9782841862061

  • La violence a toujours investi les images.
    L'art intègre la violence, il ne la refuse pas, il compose avec elle. De Lascaux à Picasso, la violence fait hurler la lumière et la pierre. Mais c'est pour la fixer, la retenir, la déployer dans des formes et dans un temps qui permettent de la comprendre. Précisément parce qu'elle fascine, la violence ne peut être filmée directement, mais réfléchie, mise en forme par le détour d'un art. L'auteur de L'Homme qui tua Liberty Valance n'a filmé toute sa vie que des situations violentes.
    Sans s'y complaire, il inscrit la violence dans un temps, celui du western, celui du conte, et l'appréhende par le regard des hommes qui ont à la déjouer, à lui répondre. Répondre à la violence, c'est inventer une parole juste, une parole qui fait loi. Le cinéma de John Ford est cette parole. Elle vaut également pour la survie d'une civilisation et la vitalité d'un art qu'il serait urgent de redéfinir comme une réponse possible à la fascination de la violence.

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