Universite Grenoble Alpes

  • Depuis le Néolithique, le cannabis est utilisé pour fabriquer du papier, des cordages et des vêtements. Il accompagne depuis longtemps la vie de l'être humain, qui le consomme également à des fins récréatives, spirituelles et médicales. Balayant les champs historique, scientifique et médical, Joël Bockaert propose aussi une réflexion sur la législation du cannabis thérapeutique et récréatif.

    L'auteur, souvent avec humour, traite ici d'un sujet éminemment sérieux : le cannabis est de loin la drogue la plus consommée en France (80 % de l'ensemble des drogues). Il aborde les considérations sociétales, les dangers d'une consommation abusive de cannabis mais aussi son potentiel thérapeutique et l'échec de la politique répressive en France.

    Le lecteur trouvera dans cet ouvrage des données objectives, non polémiques, sur ces questions, y compris sur les résultats d'expériences de pays qui ont légalisé le cannabis thérapeutique et récréatif. Il pourra ainsi se forger sa propre opinion.

    Quelle que soit l'issue des débats, Joël Bockaert revient sur la seule politique qu'il juge efficace contre l'usage de toutes les drogues : l'information et l'éducation.

  • Reines, impératrices, régentes... Autant de termes plus ou moins anachroniques - et la liste n'est pas exhaustive - qui posent la question de la place des femmes influentes dans l'Antiquité. Et pourtant, les mondes antiques sont peuplés de femmes, que les sources, littéraires ou documentaires, présentent aux côtés des puissants ; elles sont tantôt en lien et tantôt en opposition avec eux, tantôt honorées, tantôt écartées. La forme même du pouvoir qu'elles exercent, directement ou indirectement, est une source d'interrogations, tout comme les variations de la place quelles occupent dans les institutions politiques ; l'expression officielle de ce pouvoir évolue, notamment dans les périodes de crise dynastique. Les questions sur les femmes influentes sont donc multiples et, de la confrontation entre les périodes hellénistique et romaine, est né un livre polyphonique, à la confluence de recherches menées ces dernières années en France, Suisse, Italie et Allemagne, par des spécialistes de l'histoire politique.

    Organisé en deux parties, respectivement sur les atouts des femmes et sur leurs modes d'exercice du pouvoir, le livre fait apparaître une vingtaine de thématiques sur lesquelles le dialogue entre les deux périodes antiques est particulièrement fécond et offre des réflexions novatrices.

  • Aujourd'hui, les nouvelles droites d'Europe et d'Amérique latine se rattachent plus ou moins explicitement aux politiques et aux valeurs du fascisme historique. Elles témoignent d'une empreinte durable du régime de Mussolini dans la société contemporaine. D'où la nécessité d'apporter un nouvel éclairage, sur un temps long, à ces mécanismes de continuité et de rupture.

    Première histoire sociale du fascisme italien éditée en France, cet ouvrage se distingue fortement dans le paysage historiographique actuel dominé par l'histoire politique et culturelle. Le livre dresse un panorama complet des problématiques qui animent la société italienne sous le fascisme : les différences de genre, la famille fasciste, la création de l'"homme nouveau", l'assistance sociale, la jeunesse et le rapport entre générations, l'organisation du temps libre et du sport, la ruralisation et la colonisation du territoire et des colonies d'outremer, l'évolution du racisme et de l'antisémitisme, l'italianisation forcée des populations allogènes, l'idée de nation fasciste et d'empire latin.

  • Fraternité d'armes ou mésentente cordiale ? L'alliance franco-italienne dans la Première Guerre mondiale offre encore des aspects peu connus du grand public, tout particulièrement ence qui concerne la coordination de l'effort de guerre et l'efficacité opérationnelle des appareils militaires des deux puissances latines de l'Entente. Ces questions sont abordées ici par un collectif de spécialistes italiens et français dans une perspective large et dynamique, des antécédents du conflit à ses conséquences (culturelles, sociales, géopolitiques) dans les deux pays. Grâce à des documents et à des témoignages souvent inédits (correspondances, journaux intimes), ce livre offre un nouvel éclairage sur la contribution des acteurs politiques et militaires, mais aussi des ingénieurs et des savants, à la construction d'une alliance certes imparfaite mais somme toute féconde. Les contributeursDavid Burigana, Fabio Caffarena, Marco Cimmino, Basilio Di Martino, Hubert Heyriès, Éric Lehmann, Graziano Mamone, Ugo Pavan Dalla Torre, Paolo Pozzato, Ferdinando Sanfelice di Monteforte, Antonio Varsori.

