Sulliver

  • Nous sommes en 2017. La « « littérature de consommation » envahit l'espace et le temps médiatiques. Amoindrissement du sens critique et appauvrissement de la sensibilité produisent la langue stéréotypée dont le Grand Consensus qui nous gouverne a besoin pour prospérer à marche forcée.
    Pourtant, derrière cette parole soumise, une autre langue persiste en nous, elle attend son heure, et parfois affleure : une émeute émotionnelle alors bouscule le langage, y ouvre des chemins inexplorés, agrandit nos territoires sensoriels, émotionnels, intellectuels. Elle est poésie, au sens le plus authentique, s'étonne d'elle-même et fermente en son lecteur.
    Deux aspirations contraires et complémentaires sont ainsi tour à tour à l'oeuvre dans ce livre :
    - aspiration à la rupture avec la dictature du vacarme organisé ;
    - aspiration à la réconciliation avec notre part la plus sensible et la plus créative.
    Ce texte peut aussi être lu comme un manifeste en faveur de la littérature telle que l'auteur la conçoit, celle qu'il défend comme éditeur à travers la collection Littératures actuelles. Cette collection qui s'est fixé comme objectif, contre toute raison, de ressusciter l'albatros.

  • Quasi amnésique, Ambre vit dans un foyer où la visitent des hommes de passage. Elle a perdu le fil de sa vie.
    En quête d'elle-même et de sa dignité bafouée, c'est pour elle une évidence : elle s'envolera pour le territoire le plus chargé en mémoire et le plus souffrant du globe, la Palestine.
    Un périple à travers les ruines de son passé (sa mère décédée à sa naissance ; son père abusif qu'elle ne peut s'empêcher d'aimer...). Et par ce voyage elle découvrira un peu de cette terre où s'affrontent depuis si longtemps « les infidèles et les mécréants ». Ainsi, réapprenant à se connaître, apprend-elle en parallèle le monde où il lui faudra exister.
    Parcours de vie, mais surtout parcours de vie intérieure, tant cette héroïne toute de fragilité et de résilience illustre avec justesse la quête aveugle mais déterminée à laquelle est vouée chaque conscience.

    Si la dépossession de l'héroïne évoque parfois celle de L'Étranger d'Albert Camus ; si la narration se rapproche parfois du conte, épousant alors le ton du Petit Prince de Saint-Exupéry ; le jeune auteur de ce roman d'une remarquable maturité littéraire se réclame d'abord de la spiritualité engagée d'un Hermann Hesse.

  • « Les textes composant Étymologie d'une dictature sont parus par épisodes de 2003 à 2004 dans le mensuel tunisien Kalima, censuré par la dictature de Ben Ali. La Tunisie n'était certes pas la pire dictature de la planète : on y tuait sans doute moins qu'en certains pays d'Afrique ou d'Asie. C'est néanmoins un des pays au monde où la parole publique s'est le plus écartée de la réalité. Démocratie de mots, dictature de fait. Richesse sur papier, pauvreté du peuple. Émancipation des femmes, viol des opposantes. Autant de fables malmenées par les faits. D'où que j'ai choisi les mots du romanesque, de la littérature, pour rendre compte de la fiction d'une démocratie benalienne ».

    La censure, le double langage, la dissidence, la rumeur, l'aveu. ou encore le silence : Marc Jaffeux répertorie et décrypte, mais surtout illustre par des scènes éminemment parlantes les différents modes d'expression sous un régime totalitaire. À travers son approche multiple, tout à la fois sensible, caustique, burlesque, son intense implication, la précision frondeuse de sa langue et sa coloration à dessein pseudo-scientifique, ce texte résistant trace le portrait d'une dictature grossièrement grimée en démocratie où bien d'autres régimes actuels pourraient peu ou prou se reconnaître.

