Tourisme & Voyages

  • Bien que la Provence ait vécu en zone libre, elle n'a pas été épargnée par la guerre.
    Mais immédiatement après la Libération, grâce au soleil, au chant des cigales, à l'arôme des marchés et à la Méditerranée, elle devient, avant même de panser ses plaies, terre de festivals, d'acteurs et d'artistes à la recherche de luminosité et de chaleur. Puis, avec la fin des privations, destination de vacanciers du Nord descendus chercher des châteaux de sable et de ports de pêche qui riment avec bonheur. Riches en bauxite et en eau, les provençaux d'après guerre sont prospères. Les ingénieurs, savent faire jaillir la lumière de la Durance et l'électrictité permet d'introduire l'électroménager dans les foyers avides de consommation. Au bord de l'étang de Berre, on continue à s'industrialiser alors qu'à la Ciotat et à Toulon sortent les bâteaux qui traverseront les océans. Dans l'arrière-pays, on développe une agriculture qui n'hésite pas à employer les premiers tracteurs et les travailleurs émigrés. Des Alpes à la Méditerranée, du Rhône à l'Italie, cette région qui peut sentir la lavande, le thym et le romarin comme l'ail et le persil ou le basilic et l'origan, ne renonce pas dans les décennies 1940-1950 à ses traditions. On y joue à la pétanque, on mange les treize desserts, on s'installe au cagnard, on tient aux fêtes votives et - même si on parle de moins en moins provençal - on garde l'accent. La Région de notre enfance a les couleurs du ciel azur. Avec ce livre vous trouverez ce que le mistral n'a pas pu balayer :
    Des souvenirs de la Provence qui vous a vu grandir !

  • Marchés de plein vent et carrioles de légumes, petits métiers et vendeurs à la criée, tramway et bicyclette, opéra et cinémas de quartier, corridas et zarzuelas, baignades dans la Garonne et pique-niques au bord du canal du Midi... Souvenirs, souvenirs. Instantanés noir et blanc des années 1940 et 1950 à Toulouse. Mais ce qui caractérise avant tout la cité occitane, c'est son incroyable cosmopolitisme.
    Toulouse, ville-accueil mais aussi ville-refuge. Dès 1939, elle devient la capitale de l'exil républicain espagnol puis voit affluer, en 1940, des milliers de réfugiés provenant de l'Europe entière. Il faut dire qu'elle a la chance d'être située loin du front. Il n'empêche, à la Libération, Toulouse doit aussi panser ses plaies : comme les autres grandes villes françaises, elle a connu l'Occupation, la faim et le rationnement, les dénonciations et les règlements de compte, les bombardements alliés et leurs funestes dégâts... Les années 1950 annoncent alors le temps de la renaissance : le « village » aux allures encore médiévales doit faire peau neuve et surtout s'agrandir.
    Il faut reloger la population qui ne cesse de s'accroître. Les grandes cités en béton sortent de terre, tandis que, peu à peu, la brique rougeoyante, débarrassée de ses enduits d'antan, redonne ses vraies couleurs à cette ville du Sud plantée entre Atlantique et Méditerranée. La Ville rose prépare désormais son avenir en regardant du côté du ciel et de l'espace... pour compter bientôt parmi les grandes métropoles européennes.

  • Dans les années 1960 et 1970, blotti dans les bras de l'Ill, le coeur de Strasbourg bat au rythme de son folklore, de ses Winstubs et de ses vies spirituelle et artistique.
    On écoute la radio régionale, on va à la messe le dimanche, on aime les distractions théâtrales et musicales comme les fêtes populaires. Les enfants, portés par un noyau familial protecteur, évoluent dans les sonorités du dialecte alsacien et de la langue de Molière.
    Sortie de la tourmente, la ville suit son destin. Messagère de la réconciliation franco-allemande, elle porte le drapeau de l'unité européenne engagée dès 1949.
    Les maisons à colombages, les empreintes médiévales, les grandeurs gothiques et les façades néo-alsaciennes se côtoient. L'industrie tisse sa toile. L'urbanisme fonctionnel et la politique d'habitat social font se dresser au sud de la ville les tours de la Meinau et du Neuhof. À l'ouest, les mailles hexagonales de Hautepierre se tissent. L'extension universitaire fait émerger les immeubles gigantesques de l'Esplanade à l'est, loin des maisons coquettes du quartier de la Robertsau, au nord.
    Les enfants ont grandi, témoins de la modernité et de l'importance de leur ville au sein de l'Europe. Non loin de l'immuable cathédrale Notre-Dame, le complexe du Centre-Halles et son centre commercial font surface. Face au parc de l'Orangerie, le Palais de l'Europe est construit. Au Rhénus, une foule bouillonnante de jeunes acclame ses idoles du rock.

