Syllepse

  • 29,6?millions de personnes actives en France, dont plus de 14?millions sont des femmes.
    Elles n'ont jamais été autant diplômées et autant présentes dans toutes les catégories professionnelles. Et pourtant, les inégalités de genre sur le marché du travail persistent et se renouvellent.
    L'enjeu de cet ouvrage est de faire dialoguer la recherche sur le genre au travail et les mouvements revendicatifs de femmes, notamment féministes et syndicalistes.
    La décennie 2010 a été celle du renouveau des luttes sociales et écologistes, où les femmes ont fait entendre leurs voix. Au sein du «?printemps arabe?», des «?Gilets jaunes?», contre les fermetures d'usines, qu'elles travaillent dans les services publics ou privés (maisons de retraite, hôpitaux, écoles, commerce, nettoyage), toutes se sont mobilisées pour dénoncer leurs conditions de travail, de salaire et d'emploi ou la réforme des retraites.
    Ici, chercheuses et militantes reviennent sur ces luttes et interrogent les effets des politiques d'égalité professionnelle, les enjeux genrés de l'espace numérique ou encore les conséquences professionnelles des violences conjugales.
    Interrompues par la crise sanitaire et le confinement, les mobilisations n'ont pas pour autant quitté le terrain médiatique. Au contraire, ce fut l'occasion inattendue de rendre visibles la présence des femmes dans les métiers essentiels, la pénibilité et le manque de valorisation de leurs emplois.

  • Véronique De Rudder traite de la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Elle passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent.
    Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité, voire de revendications identitaires, dans un contexte peu favorable à leur insertion.
    Comme le rappelle Étienne Balibar dans sa postface, l'ensemble des travaux de Véronique De Rudder, menés avec une grande exigence théorique, est marqué par son engagement civique.
    Elle nous livre ici une analyse critique du républicanisme français dans son rapport à l'universalisme. Force est de constater que cet universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, mis en oeuvre par toute une législation et par pratiquement toutes les tendances politiques et enseigné dans les écoles, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire à l'occasion codifiées.
    En dépit des déclarations d'intention, ce système est aujourd'hui en voie d'expansion plutôt que de correction. Les victimes sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies françaises et leurs descendants, citoyens français de plein droit et pourtant de seconde zone, constamment renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité.

  • Cet ouvrage se veut une analyse critique du discours néo- libéral: du discours qui accompagne et justifie les politiques néolibérales mises en oeuvre par la quasi-totalité des gou- vernements de la planète, tout particulièrement en Europe, depuis plus de trente ans maintenant.
    Cette analyse part de l'idée que ce discours constitue une variante de ce que George Orwell a nommé, dans son célè- bre roman 1984, la novlangue: une perversion du langage propre aux entreprises totalitaires par laquelle celui-ci en vient à rendre impossible de penser le monde autrement que de la manière dont les maîtres du monde entendent qu'il soit pensé.
    L'ouvrage passe ainsi en revue un certain nombre de ter- mes clés de ce discours pour montrer qu'il constitue soit un mot-valise qui passe son contraire en contrebande, soit un mot écran qui fait obstacle à l'usage de son contraire, soit même les deux à la fois.
    Cette nouvelle édition de La novlangue néolibérale tient compte du renouvellement du discours néolibéral, notam- ment depuis la crise financière de 2007-2009, qui en a ébran- lélecréditunmoment,sanscependantl'empêcherderetrou- ver finalement sa position prédominante; d'où la nécessité de s'interroger sur les raisons de son étonnante résilience.
    Cet ouvrage prolonge et complète une série d'ouvrages antérieurs destinés à mettre en évidence combien les poli- tiques néolibérales ont contribué à aggraver les inégalités sociales: Déchiffrer les inégalités (Syros, 1999), Hommes/ femmes: quelle égalité? (Editions de l'Atelier, 2002), Le systè- me des inégalités (La Découverte, 2008), Dictionnaire des inégalités (Armand Colin, 2014), tous en collaboration avec Roland Pfefferkorn.

