Fabrique

  • Architecture et jardins Nouv.

    Architecture bioclimatique, bio-mimétisme, jardin planétaire, habitat autonome, lutte contre les ilots de chaleur en ville, constructions frugales, respect des lieux et du monde vivant, architectes, paysagistes, designers, artistes ouvrent les pistes vers un habitat vivant et désirable.

  • Le destin des images

    Jacques Rancière

    • Fabrique
    • 20 October 2003

    " le moderne dédaigne d'imaginer " disait mallarmé.
    Poètes, peintres, dramaturges ou ingénieurs voulaient alors mettre l'union de la forme et de l'acte à la place de la vieille dualité de la réalité et de l'image. la vie en eût été révolutionnée. nos contemporains ne croient plus en la révolution et chantent à nouveau, fût-ce au passé, le culte de l'image : éclair sublime sur la toile, punctum de la photographie ou plan-icône. l'image devient la présence sensible de l'autre : verbe devenu chair ou marque du dieu irreprésentable.
    A l'une et l'autre vision jacques rancière oppose la nature composée, hétérogène, de ce que nous appelons des images. celles-ci ne sont ni des copies ni des présences brutes, mais des opérations singulières, redistribuant les rapports du visible, du dicible et du pensable. a l'exemple de la phrase-image de godard, étudiée ici, qui superpose un plan de film noir, une image de l'extermination des juifs et un discours de philosophe, ce livre analyse les liens méconnus qui unissent symbolisme poétique et design industriel, fictions du xixe siècle et témoignages sur les camps ou installations de l'art contemporain.
    Un même projet anime ces parcours croisés : libérer les images des ombres théologiques pour les rendre à l'invention poétique et à ses enjeux politiques.

  • Les poètes et les artistes sont comme tout le monde, ils doivent se nourrir et se loger, ils ont besoin d'argent. Mais la marchandisation générale a bouleversé la relation qu'ils avaient nouée avec le pouvoir politique et les mécènes depuis le temps des Médicis. La culture - le ministère de la Culture, mais pas seulement - est devenue une entreprise, explique Laurent Cauwet. Les poètes et les artistes sont ses employés, qui ont des comptes à rendre à leur employeur. « La prolétarisation des savoirfaire de l'art et de la pensée oblige à pratiquer avec plus ou moins de subtilité l'autocensure et le formatage des oeuvres commandées. » L'entreprise culture, qui prône un humanisme universel, va exporter le bon art et la bonne parole dans les quartiers populaires pour éduquer la plèbe - celle qui n'a pas les bons codes, et qui n'est pas encore docilisée. « Quelle peut être la place d'un artiste ou d'un poète, rémunéré par ce même État qui rémunère les policiers qui insultent, frappent, emprisonnent et tuent ? » De cette dérive, Cauwet donne des exemples :
    Marseille capitale européenne de la Culture (2013), immense entreprise de blanchiments multiples, de magouilles immobilières, politiques, financières, sur fond sécuritaire ; ou encore l'occupation par ses étudiants de l'École des Beaux-arts de Paris (2016) sabotée au nom du « respect du patrimoine ».
    Le mécénat privé est l'autre face de l'entreprise culture : Vuitton (LVMH, Bernard Arnault) et son « grand oiseau blanc » au bois de Boulogne, « cadeau aux Parisiens » construit par Frank Gehry, l'architecte le plus m'as-tu-vu du monde ;
    Benetton et son projet Imago Mundi, collection de petites oeuvres commandées à des artistes du monde entier, mais pas aux enfants qu'il fait travailler en Tunisie ou au Cambodge pour des salaires de misère ; Lacoste, qui refuse de décerner le prix Lacoste Élysée à Larissa Sansour parce qu'elle avait proposé que l'État palestinien soit logé dans un gratte-ciel avec des villes sur chaque étage ; la fondation Cartier s'opposant à ce que Frank Smith lise un texte où il est question de Gaza (« On ne peut pas aborder un tel sujet à la fondation »). La culture, qu'elle soit une commande publique ou un investissement privé, est devenue une « entreprise » de pacification tout à fait profitable.
    « L'entreprise culture est la place forte, offensive, où se travaille la langue de la domination, celle qui crée les fictions et les divertissements indispensables à l'écitement de toute velléité critique. »