  • Dans La Comédie humaine, Honoré de Balzac brosse de Paris un tableau saisissant :
    S'y côtoient l'argent et la misère, l'élégance et le mauvais goût, l'honneur et l'infamie.
    Si le baron Haussmann l'a embourgeoisée, la ville n'a cependant jamais perdu cette culture populaire qui fait son charme, sa gouaille, son humanité et son esprit frondeur.
    Vers la fin des années 1950, c'est un crime que l'on s'apprête à commettre : au nom d'une « modernité à la française », on a décidé de « transformer » Paris... Des quartiers sont ainsi promis à la démolition, d'autres en passe d'être défigurés, livrés aux facéties et aux égarements d'urbanistes « éclairés » !
    Pour loger une population déboussolée et de plus en plus bigarrée, on construit des dalles, des tours et des barres de béton ; pour amener la voiture jusqu'au coeur de la cité, on crée des radiales, des transversales et des pénétrantes. Pendant près de deux décennies, durant les années 1960 et 1970, on rase et on éventre une grande partie de la capitale.
    Paris outragé, abîmé, dénaturé ; mais aussi Paris insurgé (1968-1975), période qui mettra un terme au saccage programmé.

  • De naissance ou d'adoption, de sang ou de coeur, être breton, c'est accepter, revendiquer même, une différence. Rien n'est banal dans ce pays, pas plus les gens que les lieux, et y vivre donne à la vie des couleurs et un goût particuliers. On est terrien ou marin, bretonnant pur et dur ou multiculturel, ingénieur ou paysan, mais toujours relié à cette identité forte que l'histoire des années 1960 et 1970 rend plus intense encore. Ce pays que l'on disait à tort arriéré, avec ses « ploucs » et ses marins rustres à souhait, a révélé sa capacité à évoluer, se développer, s'enrichir.
    Le progrès n'a pas été suivi, mais accompagné, et bien souvent initié. Ainsi l'énergie, les télécommunications, la dissuasion nucléaire, l'électronique ont commencé au milieu des ajoncs leur révolution. Les paysans se sont faits industriels, armateurs, hommes d'affaires, sans renier leurs attaches. Les artistes ont célébré leur pays, que certains voulaient nation, et fait connaître de Dunkerque à St Tropez cette musique unique et la culture qu'elle véhicule. Et toujours la vie des gens est restée bretonne, avec sa fierté, son caractère bien trempé, ses origines jamais reniées ni oubliées.
    Ce sont les deux décennies exceptionnelles de 1960 à 1980 que retrace, à travers le parcours d'une génération, Notre enfance en Bretagne. Chacun y découvrira, ou retrouvera, les grandes heures d'hier qui annonçaient celles d'aujourd'hui.

  • À peine relevée de la Grande Guerre, la capitale des Flandres se retrouve plongée dans les affres d'une seconde occupation. À la Libération, Lille a faim, manque de logements et doit reconstruire ses usines, très éprouvées par les bombardements.
    À la fin des années 1940, une lueur d'espoir apparaît ; et si le club lillois réussit des exploits inédits en championnat de France, c'est d'ailleurs que vient le salut - d'en bas, des usines. Tandis que le textile s'illustre brillamment à la Foire commerciale de 1951, les locomotives des usines de Fives-Lille s'exportent dans le monde entier.
    C'est aussi le retour des fêtes populaires. Chineurs dans l'âme, les Lillois renouent avec la braderie et ses orgies de moules-frites. Le long de la rue Béthune, la plus animée de la cité, se côtoient pas moins de vingt cinémas, de grandes brasseries et des restaurants fameux, dont L'Huîtrière.
    L'après-guerre à Lille, c'est aussi la survivance de ces quartiers ouvriers hérités de la révolution industrielle, Saint-Sauveur, le plus emblématique, finira rasé pour des raisons de salubrité. Une amputation « salutaire » qui annonce déjà la fin d'un monde, d'une certaine âme lilloise.

  • Dans chaque titre, un auteur qui a lui-même grandi dans la ville et la période en question, décrit à quoi ressemblait cette enfance : à Strasbourg dans les années 1940-1950, à Lille dans les années 1960-1970. Le bruit du tram, le goût de la barbapapa, la vitrine du marchand de jouets, mais aussi la manière dont la ville et l'habitat se transforment. Ces livres nous permettent de retrouver la ville d'où nous venons, telle qu'elle était à l'époque où nous y étions enfants. Un temps plein d'émerveillements et de possibles.

  • Au début des années 1960, Bruxelles est une ville de province dont les vieilles pierres conservent l'empreinte des dominations passées : le baroque espagnol puis autrichien ainsi que le néoclassicisme français. Autour du pentagone, les communes ont encore une atmosphère villageoise. En lisière de la forêt de Soignes, Boitsfort, Uccle ou Woluwe balancent entre ville et campagne. À Anderlecht, les vaches paissent dans les prairies à un jet de pierre de la maison d'Erasme. Les rues s'égaient des kermesses, des courses cyclistes et chaque commune a sa fanfare.
    À chaque quartier sa baraque à frites ; le dimanche, on se rend en famille savourer tartines au fromage blanc, gueuze et cochonnailles dans les « laiteries » des faubourgs.
    Mais d'année en année, les traces de la ruralité s'effacent au profit d'une urbanisation fulgurante. Les tours de bureaux, les projets « futuristes » poussent comme des champignons jusqu'au coeur historique de la ville. Bruxelles, villecarrefour depuis sa naissance il y a plus de mille ans, amorce sa mue vers son destin de capitale de l'Europe...

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