécue comme cruciale. Quelle place reste-t-il à l'art dans une société éprise d'efficacité pratique ? Le bonheur, que l'on croit être sur le point de saisir grâce à une augmentation de la production qui apparaît sans limites, grâce à une maîtrise humaine sans précédent des richesses naturelles, ne risque-t-il pas d'échapper une nouvelle fois à l'humanité si elle ne sait faire place à cette expression du sensible qui se manifeste dans l'art ? On sait la tension cruciale au sein, en particulier, de tous les mouvements émancipateurs hérités du XIXe siècle. Les Cahiers ont abordé la question dans un précédent dossier à propos des pratiques vestimentaires, expression d'un ordre social, de normes, mais aussi de quêtes esthétiques bien au-delà de la fonctionnalité du fait de se vêtir, qui peuvent conduire du côté de l'art comme de la consommation somptuaire.

    La question mise au coeur de l'Expo 1937 nous permet donc de revenir également sur cet horizon d'une pensée qui, au XXe siècle, a rassemblé tous les courants politiques (ou presque), celle d'une « modernité » dont les développements techniques sont un bien, la contradiction portant sur la question du partage de ces fruits de l'intelligence et du travail humain, à l'échelle d'une nation comme de l'humanité, et sur la compatibilité du développement matériel et du déploiement de toutes les potentialités créatrices des êtres humains. Dès le vote initial, en 1934, qui fait de cette exposition non pas une exposition universelle mais une exposition internationale « des Arts et des Techniques appliqués à la Vie moderne », le choix est fort et motivé. Le commissaire général nommé par le gouvernement, Edmond Labbé, affirme qu'il s'agit de démontrer que l'art et la technique ne s'opposent pas mais que leur union est au contraire indispensable : « le Beau et l'Utile doivent être indissolublement liés ». L'archaïsme de l'opposition entre le beau et l'utile est une dénonciation devenue presque commune. Les divergences se portent sur la conception du « beau » et les avant-gardes se définissent alors par leur audace à mettre en oeuvre la beauté des élaborations techniques. Ce sont notamment des architectes, bien étudiés comme le rappelle Pascal Guillot dans son introduction au dossier et qui, comme Perret ou Le Corbusier, valorisent les techniques nouvelles de construction en en faisant l'esthétique spécifique de leurs créations. Les arts plastiques sont traversés par la même conviction dont l'une des expressions triomphales sera la décoration du pavillon de « l'Électricité » confiée à Raoul Dufy.

    Enjeu crucial, ce rapport à la modernité induit en 1937 une conception fortement conflictuelle du beau. Au moment où la violence du régime nazi stigmatise certaines oeuvres d'art comme « art dégénéré » et promeut leur destruction, l'Expo est elle aussi traversée par ces tensions autour de ce qui fait art : les articles du dossier montrent la marginalisation des artistes les plus novateurs par le gouvernement de la République française, jusqu'à ce que l'arrivée au pouvoir du Front populaire change en partie la donne et l'on sait, par ailleurs, les hésitations du gouvernement républicain espagnol face à la toile de Picasso « Guernica », exposée dans son pavillon.

    Ainsi l'Exposition de 1937, étudiée au prisme des enjeux culturels, ouvre-t-elle sur des problématiques sociales qui seront celles de l'après-guerre, reprises avec l'audace des lendemains de catastrophe et d'écrasement des valeurs conservatrices. Les vastes réalisations liées à la reconstruction et à l'expansion urbaine, la promotion de « l'art moderne » par les pouvoir publics, les combats pour faire de la création et de l'art une dimension de la vie de tous, seront autant de dimensions structurantes des projets politiques - conflictuels - des sociétés nouvelles, au moins jusqu'à ce que le néolibéralisme vienne balayer ces ambitions de pensée sociale globale. Par sa distance même, elle nous parle donc vivement de notre présent, que l'on redécouvre en écho bien dépourvu de réflexion globale sur les enjeux de l'art comme des techniques.