  • L'inauguration en grande pompe de la « Canopée » des Halles, au printemps 2016, a marqué l'apogée médiatique de la réhabilitation du centre de Paris entamée quelque quinze ans plus tôt par le maire socialiste Bertrand Delanoë. Aussi controversé pour ses partis pris architecturaux que pour son coût, ce grand toit jaune n'est pas seulement la partie émergée d'un complexe souterrain qui associe un Forum commercial et une gare de banlieue, construits dans les années 1970 en lieu et place d'un vénérable marché. Avec la rénovation des espaces de vente qu'il surmonte, du jardin qui le prolonge et de la Bourse de Commerce qui lui fait face - investie par la Collection Pinault d'art contemporain - il symbolise un projet bien plus vaste, qui s'est soldé par la privatisation et la normalisation accrue de l'espace public au coeur de la capitale.
    Cet ouvrage fait suite à La Campagne des Halles, qui enquêtait à chaud sur les tenants et aboutissants de la consultation d'urbanisme dont est sorti ce énième projet pour le quartier. Il se concentre cette fois sur les polémiques et les déboires qui ont émaillé la phase de réalisation, au fil d'un interminable vaudeville où le ridicule l'a souvent disputé au scandale. Il expose les enjeux de cette opéra- tion pour ses nombreux acteurs, édiles et élus, associations de riverains, promoteurs, concepteurs.
    Il montre les stratégies croisées des pouvoirs politique et économique pour transformer le centre de Paris, où la recherche d'une nouvelle image rencontre celle de nouveaux profits. Il se penche sur le rôle joué dans cette entreprise par l'urbanisme et l'architecture, instruments et témoins de toutes ces mutations. L'analyse des positions, des décisions, des impensés, des victoires et des défaites des uns et des autres dessine ainsi le sens de la bataille dont les Halles viennent une fois encore d'être le théâtre.
    À partir de ce cas d'étude aussi particulier qu'exemplaire, ce livre met en lumière les ressorts concrets de la fabrication de l'environnement urbain aujourd'hui : il n'intéressera pas seulement les professionnels de l'espace et les Parisiens, mais tous ceux qu'inquiète l'impact, présent et à venir, de la mondialisation sur le quotidien des citadins.

  • Habitants des villes, nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir rendre nos cadres de vie plus agréables, dans un contexte d'urbanisation galopante qui n'a laissé que peu de place au bien-être et à l'harmonie avec la nature. Comment faire pour amorcer cette mutation ? Arnauld Delacroix est paysagiste. Il a créé plusieurs structures, dont l'agence talpa, établie à Saumur. Depuis vingt ans, il conçoit et met en oeuvre des aménagements publics partout en France, en faveur d'un urbanisme durable et d'une approche écopaysagère des parcs et jardins. Dans cet ouvrage, il rend compte de ses expériences et prouve au travers de douze réalisations que les usages urbains et le respect de la nature peuvent être conciliés.

  • Un petit livre pour cinquante ans de désert - ou comment le jeune photoreporter pigiste parti un jour de 1962 «couvrir» un fait divers de la guerre d'Algérie est devenu le photographe célèbre exposé au Grand Palais.
    Les étapes de la carrière de Raymond Depardon sont comme rythmées par le grand désert saharien. En 1972, dans le Tibesti, son désert de prédilection, il suit pendant des mois l'affaire Claustre, cette ethnologue prise en otage par les combattants du Frolinat (Front de libération du Tchad).
    Ces combattants, il va les accompagner dans l'attaque de Faya Largeau («Elle était tenue par 2000 commandos parachutistes de l'armée tchadienne, et nous, nous étions 99, moi compris. De minuit à deux heures du matin, ça tirait de partout, on nous arrosait à la mitrailleuse.») et il va les suivre, appareil à la main, dans leur lutte.
    C'est encore dans le désert, sur une dune de Mauritanie que Depardon a l'intuition de ce qu'il faut faire pour sortir du photojournalisme : faire des films, et tout seul. Et il raconte comment il a tourné dans le sable aussi bien des documentaires (Tibesti Too) que des fictions (La Prisonnière du désert, avec Sandrine Bonnaire).
    Dans ce livre, Depardon parle aussi de technique, de la difficulté de photographier et de filmer le désert («Tu es dans un désert de dunes, la voiture est en panne, tu montes sur une dune, tu prends ton appareil - ou ta caméra, c'est pareil - et tu te trouves au centre d'un cercle de 360°, tu y vois à une quinzaine de kilomètres, et avec le plus grand angle du monde, tu ne couvres au maximum qu'un quart du cercle»). Quels objectifs, quels films, quels formats, quelles astuces pour rendre sensible le désert ?
    Quelque 60 photos, pour une bonne part inédites, illustrent ces propos de Raymond Depardon, modestes et drôles, qui sautent de sa ferme natale aux sables et aux palmeraies où vivent des éleveurs «qui ont beaucoup de traits communs avec mon père».