    Marc Jaffeux a collaboré en tant que « fictographe » au mensuel tunisien Kalima. Il a aussi écrit des fictions radiophoniques (France Culture, Radio suisse romande), des pièces de théâtre mises en espace au Festival d'Alfortville, au Théâtre 13, au Théâtre Essaïon, au Théâtre de la Digue à Toulouse, ainsi qu'une vingtaine de livrets pour la musique contemporaine (IRCAM, Orchestre Philarmonique de Radio France, Groupe de Recherche Musicale de l'INA). Il co-traduit du danois la poésie de Marianne Larsen. Son écriture est souvent plurielle, disputée par plusieurs voix, comme traversée par cette question : Qui écrit ?

  • À travers un récit imaginatif et lyrique, Anne Vernet décrit la mutation d'une civilisation humaine qui aurait choisi la voie de la division. Nous sommes en 2091 : la caste dominante jouit des "libertés ouvertes", la masse de la population étant assujettie aux "libertés fermées". Après un cataclysme écologique et deux guerres révolutionnaires avortées, la mondialisation est enfin achevée, les règles clairement affichées : "Toute communauté se partage entre l'élite et la multitude. La première se compose des créateurs de richesses et gens éclairés, la seconde de la masse du peuple".
    Quand on sait que ce texte de Hamilton a effectivement servi. au XVIIIe siècle, à jeter les bases des États-Unis d'Amérique, on mesure combien le monde inventé par Anne Vernet plonge ses racines dans le nôtre, dont-il constitue une satire décapante.
    Anne Vernet nous entraîne dans le tourbillon de l'espace-temps : son héros, qui vit en 2168, est un historien en quête de vérité qui reconstitue par fragments le monde de 2091 qui s'est brutalement effondré. Une vérité du passé qui pourrait inverser l'évolution du déclin de la civilisation.

  • Là-bas, aux antipodes, certaines personnes handicapées habitent en colocation de quatre ou cinq des maisons dispersées en ville, où des assistants se relaient pour les aider à appréhender la vie quotidienne.
    À Dunedin, Nouvelle-Zélande, nous partageons avec le narrateur - un Français - les jours et les nuits de Melville Street et de ses habitants: Tommy-dans-son-fauteuil et Tommy-debout, Chesley, Jon, Carolyn. Au rythme des rites journaliers et des péripéties déconcertantes, aux frontières de « normalité » et d'« anormalité », des vies se croisent, se chevauchent ou se heurtent, et tentent de s'accommoder de l'hypocrisie persistante de la société.
    Un humour tendre, ou plus corrosif, imprègne ce peu commun journal de bord de son parfum doux-amer. Et le cheminement du narrateur, qui découvre la complexité - et parfois la violence - de ses propres réactions, nous aide à décrypter le regard que nous portons sur la différence.

  • " Plus l'autre vous jette plus vous vous agrippez. Plus vous hait plus l'aimez. Et la force se multiplie par deux: l'autre dans la rage vous dans l'adoration. Elle vous tue tous les jours mais vous ne mourez pas. Et vous lui pardonnez. Elle est votre mère tout au monde et plus. Vous craignez le reste. Le monde vous fait peur. Mais je vous expliquerai une autre fois. " Une relation perverse mère-fille qui se nourrit de mal-être et aboutit à la destruction. Rozenn Guilcher, par la justesse de sa voix en équilibre sur le fil de la langue, en rend tout le tragique et toute l'ambiguïté, amour et haine mêlés, lutte incessante entre fatalité de la déchéance et aspiration à la délivrance. Un livre au bord de la folie.

  • Cet homme qui se transforme en produit d'entretien pour se rendre utile. Cette ville de verre qui ne cesse de grandir en mangeant ses habitants. Ce vieillard croisé dans le désert qui est peut-être Le Petit Prince de Saint-Exupéry 70 ans plus tard. Ce gros dormeur qui tombe amoureux du rocher où il fait sa sieste. À travers la cocasserie de situations improbables, ce livre brosse une galerie de portraits de personnages décalés, des hommes et des femmes égarés dans une condition humaine dont ils semblent avoir perdu le mode d'emploi.
    Une tonique causticité ; un humour au scalpel ; une satire sociale à la fois décapante et désopilante. et une invariable pointe de tendresse : avec ses Farfulettes, Marie-Hortense Lacroix nous a concocté une savoureuse recette pour croquer joyeusement le cynisme contemporain.