  • Aux sources d'une pensée démocratique et socialiste ou social-démocrate en Allemagne, longtemps occultée par le(s) marxisme(s) et par la pensée antilibérale et antidémocratique, voire crypto-nazie, ce texte intéressera ceux qui, au sujet du "couple franco-allemand" en Europe, souhaitent réfléchir au-delà des clichés sommairement pessimistes ou naïvement optimistes. Alors que l'échec des révolutions de 1848 est général, Arnold Ruge, hégélien de gauche et député au Parlement de Francfort, exprime l'espoir d'une "seconde révolution" plus radicale que la première, celle de mars 1848, et qui fonderait une république sociale et démocratique. La formule est du socialiste français Louis Blanc, avec qui Ruge, avant sa rupture avec Marx, fut en contact à Paris en 1843-1844. Opposé au despotisme ancien, au libéralisme bourgeois et au communisme et anticipant, en citant Proudhon, sur les projets autogestionnaires du XXe siècle, Ruge propose la suppression du salariat et un coopératisme généralisé avec maintien d'un État régulateur. Présenté et traduit par Lucien Calvié

  • En adoptant une démarche scientifique (linguistique, psychanalytique et histoirique) appliquée au Coran et aux Dits du Prophète Mahomet, Olfa Youssef propose une relecture novatrice de l'Islam en choisissant des sujets actuels qui animent les sociétés arabes. En revendiquant le droit à l'interprétation des textes sacrés en tant que femme, Olfa Youssef, met à l'épreuve les règles islamiques traditionnelles patriarcales qui codifient l'héritage, la polygamie, l'homosexualité...

    Composé de chapitres thématiques accessibles au grand public, l'ouvrage vise à montrer qu'une égalité de traitement entre hommes et femmes est possible dans le monde arabo-musulman.

  • Harun Farocki : une hantologie du cinéma Nouv.

    Harun Farocki (1944-2014), a été un cinéaste et un critique prolifique, réalisant près d'une centaine de films pour le cinéma, la télévision ou sous forme d'installation dans les espaces d'exposition et les musées. Résolument ancré dans le champ de la théorie et de la pratique marxiste des images, le cinéaste allemand a déployé dans ses travaux une pensée singulière du cinéma. Ce livre parcourt un grand nombre de ses films et tente de dégager de la trajectoire de leur auteur, la spécificité de ses dispositifs cinématographiques dans ce qui est aujourd'hui la première monographie qui lui est consacrée.
    Les analyses de films ou de séquences dans ce livre ont pour tâche de faire advenir une pensée hantologique des images qui les interrogent - sur les traces de Derrida - à l'aune des spectres qui les hantent, mais qui nous hantent aussi en tant que spectateurs. La question n'est plus de savoir comment lire les images, mais comment vivre avec elles.

  • Au printemps 2020, les autorités ont imposé, en France comme dans d'autres pays, un confinement de la population pour lutter contre la pandémie de Covid-19. L'épisode a bouleversé nos habitudes, nos liens à autrui, nos rapports aux autorités aussi. Il a touché en même temps, le fait est assez rare pour être souligné, tous les milieux et territoires de notre société. Comment avons-nous expérimenté ces nouvelles règles de vie ? Comment avons-nous fait face aux épreuves qu'elles nous ont imposées ? Que peut-on dire des conséquences sociales de cet événement hors norme ? Ce livre propose des réponses à partir d'une enquête réalisée au coeur même de l'événement. Durant quatre semaines, plus de 16 000 personnes ont accepté de répondre à un long questionnaire, et pour près de 4 000 d'entre elles, de raconter avec leurs mots les manières dont elles ont vécu et ressenti ce temps suspendu. Ce sont leurs cadres de vie et leurs conditions de travail, leurs réactions et leurs sentiments qui constituent la chair de ce livre.