  • L'eau est un élément essentiel au jardin. C'est une source de vie et une animation déterminante. Depuis des siècles, des paysagistes la mettent en scène tantôt pour nous immerger dans la nature, tantôt nous perdre dans des effets de miroir, ou encore nous offrir un spectacle son et lumière. Cet art de l'eau est accessible partout, par tous et contribue à la biodiversité.
    Garden_Lab a invité quelques intervenants à vous dévoiler leurs idées.
    L'eau c'est également un enjeu à l'heure où l'évolution climatique inquiète, où les intempéries sont de plus en plus violentes, où les excès et les pénuries d'eau sont de plus en plus criants. Garden_lab enquête sur le bon usage de cet élément essentiel à la vie sur terre.

  • Occasions

    Evelyne Coillot

    Une nouvelle écriture photographique d'André Mérian: des objets collectés dans les conteneurs et les poubelles photographiés chez lui. Cela en fait des sculptures, des icônes de notre époque. Le livre objet a été conçu autour de la simplicité, tout en déstabilisant le lecteur qui s'attend à voir une série lambda, et vers l'art contemporain dont André Mérian s'approche cette fois-ci. On regarde alors un livre aux couvertures, les 1ère et dernière, identiques et de 4 pages, un dos cousu apparent et des photos sans échelle donnée aux objets.

  • Nioques 20 Danser/Écrire. Ce numéro de Nioques n'est pas un numéro sur la danse. Il rassemble des interventions travaillées par la danse, ainsi ou autrement, présence nommée ou présence agissant invisiblement. Comme une danse interne. Le volume s'ouvre et se ferme avec des photographies, de Justin Delareux et Patrick Sainton. Il abrite des textes (dont ceux de Pierre Guéry, Patrick Gaïaudo, Vincent Lafaille, Stéphane Nowak, Dorothée Volut, Jean-Marie Gleize et Cécile Sans, etc.) mais aussi des dessins : poèmes-dessins en notation Laban de Lina Schlageter, carnets de travail, mots et dessins de la chorégraphe Yasmine Hugonnet. Ces déplis singuliers d'un danser/écrire sont également issus de lieux multiples : auteurs (face à la danse ou avec elle, ou contre elle, ou encore en lisière, ...), auteur avec danseur (Emmanuelle Jawad et Laurence Pagès), auteur-danseur (Sacha Steurer, Pauline Le Boulba), danseur écrivant (Jean-Jacques Sanchez)...

  • Il s'agit d'un Grand Tour, comme on disait au xviiie siècle, à travers les quelque 25 communes qui forment la « première couronne » de Paris. Chacune d'entre elles est décrite dans sa géographie physique et humaine, avec une attention particulière pour son passé et son actualité politiques.
    C'est ce dernier point qui fait le lien entre ces lieux si divers : presque tous ont voté pour le Front populaire en 1936 - Neuilly et Vincennes, qui ne l'ont pas fait, sont d'ailleurs exclues du parcours. Le livre raconte les grandes grèves d'alors, les combats qui firent rage entre les différentes tendances de la gauche, mais aussi entre la gauche et les fascistes (on se souvient de Doriot à Saint-Denis et de Laval à Aubervilliers, mais ils n'étaient pas les seuls).
    Cette histoire est aussi celle de l'industrie, qui fut évidemment la grande activité de la banlieue rouge : l'automobile à Boulogne, à Levallois, à Clichy, mais aussi l'aéronautique à Issy les Moulineaux, la chimie, l'électricité.
    Jusque dans les années 1960, jusqu'aux grèves de mai 1968, le totem de la banlieue, c'était la cheminée fumante.
    Rustenholz raconte comment dans chaque commune cette industrie, ces usines, ces ouvriers en casquettes souvent venus de loin, ont progressivement laissé la place aux bureaux, aux entreprises du « tertiaire », aux logements où les pauvres n'ont plus leur place - avec des points de résistance, à Ivry, à Saint- Denis, à Aubervilliers, qui gardent, malgré tous les efforts de blanchiment, leur couleur prolétarienne.
    Le livre peut se lire commune par commune, et chacun commencera sans doute pas la sienne. Mais il donne la vision d'ensemble d'un monde qui a sans doute plus changé dans les trente dernières années qu'entre Jules Guesde et Georges Séguy. Nostalgique ? non, lucide sans consentir au désastre annoncé, celui du Grand Paris des aménageurs et des promoteurs immobiliers.