  • Des « éclats de vies ». Présentés dans l'ordre chronologique, tous se déroulent au Viêt Nam, de 1926 à nos jours. Un siècle de servitude est ainsi évalué à l'aune des destins individuels que la colonisation et les guerres ont brisés, ou sur lesquels elles continuent dramatiquement d'influer.
    Pourtant, sous le poids de l'Histoire, la corde personnelle ne rompt pas. Et, au-delà même des situations et des personnages qui illustrent cette inaliénable résistance, le mérite principal de ces textes et de la langue qui les porte est peut-être de parvenir à nous pénétrer de la musique aux accents si particuliers que délivre l'âme persistante d'un peuple.
    Pépites intenses, avivées par l'intérêt que, depuis des décennies, l'auteur porte au Viêt Nam, à ses habitants et à leur culture, ces treize nouvelles scellent dans nos esprits des représentations indélébiles.

  • 2009. Le jeune homme est à bout. «Trop. J'avais envie de crier, de hurler tout ce que je pensais d'eux, leurs arrangements et leur mocheté, [.] j'avais envie d'écrabouiller leurs visages sur la longue table ovale. » Il fuit. Retour aux sources, loin du travail cravaté, de l'avenir formaté : les copains d'antan. L'océan pour sa beauté. Et pour survivre, des chantiers de bricole.
    Le temps passant, l'âge venant, sur quoi va déboucher l'accès de révolte de la jeunesse ? Suivent les années 2024, 2039, 2064 : trois instantanés de vie, dans un Sud-Ouest où tout vire au cauchemar. Relégués dans des mobil-homes près de l'océan, nos antihéros vivent des miettes d'une radieuse «Seacity » pour résidents aisés. Mais l'écart ne cesse de se creuser entre un monde voué au culte du paraître et du profit et ceux qui refusent de couler leurs vies dans le moule de cette idolâtrie. D'autres horizons s'ouvriront-ils pour celui qui ne veut pas renoncer à s'indigner ?
    Prenant à contre-pied le roman d'anticipation qui nous chante d'hypothétiques lendemains, Violaine Ripoll rajoute avec une lucidité joyeusement désespérée de l'aujourd'hui à notre aujourd'hui et dessine ainsi non sans ironie un demain ordinaire glaçant de vraisemblance.

  • De balcon à fenêtre, une aérienne relation amoureuse se noue au-dessus d'une rue du XVe arrondissement de Paris. Deux voisins, à travers la découverte de leurs sentiments naissants, cheminent en douceur vers leur part essentielle.

    Évacuées les pesanteurs et les angoisses que génèrent les attentes de la société (études, métier, mariage, famille...), le lieu et le lien amoureux s'allient en un immatériel mais irréductible foyer de résistance au monde et à son esprit de sérieux.

    La fantaisie ouvre ici la voie à la liberté, et la poésie s'immisce par effraction naturelle dans la langue, car elle seule est habilitée à traduire les effets de l'amour en germe sur les psychismes (et sur les organismes !) de ces deux héros ordinaires.

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  • "Adélie n'a jamais commencé.
    Elle na jamais su qu'elle était née. Naître ne sit pas pour commencer " Adélie est autiste. Autiste: le mot seul suffit à symboliser l'isolement. Mais ici, par la grâce d'une écriture clairvoyante, l'univers d'Adélie nous devient accessible et cette réalité autre révèle souvent l'irréalité de la nôtre. Tandis qu'en parallèle, par petites touches, mais implacablement, le père baissant les bras, la mère s'enfonçant dans la culpabilité, nous découvrons une famille minée par la pression sociale qu'engendre "la différence Seul Daniel, le frère d'Adélie, surnage et l'aide à survivre, raccroché à l'espoir que pourront un jour se rejoindre les deux pans d'un inonde brisé.