  • Incarnent les principes étriqués et le matérialisme de la vie bourgeoise. C'est pourquoi elle entend rompre, et partir. Mais avec La Révolte, drame en un acte en prose créé au Théâtre du Vaudeville le 6 mai 1870, Villiers de l'Isle-Adam faisait bien plus que représenter une scène de ménage d'un genre inaccoutumé : il lançait aussi le manifeste du Parnasse au théâtre. La pièce est ainsi la première offensive déclarée d'un théâtre en quête de renouveau contre les citadelles bien protégées du mélodrame ou du vaudeville. Sur le plan esthétique, Villiers y tient la gageure d'une pureté dramatique peut-être jamais atteinte dans l'intrigue, et joue savamment dans les registres indissociablement mêlés du lyrisme, de l'ironie et de la mélancolie: on comprend que la pièce ait déconcerté ses contemporains.
    Mais c'est à nous qu'elle s'adresse aujourd'hui, et le succès confirmé de La Révolte à la scène, depuis quelque temps déjà, montre assez que la pièce a enfin rencontré son public. Et puisque nous sommes désormais la postérité à laquelle en appelait le futur auteur d'Axël, nous lui devons au moins cette justice tardive de lui répondre, et - dirait-il - de nous prononcer à la fois sur lui et sur nous-mêmes.

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  • La question des changements climatiques pose avec une insistance croissante celle de l'adaptation, au-delà de ce que les politiques d'atténuation peinent à obtenir pour ralentir le réchauffement de la planète. Dans ce contexte, de nouvelles perspectives sont ouvertes pour concevoir l'aménagement des territoires à toute échelle. Puisant dans l'expérience française, mais aussi étrangère, il appelle à une véritable mutation de la pensée aménagiste afin rendre complémentaires écologie,éthique et démocratie. Cette transformation est analysée à la lumière d'un examen approfondi des enjeux qui la conditionnent, notamment : le rapport humain à la nature ; le renversement de la démarche immunitaire de la société vis-à-vis de l'environnement et le danger posé par les solutions qui, prenant acte de l'incertitude, visent à substituer la prévision par la préemption face aux possibilités d'évènements catastrophiques. Comment, alors, dépasser les solutions socialement et territorialement excluantes d'une partie de la population, voire liberticides pour tous ? C'est finalement à une conversation entre la nature, les autres et nous-mêmes que cet ouvrage nous invite.

  • Le microphone est un exhausteur de son. Il permet à l'artiste, non pas de chanter plus fort, mais de baisser la voix. Il rend audible un chuchotement dans une grande salle de spectacle. Cet art de l'amplification sonore, encore balbutiant en France dans les années 1930, transforme radicalement le paysage musical et les codes de la performance vocale.

    Quelques chanteuses et chanteurs d'avant-garde essaient d'apprivoiser le potentiel de l'instrument, tout comme les crooners américains une décennie plus tôt. Ils ajustent pour cela leur manière de chanter, tentent de répondre aux exigences de la technique par de subtiles adaptations. Souffle, gestuelle, diction, déplacements et expressions du visage se réinventent.

    À la croisée de lectures sociotechniques, artistiques et historiques, ce livre propose d'explorer la façon dont le microphone et le corps de l'interprète se rencontrent, ouvrant ainsi la voie à la diversification musicale de la seconde moitié du XXe siècle.

  • Ce livre offre pour la première fois un outillage conceptuel et empirique sur la nature urbaine, à l'intersection des processus " d'écologisation, de participation et de néolibéralisation ". Il se penche sur trois politiques publiques locales de nature en ville : écologisation, politique événementielle de végétalisation, jardinage collectif. A travers cette dernière, l'ouvrage interroge le rôle émergent du citadin comme coproducteur d'espaces publics à l'heure de l'austérité.

