Myriam Revault d'Allones

  • Emmanuel Macron avait invité les chômeurs à « traverser la rue » pour trouver un travail. Comme si l'individu était un acteur rationnel, calculateur, seul responsable de ses actes et de leurs conséquences. Or, cet individu n'existe pas, personne n'est le coach de soi-même, et la nation n'est pas une « start up », sinon dans un certain discours managérial et comptable qui est au coeur de la rationalité politique d'Emmanuel Macron et qui induit au mirage d'un « nouveau monde ».

    Car le sujet-citoyen n'est pas l'individu performant. Il n'est pas un bloc d'intérêts et de concurrence mais celui qui, sachant ce qui le relie aux autres, oeuvre au sein d'institutions justes à rendre possible telle ou telle option. L'autonomie, la responsabilité ou la capacité n'ont de sens que comprises comme porteuses d'une tension entre l'indépendance des individus et leur intégration dans la communauté. Il existe un endettement réciproque entre l'homme et le social. C'est pourquoi, loin d'être anodins, ces propos sur les chômeurs ou le « pognon de dingue » engendrent des lectures simplifiantes et univoques du lien social.

    Devant un tel dévoiement, Myriam Revault d'Allonnes reprend à nouveaux frais ces notions fondamentales pour en montrer la profondeur, les paradoxes et la puissance ; une leçon de clarté et de rigueur, alors que, plus que jamais, dans la crise que nous vivons, le besoin d'un monde commun s'impose.

  • Pourquoi avons-nous besoin de chefs ? Pourquoi leur obéit-on ? Pourquoi les sociétés n'ont-elles pas toutes les mêmes régimes politiques ? Pourquoi se défie-t-on autant de la politique ?

    En abordant ces questions si actuelles, ce dialogue veut faire comprendre que la démocratie, qui nous apparaît aujourd'hui bien fragile et même décevante, est toujours à recommencer, à inventer, et qu'il est de notre responsabilité de la faire vivre.

  • L'irruption de la notion de « post-vérité », désignée comme mot de l'année 2016 par le dictionnaire d'Oxford, a suscité beaucoup de commentaires journalistiques, notamment sur le phénomène des fake news, mais peu de réflexions de fond. Or, cette notion ne concerne pas seulement les liens entre politique et vérité, elle brouille la distinction essentielle du vrai et du faux, portant atteinte à notre capacité à vivre ensemble dans un monde commun.

    En questionnant les rapports conflictuels entre politique et vérité, Myriam Revault d'Allonnes déconstruit nombre d'approximations et de confusions. Elle montre que le problème majeur de la politique n'est pas celui de sa conformité à la vérité mais qu'il est lié à la constitution de l'opinion publique et à l'exercice du jugement. L'exploration du « régime de vérité » de la politique éclaire ce qui distingue fondamentalement les systèmes démocratiques, exposés en permanence à la dissolution des repères de la certitude, à la tentation du relativisme et à la transformation des « vérités de fait » en opinions, des systèmes totalitaires, où la toute-puissance de l'idéologie fabrique un monde entièrement fictif.

    Loin d'enrichir le monde, la « post-vérité » appauvrit l'imaginaire social et met en cause les jugements et les expériences sensibles que nous pouvons partager. Il est urgent de prendre conscience de la nature et de la portée du phénomène si nous voulons en conjurer les effets éthiques et politiques.

  • On ne parle plus aujourd'hui d'une crise succédant à d'autres crises, mais de « la crise ». Désormais globale, touchant aussi bien la finance que l'éducation, la culture, le couple ou l'environnement, elle est aussi devenue permanente. Nous n'en voyons pas l'issue : elle est la trame même de notre existence.

    La modernité, dans sa volonté d'arrachement au passé et à la tradition, a dissous les anciens repères de la certitude qui balisaient la compréhension du monde : l'homme habite aujourd'hui un monde incertain qui a vu s'évanouir tour à tour l'idée de temps nouveaux, la croyance au progrès et l'esprit de conquête.

    C'est à partir de cette expérience du temps que cet essai nous invite à reconsidérer de façon inédite la « crise » dans laquelle nous sommes plongés et à y puiser de quoi aller de l'avant.

