Généralités sur l'art

  • Le présent livre repose sur la conviction profonde et invétérée chez son auteur, que l'art n'est pas une façon de connaissance, mais qu'il relève au contraire d'un ordre distinct de celui du connaître, qui est l'ordre du faire ou, s'il est permis de s'exprimer ainsi, de la factivité. Il s'agit donc ici uniquement de philosophie, en commençant par le commencement, qui consiste à chercher, au moins brièvement, quel genre de question de philosophie doit se poser au sujet de l'art. A partir de là, réfléchissant en métaphysicien à la lumière des premiers principes, on s'est efforcé d'éclaircir successivement les notions principales à mesure qu'elles s'offraient à l'esprit.

  • Comment une propriété esthétique nous permet-elle d'identifier une oeuvre d'art ? Si elles existent, quel est le mode d'existence des oeuvres d'art ? Qu'est-ce qui justifie dans la beauté son attribution à des objets réels ? Examiner la nature des propriétés attribuées aux objets, c'est déterminer le contenu de notre expérience artistique et le sens que nous lui donnons. L'ontologie de l'oeuvre d'art proposée par Roger Pouivet soumet une conception particulière de l'existence de l'oeuvre d'art.

  • L'idée de beauté a été, jusqu'au XVIIIe siècle, étudiée par la métaphysique. Platon, par exemple, en parlait comme du Beau, Idée supérieure et abstraite dont les beautés terrestres n'étaient que le reflet. Au XVIIIe siècle, sous l'impulsion des empiristes anglais, la beauté est envisagée comme une expérience et une série de sensations : on ne parle plus du « Beau » mais de beautés particulières, soumises aux modes :
    L'esthétique était née. A quoi tient ma perception d'un objet comme beau ? Pourquoi ressent-on, face à telle ou telle image, ce sentiment d'agrément et cette émotion propres à la beauté ? Telles sont les questions que se posèrent alors des philosophes comme Hume, Reid ou Hutcheson, et dont Fabienne Brugère retrace ici l'histoire, nous faisant assister à la naissance de la philosophie de l'art.

  • Comment une oeuvre d'art accède-t-elle au statut d'objet esthétique ? La méthode phénoménologique peut-elle nous aider à répondre? Disciple de Husserl, Roman Ingarden (1893-1970), esthéticien polonais, est l'un des premiers philosophes à aborder les questions esthétiques sous l'angle phénoménologique.
    Abordant les multiples dimensions de l'oeuvre d'art (du point de vue du critique ou de celui immanent de l'oeuvre), et par une analyse phénoménologique et ontologique, Ingarden envisage les problématiques esthétiques : distinction entre l'artistique et l'esthétique, vie des oeuvres et modalité de leur réception.
    Cet ouvrage, sélection de textes représentatifs de la pensée d'Ingarden, éclaire le caractère théorique de sa pensée et de son ontologie appliquées à la littérature, la peinture, l'architecture et le cinéma.

  • Une histoire de l'art qui s'enrichit de la phénoménologie, c'est une histoire de l'art qui accorde son attention à ce qui est « invu » : non pas ce qui est invisible, mais la manière dont l'oeuvre apparaît. Dès lors, la toile n'est plus regardée de l'extérieur mais de l'intérieur, et sa connaissance repose autant sur l'expérience que le spectateur en a que des textes produits par les artistes à propos de leur travail. Se penchant sur les toiles de Chirico, Picasso, Klee, Masson ou sur l'art abstrait, Alain Bonfand se ressaisit de la peinture comme phénomène et en livre une analyse philosophique basée sur une intime connaissance des oeuvres : ami d'André Masson, en contact étroit avec l'entourage de Paul Klee et ayant édité les écrits de Beckmann et de Sironi, il est le mieux à même de dresser une phénoménologie de leur oeuvre.

  • Le blanc est une couleur ; pourtant, on l'associe spontanément à un manque, une absence, un vide. Le blanc est ce qui permet la couleur, ce qui transmet la lumière, le support de l'image - mais cela ne semble pas pointer vers quelque chose de plein, de suffisant. D'où vient cette singularité dans notre rapport à cette couleur ? Dans Poétique du blanc, Anne-Marie Christin cherche la réponse à cette interrogation dans l'apparition de l'écriture et dans l'impératif, pour que les lettres forment des mots, de les séparer par des blancs. Dès lors, le blanc devient le signe de l'espace, du rien, du vide : explorant la manière dont artistes et typographes ont ré-investis le domaine du blanc, l'auteur nous invite à une réflexion inattendue et poétique sur cette couleur qui, de toutes, donne le plus à penser.

  • Parue en 1878, l'Esthétique de Véron eut un succès immédiat et fut appréciée d'artistes comme Huysmans ou Tolstoï. Tombée dans l'oubli, c'est par hasard que J. Lichtenstein le feuillette chez un bouquiniste : comprenant d'emblée l'importance de ce texte, elle décide de le faire paraître. Critique d'art et philosophe, Eugène Véron entend adopter une approche scientifique de l'esthétique : se référant à l'expérience de l'oeuvre d'art, mais aussi à sa connaissance personnelle des artistes. Contre la conception métaphysique d'un Beau idéal, que Véron accuse de brider la création artistique et d'être imposée par l'École des Beaux-Arts, il défend les oeuvres de Rembrandt, Delacroix, des peintres du nord. Décrivant les courants du XIXe siècle au moment de leur émergence et avant leur consécration, Eugène Véron, en plus d'un précurseur en termes d'idées, se révèle aussi le précieux témoin de l'art de son temps.

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