    Ce nouveau numéro des Cahiers fait bien des années Trente les années d'acmé de contradictions sociales de long terme. On sait ce qu'il en fut des ravages causés alors par les idées d'extrême droite. Les Cahiers reviennent - et reviendront à nouveau prochainement -sur différentes formes à travers lesquelles ces idées se propagent. « Chantiers » interroge, à travers l'activité d'Édouard Drumont, sur la place de la caricature dans le développement de l'antisémitisme dans la France de la fin du XIXe siècle, tandis que la rubrique « Débats » propose une synthèse sur les usages faits par les extrêmes droites d'aujourd'hui des références à l'Antiquité. « Métiers » peut se lire lui aussi dans la perspective des années Trente. La rubrique ramène du côté des forces progressistes avec la communication de Roger Bourderon sur la contribution importante des femmes communistes à la Résistance, puis avec l'itinéraire du militant communiste Paul Fromonteil, interviewé par Héloïse Morel, des années de guerre aux luttes anticoloniales et aux constructions politiques de l'après-guerre, vues à travers la question de ses archives. « Un certain regard » et « Les Cahiers recommandent » proposent chacun à leur façon des aperçus sur l'histoire embarquée dans de multiples formes de la production culturelle. Ainsi, le retour dans un film récent du jeune cinéaste étatsunien Nate Parker sur la révolte de l'esclave virginien Nat Turner a bien des chances d'être une source de représentations sur les jeunes États-Unis esclavagistes, qui pèsera davantage avec sa charge de stéréotypes, nous dit la spécialiste Anne-Marie Bidaud, que bien des travaux d'historiens.

    En attendant de retrouver nos lecteurs et lectrices pour un prochain dossier consacré à « Une histoire critique des sciences à l'époque moderne », nous les invitons à nous retrouver pour discuter des enjeux de notre élaboration collective, penser les fonctions de l'État, revenir sur l'histoire des bourses du travail dans le cadre des débats de la prochaine fête de l'Humanité. La rédaction des Cahiers sera heureuse de vous retrouver ensuite aux Rendez-vous de l'histoire de Blois, puis du 23 au 25 novembre aux cinquièmes Rencontres d'histoire critique autour des « Révolution(s) » à Gennevilliers. Et bien sûr, l'Association des ami-es vous attend pour susciter d'autres initiatives permettant aux Cahiers de mieux participer à la diffusion d'une histoire réflexive, en quête de compréhension globale de la complexité du social, dont notre présent a un urgent besoin.

  • Comment se construit une conscience politique et s'oriente un engagement existentiel ? Ce récit est celui d'un jeune français d'origine juive animé, dans les années soixante, par le désir intense de tout changer. Pour des raisons personnelles et familiales qu'il décrit avec une minutie douloureuse, il nous dévoile le chemin qui l'a conduit à rejoindre le kibboutz en Israël. En même temps qu'une interrogation sur le sens d'une identité juive laïque et du sionisme aujourd'hui, ce récit autobiographique constitue une forme de témoignage sur une génération dont la conscience politique s'est formée dans la décennie 60.

  • Placé à la tête d'une conférence nationale qui réunissait les forces vives du pays et plus d'une cinquantaine de tendances politiques, il présida ensuite le Haut Conseil de la République jusqu'à l'installation de la cour constitutionnelle.
    La polémologie se consacre à l'étude des guerres, de leurs causes et conséquences, de leurs formes et de leurs méthodes. Il conviendrait de développer une autre discipline, que l'on pourrait appeler « irénologie ». Elle étudierait les méthodes, les actions et les processus qui conduisent à l'établissement de paix et de réconciliations durables. Dans ce sens, Israël Mensah entreprend un passionnant travail d'irénologie. À le lire, on comprend comment Mgr de Souza, qui ne nourrissait aucune ambition personnelle, en est arrivé à présider la conférence nationale. L'intégrité des prélats et des décennies d'actions sanitaires, sociales et éducatives au service de l'ensemble de la population, et pas seulement des catholiques, avaient rendu crédible l'Église catholique et ses pasteurs. Les dirigeants marxistes eux-mêmes avaient été, pour beaucoup, formés par des éducateurs chrétiens, même s'ils avaient, ensuite, pris leurs distances avec eux.
    L'archevêque parle par des textes, mais aussi par des actes, par des gestes qui frappent ses interlocuteurs immédiats, puis le pays tout entier. Sa méthode de consultation, de négociation et de diplomatie active a permis une sortie de crise acceptée par tous sans humilier ceux qui, comme le président Kérékou, durent céder le pouvoir. L'auteur, qui a connu ce prélat de grande culture et de foi exigeante, saisit ici l'occasion d'un portrait personnel. Il a dépouillé de nombreux documents écrits, rencontré des témoins importants et s'appuie sur une connaissance intime de la société béninoise et de l'Église qui y vit. Son travail éclaire la réflexion sur les rapports entre Église et politique et montre qu'un chemin de paix est possible en Afrique. (D'après Étienne Thévenin)

