Vrin

  • Qu'on le veuille ou non, depuis qu'il est sorti de la clandestinité, le cinéma porno est devenu l'un des grands genres cinématographiques du divertissement populaire, à côté du thriller, du film d'horreur, de la comédie sentimentale etc. Il est tout à fait insuffisant de définir un genre par les réactions qu'il est censé susciter chez les spectateurs (en l'occurrence l'excitation sexuelle). De même, il est insuffisant de le définir par son « iconographie » i.e. les différentes performances sexuelles et la manière dont elles sont filmées. Il est tout simplement faux d'affirmer que les films pornographiques se ressemblent tous et ne racontent rien. Qu'est-ce que nous racontent donc les films pornos?

  • Une forme cinématographique du politique conforme à ce dont elle prétend traiter, finit par entrer en contradiction avec elle-même et se supprimer comme autonome, trouvant sa vérité dans son autre. Accomplissant l'esprit de la « distanciation » brechtienne, le film sabote la police qui le gouvernait, et le spectateur ne peut plus fuir, se retrancher dans le noir de la salle du cinéma ou la berçante illusion de la séparation. La politisation du film est totale : les contradictions sortent du film pour être du monde et c'est au spectateur seul qu'il incombe maintenant de décider si, oui ou non, il va se faire révolutionnaire.

  • Le souci esthétique n'est pas une préoccupation annexe d'Adam Smith, de celles qui produisent des textes " secondaires ".
    Il permet au contraire de resituer l'oeuvre la plus connue de Smith (La richesse des nations) à sa place, comme élément d'un " système " qui prend en compte le fonctionnement particulier des lois de l'esprit dans chaque domaine : morale, esthétique, politique, jurisprudence. L' " économie " suppose ainsi la compréhension préalable de l'économie de l'esprit, des lois de l'imagination, et l'art fournit la voie d'accès la plus plaisante à celles-ci.
    La discussion croise une notion héritée de l'esthétique de son temps, celle d'imitation que Smith examine successivement dans tous les arts, et celle, qui lui est propre, de système. Aussi est-elle portée à sa limite sur le cas de la musique instrumentale, dénuée de fonction imitative, mais se donnant comme un système " complet ", et " régulier ". Des oeuvres nous faisons retour vers l'esprit, en même temps que l'expérience du plaisir lève la distinction entre l'esthétique et la théorie.
    La Lettre à l'Edinburgh Review qui s'ajoute à l'ensemble des textes esthétiques écrits par Smith démontre la variété de ses préoccupations consacrée à la culture française de son temps, elle révèle le lecteur de l'Encyclopédie autant que celui de Rousseau.

  • Du Salon des Refusés à l'aube du XXe siècle, la France fut le lieu de naissance de nouvelles formes artistiques. Dans le même temps émerge une approche clinique de l'art, liée aux développements de la médecine moderne. Cet ouvrage se propose d'éclairer les liens qui s'établirent entre ces discours physiologiques largement oubliés et la pratique artistique. Éloge d'un regard commun au médecin et à l'artiste, hypersensibilité et pathologies du créateur : la complexité des conceptions du XIXe siècle laisse entrevoir la richesse, mais aussi l'ambiguïté d'une pensée, quand le thème de la dégénérescence connaîtra une sombre postérité. La figure physiologique de l'artiste se révèle être une nouvelle version du type mélancolique, avec ses anormalités positives et négatives, et la saisir peut être un atout pour mieux comprendre les oeuvres de la modernité.

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