  • L'explosion de l'usine AZF à Toulouse, le 21 sep- tembre 2001, a été l'accident industriel le plus drama- tique depuis l'après-guerre en France, faisant 31 morts et plus de 22000 blessés.
    Ce livre a été écrit à la suite du jugement du 31 oc- tobre 2017 de la cour d'appel de Paris qui a condamné l'entreprise et son directeur pour manquements à leurs obligations de sécurité, après seize ans de procédures et de manoeuvres. Il revient sur les causes de l'explosion, expose la complète responsabilité de l'industriel et té- moigne du long combat des victimes pour que cette responsabilité soit reconnue.
    Quatorze acteurs de ce combat - militants asso- ciatifs, syndicalistes, avocats, représentants du person- nel, chercheurs et experts en santé et sécurité au tra- vail - prennent ici la parole. Ils donnent à voir toutes les facettes de la stratégie du groupe Total pour masquer ce qu'il savait, échapper aux sanctions et continuer à faire primer ses intérêts économiques sur les impératifs de sécurité. Ils mettent également en lumière le laisser-faire injustifiable des institutions publiques envers cette mul- tinationale.

  • La sociologie étatsunienne n'existe pas au singulier.
    Deux grands savoirs s'y côtoient. Le plus ancien est anglo-saxon. Né peu après la Guerre civile, il détiendra une position hégémonique jusqu'à la révolution culturelle de la décennie 1960. L'autre savoir éclôt à la fin du XIXe siècle. Édifié par des Noirs, il prend appui sur des prémisses idéologiques fort différentes de celles qui inspirent la mainstream sociology anglo-saxonne. Le présent essai reconstitue cette fascinante aventure de l'esprit critique selon une méthode qui croise les apports de l'histoire des idées, de la sociologie de la connaissance et de l'épistémologie.
    Il dévoile les mécanismes de marginalisation les plus criants auxquels ont dû s'attaquer les premiers sociologues de couleur pour tenter d'accéder à l'autonomie scientifique, notamment William E.B. Du Bois, Edward Franklin Frazier, Charles Spurgeon Johnson, Horace Roscoe Cayton, J.G. St.Clair Drake et Oliver Cromwell Cox. L'ouvrage montre que ces intellectuels ont été scientifiquement inventifs et provocants dans un contexte sociohistorique qui a beaucoup fait pour réduire leur héritage spécifique - leur génome culturel - à de l'insignifiance voire à de la nullité totale par comparaison au patrimoine blanc.

  • Alors que la situation sociale ne cesse d'empirer, la Guadeloupe va marquer l'Histoire en déclenchant, le 20 janvier 2009, ce qui allait devenir la plus longue grève générale que la France ait jamais connue. Une grève qui fera date pour avoir réussi un coup de maître : rassembler toutes les forces progressistes de l'archipel (associations, syndicats, partis de gauche et indépendantistes) au sein d'un collectif, le LKP. Tout en faisant le récit de ces événements, en les replaçant dans leur contexte historique et en dressant le portrait de ses principaux protagonistes, les auteurs n'éludent aucune question : le LKP est-il un mouvement identitaire ou un mouvement social ? Quel est son rapport à la question de l'indépendance de la Guadeloupe ? La lumière sur le meurtre du syndicaliste Jacques Bino a-t-elle vraiment été faite, comme le prétend la version officielle, et que cache cette sombre affaire ? Un livre pour comprendre un mouvement qui n'a pas fini de faire parler de lui.