  • La politique, dit-on, serait en crise du fait de l'inadéquation de nos représentants à la réalité qu'ils sont censés représenter : la fameuse "coupure" entre le peuple et ses élites témoignerait au premier chef de ces troubles dans la représentation. Myriam Revault d'Allonnes prend, en philosophe, le contre-pied d'une approche de la "représentation" qui, dit-elle, réduit à tort cette notion à sa dimension juridico-politique.
    Revenant aux sources de la "représentation" (arts visuels, théâtre), puisant aux deux grands paradigmes de la mimesis, la peinture et le théâtre, en compagnie de Platon et d'Aristote, cet essai interroge - au travers de l'élaboration de la notion de "représentation politique" (Hobbes, qui mobilise la métaphore théâtrale), de sa critique radicale (Rousseau, qui récuse la représentation et dénonce le simulacre du théâtre au nom de la "transparence") et jusqu'aux débats actuels sur la supposée "crise de la représentation" - la question de l'exercice de la souveraineté.
    Au terme de l'exploration, surprise : il apparaît que le lien représentatif moderne est fondamentalement lien de séparation. Et que c'est une illusion de penser que la représentation est susceptible de "figurer" de manière adéquate la réalité. Mais alors, que reste-t-il aux citoyens pour donner corps à la souveraineté politique ? La délibération, la discussion, la contestation, répond l'auteur, toutes modalités d'action non électives qui se donnent à voir et ne s'exercent que dans la non-coïncidence à soi.
    Alors s'ouvrent de nouvelles et riches perspectives à la représentation dans l'espace du politique, mais une représentation placée dès lors sous le signe de la re-configuration - et non celui de l'impossible figuration.

  • Insolites, mises à la portée des Jeunes, pour répondre à leurs préoccupations (Kiffer, Désobéir ...), décrypter les énigmes du vivant (Gène, Naturel, Humain?), du vivre ensemble (Communauté, égalité, Travail, Loi, Respect), de l?être (Bonheur, Moi ?), comprendre les enjeux du politique (Santé, Opinion, Président, Finance ...)

  • Rien de plus simple, en apparence, que de raconter des histoires. Innombrables sont les récits du monde et on en trouve dans toutes les sociétés, à toutes les époques. S'il rapportent des histoires inventées et qui ne sont pas vraiment arrivées, ils relèvent de la fiction, contrairement au récit historique qui prétend à la vérité. Mais ce qu'ils ont en commun, c'est l'acte de raconter qui, quelles que soient ses formes, se déroule dans le temps. Et, réciproquement, ce qui se déroule dans le temps peut être raconté. Nos expériences se déroulent dans le temps, mais, pour qu'on le comprenne bien et qu'on le reconnaisse, il faut en faire le récit.Raconter, c'est mettre en ordre, agencer un ensemble d'éléments : c'est alors que les événements font sens. De même, c'est en se racontant qu'on peut se comprendre individuellement (quand on raconte son histoire) et collectivement (quand les historiens écrivent l'Histoire). Car l'existence humaine est celle d'un être enchevêtré dans des histoires.

  • Récupérée par les partisans de la tradition, décriée par les tenants de la modernité, la notion d'autorité fait débat. Elle est pourtant la condition de possibilité de l'innovation et du renouveau du monde.
    Décisif dans la pensée politique, le concept d'autorité est l'un des plus difficiles à appréhender.
    L'autorité ne se confond pas avec le pouvoir mais se définit par rapport à lui : elle se déploie dans le temps et la durée tandis qu'il consacre le partage de l'espace. C'est donc parce que l'autorité assure la continuité des générations, la transmission, la filiation, tout en rendant compte des crises qui en déchirent le tissu, qu'elle est une dimension fondamentale du lien social.
    Quelle place et quel devenir alors pour l'autorité, attachée aux traditions, dans une modernité confrontée à l'individualisme et à l'égalisation démocratique où le futur se dérobe à toute espérance ?
    Si l'autorité est encore porteuse de sens, c'est parce qu'elle n'est pas seulement de l'ordre de l'institué, de l'établi, mais une force dynamique qui autorise à donner à ceux qui viendront après nous la capacité de commencer à leur tour, à entreprendre quelque chose de nouveau.

  • Nos sociétés sont saisies par la compassion. Un ' zèle compatissant ' à l'égard des démunis, des déshérités, des exclus ne cesse de se manifester dans le champ politique. À tel point que les dirigeants n'hésitent plus à faire de leur aptitude à compatir un argument décisif en faveur de leur droit à gouverner. Phénomène circonstanciel ou nouvelle figure du sentiment démocratique ? Myriam Revault d'Allonnes interroge sans détour les rapports entre la dimension affective du vivre-ensemble, la nature du lien social et l'exercice du pouvoir. Remontant aux sources de la modernité, elle montre que le rôle des passions et des émotions n'a cessé de nourrir la réflexion sur l'existence démocratique, de Rousseau à Arendt en passant par Tocqueville.
    l'on verra que, si le déferlement compassionnel ne fait pas une politique, les liens entre sentiment d'humanité, reconnaissance d'autrui et capacité d'agir nécessitent pourtant d'être pensés à nouveaux frais.

  • A quoi un enfant doit-il d'accéder à la vie ? pourquoi celui-ci voit-il le jour, et pas celui-là ? comment une femme devient-elle mère, au terme de quel parcours, et à quel prix ? quels sont les écueils qu'un homme doit éviter s'il ne veut pas échouer dans son rôle de père ? des récits d'expériences vécues et des études de cas éclairent cette exploration au plus profond de soi, qui est aussi une réflexion sur les rapports entre les sexes et une analyse de ce qui demeure, pour chacun, la grande aventure de la vie.

