Poésie

  • Esthétique de la prédation est un recueil d'une terrible puissance. Il est au coeur de la violence qu'il met en scène. L'ouvrage établit le lien entre les termes usuels de la technologie, de la guerre, de la libido et du quotidien. Ces poèmes nous plongent dans le spectacle d'une vision de la modernité qui dévore les rêves, les êtres et les objets.
    Éprouvant. Vrai. L'auteure Hyam Yared n'y va pas de main morte. La prédation est notre nature. Nous nous dévorons dans notre belle civilisation humaine jusqu'à devenir parfaits dans cet empire de la barbarie. Ne reste alors comme armes de combat que la lucidité et la révolte.

  • Naître si mourir

    Hyam Yared

    À travers une poésie forte, brutale, Hyam Yared évoque la naissance, la mort, le corps dans toute sa trivialité, rejetant l'organisme lorsqu'il se fait uniquement reproducteur au profit d'une analyse du rapport aux orifices, à la chair. Une distanciation entre corps et âme qui teinte d'une froideur clinique l'évocation du vide.
    A travers ces cris de détresse, c'est la solitude qui se retrouve ici brandie pour exposer ce corps qui ne sert plus à rien ou qui, au contraire, est le repaire ultime d'une exploration sans bornes qui donne, peut-être, l'illusion d'exister. Les corps se cherchent sans forcément se trouver, ils s'affrontent dans une explosion des sens. Rien d'érotique ici, mais une avancée minutieuse dans les tréfonds du soi, des muscles, des os, du cerveau et donc de l'âme car, quoi que l'on fasse, tout reste indissociable.
    Entre désespoir et rancoeur résonne un énorme cri d'amour-haine qui va ciseler le récit au fil des fragments poétiques, composants d'une structure charnelle que Hyam Yared a tôt fait de bousculer, libérant maux et pensées, ordonnant aux mots de dire l'indescriptible. Une poésie qui évoque le présent et l'absent, qui interpelle nos tourments enfouis pour mieux les torturer.

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