  • Le XXIe siècle est celui de l'information, de la communication et de l'échange. Mais sait-on réellement ce qu'est un échange langagier ? Cet essai propose d'étudier en détail les différentes dimensions du dialogue, qu'il soit discussion savante ou conversation prosaïque. Dans sa dimension pragmatique, la pratique dialogique se présente comme une activité conjointe, imprévisible et créatrice qui suppose notamment un décodage des informations fournies par le contexte au moyen de divers modes d'inférence (déductif, inductif, abductif, analogique). Toutefois, ce premier niveau s'avère tributaire d'un second, praxéologique, où se jouent les relations intersubjectives des partenaires ainsi que les enjeux et finalités transactionnelles qu'ils s'assignent conjointement dans le monde qu'ils construisent ensemble. Ce renversement praxéologique est illustré par l'analyse de la fable Le Corbeau et le Renard. Les conséquences idéologiques en sont établies sur le cas de la prétendue "éthique de la discussion" de Jürgen Habermas et sur celui de la "révolution nanotechnologique".

  • Même si l'on connaît les Livres de la jungle et Kim, le foisonnement de l'oeuvre de Kipling demande qu'on lise aussi ses nouvelles fantastiques, de science-fiction ou modernistes. Cet ouvrage clair et précis permet de saisir l'état de la critique sur Kipling, montrant la complexité de l'oeuvre et de sa réception au fil des générations. Élodie Raimbault nous explique pourquoi les liens entre territoire, espace et lieu méritent d'être explorés dans leurs dimensions historique, géographique et idéologique mais aussi esthétique.

    L'imaginaire à l'oeuvre chez Kipling est à la fois issu d'une approche géométrique et cartographique de l'espace et d'une rêverie du territoire, associative et matérielle ; le même monde est vu par un géographe et un vagabond, par un militaire et un enfant, par un administrateur et un nomade. L'autrice nous convie à une exploration géopoétique des textes. Elle analyse de manière originale, comme diffractée, les textes de Kipling du point de vue de la géographie mais envisage également les espaces littéraires et livresques comme la représentation matérielle d'un imaginaire sans cesse recomposé et réinventé.

  • Après avoir exploré les Lieux en mémoire de l'Alpe auprès des occupants de la montagne qui souvent parlent encore le patois, les auteurs proposent un atlas toponymique du versant français de l'arc alpin. Une centaine de cartes, essentiellement consacrées au relief et à l'eau, situent les toponymes les plus répandus dans cet espace qui appartient à deux domaines linguistiques : le franco-provençal et l'occitan alpin. Ces cartes ont été réalisées d'après les cadastres et complétées, selon la démarche chère aux auteurs, par des enquêtes minutieuses auprès de ceux qui gardent encore en mémoire les noms de lieux rayés des cartes à la suite des grands équipements du territoire. Chacune des cartes toponymiques est accompagnée d'un commentaire et souvent d'une carte dialectale destinés à mettre en lumière le lien entre toponyme et parler local. Ainsi au fil des pages le voile se lève sur le sens de nombreux noms de lieux, qui souvent échappe au promeneur contemporain.

  • Les mots existants dans la langue française ne décrivent que partiellement les réalités actuelles de l'habitabilité et de la territorialité. C'est de ce constat qu'est née l'idée de cet ouvrage dans lequel environ 40 auteurs ont recensé et défini une centaine de termes nouveaux - dont la plupart sont des néologismes -, qui permettent de décrire la complexité du problème contemporain de l'habiter/habitable dans des territoires de plus en plus fragmentés. Les mots sont malaxés, étirés, critiqués et reconstruits pour les faire muter à l'image des nouvelles réalités. Le tout, dans une perspective pluridisciplinaire qui donne autant la parole à des géographes, des sociologues, des ethnologues qu'à des architectes et des sociolinguistes.

    Ces 100 nouveaux mots sont ceux dont les acteurs de l'aménagement et des territoires auront besoin pour penser l'action de demain et dont chacun pourra se saisir pour lancer un débat entre citoyens.