  • Mars 1984. Contre un projet annoncé de fermetures de 20 puits de mines et de 20 000 suppressions d'emplois, 140 000 mineurs britanniques commencent une grève qui durera un an. Entre le 8 mars 1984 et le 3 mars 1985, plus de 11 000 mineurs furent arrêtés, 5 653 poursuivis en justice, 200 furent emprisonnés et près d'un millier licenciés.
    Derrière les motifs économiques avancés, la stratégie gouvernementale visait à infliger une défaite terminale à la composante le plus combative du mouvement ouvrier, le syndicat national des mineurs.
    Cette expérience, emblématique de la désindustrialisation des années 1980, fut largement constitutive de ce que l'on a appelé le thatchérisme. Au-delà des frontières britanniques, l'épisode illustra la détermination et l'ampleur que devait prendre le programme planétaire de restauration du pouvoir capitalisteonnu sous le nom de « néolibéralisme ».
    Cet ouvrage propose de revenir à la fois sur quelquesunes des dimensions de l'épisode lui-même, et sur certains aspects de son rayonnement obscur contemporain.
    La grève - ses occasions manquées, les défections du monde syndical, mais aussi les solidarités nouvelles qui s'y inventèrent, puis sa défaite - signala une rupture dans le modèle des relations du travail d'après-guerre, dans la culture ouvrière et syndicale et dans la société britannique toute entière.
    Le conflit fut donc aussi moment inaugural d'un ensemble de basculements, notamment pour le syndicalisme de masse et son « pouvoir » quasi proverbial dont le déclin numérique s'observe jusqu'à nos jours.
    Le livre s'appuie pour une part sur les archives du Premier ministre britannique de l'époque, Margaret Thatcher, déclassifiées en janvier 2014 : on y lit le discours et de la classe dominante pour disqualifier économiquement, socialement et culturellement les mineurs, leurs familles et leur communauté, « criminels », « ennemis de l'intérieur »...

    Relevons également la conséquence inattendue de cette grève que souligne une des contributions : le réveil de la question nationale galloise. Enfin, au chapitre de la mémoire, on remarquera la surprenante initiative du metteur en scène Jeremy Deller, qui dix années après les faits, a souhaité reconstituer sous forme de spectacle vivant l'affrontement sanglant le 18 juin 1984 à Orgreave entre déploiement militaire des forces de police et mineurs.
    L'ouvrage propose également un cahier photos saisissant et l'interview de Nigel Dickinson, photographe aux côtés des mineurs pendant la grève.

  • « Qui aurait pu imaginer que nous tiendrions si longtemps ? Une ténacité pareille face à ces faiseurs de misère ? Sommes-nous des héros de BD ? Astérix et Obélix ? Non ! Nous ne sommes que des personnes ordinaires prises dans un rude combat pour la justice. » Tel est le témoignage de l'une des dizaines de personnes qui ont pris le stylo pour se livrer, partager leur combat et les moments forts de la vie sur les rondspoints, laisser une trace dans l'histoire.
    Pas de leçons de morale, pas d'héroïsme, simplement la vie de centaines d'anonymes qui n'auraient jamais pensé auparavant faire la une mais qui ont trouvé la force et le courage de se rebeller d'abord, et de tenir, ensuite, contre vents et marées.
    Car le rond-point de Saint-Avold, qui est le héros de ce récit, a tenu plus d'un an et demi et, bien que la dernière cabane ait été démantelée le 27 mai 2020, beaucoup de Gilets jaunes y croient encore et continuentla lutte.
    Ce livre est exceptionnel car il est écrit à une centaine de mains, fait de bouts de papier et de souvenirs rassemblés ici ou là. Les écrivains en herbe sont anonymes ou cités par leurs prénoms.
    Dans l'esprit Gilet jaune, personne ne se met en avant, c'est le « nous » qui parle. Des points forts comme des points faibles, des défauts comme des qualités.
    Avec un langage accessible à tou·tes, résonnant immédiatement avec l'expérience de tout·e un chacun·e.
    Malgré le très grand nombre d'auteurs et d'autrices, le récit se lit d'une traite, comme un roman dont on voudrait suivre chacun des épisodes et connaître la fin.
    Même si l'on sait, dès le début, que ça ne se termine pas par la révolution, on vit les espoirs et déconvenues des un·es et des autres, on sympathise, on apprend et on comprend. On rigole aussi parfois. Et on se met à imaginer : et si...
    Il y a un message politique fort dans cet ouvrage, mais le·la lecteur·trice reste libre d'en tirer ses propres conclusions.
    Le sens politique de ce mouvement, avec ses exigences, reste une interrogation. Écrit ensemble par les acteurs et les actrices mêmes de ce mouvement, ce livre est une analyse de la société d'aujourd'hui.
    Les nombreuses photographies, qui ponctuent le livre, donnent un visage au récit des femmes et des hommes du rond-point de Saint-Avold.
    Une chose est sûre : l'humanité est l'encre de ce récit, celle qui devrait nous guider pour penser le monde.

