Syllepse

  • L'insurrection de Martinique (1870-1871)

    Gilbert Pago

    • Syllepse
    • 31 March 2011

    Une Commune de Paris en terre coloniale ? Les années 1869-1870-1871 sont marquées en France par une grave crise de régime se traduisant par plusieurs crises sociales répétées, par l'affaiblissement politique et enfin par l'effondrement du régime napoléonien suite à la défaite militaire, l'occupation allemande d'une large partie du territoire français et le soulèvement de la Commune de Paris.
    Cette période chargée a occulté ce qui se passait dans l'empire colonial français des événements qui méritent d'avoir leur place dans la mémoire du combat des opprimés.
    Décembre 1868 : Le massacre des prolétaires réunionnais, immigrants indous ou cafres devant la mairie de Saint-Denis de la Réunion par les troupes françaises quand en France dans la région des puits de mine du Tarn on procède, cette même année aussi à la tuerie des gueules noires du plateau du Gua.
    Septembre 1870 : Le préfet du Tarn, responsable de la fusillade des mineurs, est celui qui se retrouve gouverneur de la Martinique en charge de la répression de l'insurrection qui vient d'éclater.
    Avril 1871 : Insurrection de Kabylie et de la province de Constantine en Algérie, en pleine Commune de Paris et au début du procès des insurgés martiniquais.
    On retrouvera dans les bagnes de Guyane et de Nouvelle-Calédonie, communards et pétroleuses parisiens, insurgés et « femmes incendiaires » de Martinique ainsi que les rebelles kabyles partageant parfois les mêmes transports maritimes pour rejoindre leurs destinations dans l'enfer vert des bagnes.
    Ces coïncidences, au demeurant peu essentielles, ne doivent pas conduire à ignorer les dynamiques propres générées par les situations complexes des sociétés coloniales quand bien même les révoltes se sont placées dans le contexte de la chute du régime impérial, de la proclamation de la République et de l'occupation du territoire français.
    L'étude que Gilbert Pago nous donne à connaître de l'insurrection paysanne de la Martinique décortique les explosives relations sociales, raciales, coloniales dans un territoire qui émerge à peine du système esclavagiste. Il sert à révéler un pan de l'histoire de la France coloniale au moment de la transition entre la fin du premier empire colonial français et la mise en place de la relance en fin du 19e siècle de la colonisation européenne.

  • Question juive, question noire

    Léon Trotsky

    • Syllepse
    • 14 April 2011

    Double paradoxe qu'offre ce livre.
    Tout d'abord celui de discuter de la question noire américaine en écho à la question juive dans la Russie tsariste, au cours de la révolution russe puis à l'époque stalinienne et à la veille de la destruction des Juifs d'Europe.
    Ensuite d'organiser ce débat autour des réflexions du fondateur de l'Armée rouge : Léon Trotsky, lequel séjourna à New York dans en 1917 et ne revendiquait aucune judaïté, bien que nombre de ses adversaires aient manié l'argument antisémite contre lui.
    Trotsky, adversaire de Staline qui devait le faire assassiner en 1940, est un de plus illustres dirigeants de la Révolution d'octobre 1917. Son expulsion d'URSS le conduit à entretenir des relations avec ses camarades américains qui devaient lui faire partager leurs préoccupations politiques sur la question noire.
    Par ailleurs, la montée du nazisme, son pronostic d'une guerre mondiale dans les années 1930 l'amènent à considérer à nouveau la question juive en Europe et ses conclusions seront tristement prophétiques quant à l'extermination à venir des communautés juives européennes.
    De la lecture des textes de Léon Trotsky ici présentés et qui traitent de ces deux questions, on comprend que ce paradoxe n'est qu'apparent. Les formes d'oppression des deux minorités dans des situations nationales particulières ont beaucoup en commun: pogrome/lynchage, Bund juif/parti noir, retour vers la Palestine/Afrique, revendications culturelles, particularisme/ universalisme. et les moyens d'émancipation de deux communautés respectives tout autant compliqués. Comment défendre ses droits lorsqu'on est minoritaire, victimes d'un racisme ancestrale ?
    Une substantielle introduction aux textes offre les repères historiques indispensables et permet de suivre l'itinéraire de la pensée du révolutionnaire qui loin d'être une ligne droite fut plutôt une ligne oblique. Elle permet de comprendre les enjeux historiques, mais toujours actuels, de cette discussion.
    Ce livre participe de la confrontation de la pensée marxiste aux enjeux de race, d'ethnies et de nationalités.