  • Le conflit intérieur d'une descendante d'esclave : la Pensée médite tout haut, lorsque la Voix vient l'interrompre. Leur discours est contraire : la Pensée voudrait parler de Bònanman, son aïeule, et de l'inhumanité de sa vie d'esclave. Mais la Voix veut étouffer jusqu'à l'idée même de sa négritude, et le justifie en invoquant la modernité et l'ouverture d'esprit.
    S'engage entre elles un échange souvent virulent. Tout les oppose, lorsqu'un troisième personnage vient troubler leur discussion ; une personne étrange, qui psalmodie poésie et proverbes, et se parle à elle-même. Qui est-elle et que veut-elle?
    À chaque page, dans chaque réplique, ce livre salubre s'attaque de front à ce mot qui depuis des siècles sédimente dans les consciences, en couches successives de non-dit : " esclavage ".

  • Un Français rencontre à Paris une plantureuse femme noire américaine et se prend pour elle d'un violent désir. Celle-ci, Ninehanka Lokas, en réalité une black Indian séminole de Floride, l'emmène chez elle aux Everglades, lui fait connaître sa famille et découvrir ses marais, tout en lui narrant dans une langue aussi foisonnante que sa chair l'épopée de ses ancêtres, seule tribu invaincue des guerres indiennes. "On peut bien sauter regarde, tout un océan et redécouvrir ma Floride. Pareil on peut imaginer que la fusion a pas merdé, Cherokees-Nègres et toute la clique. T'aurais dans les quarante millions de métis. " L'ébattement des corps s'invite souvent dans le récit, montrant que si l'amour peut être fusionnel, l'écriture peut l'être aussi. Chaque page ici nous le confirme, tant se marient intimement, dans l'invention verbale la plus maîtrisée, la démesure de "Nine " et celle de l'histoire de son peuple, ou encore les états d'âme méandreux de son compagnon et les entrelacs de la géographie qu'il découvre. Une telle empathie entre l'écriture et son objet nourrit le charme entêtant de cette " symphonie-western ".

  • Une jeune femme fantasme sur un homme entrevu dans un bar. Le désir devient bientôt obsessionnel, et s'étend à tous les hommes...
    Se pensant « possédée », la narratrice ne cesse d'imaginer, à partir de situations de la vie ordinaire, les scènes les plus osées : s'enchaînent dans son esprit enflammé provocations audacieuses, expérimentations amoureuses débridées, séquences torrides et scabreuses que l'on pourrait penser puisées dans l'univers du X, si ne venaient malicieusement se glisser l'expression décalée, le trait d'autodérision qui rappellent à l'humour et à la distanciation.
    L'érotisme - pourtant livré à l'état brut - est ainsi comme clarifié, allégé, et ce cocktail de fièvre abrasive et de candeur limpide hisse vers les hauteurs de la littérature un texte où il n'est plus dès lors possible de voir un simple livre de genre.
    Et entrecroisant dans son délire amoureux les fruits défendus de son imaginaire, des éclats de mémoire enfantine et le scénario d'une histoire qui s'écrit, Sarah dessine sous les yeux du lecteur, sous couvert d'une pseudo-confession intime, un authentique portrait du désir féminin universel, lorsqu'il s'abandonne sans tabou à l'éveil des sens.

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  • " Un lent et raisonné dérèglement des sens ", préconisait Rimbaud, engagé dans une expérience poétique dont le lecteur trouvera ici des résonances.
    Mais " Le Dérèglement " dont nous parle la voix vibrante de Yann Bourven, dans ce texte qui bouscule les limites du roman, est aussi celui du monde dans lequel nous vivons, les " suprêmes barbaries " pressenties par le visionnaire des " Illuminations ". Ce monde délibérément insensible et cruellement formaté, crispé sur son unique règle, celle de la pensée unique face à laquelle l'écriture poétique - déréglée, forcément - constitue l'un des derniers bastions de résistance.
    " Je suis le révolté criblé de balles de dettes et de mauvaises pensées qui se glisse entre les mailles d'un filet-patrie oppresseur. ".