  • Chausson ! Un siècle d'industrie automobile.
    Un siècle de luttes et d'engagements ouvriers pour conquérir des droits et faire reconnaître la dignité des travailleurs. Les " Chausson " sont souvent aux avant-postes, inventant de nouvelles formes de lutte, dépassant les clivages syndicaux pour privilégier l'unité des travailleurs et des organisations, gagnant de nouveaux droits. Les " bagnards de l'automobile " se sont faits constructeurs de dignité et d'avenir ! Ils sont présents dans la Résistance, la guerre d'Algérie, les rapports Est-Ouest, les défis de l'immigration, etc.
    Leur histoire, c'est celle de leur usine. C'est celle des cités ouvrières de Gennevilliers. C'est celle de travailleurs venant des quatre coins de France mais aussi d'Italie, d'Espagne, du Maghreb et d'Afrique noire. À l'initiative du Comité d'entreprise, des salariés ont formé un groupe de travail composé de Bernard Massèra (électromécanicien), Paul Deruelle (outilleur), Mohand Bellili (électromécanicien), Gérard Fourneyron (outilleur puis électricien), Alain Martinez (tôlier puis agent de méthode), Issaka Koné (soudeur puis tôlier sur chaîne).
    François Ochando (régleur puis électromécanicien), Gérard Vidal (agent technique puis technicien vidéo), Pierre Avot-Meyers (ouvrier sur chaîne puis correcteur typographe) et Daniel Grason (tourneur puis journaliste-photographe), tous militants à la CFDT ou à la CGT et, pour l'un d'entre eux aujourd'hui, à SUD. Quarante-quatre " Chausson " témoignent. Cette mémoire ouvrière ne laissera personne insensible.
    Chacun raconte. Chacun se souvient.

  • Rares sont les romans, même de science-fiction, fondés sur l'invraisemblance. Il en est de même avec les enquêtes en sciences sociales. Il existe néanmoins des vraisemblances négligées. Les résistances au travail en font partie. Le management contemporain a beau exalter l'individu, il exige encore et toujours une subordination à sa logique. Il n'est pas aisé d'y échapper. Pourtant, aujourd'hui comme hier, la subjectivité rebelle se fraie un chemin. La logique de valorisation a supplanté le despotisme de la fabrique. Mais peu de salariés sont dupes. On peut céder sans consentir, et faire le minimum tout en respectant les apparences. Les résistances au travail se situent dans les interstices de la domination. Elles reconstruisent des espaces d'autonomie qui échappent en partie à la domination. Elles anticipent et nourrissent l'action collective. Ce livre expose et analyse ces pratiques non conformes qui ressurgissent toujours. La relation salariale est ainsi faite : n'en déplaise à ceux qui pensent avoir gagné la partie grâce à la précarisation et au chômage ; n'en déplaise aussi à ceux qui, par leurs analyses compassionnelles sur la souffrance au travail, négligent les capacités de résistance des collectifs.

