Littérature traduite

  • Le Guide des égarés apparaît dans l'histoire des idées comme l'une des plus illustres oeuvres philosophiques de tous les temps.
    Maïmonide (1135-1204) est resté une figure majeure du judaïsme rabbinique. Mais sa connaissance de la philosophie fit de lui l'apôtre d'une religion rationnelle, épurée des superstitions, qui vise essentiellement l'instauration d'une société vraiment humaine.
    Écrit pour des intellectuels écartelés entre la tradition religieuse et la pensée scientifique et philosophique de l'époque, Le Guide des égarés tente surtout de mettre en accord l'enseignement de la Bible et de ses commentaires, avec la philosophie d'Aristote. Reconnu très vite comme une oeuvre maîtresse, il influença de manière décisive la pensée juive, chrétienne et musulmane.
    De portée universelle, Le Guide ne constitue pas moins une analyse approfondie du judaïsme, dans ses aspects rituels comme dans le domaine de ses croyances. Il propose une compréhension rationnelle de la Bible et du Talmud, dégagée de l'autorité et des dogmes des institutions juives qui lui en tiennent rigueur pendant des siècles.
    Le Traité des huit chapitres opère la synthèse de l'Éthique d'Aristote et de la morale juive traditionnelle ; ce qui a pour conséquence inattendue de faire de lui le premier traité de psychologie et de psychothérapie de l'histoire.

  • Depuis l'aube de l'humanité, le phénomène des rêves a suscité la curiosité des plus avertis. Dans la Bible, on distingue déjà entre : les rêves prémonitoires (Abraham), les rêves de protection (Jacob) ou de désignation (Salomon), les rêves de mise en garde (Laban). Tandis que le prophète Zacharie clame que « les songes disent des choses vaines », le moraliste Ben Sira affirme que « rêves ou visions, ce n'est que voir ton propre visage dans un miroir - ton coeur te fait voir tes désirs en vérité ».
    Cette étude sur les rêves parut à Vienne en 1923 dans les Monumenta talmudica, revue savante et oecuménique prestigieuse. Alexander Kristianpoller s'y attache de manière très didactique à la difficile question du statut des rêves dans le Talmud. Son mérite immense est d'avoir montré, à travers les textes, combien la société juive, même pharisienne, a été poreuse au monde gréco-romain, à ses superstitions comme à sa culture. Les savants talmudistes n'ont pas rejeté le savoir gréco-romain puisqu'ils en ont pris acte et qu'ils l'ont traité (Aristote, Hérodote, Plutarque et Artémidore, l'auteur de L'Onirologie sont notamment cités dans l'ouvrage), ils ne se sont pas non plus montrés insensibles aux croyances populaires de la culture environnante, puisqu'ils en ont intégré les formes dans leur discours.
    L'un des aspects les plus novateurs de cette étude est la prise en compte et l'examen des rêves anxiogènes, de ceux qui, sans être des cauchemars, laissent un sentiment de malaise dû à l'incompréhension qu'ils suscitent. Le rêveur inquiet peut trouver réconfort auprès de trois hommes en mesure de déclarer que « tout est bien, donc tout ira bien ». La parole efficace, l'interprétation du « mieux possible », plus qu'une élucidation, voilà peut-être, pour un talmudiste éclairé, « la clé des songes ».
    L'ouvrage s'adresse autant à un large public qu'aux philosophes, psychanalystes, historiens, écrivains.

  • " la tradition est la plus noble des libertés pour la génération qui l'assume avec la conscience claire de sa signification, mais elle est aussi l'esclavage le plus misérable pour celui qui en recueille l'héritage par simple paresse d'esprit.
    " à travers ces textes, dont la publication s'échelonne entre 1909 et 1952, martin buber s'efforce de penser le judaïsme et, plus précisément, " le processus spirituel du judaïsme qui s'accomplit dans l'histoire comme un effort vers la réalisation toujours plus parfaite de trois idées connexes: l'idée d'unité, l'idée d'action, l'idée d'avenir " ; l'idée n'étant pas entendue comme concept abstrait, mais comme force de manifestation de l'être au monde.

  • En s'appuyant sur le Livre des Juges et ses exégèses, M. Buber se propose de repenser l'idée de théocratie. Elle ne se sépare pas, dit-il, de la puissance prophétique. Ainsi procède son argument, à la fois théologique et politique, qui déchiffre avec la plus grande attention le récit de la naissance du Dieu juif.

  • Le Zohar sur les " Lamentations " est non seulement la plus singulière d'entre toutes les sections du corpus zoharique, mais il n'est pas exagéré de dire qu'il en est la clé.
    Il suppose en effet la totalité du Zohar et l'ensemble du système de pensée cabalistique comme arrière-plan et comme socle, et en même temps il se passe totalement de toute lecture préalable, de toute explicitation. Il est abordable tel quel, comme objet littéraire indépendant et de portée universelle, bien qu'il ne parle que d'événements particuliers, d'un peuple particulier, d'un Dieu particulier, d'une histoire singulière.
    Mais le langage qu'il emploie pour en parler est le plus universel de tous les langages, c'est celui de la poésie, de l'imagination, de la création artistique. Et comme la poésie est aussi la pensée, le Zohar sur les " Lamentations " est sans doute, de tous les volumes du Zohar, celui qui donne le plus à penser, parce qu'il explique le moins, parce qu'il dit le plus..

  • Les principales aggadoth du Talmud de Babylone, rassemblées par Rabbi Jacob Ibn Habib au XVIème siècle sous le titre Ein Yaakov (la Source de Jacob), constituent le trésor de la tradition juive qui, transmise oralement depuis l'Antiquité biblique, fut ensuite transcrite à partir du IVème siècle de notre ère - récits légendaires, interprétations de textes bibliques, épisodes grandioses ou tragiques de l'histoire d'Israël, recommandations d'ordre religieux, moral ou même pratique, leçons sur le juste et l'injuste, sur le pur et l'impur.
    Des générations de disciples des sages, se commentant les uns les autres à travers les siècles, ne laissent rien oublier de ce qui fait l'existence quotidienne juive, ni de ce qui fonde la vision juive du monde et de sa finalité. Dans cet ouvrage, l'intégralité des six ordres du Talmud de Babylone est représentée ; il contient la majeure partie des aggadoth choisies par Rabbi Jacob Ibn Habib, sous la forme d'une cinquantaine de traités disposés selon l'agencement traditionnel.
    Un index permet le repérage des personnages bibliques, thèmes et notions le plus fréquemment rencontrés.

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