  • Les réformes de l'école s'ajoutent les unes aux autres depuis plus de trente ans. Mais depuis plusieurs décennies, le niveau de formation des jeunes ne progresse plus et, à certains égards, il régresse. Gauche comme droite au gouvernement sont en échec dans ce domaine. Le système éducatif est à bout de souffle.
    Des changements profonds sont devenus urgents : structures, modes de fonctionnement, programmes qui sont en déphasage complet avec les aspirations et les potentialités des jeunes et de la société d'aujourd'hui. Il faut que se développent la concertation pour la satisfaction des besoins éducatifs, pour les choix budgétaires et l'implication des jeunes scolarisés.
    Se fondant sur les acquis les plus novateurs des recherches en sciences de l'éducation qui montrent que tous les élèves peuvent réussir une scolarité de haut niveau, pourvu qu'on leur en donne les moyens, les auteurs proposent d'en finir avec l'école de la sélection telle qu'elle fonctionne, pour lui substituer un système d'école commune se donnant comme objectif premier l'acquisition par tous d'une culture commune ambitieuse, mieux en prise avec les évolutions culturelles, économiques et sociales de notre temps.
    Exemples :
    - un parcours scolaire commun dans le cadre d'une scolarité obligatoire de 3 à 18 ans ;
    - en finir avec toute forme d'orientation anticipée (les choix de spécialisation disciplinaire ou pré-professionnels interviennent après baccalauréat unique de culture générale) ;
    - système de suivi personnalisé des apprentissages fondé sur la capacité d'innovation pédagogique d'enseignants grâce à une formation initiale et continue entièrement repensée ;
    - réorganisation du temps scolaire autour de deux grands axes : les enseignements disciplinaires et des ateliers de pratiques sociales et culturelles - les établissements scolaires deviendraient des lieux d'animation culturelle ouverts sur la vie de la cité.
    - un fonctionnement entièrement nouveau des établissements scolaires, fondé sur le principe d'une autogestion instruite et collectivement maîtrisée entre personnels, parents, élèves et administrateurs représentant l'autorité publique.
    Ses auteurs sont impliqués dans les questions éducatives depuis de nombreuses années.

  • Sarkozy ; bilan de la casse

    Collectif

    • Syllepse

    À la veille de la présidentielle de 2012, il sera grand temps de tirer le bilan de la présidence de Nicolas Sarkozy. Un quinquennat au cours duquel la cadence des contre-réformes s'est accélérée comme jamais.
    Au détriment de qui ? En faveur desquels ? Certaines reformes bien entendu sont assez connues : le bouclier fiscal, l'allongement de l'âge de la retraite, le démantèlement de la fonction publique, la privatisation de la poste, la compression des moyens de la justice ou des hôpitaux publics, etc.
    Il faut pourtant récapituler : ce que ces réformes libérales ont concrètement détruit, ce qu'elles coûtent (et à d'abord à qui), ce qu'elles coûtent en conditions de travail et aux usagers, etc.
    Sous la forme d'un abécédaire, cette Note de la Fondation Copernic récapitule tout ce qui fut cassé ces dernières années.
    Pour chacune des mesures, l'ouvrage avance également des propositions pour en finir avec les inégalités provoquées.
    L'ouvrage décrit aussi par le menu l'ensemble des réformes dissimulées ou peu visibles qui constituent le bilan de Nicolas Sarkozy :
    Désorganisation du service public de l'emploi, démembrement de la médecine du travail, taxation des indemnités des accidentés du travail, etc.
    Ce recueil des mesures néolibérales et liberticides dresse donc un bilan précis de ce qui fut désagrégé. Un manuel qui vaut ressource et mémoire pour s'opposer mais surtout pour inventer d'autres avenirs.

  • L'evenement

    Collectif

    • Syllepse
    • 13 October 2011

    L'événement politique semble surgir de nulle part et nous est présenté comme un accident de l'histoire.
    Il est présenté avec la force de l'évidence une idée : ce qui est résulte nécessairement de ce qui était, ce qui est porte ce qui sera.
    Les institutions sont là, puissantes et impavides, pour garantir cette continuité. Et imposer à la politique une marche lourde, programmée, apte à brider les impatiences populaires.
    Les régimes politiques sont eux aussi là, en apparence installés pour toujours. Et pourtant, en quelques jours, en quelques semaines, l'imprévu, un événement, les fait basculer, à l'instar de ce qui s'est passé en Tunisie et en Égypte.
    En France, le thème de la réforme est fort prisé par le pouvoir, mais n'estce pas pour écarter l'idée même de révolution ? Et de nous expliquer qu'un excès de changement à gauche appelant correction vers la droite, on est autorisé à appeler réforme la contre-réforme.
    Pourtant, toujours, surgissent impromptus des événements - la Révolution française, Mai 68, la chute du Mur de Berlin, les soulèvements dans le monde arabe. -, qui déchirent brutalement la sage tapisserie sans fin travaillée ; imposant l'inouï, inventant l'impossible possible.
    Voilà l'événement !
    Non pas ce qui arrive, au sens banal du terme, mais une rupture - qui n'interdit pas d'interroger ce qui a précédé, ni la portée de ce qui va changer -, une brèche dans le cours ordinaire du temps et l'ordre naturel des choses.
    Une création lumineuse de l'inédit.
    Ce peut-être la création artistique, la découverte scientifique, l'invention technique, ou la rencontre amoureuse, même si ce livre s'intéresse à l'événement politique.
    Il tente de répondre à quelques questions : pourquoi les grands événements semblent faire émerger de la réalité ce qui paraissait jusqu'alors impossible ? Quelles sont, dans le feu de l'événement, les interactions entre les individus et le collectif ? Quelle approche le politique peut-il avoir de l'événement ?