  • Depuis la création d'Israël, la Shoah et ses millions de morts n'ont jamais cessé d'y être présents : dans la législation, dans les prières, les cérémonies, les tribunaux, les écoles, la presse, la poésie, les inscriptions funéraires, les monuments et les livres commémoratifs. La société israélienne n'a cessé de se définir en relation avec la Shoah et ses victimes, de se considérer dans un double mouvement d'expiation de leurs fautes et de rédemption de leur mort. C'est cette relation complexe et ambiguë que Idith Zertal analyse avec précision et lucidité. Elle montre le rôle central occupé par les morts de la Shoah dans le débat politique israélien depuis 60 ans, en particulier dans le contexte du conflit israélo-arabe. Auschwitz, dont le retour est perçu comme une éventualité permanente, est devenu la principale référence face à un monde systématiquement défini comme hostile et antisémite : Israël s'est ainsi doté d'une aura de sacralité, qui le rend imperméable à la critique et à une délibération rationnelle avec le reste de la communauté des nations. En outre, l'usage décontextualisé que l'État israélien fait de la Shoah a pour effet d'en dévaluer sa dimension exceptionnelle. Loin de toute polémique, Idith Zertal offre un regard émouvant, dérangeant et remarquablement documenté sur la société israélienne, une réflexion sur l'identité nationale d'Israël, sur la construction de la mémoire collective, sur la culture et la politique de la mort. Son ouvrage a déjà été traduit et publié en plusieurs langues.

  • "L Etat hébreu peut être considéré comme l une des puissances nucléaires, bactériologique et chimique majeures. Il est depuis les années 60 à la pointe de la recherche militaire. Par nécessité de survivre dans un environnement hostile, Tel-Aviv élabore à l aide de ses alliés occidentaux une sécurité qu elle voudrait absolue. Le paradoxe réside dans l impuissance de cette dissuasion face aux Etats-voyous et aux groupes terroristes, de la Guerre Froide à l opération Barrière Protectrice."

  • A partir de recherches empiriques menées autour des mouvements de démocratisation en Belgique, Espagne, Turquie, au Liban et au Canada, ce numéro analyse les modalités de l'alteractivisme mis en oeuvre par des jeunes militants sur les places, en ligne ou dans leur vie quotidienne.

  • Israël : histoire d'une gauche (1905-1995), une histoire politique et sociale d'Israël Nouv.

    Comment expliquer que l'expérience sioniste en Palestine ne se soit pas achevée dans le chaos ? Qu'est-ce qui a fait que, malgré les guerres, une immigration de masse d'une ampleur inédite et une grave crise économique, la jeune démocratie israélienne ne se soit pas, après la proclamation de l'État d'Israël le 14 mai 1948, désintégrée sous le poids des forces contraires ?
    Comment la page de plusieurs décennies de socialisme a été brusquement tournée au milieu des années 1980 ?
    Dans cet ouvrage, inédit de par l'ampleur des sources mobilisées, l'auteur propose la toute première étude exhaustive, toutes langues confondues, de l'histoire de la gauche israélienne, depuis sa fondation en 1905 jusqu'à nos jours. Compte tenu du rôle central qu'a joué le mouvement travailliste dans la création d'Israël, c'est en réalité une histoire politique et sociale de l'État hébreu qui est ici offerte au lecteur.

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  • Pour construire l'Israël des débuts, de quelles visions du passé juif, de quelles images d'un avenir régénéré se sont nourries les premières générations israéliennes ? Quel regard les générations plus proches ont-elles porté sur l'expérience historique des fondateurs, et comment faire pour intégrer dans l'imaginaire commun la mémoire de leur propre parcours ?
    Mêlant empathie et distance critique, Anita Shapira fait l'inventaire des modèles qui ont gouverné le rapport au passé pour les différents courants sionistes. Elle montre quels types de sensibilité, quels principes directeurs, quelles inquiétudes et quels remords guidèrent les fondateurs dans leurs efforts, pour concilier par exemple la préoccupation nationale et l'ouverture sur l'universel, ou pour définir l'attitude à tenir face à la tradition religieuse.
    /> Dans la lecture commune du passé, comment la Shoah ne tiendrait-elle pas une place centrale ? À ce sujet, les conclusions d'Anita Shapira sont de nature à surprendre. Le régime du souvenir s'est transformé en Israël au même rythme qu'en France, en Allemagne ou aux États-Unis, et dans le même sens : depuis le refoulement de l'expérience proche dans la sphère privée jusqu'à l'explosion de la mémoire, du culte du héros à celui de la victime.
    Loin des complaisances de l'histoire héroïque comme des rengaines de l'exercice de dénonciation, le livre d'Anita Shapira offre la meilleure introduction aux systèmes de valeurs et à l'univers symbolique qui sont les clés de l'histoire israélienne.