  • Le décor : urbain, saturé de voitures, de publicités, de bruit et de fureur. L'époque : début de siècle, fin de cycle. Les protagonistes : des jeunes adultes, plus si jeunes en réalité, en dépit de leurs façons de vivre. Tous au travail mais se tenant - qui par choix, qui par orgueil, qui par peur, qui par inadaptation - en marge du flot majoritaire. Solitaires, isolés, y compris dans le foisonnement de leurs nuits citadines. Ils vont se renifler, s'attirer, s'opposer, se chercher, se quitter au fur et à mesure que la situation se tend autour d'eux et par l'effet de leur action.
    Pour autant, cette histoire n'est pas tant celle de leurs relations que celle de leur confrontation rageuse au monde qui les entoure, à ce système qui leur laisse toujours moins d'espace, qui tend chaque jour à imposer la résignation comme idéologie de survie.

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  • dans une langue inventive et haletante, oú se mêlent constamment rébellion et autodérision, homeless story raconte l'errance et la galère, la marginalité et l'exclusion.
    rencontres éphémères, amitiés boiteuses dessinent un portrait acide de notre société de l'indifférence. et les retours sur l'enfance et l'adolescence du narrateur révèlent les premières blessures, ces cicatrices intimes dont on ne guérit pas. il s'agit d'un livre posthume : fp mény a été retrouvé mort à 43 ans, en 2008, dans une grange oú il s'était réfugié pour se protéger du mauvais temps, au bord de cette "route" avec laquelle il entretenait un rapport tellement passionnel, la maudissant pour le statut de déclassé oú elle le cantonnait, la chérissant pour la liberté dont elle imprégnait son écriture.
    fp mény a publié en 2005 white trash napoléon aux éditions du quartanier et, en 2008, conquête du désastre aux éditions sulliver.

  • « Purger sa peine de tout ce qui y croupit. » Un homme revisite anxieusement les paysages intérieurs et extérieurs qui ont habité sa vie, hantés par les êtres qui les ont peuplés. À travers les élans parfaitement maîtrisés d'une langue inspirée qui trouve ici son accomplissement, Louis Mandler dévoile dans cette implacable Dévoration la personnalité souterraine d'un monstre ordinaire : un monstre victime de la monstruosité du monde, et qui tente de l'éradiquer. Et nous voici au coeur de la plus actuelle des paraboles : celle d'une société barbare confrontée à un terrorisme qui ne l'est pas moins.
    Une critique radicale de la nature humaine et de notre époque vouée au culte de l'Argent. « L'homme du XXe siècle a inventé en structures ce qu'il a perdu en sensibilité. »

  • L'auteur se revendique " écrivain vagabond ", mais notre monde brutal lui renvoie une image en forme de sigle: SDF ! Le livre brasse les révoltes et les errances.
    Il explore surtout les contrées de l'esprit où langage et pensée prennent forme et s'allient. " Lyrique, gouailleur, insinuant, sarcastique... Répétitions incantatoires, polémiques, ellipses, interruptions, ruptures, où se mêlent inserts, maximes, aphorismes. La question étant de glisser à travers. " Le rythme et l'invention verbale conjugués - et un humour désespéré toujours présent - portent la langue à un rare niveau d'incandescence.

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  • A Maclow, ville concentrationnaire cernée de remparts battus par la mer, un ressuscité - une " Ombre " - revient hanter les quartiers où il a vécu. Son parcours halluciné, jalonné de saisissantes rencontres, nous fait découvrir les pans à la dérive d'une société en phase ultime de décomposition. L'individu n'est plus rien, à Maclow, et les valeurs n'ont plus cours. " Maclow, fin de journée, les gens rentrent chez eux, voûtés, ne se regardent plus, ne se parlent plus, se méfient, s'épient, se jugent, fantômes enfiévrés, vidés, exténués ". Sous cette parabole inspirée, cauchemar extrême de notre monde revisité par un poète en rupture, perce l'appel à la nécessaire utopie - seule planche de salut -, exprimée ici avec une vigueur rarement égalée.