  • Le 15 avril 2001, l'entreprise papetière JOB ferme définitivement ses portes.
    Ses salariés font l'expérience de la logique économique néolibérale doublée de malversations de la part de leurs employeurs. C'est en 1995 que l'entreprise aurait dû fermer, que ses salariés auraient dû être dispersés, exposés au chômage, à la précarité ou plus ou moins reconvertis. Tel n'a pas été le cas: si l'entreprise a bien fermé, ses salariés ont réussi à arracher, au terme d'une longue lutte, un plan social de haut niveau et une garantie d'accompagnement des licenciés jusqu'à l'obtention d'un emploi stable.
    Regroupés dans l'association Après-JOB et dans leur syndicat CGT, ils se sont parallèlement engagés dans d'autres actions: travail de mémoire, dépôt d'une demande de classement du bâtiment principal de l'usine, coopération avec les associations de quartier pour que le réaménagement du site de l'usine préserve la trace de leur activité industrieuse et intègre les aspirations des habitants. Brisant la routine sociale, les " Jobs " ont su mobiliser et fédérer les soutiens les plus divers : collectivités locales, personnalités politiques et artistiques.
    Acteurs médiatiques, associatifs et universitaires. Loin de l'image d'une classe ouvrière accablée, impuissante et moribonde, on a là, le côté jubilatoire de salariés irréductibles, débordants d'énergie combative. S'agissant de restituer une réalité complexe, cet ouvrage s'attache à appliquer à cette " histoire vraie " les règles de la narration romanesque afin de tenter de serrer de plus près la situation dans laquelle étaient plongés les acteurs mais également de rendre compte de la charge émotionnelle de leurs expériences.
    Ce livre est constitué de trois pôles indissociables: un roman intitulé " Un Job pour la vie ", constellé de témoignages; une analyse sociologique des ressorts et des formes de la lutte des salariés de JOB; des annexes qui ne sont autres que la matière constitutive à la fois du roman et de l'analyse. L'ensemble permet ainsi d'inscrire la lutte des salariés de JOB dans l'histoire sociale et industrielle d'un monde en constante mutation.

  • Dans les entreprises, la santé au travail est devenue un sujet de débat, d'inquiétude pour les salariés, de responsabilité pour les employeurs. C'est au sein des CHSCT que cette question est prise en charge. Ils sont pourtant une des instances de représentation des salarié(e)s les plus méconnues dont le cadre légal est fixé par de nombreux textes législatifs. C'est l'objet de ce livre de faire une présentation des CHSCT et de leurs actions.
    Combien d'accidents sont évités là où ils imposent le respect des normes de sécurité ! Sans oublier les efforts innombrables pour faire reconnaître les " maladies professionnelles" et faire interdire les produits nocifs. Toutefois, le bon fonctionnement des CHSCT ne saurait suffire pour imposer le respect de la santé au travail. Le parti pris des auteurs est d'aborder cette question à partir de leur expérience de syndicalistes au sein des CHSCT.
    L'ouvrage s'appuie sur des expériences concrètes vécues et analysées, dans l'entreprise ou au niveau du territoire, parfois de l'Europe, qui transgressent le fonctionnement institutionnel. L'aptitude syndicale à organiser le rapport de forces devient déterminante pour leur efficacité. Comment la pénibilité peut être prise en compte pour la retraite ? Comment lier la santé au travail à la lutte pour l'écologie ? Comment prendre en compte la santé des femmes pas seulement sous l'angle des capacités de reproduction ? Comment répondre à l'éclatement du travail par la soustraitance ? Ce sont toutes ces pistes que ce livre explore.

  • Analyse mois par mois de l'actualité sociale en 2010 : l'évolution des politiques publiques et des pratiques des entreprises, les mouvements sociaux, les acteurs de la contestation, etc.

