Sciences humaines & sociales

  • À la veille de la Seconde Guerre mondiale, l'émigration russe en Europe offrait une diversité politique importante avec cependant une seule constante : le rejet du bolchevisme. Le déclenchement du conflit allait constituer une très rude épreuve et la question essentielle concernera l'attitude à adopter dans la guerre. Qui soutenir? Qui combattre? Les options étaient variées : depuis l'engagement dans la Résistance, en passant par l'union de tous les Russes dans la défense de la patrie jusqu'à la lutte contre le bolchevisme auprès d'Hitler sous uniforme allemand.
    Nicolas Ross analyse ce panorama dans toute sa complexité et ce qui en ressort est la difficile conclusion que pour tous les camps, l'histoire s'est terminée dans la désillusion et la tragédie.

  • Le nom du général Alexeï Broussilov (1853-1926) reste attaché à la grande offensive russe de l'été 1916, ultime victoire de l'Armée impériale avant les secousses révolutionnaires qui ont emporté le régime. Rallié à la révolution de février 1917, il soutient le gouvernement provisoire puis l'abdication de Nicolas II. Généralissime des Armées russes, il est l'un des témoins privilégiés de la construction de l'Armée rouge, qu'il intègre en 1919.
    En 1929 paraissent en français, dans la traduction du général Albert Niessel, des Mémoires couvrant la période 1914-1917. Consacrés à la guerre et aux débuts de la révolution, ils apportent un éclairage radicalement nouveau sur son parcours personnel au milieu du tumulte révolutionnaire. Cependant cette publication est fragmentaire, la veuve de Broussilov ayant exigé que la partie du manuscrit évoquant les années 1917 à 1925 reste secrète, au moins jusqu'en 1950.
    La traduction de Niessel fut léguée au Service historique de la Défense à Paris en 1955 et retrouvée en 2007 par Alexandre Jevakhoff, historien et préfacier du présent volume. C'est la version complète, enrichie par un important appareil critique établi par Loïc Damilaville, qui est proposée au lecteur. ? A travers le témoignage exceptionnel de l'un des principaux acteurs russes de la Première Guerre mondiale, c'est toute une époque qui revit, des dernières décennies du régime tsariste jusqu'aux débuts douloureux de l'ère soviétique.
    Le général Alexeï Alexeïevitch Broussilov (1853-1926) est né à Tiflis. Il connaît une ascension fulgurante et en 1916 il devient commandant en chef des armées du front sud-ouest. Nommé généralissime des Armées russes, il est ensuite conseiller militaire du gouvernement. Malgré son ralliement aux bolcheviks, Broussilov est arrêté en août 1918, puis libéré deux mois plus tard. Après la guerre, il est chargé de diverses missions et meurt en 1926.

  • Constantin von Barloewen ouvre un dialogue au-delà des siècles et des disciplines, de l'art et de la politique, entre quatre érudits : Alexis de Tocqueville l'historien, Michel Leiris l'anthropologue, V.S. Naipaul l'écrivain, Pierre Verger le photographe et ethnologue. Bien que séparés dans le temps et d'origines différentes, ils restent à ses yeux proches les uns des autres. À travers une relecture inédite de l'oeuvre maîtresse de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, jusqu'aux romans de Naipaul ou aux parcours de Leiris et Verger, Barloewen met en lumière une " anthropologie comparative et humaniste ". Il voit en ces quatre personnalités les éclaireurs d'une civilisation pluraliste, ouverte, interactive, visant l'édification d'une éthique mondiale. Vivants, souvent émouvants, ces Portraits croisés incitent autant le lecteur à se replonger dans l'oeuvre de ces hommes d'exception qu'à porter un regard neuf sur le monde qui nous entoure et celui qui nous attend.

  • Rue des Rosiers : le quartier juif de Paris.
    Il remonte au Moyen Âge. À partir du XIXe siècle, beaucoup de juifs d'Europe de l'Est, fuyant l'antisémitisme, y ont posé leurs valises. Ils l'ont appelé le Pletzl, la " petite place ", en yiddish. Aujourd'hui, le Pletzl s'est " modernisé ". Mais ses murs n'ont oublié ni les joies du passé ni les malheurs endurés. Ils parlent pour peu qu'on sache les écouter. Comme parlent les anciens, dont les parents s'étaient enracinés sur ces quelques hectares parisiens.
    Avant-guerre, ils avaient connu un village chaleureux, avec ses odeurs de charcuterie, de fromage fermenté et de hareng mariné, ses paliers vétustes et surpeuplés, ses ateliers... L'Occupation leur a volé leur enfance, leur adolescence. Au 36, rue des Rosiers, le père de Suzanne Malamout, Joseph, ouvrier boulanger, venait de Russie, sa mère, Malka, de Roumanie. Ils furent assassinés à Auschwitz, ainsi que trois des cinq frères de Suzanne et ses deux soeurs.
    Des parents de Victor, Maurice et Régine Zynszajn, épiciers au 54, il ne reste que quelques lettres écrites à Drancy, avant leur départ pour une " destination inconnue ". Egalement déportés, le père de Léa Stryk-Zigelman, Salomon, maroquinier à domicile, 9, rue des Guillemites ; celui de Sarah Romen-Traube, Jacob, poissonnier sous le porche du 27, rue des Rosiers ; celui de Clément Lewkowicz, Hersz, boucher au numéro 12, arrêté avec sa fille, Rosette, 12 ans.
    Mordka, le père de Milo Adoner, disait à ses six enfants : " Il faut rester ensemble." Milo est le seul survivant de la rafle qui vida le 10-12, rue des Deux-Ponts, de sa cinquantaine de familles. Jacob, le père d'Alexandre Halaunbrenner, 25, rue des Rosiers, fut fusillé pour acte de résistance. Son frère, Léon, 14 ans, mourut en haute Silésie. Ses deux petites soeurs, Mina, 9 ans, et Claudine, 5 ans, furent raflées par Klaus Barbie, à Izieu...Des histoires dramatiques qui scellent un chapitre de l'Histoire de France.
    " Une description de la rue des Rosiers et des rues avoisinantes... bouleversante de vérité vécue et partagée ", écrit Elie Wiesel.

