Une fraude presque parfaite

  • La récente crise financière n'est pas la première à avoir révélé les maux du système bancaire américain.
    En 1986 éclate la crise des caisses d'épargne locales (Savings and Loan), qui secoue les États-Unis et oblige les autorités publiques à intervenir, malgré le libéralisme ambiant de l'époque. Cette crise méconnue en Europe provoque la faillite de plus de mille caisses d'épargne, entraînant la fermeture de mille six-cents autres établissements dans leur sillage. William Black a travaillé notamment comme directeur de la Federal Home Loan Bank Board.
    Il décrit dans cet ouvrage, qualifié de « classique » par le prix Nobel américain George Akerlof, les événements qui ont mené à une des plus grandes crises bancaires de l'histoire américaine : une bulle immobilière gonflée par les déductions fiscales, la dérégulation de l'ensemble du secteur, des pratiques frauduleuses, les lobbies bancaires, les connivences politiques. Nous voyons la catastrophe de l'intérieur, dépeinte par l'homme qui a subi des menaces personnelles pour avoir dénoncé les malversations au sein des directions.
    L'auteur tire de cette expérience le concept de «Control Fraud», ou fraude du contrôleur : lorsque les dirigeants déforment les règles du jeu pour maximiser leurs gains personnels, quitte à mettre en péril leur propre entreprise. Comme il l'a expliqué à la Commission des finances du Congrès américain à l'occasion de la faillite de Lehman Brothers, c'est aussi ce concept qui nous permet de comprendre la vraie nature de la crise de subprimes des années 2007-2009.
    Visiblement, l'histoire se répète

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