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  • Comment se construit une conscience politique et s'oriente un engagement existentiel à partir d'un lourd traumatisme d'enfance ?

    En même temps qu'une interrogation sur le sens d'une identité juive et du sionisme aujourd'hui, ce récit autobiographique constitue aussi une forme de témoignage sur une génération dont la conscience politique s'est formée dans les années 1960, lorsque : « le fond de l'air était rouge ».


    L'auteur revisite des temps et des lieux d'une enfance et d'une adolescence tourmentées qui l'ont conduit à rompre avec son milieu pour aller vivre une expérience prolongée en Israël où il découvrira la réalité du conflit avec la Palestine.

  • Installé à Jérusalem dès 1923, Gershom Scholem (1897-1982) a permis par ses travaux sur la mystique juive et la cabale que soit redécouvert un pan entier de l'histoire juive, renouvelant ainsi notre vision d'ensemble du judaïsme.
    Mais cette oeuvre immense s'est accompagnée d'un engagement politique constant, dont les implications sont moins connues du grand public. Depuis ses polémiques contre le " sionisme en chambre " des mouvements de jeunesse juifs allemands, jusqu'à son action au sein du Brit Shalom (Alliance pour la paix), ou ses prises de position en faveur d'un judaïsme conçu comme un " organisme vivant ", le " Scholem politique " qui se dessine ici, à travers cet ensemble d'articles inédits en français, donne la pleine mesure du sionisme paradoxal d'un homme, conscient que le peuple juif a dû payer le prix fort pour son retour dans sa propre histoire.

  • Le Cerrejón est une opération d'exploitation à grande échelle de charbon minéral à ciel ouvert dans la péninsule Guajira. Ce projet minier, dont les installations se composent d'une mine, d'une voie ferrée et d'un port maritime, date de la fin des années 1970, fruit d'une association entre l'État colombien et une filiale d'Exxon, multinationale états-unienne. L'installation de la mine, transformant le territoire, l'économie ainsi que l'ordre social et politique, fut un événement fondamental dans l'histoire des Wayuu ou Goajiros, habitants ancestraux de la péninsule, qui virent leurs conditions de vie bouleversées. Cette étude propose une analyse du processus d'articulation des Indiens au projet minier. Les questions se centrent sur les relations entre les Wayuu, la multinationale et l'État, sur une période de près de trente ans (1976-2004). L'analyse aborde deux processus en interrelation. Le premier est l'activation de stratégies par les Wayuu, pour faire face et s'adapter à ce projet géo-politico-économique. Le second est celui des mécanismes mis en oeuvre par l'État et la multinationale pour installer la mine et assurer sa viabilité et sa sécurité. Les Wayuu n'ont pas résisté au « développement ». Ils en ont réinterprété les perspectives afin d'envisager leurs projections de vie, à l'aune de leurs nouvelles conditions d'existence. Le développement s'est progressivement constitué dans une dimension politique renvoyant à une théorie de gestion du futur garantissant les axes de la reproduction socioethnique wayuu. C'est à travers la production d'une politique de revendication identitaire que les Wayuu se sont finalement articulés au projet minier, promis à durer trente ans de plus, sans pour autant se soumettre à son « inévitabilité ».