  • Nous n'aimons pas la guerre qui n'apporte que souffrances et tourments et qui sème la mort. Mais peut-on imaginer un monde sans guerres ? En quoi la guerre diffère-t-elle des autres formes de violence ? La guerre n'est-elle que la manifestation de l'agressivité naturelle ou bien est-elle liée à la vie en société ? Et s'il en est ainsi, comment a-t-elle évolué au fur et à mesure que la culture a progressé ? Pourquoi n'a-t-elle pas disparu avec les progrès de la civilisation ? Toutes les guerres se valent-elles et peut-on parler de guerres justes ou injustes ?
    À toutes ces questions, il n'y a pas de réponse simple ni de réponse toute faite mais il convient au moins de les poser : elles permettent de réfléchir à la façon dont les hommes vivent ensemble.

  • "Députée européenne socialiste, Christine Revault d'Allonnes-Bonnefoy débute son parcours militant en 1995 au Parti socialiste en participant à la campagne présidentielle de Lionel Jospin. Elle devient rapidement membre des instances nationales du PS (2000) et milite depuis, toujours à Villejuif dans le Val-de-Marne où elle fut élue municipale et régionale. Dans ce texte, elle raconte in vivo son mandat de parlementaire européenne, prétexte pour jeter un regard sur l'Europe telle qu'elle est. Cet écrit est également un plaidoyer assumé pour une social-démocratie rénovée qui seule peut faire reculer les obsessions identitaires et permettre à l'Europe, cadre pertinent pour agir sur le destin du monde, de relever les défis qui percutent nos sociétés."

  • À moins de deux ans de l'échéance présidentielle de 2012, le PS n'a pas encore choisi son homme - ou sa femme - providentiel-le. De tous les éléphants, quatre devancent le troupeau. Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn, Ségolène Royal et François Hollande. Entre eux, féroces inimitiés et sévères rivalités. Quatre camarades au départ, un seul candidat à l'arrivée. Voici le roman noir de la guerre des Roses, où pour l'emporter, tous les coups sont permis.
    David Revault d'Allonnes, journaliste politique en charge du PS au quotidien Libération, signe ici son premier livre.

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  • La lumière ou les lumières ? cet essai pose d'emblée une catégorisation esthétique : classique et baroque, moderne.
    Il situe ainsi les grands auteurs : murnau, lang, dreyer, sternberg, welles, visconti, bergman, tarkovski, bresson, godard. puis il brosse un historique des principaux styles photographiques, des pionniers à nos jours, tout en suivant l'évolution de la pratique et de la technique. s'engage alors une analyse inédite et systématique du langage lumineux, sériant les diverses fonctions de la lumière au cinéma.
    L'auteur dessine une évolution de ce langage, tout en illustrant les catégories proposées. il traite enfin de la pratique, dégageant les déterminations et les choix qui régissent concrètement la lumière d'un film, du scénario au tournage et au laboratoire - non sans retrouver dans la pratique même les catégories envisagées.

  • La fascination qu'exerce la marée est attestée par l'usage qui en est fait dans la littérature mais, contrairement à une croyance répandue, la marée n'est pas due qu'à la seule attraction de la Lune ou du Soleil ; une telle approche n'expliquait pas certaines observations pourtant courantes comme les variations d'amplitude ou encore les périodes et les horaires des marées.
    Les effets de la rotation terrestre s'ajoutent par exemple aux différentes forces qui engendrent la marée. Pour parvenir à comprendre ce mécanisme très complexe, Maxence Revault d'Allonnes nous fait remonter près de deux mille ans dans l'histoire des sciences ; nous assisterons aux premiers balbutiements de l'astronomie pour progresser jusqu'aux modèles numériques récents, en passant entre autres par l'énoncé du principe fondamental de la mécanique, la loi de l'attraction universelle et la découverte du calcul différentiel.
    Raz-de-marée, tsunamis et autres phénomènes géologiques sont abordés en particulier. On trouvera, enfin, certains développements présentés sous forme d'annexes ou d'encadrés tandis qu'un glossaire des termes spécialisés (coefficient, estran, jusant, marnage, revif, etc.) complète l'ensemble.

  • Juger : une activité humaine en apparence simple, que certains réduiraient volontiers à sa forme courante judiciaire ou à ses aspects logiques. Hannah Arendt, au contraire, discerne dans cette activité éthique ce qui permet d'agir selon des valeurs et de résister à l'inacceptable : elle met ainsi en évidence l'importance politique de ce verbe performatif.

    D'où vient la « faculté de juger » ? Quelle est sa place en philosophie ? Les « Conférences sur la philosophie politique de Kant » indiquent sa source principale : la Critique de la faculté de juger de Kant. Hannah Arendt relit, réinterprète, prolonge la tradition critique au-delà du cadre kantien et met à l'épreuve sa propre philosophie politique. Livre posthume, Juger n'en est pas moins la pièce maîtresse de la pensée arendtienne.

    Suivi de deux essais interprétatifs par Ronald Beiner et Myriam Revault d'Allonnes.

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