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  • « Ce qui est terrible chez un enfant, ce n'est pas tellement de savoir qu'il n'est pas aimé, et pourtant c'est important, mais c'est de ne pas pouvoir aimer parce que ce noble sentiment est rejeté des autres. » Daniel, un des « fils de Boches.» Mis au rancard de l'Histoire, les enfants oubliés du pacte d'amitié et de réconciliation franco-allemand veulent rompre le silence. Nés de liaisons clandestines entre des jeunes appelés de la Wehrmacht, l'ennemi, et des femmes d'un pays qui les accueillait malgré lui, ces « enfants maudits » ont grandi dans la honte. Soixante ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, ils témoignent ici pour la première fois. Beaucoup se sont lancés sur les traces du père disparu. Certains ont trouvé leur famille allemande en recourant aux services d'information des Archives de la Wehrmacht à Berlin, la WASt, qui, submergée de demandes, a décidé de leur apporter son aide. D'autres poursuivent inlassablement leur quête. Ce livre est pour eux un espoir.Puisse-t-il trouver un écho... et leur permettre de vivre leur singularité avec plus de sérénité.

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  • Berlin, 9 novembre 1989... Le mur est ouvert. La République démocratique allemande ferme boutique. Son existence ne tenait qu'à un mur. Un mur qui n'était que la partie visible de l'iceberg. Dessous se cachait la Stasi, ce monstre tentaculaire de la guerre froide, cette police secrète à qui rien n'échappait. C'est dans son antre que nous emmène l'auteur. Pendant près de trente ans, il a affronté à Berlin-Ouest et en RFA les agitateurs et désinformateurs stipendiés de la Stasi, déjouant ses traquenards à Berlin-Est et en RDA. Il a vécu aussi l'infiltration du mouvement étudiant des années 1960 et de divers organismes d'Allemagne de l'Ouest ; il a contacté à maintes reprises des dissidents est-allemands et collaboré avec eux, menant sa petite guerre personnelle contre cette dangereuse organisation tout au long de la guerre froide. A partir de son expérience, de témoignages poignants, d'entretiens avec des espions et leurs victimes, il nous entraîne dans les arcanes du " meilleur service d'espionnage de l'histoire ", et nous fait vivre le quotidien d'une dictature, mêlant à la fois l'analyse rigoureuse du politologue et la narration du journaliste. Un document rare.

  • Le Nouvel ordre mondial, issu de l'«hégémonie bienveillante » des États-Unis, utilise de multiples conflits locaux opposant un Occident coiffé par les Américains au « bloc orthodoxe » et conduit à une nouvelle guerre froide. L'Europe, vassale volontaire de ce système mais aussi de plus en plus victime, peut-elle relever ce défi ? Alexandre Del Valle tente ici une magistrale synthèse d'une situation complexe mal connue.

    Http://www.alexandredelvalle.com/

  • Que signifie le concept « d'islamisme modéré » ? Peut-on réellement parler de démocratie en Turquie et dans le monde islamique ? Au terme d'une analyse historique et géopolitique fouillée, Alexandre Del Valle démontre qu'à la fois l'Europe et les Etats-Unis font le jeu des islamistes. Afin d'éviter les deux écueils de l'intégration et du rejet, l'auteur propose, comme alternative plus raisonnable, un statut d'association privilégié avec la Turquie que l'Europe et l'Occident ont tout intérêt à conserver comme voisin et ami proche.Pour comprendre les enjeux de la candidature turque et la stratégie d'Ankara, la lecture du livre d'Alexandre Del Valle s'impose.

  • Préfacé par Simone Veil, qui jeune adolescente, a survécu aux camps de la mort, cet ouvrage inédit est un recueil d'une vingtaine de témoignages d'enfants juifs arrachés à la barbarie nazie, parmi les 60 000 qui ont été sauvés sur les 72 000 vivant en France à la fin des années 1930. « Je veux revoir maman ! » sonne comme un leitmotiv, une parole sans cesse répétée par des petits êtres arrachés à leurs parents mais qui, dans l'insouciance de l'enfance traverseront, malgré tout, la guerre. À travers leurs histoires, ces enfants devenus adultes expriment avec émotion leur souffrance toujours vivace, mais aussi la grande part d'amour qui les lie à jamais à ceux qui leur ont permis de vivre et de donner la vie à leur tour.

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