  • D'où viennent les ZAD (zones à défendre) ? Qu'est-ce que l'« autonomie politique » comme régime d'action ?
    En donnant à lire l'autonomie politique dans son contexte actuel puis s'appuyant sur une enquête menée en grande partie sur la ZAD Notre-Dame-Des-Landes, cet ouvrage analyse des occupations territoriales associant stratégie défensive et déploiement de formes de vie totales. Se plaçant en dehors du système marchand et capitaliste, l'autonomie politique défend jusque dans ses alliances les plus récentes avec l'écologie, l'idée que des formes politiques et sociales émergentes sont irréductibles et doivent résister à toute tentative de formalisation (notamment par la sociologie) ou d'institutionnalisation. L'étude menée par Sylvaine Bulle restitue l'épaisseur d'un monde, celui des ZAD, qui par sa nouveauté et sa radicale différence, échappe au regard de la sociologie classique et en questionne la posture.
    L'enquête permet d'identifier la diversité au sein des groupes autonomes et affinitaires, mais également les fondements normatifs, économiques d'un projet incarné spatialement et dont les grammaires sont structurées autour de principes : la non domination, la solidarité ainsi que le refus de toute extériorité renvoyant à l'État.
    Sylvaine Bulle tente une incursion dans ce que certains ont appelé la "zone du dehors", auprès d'acteurs qui bousculent l'ordre social jusqu'à la démarche sociologique même.

  • Ce livre présente les récits de nombreuses voyageuses européennes en Orient, certaines bien connues du public, d'autres totalement oubliées. Natascha Ueckmann met en lumière les particularités du regard féminin sur l'Orient et observe les attitudes des voyageuses d'un point de vue résolument féministe. Le féminisme est ici utilisé comme instrument d'analyse littéraire mais sans aucune forme de complaisance sur les préjugés des voyageuses et leur attitude coloniale à l'égard des orientaux. En outre, sans nier le désir d'autonomie et de découverte de l'altérité des voyageuses, Natascha Ueckmann dessine ainsi les contours d'un orientalisme au féminin qu'elle examine avec les instruments des études postcoloniales.

    Elle cherche à mettre en évidence la façon dont les femmes européennes s'inventent elles-mêmes en se situant dans un champ de tension entre désir de découverte de l'ailleurs et désir de confirmer leurs idées préconçues. Un ouvrage résolument actuel sur les questions de féminisme et sur la notion d'orientalisme.

  • Homme instruit et brillant, Cola di Rienzo subjugue les foules par de beaux discours et prend le pouvoir à Rome en 1347. Il a alors 34 ans. Visionnaire politique, humaniste ou encore homme de foi attiré par des idéaux révolutionnaires, Cola di Rienzo apparait tout au long de l'ouvrage comme un leader romantique précurseur de l'Unité italienne. Ambitieux et contradictoire, il n'hésite pas à se mettre en scène dans de superbes cérémonies, s'imaginant déjà empereur. Il connaîtra toutefois une fin pitoyable. Cette nouvelle biographie illumine ce personnage hors du commun qui était avant tout un extraordinaire communicant possédant l'art inné d'utiliser les mots pour séduire et convaincre. Tommaso di Carpegna décrypte les ressorts d'une propagande qui permit à cet homme du peuple d'accéder au pouvoir. Et nous amène ainsi à réfléchir sur le thème toujours d'actualité de la dangereuse puissance de la propagande et des rhétoriques populistes.

  • L'Homme déshabité, sorti du néant, est éveillé à la vie par le Créateur qui lui octroie les cinq sens et lui fait don d'une jeune femme innocente et pure. Après un temps d'harmonie céleste entre l'Homme et la Femme, apparaît dans l'acte central la Tentation, au piège de laquelle l'Homme, trahi par les sens, succombera après un temps de lutte. Dans l'épilogue, le Créateur condamne l'Homme qui n'a pas su dominer ses sens. La pièce se termine par la rébellion de l'Homme contre son Créateur et une déclaration de haine réciproque.