  • Pistes pour en finir avec le capitalisme

    Pierre Zarka

    • Syllepse
    • 20 April 2012

    À l'heure où le système capitaliste connaît la plus grave crise de son histoire, ce qui frappe le plus c'est l'absence de projet d'organisation sociale alternative.
    L'écrasante cacophonie médiatique en reste aux patrons voyous, à la voracité des actionnaires et aux goldens boys irresponsables au profit de propositions d'aménagements susceptibles de « relancer la machine ».
    Pourtant, l'opposition au système tente de s'organiser (mouvements de libération, les Indignés, etc.). Des expériences se développent pour explorer d'autres voies s'émancipant des rapports de domination capitalistes (les sansterre, les expériences de coopérations diverses, etc.) Parallèlement, de nombreux travaux sont disponibles pour alimenter réflexion et action rechercher et expérimenter des voies pour un nouveau type de développement de l'humanité.
    Les pistes suggérées pour échafauder des propositions nouvelles s'enracinent dans la critique des concepts et des pratiques dominantes, de leur nocivité pour la vie, celle des hommes et de leur environnement.
    À la veille de la présidentielle de 2012, les réflexions présentées ici se proposent d'aider à l'édification de cohérences pour suggérer de nouveaux modes de développement.
    Elles prennent radicalement le parti de s'appuyer sur des expériences et la réflexion, les capacités de décision et d'action des millions d'acteurs qui constituent les peuples pour imposer des rapports sociaux de coopération en substitutions aux actuels rapports de domination.
    Cette contribution, pour modeste qu'elle soit, vu la limite du nombre de sujets abordés, n'en est pas moins ambitieuse et prétend à une certaine originalité.
    Elle s'efforce de poser la question des pouvoirs de décisions en relation avec la propriété.

  • Chemins singuliers pluriels

    Bénédicte Goussault

    • Syllepse
    • 21 April 2011

    Le second Cahier de l'Observatoire des mouvements de la société après Désirs individuels et conscience collective (Syllepse 2010).
    Les récents mouvements sociaux contre la réforme des retraites ont montré une fois de plus la difficulté de comprendre comment et pourquoi des individus s'engageaient dans des mouvements collectifs tout en gardant leur propre personnalité : en effet quoi de commun entre un lycéen et un ouvrier de raffineries qui bloquent tous les deux leurs lieux de travail ?
    Comment, dans la période actuelle de crise politique, syndicale, et associative, se nouent les mouvements collectifs ? Comment répondre au besoin actuel de dégager de nouvelles formes de rassemblement et d'organisation collective.
    Sans tabou, ce livre discute de l'ensemble de ces interrogations dont les contributeurs sont des acteurs engagés de ces mouvements.
    Les espaces militants politiques, syndicaux ou associatifs mais aussi les personnes intéressées à la politique et déçues par l'actualité de la gauche s'interrogent sur la place de l'individu dans les constructions politiques collectives.
    Ici, le mélange entre des auteurs qu'ils soient des militants, des sociologues, des psychanalystes permet de cerner la question sous toutes ses facettes.

  • Désir individuel et conscience collective

    Collectif

    • Syllepse
    • 7 May 2010

    Il pose la question : « Qui est le sujet politique ? ».
    L'émancipation n'est pas seulement un objectif mais un processus qui commence ici et maintenant. Si l'individu est mû par le désir, il n'est pas isolé sur lui-même, il est l'ensemble des relations sociales par lesquelles il existe. Le désir individuel est donc ouverture au mouvement même de la société et cependant l'intrication de l'individuel et du collectif ne s'effectue pas de manière automatique ; les mobilisations du « tous ensemble » ne sont pas la somme des individus qui les composent.
    La psychanalyse nous apprend à déconstruire le mythe du sujet politique et met en évidence que c'est la dépossession de soi qui le caractérise aujourd'hui. Le désir est cette tension qui pousse l'individu à se mettre en mouvement et à faire écart avec la normalité institutionnelle. L'absence de contradictions et d'adversité tue le désir.

  • Fmi : les peuples entrent en resistance

    Attac

    • Syllepse
    • 2 May 2000

    Indisponible

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