  • Les voitures encombrent les villes et les routes, tandis que des groupes industriels de stature mondiale s'affrontent pour préserver ou accroître leurs parts de marché.
    La Valse des écrous présente les conditions réelles de cette concurrence au sein du secteur de l'automobile, depuis longtemps un laboratoire d'innovations managériales et technologiques et qui garde une place de première importance dans les statistiques économiques. L'auteur envisage les liens entre les transformations du travail, l'accumulation du capital et t'action collective. Il réexamine les réalités contemporaines à partir des modèles d'analyse de l'industrie automobile et passe en revue les débats sur la Jean production et les "modèles productifs".
    Il analyse la rationalisation productive et notamment la manière dont se mettent en place l'automatisation, le travail en groupe (teamwork), les organisations du temps de travail et la flexibilité. Autant de "nouveautés" sont le signe de fortes contradictions que la permanence d'oppositions et de résistances, latentes ou ouvertes, met en lumière. Malgré un rapport de forces défavorable aux collectifs de travail, l'action collective des ouvriers de l'automobile continue à agir et à peser sur les décisions du management.
    Parmi les enquêtes et les études de terrain qu'il a menées durant une dizaine d'années, Stephen Bouquin s'est plus particulièrement attaché à présenter les enjeux des transformations du travail chez Renault Véhicules Industriels, dans la banlieue de Caen, et chez Volkswagen, en Belgique.

  • La prison n'est pas une île coupée du monde. Loin de l'exotisme carcéral qui consiste à aborder l'univers pénitentiaire en le déconnectant de son contexte, ce livre propose une inversion des regards. Au-delà des tableaux saisissants, régulièrement rapportés d'excursions au-dedans des enceintes pénitentiaires, il s'agit de reconnaître que la prison n'est qu'une excroissance de la société, sa reproduction exacerbée. Dans cette perspective, le prisme du travail pénal est particulièrement intéressant pour explorer les finalités de cette institution, les " usages " que les personnes incarcérées font des " offres " d'activités intra-muros, le sens de la peine et du " traitement pénitentiaire ". On sait que l'empêchement de l'activité est fondamentalement privation du pouvoir de l'action. Etre privé de métier, c'est être cantonné à des " occupations ", être amputé des conditions nécessaires à la fois à la construction de soi et à la construction du vivre ensemble. En ce sens, la prison constitue bien un véritable observatoire de questions communes à toute société comme à tout individu. E l'étude du travail en prison éclaire les fonctions du travail dans le monde libre comme elle impose aussi de repérer comment les caractéristiques contemporaines du " monde du travail " se déploient dans l'enceinte de la prison. La restauration du travail, de ses fonctions économique, sociale, psychologique a une portée générale susceptible de transformer à la fois le " travailleur " et le système dans lequel il vit, dedans, comme dehors. C'est bien dans cette perspective que se situe l'ensemble des contributions de cet ouvrage collectif, au-delà de la diversité et de la complémentarité des expériences de chacun des quatre auteurs.

  • Tout en restant codés en référence au pouvoir des hommes, les nouveaux critères de la compétence professionnelle transforment la représentation d'un " machisme " dorénavant moins physique mais toujours symboliquement dominant.
    Aujourd'hui, il ne s'agit plus d'afficher son " savoir-faire " mélange de qualification techniques et de force physique, mais de prouver son " faire-valoir " mélange de compétences multiples et de forces virtuelles. Dès lors, les nombreuses investigations empiriques menées en entreprises par l'auteur, montrent que de plus en plus d'hommes ne sont plus considérés comme suffisamment " virils " (responsables, autonomes, organisés, rentables, etc.) pour se voir attribuer une des quelques fonctions valorisées dans une société encore largement imprégnée par la sacralisation du travail des hommes.
    La situation masculine d'impasse psychique est alors évidente. Elle laisse peut-être pressentir la conséquence inattendue d'une domination masculine qui peut finalement s'avérer être à " double tranchant " lorsque la transformation du monde professionnel conduit, avec la complicité fortuite des femmes, à la castration sociale.