  • le centre de paris n'en finit pas de panser ses plaies
    architecturales.
    près de vingt-cinq ans après le désastre orchestré par jacques chirac, la mairie annonçait en 2002 son intention de rénover le quartier des halles. appel d'offres, sélection des concepteurs, exposition de leurs propositions, concertation " citoyenne ", choix final fin 2004 : ce livre raconte les rebondissements d'une affaire publique toujours en suspens. il montre comment le vide de la politique et de la culture municipales dans
    le domaine de l'urbanisme a laissé le champ libre aux intérêts politico-financiers et aux pressions des riverains, et conduit à un faux débat terminé en queue-de-poisson.
    françoise fromonot revient sur les quatre projets en lice, sur la polémique médiatique qu'ils ont déclenchée et s'interroge sur l'incapacité chronique des architectes français et de la critique à nourrir une véritable réflexion. elle démonte l'alibi de la " démocratie participative " ainsi que les ressorts de la décision du maire. la nouvelle affaire des halles révèle ainsi la continuité de la politique urbaine de bertrand delanoë avec celle de ses prédécesseurs.
    un éclairage aussi instructif que cruel sur les mécanismes et les raisons qui façonnent aujourd'hui la forme d'une ville.

  • Revue nioques n 15

    Collectif

    • Fabrique
    • 24 November 2015
    Sur commande
  • Revue nioques n 12

    Collectif

    • Fabrique
    • 13 September 2013
    Sur commande
  • Un certain xixe siècle intellectuel et philosophique s'est obstiné dans l'exhortation : "désanimalisez la politique ! extrayons-nous hors de ce cercle maudit où l'adversaire est un ennemi, un féroce, un tigre, un loup!".
    Parcourant hugo, renan, mais aussi marx et les discours tourmentés qui arpentent les champs de ruines de juin 1848 ou les transes de l'affaire dreyfus, alain brossat relate cet intense travail sur le discours politique où sont à l'oeuvre tous les reconditionnements : celui qui conduit du temps des révolutions à l'épreuve de la guerre intérieure suspendue (la démocratie instituée); celui qui mène du registre traditionnel où l'autre politique est bête sauvage au mode prétotalitaire où il devient rat, bacille, pou-agent de toutes les contagions et épidémies.
    La deuxième partie expose comment l'humanisation de la politique rend difficile de considérer l'adversaire, voire l'ennemi, comme "brute", comme monstre animal déshumanisé.
    Il en découle une difficulté permanente à faire face à des figures ou à des phénomènes confrontant les vivants à l'épreuve de la limite, de l'excès absolu, de l'inhumain. ce problème, nous n'en finissons pas de le rencontrer à propos du criminel contre l'humanité et de son pâle rejeton le négationniste-et aussi du terroriste, du génocideur en bosnie, au rwanda, en algérie...
    Comment le discours politique qui a exclu le partage entre figures bestiales et figures humaines peut-il faire face au retour de la barbarie humaine ? comment se passer du nom de monstre politique ? questions posées par une actualité toujours plus accablante.

  • Images politiques

    Raymond Depardon

    • Fabrique
    • 8 September 2004

    " la photographie donne à voir des choses dures, des choses belles, une réalité adoucie ou plus violente.
    son "instant décisif" est trompeur, il n'est qu'un moment. on s'apercevra tout de suite qu'aucune photo n'est politiquement neutre. "
    des chapitres, des tranches chronologiques, des noms (wallonie 1960, deleuze 1970, politique française, la guerre d'algérie...), des photos et des mots recueillis sur chacune : une sélection - difficile - d'une soixantaine de clichés, de ces " images politiques " amassées au fil des ans et des reportages, commandes ou libres déambulations.
    des ouvriers du nord aux combattants afghans, des orphelinats roumains aux asiles
    psychiatriques italiens, de berlin à new york, de genet à mitterrand... toutes les facettes du politique avec, pour lien ténu entre elles, le regard de l'artiste.

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