  • L'Union européenne est considérée comme un des systèmes politiques les plus progressistes du monde en ce qui concerne la promotion de l'égalité entre les femmes et les hommes. La politique européenne visant à lutter contre les inégalités de genre est souvent considérée comme « exceptionnelle ». Pendant près de quatre décennies, l'Union européenne a imposé aux États membres un ensemble de normes et de valeurs plus élevées que celles qui ont cours dans la plupart des pays et offert un environnement particulièrement accueillant aux mobilisations féministes. Cependant, depuis la fin des années 2000, l'Union et ses États membres font face à une grave et durable crise économique et budgétaire. Dans ce nouveau contexte, le régime de genre de l'Union européenne est-il toujours un des plus avancés du monde ? Le système politique européen offre-t-il encore un espace privilégié pour mener une politique ambitieuse de promotion de l'égalité entre les femmes et les hommes ? Basé sur une enquête de plus de dix ans, cet ouvrage présente une lecture des transformations de la politique européenne d'égalité entre les femmes et les hommes sur le long-terme, analyse les mécanismes de construction, de consolidation puis de déconstruction de l'« exceptionnalité » de l'action européenne dans ce domaine et s'interroge sur les effets de son démantèlement en cours.

  • L'autel du mont Ébal et l'émergence d'Israël :

    Arpenter de manière systématique le sol des terres arides de Samarie, en Palestine, à la recherche d'éventuels vestiges antiques, n'est pas une activité a priori susceptible de mener à des découvertes révolutionnaires. C'est pourtant ce travail long et fastidieux, effectué dans les années 1980 par l'archéologue israélien Adam Zertal de l'Université de Haïfa et par quelques volontaires, qui a permis d'exhumer un site archéologique inconnu dont l'interprétation allait bousculer un bon nombre d'idées reçues.

    Loin d'être une description fastidieuse des caractéristiques topographiques du site, le présent ouvrage fait plutôt le récit d'une aventure scientifique dont le fil conducteur est à la fois un travail de terrain et une quête des origines. L'auteur de la découverte retrace ce qui fut pour lui une véritable saga archéologique, avec ses péripéties, ses moments d'émotion, ses interrogations et ses rencontres inattendues. Il explore également le contexte historique, en se penchant sur les vestiges des premiers habitats hébreux et en proposant un scénario original pour l'émergence des anciens fils d'Israël. Il met enfin en scène la controverse sur l'interprétation biblique suscitée au sein de sa profession et les échos que cette histoire a trouvés dans le monde entier.

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  • L'ouvrage propose une analyse des politiques de réconciliation mises en oeuvre durant le conflit nord-irlandais entre 1969 et 1998. Tout en donnant des exemples très précis, il décrit la complexité de cette mise en pratique et s'interroge sur les enjeux liés à la contribution de la société civile. L'auteure met en lumière la richesse des premières politiques dites de community relations. Leur pluralité est révélée grâce à l'étude d'archives parfois inédites et à la rencontre avec des acteurs clés, dont certains étaient sollicités pour la première fois depuis les années 1970. L'ouvrage porte un intérêt particulier aux pensées et actions de ceux qui travaillent dans les milieux associatifs et non politiques. Il met en exergue les décisions prises dans un contexte de tensions accrues en 1971 et 1972 qui, malgré leur caractère décousu, sont structurantes pour les programmes développés dans les décennies suivantes. Les politiques de réconciliation subissent alors ce que les chercheurs en sciences politiques nomment la dépendance au sentier, ou path dependency, et l'approche audacieuse et plurielle devient peu à peu marginalisée. Ceci constitue le soubassement des programmes plus consensuels développés dans les années 1980 et 1990.

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  • Depuis le 29 septembre 2000, date du début de la dernière Intifada, la violence fait partie de la vie quotidienne en Israël et dans les Territoires occupés.
    Elle s'est soldée par plusieurs centaines de morts de part et d'autre. Des soldats israéliens ont illégalement tué des Palestiniens alors même que leur vie n'était pas en danger. Des Palestiniens, appartenant ou non à des groupes armés, ont délibérément tué des civils israéliens en posant des bombes et en tirant à partir de véhicules en marche. Les Palestiniens des Territoires occupés - ils sont plus de trois millions ont été collectivement punis.
    Leurs villes et leurs villages ont été isolés du reste du pays. Des couvre-feux ont contraint les habitants à rester cloîtrés. Des centaines de maisons palestiniennes ont été détruites. A maintes reprises, Amnesty International a demandé aux autorités israéliennes de respecter les normes internationales en matière de droits humains et exhorté l'Autorité palestinienne et les groupes armés palestiniens à respecter le droit international humanitaire.
    La paix ne peut être rétablie de façon durable que dans le respect des droits humains. Il y a longtemps que la communauté internationale aurait dû agir de façon décisive en ce sens. L'année écoulée l'a montré plus clairement que jamais : il ne saurait y avoir de paix ni de sécurité lorsque les droits humains sont bafoués.

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