  • La mort du syndicalisme, annoncée à grand bruit au tournant des années 1990, n'a pas eu lieu.
    Insensiblement, "la crise" quitte les couvertures des ouvrages et déserte la rhétorique médiatique, le " manque de perspectives " s'efface de l'horizon des militants, les mots d'ordre retrouvent grâce aux yeux des commentateurs. En l'espace de quelques années, pourtant, le contexte de l'action syndicale a radicalement changé. Comment les organisations de salariés assument-elles, aujourd'hui, leurs missions fondatrices? Qui représentent-elles, à l'heure où la notion de " classe ouvrière " apparaît de moins en moins pertinente pour désigner la force sociale capable de jouer un rôle moteur dans les changements? Dans quelle mesure et de quelle manière participent-elles encore à un mouvement plus général de transformation sociale? L'éclairage proposé ici s'appuie sur une enquête longue, réalisée dans les entreprises d'un bassin industriel de la région parisienne.
    Les logiques d'action y sont saisies dans leur dynamique historique et sociale, au travers d'un matériau constitué de plus d'une centaine d'entretiens, de nombreuses notes de reportage, d'observation et d'une abondante documentation.

  • Alcatel, Illkirch, Alsace.
    Une usine "restructure". Une de plus. Des salariés sont mis à la porte! Banal! Pourtant, cette entreprise-là n'est pas "obsolète", "périmée" ou dépassée. Elle est même high-tech. Le P-DG du groupe Alcatel rêve parfois éveillé d'un monde fait d'usines sans travailleurs, sans salaires, sans grèves... Non seulement les citrons se laisseraient presser sans rien dire et leur peau jetée à la moindre occasion, mais il n'y aurait plus de citron.
    Leur jus, la plus-value, tomberait du ciel! Mais il faut tout de même payer les salaires... Remerciés, les travailleurs ne veulent pas se taire. Ils ont mal à la mémoire et un coeur gros comme ça. Ils racontent, ils parlent, ils témoignent. De leurs savoir-faire. de leurs compétences bradées, de leurs vies de travailleurs high-tech, de leurs existences brisées, de leurs luttes collectives pour défendre leurs emplois, de leurs vies organisées autour de cette grande entreprise.
    Pourtant, ce livre se refuse à n'être qu'une somme de témoignages. Ce n'est pas non plus un essai et pas plus une oeuvre de fiction, car tous les propos qui y sont rapportés ont été effectivement prononcés. Nous sommes ici dans la vie réelle, ce qui donne un livre qui ne cesse de serpenter entre objectivité et subjectivité. L'auteur interroge, scrute et accouche la parole des hommes et des femmes d'Alcatel.

  • - Marseille propre ?
    - Conflits et grèves pour un service public de la propreté - Sabiani, Deferre, Guérini, Gaudin et les autres : continuité et rupture du clientélisme - Marchés truqués et privatisation La gestion des déchets est un enjeu majeur du développement durable. Force est de constater que les élus de Marseille, ville qui a longtemps peiné à mettre en place un service public de la propreté, ont accumulé les mauvais choix : privatisation, solutions techniques contestables, gestion des relations sociales d'un autre âge.
    Ce livre retrace la longue et rude histoire du service public de la propreté urbaine à Marseille.
    Revenant sur les conflits sociaux qui ont jalonné sa mise en place au cours de l'histoire de la ville, il les replace dans le contexte des évolutions techniques, professionnelles et économiques de la filière.
    Sur fond de bataille pour la propreté urbaine, les auteurs nous dressent surtout le tableau des politiques des équipes municipales successives, de droite comme de gauche, incapables de mobiliser les compétences des agents et leur sens du service public pour trouver des solutions, cherchant à réduire le coût de la collecte des ordures ménagères en accroissant l'intensité du travail et s'appuyant sur un système de cogestion clientéliste des relations professionnelles avec le syndicat Force ouvrière qui a longtemps dû sa légitimité à ses fonctions de contre-feux à l'égard de la CGT [...], ainsi qu'à son rôle de courroie de transmission entre les élus et le personnel dans les services publics locaux. » Opaque, indéchiffrable, parfois qualifié de « mafieux », il s'agit d'un système prédateur qui empêche de mobiliser le sens du bien commun des salariés comme des habitants, car « il y a un lien fort, entre le succès d'une politique de propreté et le sentiment d'appartenance citoyenne ».

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