Musique

  • Le chant a un statut à part dans l'art musical : c'est comme si la musique, en composant des sons, cherchait à créer par là une voix, à prendre modèle sur la voix humaine. Dès lors, le chant se présente comme la musique par excellence et comme un sujet particulièrement riche de réflexion. S'appuyant sur une analyse des Lieder de Schubert, des pièces d'opéras contemporains ou des musiques d'Orient, l'auteur saisit la complexité du chant en explorant sa proximité avec le cri et son rapport au silence.
    Rythmée par différentes lecture du mythe d'Orphée, cette étude présente une philosophie inédite de l'art vocal.

  • L'ambivalence des oeuvres sacrées de Jean-Sébastien Bach (1702-1766) réside dans leur double statut à la fois théâtral et liturgique. Ainsi en est-il de La Passion selon Saint Matthieu. Lorsque fait irruption La Passion dans une salle de concert à Berlin en 1829, le seul plaisir que cette oeuvre procure, fait basculer la musique de Bach hors de la sphère liturgique. Une telle affirmation soulève de multiples questions d'ordre philosophique : ceux qui viennent écouter La Passion font-ils une communauté de fidèles ou une foule de spectateurs ? Cette étude de Thomas Dommange propose de montrer que si J.-S. Bach mêle les éléments du culte et ceux de l'opéra c'est pour remplir une fonction proprement métaphysique : celle de produire le corps glorieux de la théologie chrétienne.

  • Aujourd'hui, et ce contrairement aux présages d'un Adorno, plus personne n'ose mettre en cause ce genre lyrique qu'est l'opéra. Le propos de l'auteur est d'interroger ce phénomène de survivance à partir du paradigme de renouveau. Cette force de renouvellement - ce retour à l'opéra et de l'opéra - serait-elle peut-être même inhérente au genre? Si le temps de l'opéra est le récit, quels sont alors les rapports entretenus entre texte et musique, et plus précisément entre narrativité et musique? C'est dans une proximité étroite avec les analyses de Walter Benjamin que l'auteur met en lumière la dimension métaphysique de la narrativité musicale, dans la relation au logos qui lui est propre. C'est en effet l'aspect utopique de l'opéra qui permet à ce genre de se critiquer tout en se sauvant. Comme le dit l'auteur : « l'opéra marche à reculons vers son avenir ».

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