Tricorne

  • Déréalisation générale, indistinction ; pourquoi voltaire plutôt que piron ? la fausse fraternité des fausses fêtes étend l'illusion à l'école.
    L'homo festivus est un adolescent permanent et l'on est original tous ensemble. ainsi de l'art moderne. on réfléchit et l'on rit en lisant ce débat. le thème, c'est l'homme et la fête en 2000. on brade la tragédie et la fête (don juan de mozart) se déchaîne pour envahir le temps. puis, au son de la disco, tous se réconcilient. la norme, c'est la transgression. a partir de symptômes, les trois philosophes tirent un feu d'artifice tragi-comique sur notre société dérisoire.
    On en sort ébahi, à la fois triste et avec des idées.
    Depuis des années, j'écoutais l'émission " répliques " dans laquelle alain finkielkraut ne se contentait pas du rôle de modérateur, mais s'impliquait, apportant une troisième voix (voie) dans un débat où se retrouvaient - plutôt que ne s'affrontaient - deux invités.
    Mais il n'est pas aisé de retrouver tel ou tel passage, telle citation, à partir de ses notes ou d'une cassette.
    C'est ainsi que l'idée de l'écrit s'est imposée.
    Ainsi, cette collection devrait faire le bonheur des esprits curieux, à l'écoute des questions de ce temps.

  • La mort qui rigole ne gêne pas Bruckner : mais si rien ne sépare l'individu du bonheur... le narcissisme est la névrose de nos sociétés où la joie devient une corvée, et l'inquiétude : le prix à payer. On " gère son malheur ", et le devoir de bonheur (à exhiber) est commandé par l'égalité. On a inversé le sens de l'éducation : les jeunes sont les experts. Il y a le bonheur : besoin, devoir ou droit ? Infernal et triste, terrible. Mais aussi les plaisirs simples : on en parlait déjà dans " Où va le monde ". Il y a l'idée utopique que nous sommes tous des créateurs et une passion égalitaire devenue folle. Avec Lasch (le narcissisme, le déclin de l'autorité), les trois auteurs affinent le diagnostic du malaise contemporain. Etre heureux devient pénible ! D'où les questions de politique, de société, de progrès, de raison... tout se complique, donc. A la fin on lira un débat sur le bouddhisme.

  • La question majeure du XXème siècle sur laquelle s'opposent Hobsbawm et Pomian est celle de nuancer les formes de totalitarisme et, pour ce qui est du communisme, de distinguer celui de la Russie, des colonies (Chine, etc.) et d'Europe.
    En fait, nous n'avons plus de certitudes et ne savons plus ce qu'est le sens de l'histoire...

  • L'histoire n'a pas le monopole de la compréhension des événements passés.
    Il faut aussi compter sur le roman au XIXe siècle, qui ne se contente pas de relater des événements figés, mais qui dévoile les rouages intimes et les passions de ses personnages : nous voyons désormais les individus traversés par les conflits.
    Et cela chez Balzac, Stendhal, Hugo ou encore Anatole France.
    D'où une vision négative du bourgeois dans ces romans, due à la transition complexe entre l'Ancien Régime et une société issue de la Révolution.
    Avec Les Misérables, Hugo, croyant au progrès, va restituer aux Français l'entièreté de leur histoire nationale après 1793.

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  • Une amie qui enseigne la philosophie dans un lycée parisien me racontait l'autre jour que lors d'un bac blanc elle avait fait plancher ses élèves sur la question : " La science peut-elle tenir lieu de sagesse ? " En corrigeant les copies, elle eut la désagréable surprise de constater que la moitié de la classe était hors sujet, faute d'avoir su ce que voulait dire " tenir lieu de ".
    Au vu de cette anecdote, que mille autres récits corroborent, je voudrais poser à mes deux invités, Mireille Grange, professeur de collège en zone d'éducation prioritaire, et Marc Baconnet, doyen honoraire de l'Inspection générale des lettres, membre du Comité national des programmes - et romancier -, l'abrupte question suivante : qu'est-il arrivé à l'enseignement du français ?

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  • Chaque événement est unique. Primo Levi distingue entre les faits et l'événement. Or la shoah reste irréductible. Arendt et Furet en rappellent le sens. Entre l'oubli et l'éducation, Todorov et Marienstras vont s'accorder. Il faut réfléchir sur les abus et entretenir l'effroi. Ce livre nous y aide.