  • Ce questionnement inquiet pourrait s'adresser à la Nature, à la Vie, ou encore à Dieu : il en appelle à une entité plus vaste encore qui les engloberait tous. L'enjeu de la survie de l'humanité et de son environnement est ainsi abordé à travers un singulier dialogue à distance qui s'interroge sur un destin dangereusement emballé et introduit non sans ironie la réflexion morale et écologique dans le processus d'évolution des espèces.

  • L'âge de cendre : l'air devient irrespirable, et l'horizon impénétrable. L'humanité s'observe dans le miroir, et ne se reconnaît plus. Qu'ont fait d'elle les hommes, ses enfants ? Et surtout : qu'ont ils fait d'eux-mêmes ? A travers de brefs chapitres au rythme haletant, l'humanité dresse l'hallucinant inventaire des méfaits et misères d'une espèce engagée dans la spirale infernale de l'autodestruction. Tout en s'interrogeant : comment inverser ce mouvement qui ne cesse de s'accélérer ? Comment ranimer ces braises qui continuent malgré tout de scintiller sous la cendre ? Comment aider l'homme à retrouver en lui sa part d'humanité ? Le cri de la conscience individuelle contre l'inconscience collective.

  • Nous sommes en 2174. La Terre a vécu un profond bouleversement géologique, qui a fait naître un nouveau continent dans le Pacifique, à l'emplacement de l'actuelle Nouvelle- Zélande. Sur les hauteurs gelées de cette Zealandia coupées du reste du monde, un long hiver s'est installé : les saisons sont figées, le temps historique s'est suspendu. Dans cette parenthèse des années sans date, une communauté isolée tente de recréer des conditions d'existence et de réinventer une vie sociale apaisée... Cependant, les glaces fondent, et un printemps inespéré s'annonce. Mais avec lui les rumeurs du dehors, bientôt son hostilité. Et les résurgences d'un lourd passé qui ramène à notre époque, ces XXe et XXIe siècles qui avaient instauré « la démocratie mafieuse en gouvernement mondial ». Que faire de cette mémoire collective accablante qui refait surface ? Qu'en sera-t-il de la différence qui avait trouvé refuge ici ? L'humanité est-elle vouée à la compétition et à la violence dès qu'elle reprend le cours de son histoire ?

  • " Je suis parti. Je n'avais pas d'itinéraire. Je devais répertorier les peuples et leurs cultures. Je devais garder trace du monde et ses rites et ses croyances. J'ai visité plusieurs planètes et j'y ai séjourné. " Planètes insondées, parcelles du temps, enclaves de l'espace. Un voyage dans des univers étranges et pourtant si familiers.
    Ces nouvelles lancent des passerelles insolites entre notre époque et les contrées du possible.
    Bien plus qu'un simple livre d'anticipation, Futura dessine un cheminement qui relie notre histoire barbare, notre géographie abîmée et leur projection dans l'avenir. Un cheminement qui se refuse obstinément à désespérer, dans un hors du temps parfois cruel et inquiétant, mais aussi poétique et sensible.
    Dans une langue qui se confronte à l'indicible, Rozenn Guilcher redonne ici toute leur place à l'audace, à l'imper tinence, à l'humour et à l'inventivité.
    "Quand tu partiras n'oublie pas ton ciel. N'oublie pas de prendre la couleur de tes rêves. Quand tu partiras n'oublie pas n'oublie pas d'où tu viens. Transporte avec toi les petits morceaux que nous t'avons donnés. Et le jour aussi où nous avons vu le soleil ensemble emmène-le. Et le jour où la nuit est définitivement tombée emmène-le. "

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