    L'Homme déshabité est la traduction d'une très belle pièce de théâtre écrite par Rafael Alberti en 1931. Cette traduction collective et inédite restitue le rythme, les images et la théâtralité innovante de l'auteur. Une très belle introduction de Serge Salaün situe avec justesse l'oeuvre dans son contexte et propose des pistes de lecture pour appréhender les différents niveaux de lecture auxquels la pièce nous invite.

    Cet ouvrage est issu d'une traduction collective réalisée par l'atelier de traduction théâtrale du CREC de l'Université Sorbonne Nouvelle, sous la direction de Marie Salgues (maîtresse de conférences) et Évelyne Ricci (professeure). Introduction rédigée par Serge Salaün (Ex)titulaire de la chaire de littérature espagnole contemporaine.

  • Le regard du voyageur qui emprunte la route reliant Sisteron à Manosque, le long de la vallée de la Durance, est immanquablement attiré par une curieuse formation rocheuse surplombant le village des Mées dont l'apparence évoque une procession de pénitents encapuchonnés. Ces falaises s'étirent sur 2,5 kilomètres et certains rochers atteignent 100 mètres de haut, formant un site très spectaculaire classé depuis 1941. La légende raconte qu'un seigneur local se fit un harem avec de belles et jeunes sarrasines rescapées de l'assaut d'une forteresse maure. Menacé d'excommunication, celui-ci dut se résoudre à relâcher ses affriolantes prisonnières et à les livrer à un monastère près d'Arles. Les moines chargés de leur transfert, sur le point de succomber à la tentation, furent pétrifiés par saint Donat.
    Dans cet essai sur l'imaginaire des rochers et le mythe des Sarrasins, l'auteur met son savoir et ses méthodes d'universitaire au service d'une enquête qui fait la part entre les éléments historiques et légendaires.

  • Chevauchant près d'un port majorquin, Guillem aperçoit non loin du rivage un récif sur lequel se tient un perroquet. À peine a-t-il posé le pied sur le rocher que celui-ci commence à se mouvoir : c'est une baleine ! Accompagné par l'oiseau, l'animal met aussitôt le cap en direction de l'orient et amène Guillem sur une île enchantée où vivent la fée Morgane et un roi Arthur plongé dans la dépression à cause de la disparition des valeurs courtoises et chevaleresques... La Faula est un lai narratif, c'est-à-dire un écrit relativement bref qui relate des faits merveilleux dans le cadre d'un univers courtois. Parmi ces productions originales de la fin du Moyen Âge, l'oeuvre de Guillem de Torroella constitue une pièce essentielle pour l'étude de la diffusion et de la réception de la matière de Bretagne en Catalogne. Sa lecture montre combien la fréquentation des romans de chevalerie français était familière à l'auteur : Lancelot, l'Estoire dou Graal, la Queste del Saint Graal, Tristan et Iseut et d'autres trouvent en effet écho dans cet ouvrage.

  • Fertile plutôt que stérile, qu'est-ce qui permet au débat constructif d'advenir ? Comment raisonner ensemble à l'heure d'aborder une question aussi vitale que la gestion de l'eau potable ? Claire Polo présente ici un cas d'école en plongeant dans la mécanique argumentative des discussions développées entre jeunes d'écoles mexicaines, américaine et française. L'enjeu est de taille, à la fois techno-scientifique et socio-économique, et il n'existe pas ici de solution toute faite, de bonne réponse à trouver.

    Par une approche linguistique fine, cette étude donne à voir l'importance, pour effectivement explorer une controverse, de l'association des savoirs avec d'autres ressources cognitives : valeurs et émotions. Au-delà de l'élève, la personne; au-delà d'une tâche, un groupe : lorsque les dynamiques identitaires et relationnelles sont favorables, le raisonnement collectif advient, amenant chacun-e, plus loin qu'avant l'échange.

    Des leçons sont à tirer pour quiconque cherche dans l'interaction à mieux saisir un problème complexe ou à partager et imaginer des alternatives. Cet ouvrage porte une attention éclairante à la construction de la parole et de l'opinion adolescentes, centrales pour l'apprentissage de la démocratie.

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