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  • " Depuis des années, j'écoutais l'émission " Répliques " dans laquelle Alain Finkielkraut ne se contentait pas du rôle de modérateur, mais s'impliquait, apportant une troisième voix (voie) dans un débat où se retrouvaient - plutôt que ne s'affrontaient - deux invités.
    Ces trois personnages m'apportent à chaque fois des éléments si denses que je me sens plus intelligent à la fin de l'émission.
    Mais il n'est pas aisé de retrouver tel ou tel passage, telle citation, à partir de ses notes ou d'une cassette. C'est ainsi que l'idée de l'écrit s'est imposée. On feuillette un livre tout en prenant des notes.
    Ainsi, cette collection devrait faire le bonheur des esprits curieux, à l'écoute des questions de ce temps.
    " L'article de Régis Debray sur la Yougoslavie constitue le point de départ d'une discussion avec le directeur de rédaction du Monde sur les liens entre démocratie et nation. De Péguy à Trotski, du foulard à l'autorité, de l'école au marché mondial, on ne peut rien simplifier. Crise d'identité de la République, de ses langues, qu'est-il au juste ?

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  • De Nuremberg au Rwanda et à Pinochet, la question des crimes contre l'humanité se pose : sont-ils imprescriptibles ? La justice est-elle un attribut de la souveraineté ? A propos de Castro et des droits de l'homme, de Milosevic : le chef d'Etat est-il criminel ? Papon remplace-t-il Hitler en 1999 ? L'avis de Jankélévitch est-il celui de Badinter et de Daniel ?

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  • Sans passé ni projet, le monde est inquiet, "pour six raisons", habité par l'espérance ou la mélancolie.
    Relisons Ellul ou Jankélévitch (la nostalgie). Face à l'apothéose du touriste et de l'argent, on peut haïr l'identité mondialiste. Il faut résister au désenchantement et retrouver le sens.

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  • Le judaïsme ne fait pas seulement problème pour les Chrétiens ; il existe aussi un " problème chrétien " pour les Juifs.
    Le drame, c'est la crucifixion, d'où naît l'allégorisation du Juif. Paul se veut grec et juif, et l'Eglise prend la place des Juifs et culpabilise ses adeptes sans identité. "... accepter la dette " (de la Révélation) fut signe de " grandeur des Chrétiens, et leur faiblesse fut d'avoir essayé de liquider le créancier ". La notion de connaissance peut aboutir à une solidarité entre Juifs et Chrétiens face à la modernité qui définit l'homme par ses droits.
    Avec Levinas contre Rousseau, l'homme ne peut pas se sortir du mal tout seul...

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  • L'humanisme a-t-il eu raison de séparer radicalement l'humanité de l'animalité ? La maîtrise du vivant laisse-t-elle l'homme seul avec lui-même ? En abandonnant ses pratiques sacrificielles d'animaux, le christianisme a-t-il rendu possible l'émergence d'une mort industrielle ? Le regard animal peut-il nous apprendre quelque chose sur nous-mêmes ? Les deux intervenants s'interrogent sur ces questions d'une troublante actualité en cette période de débats éthiques et politiques sur le clonage, l'expérimentation animale et la maladie de la vache folle.

  • A un moment de cette conversation, Alain Finkielkraut cite une phrase de Ruskin : " Tu n'aimeras l'art que lorsque tu aimeras davantage ce qu'il reflète.
    " Comme cette phrase peut sembler cocasse en un temps où il est hors de question pour l'art de " refléter " quoi que ce soit d'" aimable "... Car ainsi en ont décidé ceux qui se sont autoproclamés " spécialistes " es-contemporanéité. Mais de quel droit ? Et comment combattre ce conformisme, comment dénoncer ce terrorisme ? Voilà les questions qu'Alain Finkielkraut, Charles Matton et Ernest Pignon-Ernest posent et auxquelles ils tentent de répondre.

  • L'heure est à la démocratie fondée sur la garantie des droits individuels et sur le gouvernement au nom de la collectivité.
    Ces deux principes ont coexisté, jusqu'à ces derniers temps où l'on constate que le principe du consentement remplace la logique du commandement. D'où une dépolitisation de la société moderne. Cette garantie des droits individuels, toute-puissante, amène inexorablement à l'expression des valeurs privées, que les individus veulent fédérer dans des protestations identitaires de plus en plus marquées, qu'elles soient locales, régionales ou autres.
    Les utopies multiculturalistes, libérales et communistes ont bon ton, elles oublient paradoxalement que la démocratie suppose un espace commun. La situation actuelle, postpolitique, laisse place à la toute-puissance du droit et de la morale : l'on n'est plus citoyen d'un pays, mais citoyen du monde.

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