Solitaires Intempestifs

  • À présent, Candida veut apprendre un dernier livre, le livre définitif. La faveur qu'elle m'a demandée est que je choisisse ce livre. Cher professeur, je suppose que maintenant vous comprenez la dimension de mon problème. Pressé par le temps, je dois accomplir cette terrible mission. Je vous demande de me conseiller : quel livre, quel dernier livre ?

    Lecture conseillée de 14 à 94 ans.

    Tiago Rodrigues ne se contente pas de brouiller les frontières entre le théâtre, la fiction et la réalité. Il invite des hommes et des femmes, le « peloton sonnet 30 de Shakespeare », à éprouver, partager, le temps de la représentation, une expérience singulière : celle de retenir un texte et de le dire. Un acte de résistance artistique et politique, tout autant qu'une lutte contre le temps, l'oubli, le vieillissement, contre l'absence et la disparition. Un geste aussi intime que politique.

  • Moi, mes parents, ils se sont séparés quand j'étais petit. J'avais environ 5 ou 7 ans par là. Et ils m'ont demandé si je voulais habiter avec papa ou avec maman.
    Je leur ai dit que je voulais réfléchir avant de choisir.
    Je voulais peser le pour et le contre.
    Avec mon père, je peux manger des hamburgers tous les jours, on peut regarder la télé le soir, je suis pas obligé de prendre ma douche et je fais mes devoirs que le mercredi.
    Avec ma mère, on est obligé de manger des poireaux, de se coucher à 20 heures, on est obligé de se laver tous les jours et elle a pas beaucoup d'humour.
    Donc.
    J'ai choisi ma mère

  • Prouve-le, c'est l'histoire de deux enfants qui sont internes dans un colle`ge de montagne. Un jour ils tombent malades, tous les deux. Sans doute un virus de rien du tout. Mais sur Internet, il y a une the´orie qui circule et qui dit que des scientifiques auraient mis au point un virus et l'auraient re´pandu, volontairement, avec la complicite´ de l'E´tat me^me. Peut-e^tre pour re´duire la population mondiale. Parce qu'on serait trop nombreux. Et la prof de biologie a change´ tout son cours pour expliquer que c'e´tait n'importe quoi. Alors que normalement, elle fait toujours le me^me cours. Et elle est tre`s bizarre la prof de biologie.

    Prouve-le explore la question des théories du complot à l'heure d'Internet et des réseaux sociaux. Cette pièce met l'accent sur un phénomène de société devenu un véritable enjeu d'éducation : la méfiance vis-à-vis des institutions et la remise en cause des théories officielles. Car si enseigner l'esprit critique est une chose, apprendre à douter intelligemment et à faire le tri dans la masse d'informations qui circulent sur le net en est une autre.

  • C'est pas une charrette de la mort, juste un ramez-ramez. Il n'y aura pas de moteur, pas de passeur. On sera pas nombreux, six ou sept. Tu crois que tu peux le faire ?

    Du piment dans les yeux est l'histoire croisée de Mohammed et d'Inaya, tous deux partis sur les routes pour tenter l'aventure d'une vie meilleure. Elle fuit la guerre, lui est mû par une inextinguible soif d'apprendre et de continuer à étudier. D'une séquence à l'autre, nous suivons en alternance le parcours de ces deux jeunes gens qui affrontent notre monde et - sans résignation - luttent pour se construire une existence digne.

  • Fin 1999, dans le massif de la Chartreuse - entre la Savoie et l'Isère - une chorale d'enfants disparaît en rentrant de tournée. Un groupe entier, d'un seul coup. Sans un signe. Sans une trace.
    Le monde alors se fige, toutes histoires suspendues. On accuse un temps l'équipe encadrante de négligence - le massif est connu pour ses gouffres et ses pentes. On cherche un possible coupable - enquête judiciaire, psychiatrique, le tout en vain. Passé le frémissement des premiers jours, le mystère cesse de faire recette et les disparus s'abîment dans l'oubli.
    Le texte reprend le fil de l'enquête car une lecture nouvelle de ce fait divers pourrait bien apparaître. Et si ce groupe n'avait pas disparu accidentellement ? La reconstitution laisse émerger l'idée d'une tentative délibérée d'évasion, de refus du monde. Et si les enfants de la chorale avaient osé le premier pas vers un autre monde possible ?

  • Il est hors de question que je rentre à la maison. Que je rentre dans son petit monde réconfortant d'illusions. Du fake. Du fake ! Du fake ! Du fake ! Rien que du fake autour d'elle. Du faux bonheur. Du faux mère et fille heureuses. Alors qu'elle a jamais été heureuse. Jamais ! Et toutes ces photos de moi qu'elle poste puent le mensonge, le vide et l'humiliation. #Love #Happy #Family. Quelle famille ? Tu peux me le dire ? Quel amour ? Des images truquées, filtrées, contrôlées, des pixels et des pixels de mensonge. Je vais me faire disparaitre, t'entends ? Moi aussi, je vais devenir un fantôme numérique. Tuer le mensonge. Tout effacer. Je ne lui laisserai aucune trace de moi. Comme elle ne m'a laissé aucune trace de mon père.


    Digital natives met en scène du «sharenting», phénomène qui traduit l'obsession narcissique des parents de vouloir partager le quotidien de leurs enfants sur les réseaux sociaux, comme ils partagent le leur.


    Dans Les Règles du jeu, au lendemain de la dernière des guerres, au coeur de la plus vieille ville des Pays-des-Guerres, deux enfants, Nama et Oldo, se retrouvent chaque jour au milieu des ruines, du temps brisé et de la poussière. Ils sont les acteurs d'un jeu de construction magique, univers de tous les possibles...


    Digital native est une commande du jeune public de la Comédie de Valence - Centre Dramatique National - dans le cadre de ses Controverses. La pièce a été créée en janvier 2018 dans la mise en scène d'Eugen Jebeleanu.

  • Nous avons été si heureux. C'est écrit à la fin de notre histoire. Ils vécurent heureux, si heureux, tellement heureux ! Bonheur, joie et ravissement de chaque seconde, le bonheur nous a collé aux poulaines, aux ballerines, aux basques, mais il ne colle plus à mes bottes, ce fabuleux bonheur, cette onctueuse insouciance.

    Blanche-Neige et le Prince vécurent heureux... Mais que reste-t-il de leur amour une fois confrontés aux crises politiques, sociales et écologiques de l'époque contemporaine ?

    En scène :

    Blanche-Neige, histoire d'un Prince est créé le 6 au 12 juillet 2019 à la Chapelle des Pénitents blancs lors du Festival d'Avignon (In) 2019 dans une mise en scène de Michel Raskine.

  • Normalito questionne la tolérance et l'empathie à travers une fable sur la normalité et la différence, sur les peurs que nous inspirent ceux que nous pensons ne pas comprendre. Ne sommes-nous pas tous différents et tous semblables ?
    Et puis on a sauté ! « Pourquoi les parents sont-ils toujours occupés à autre chose qu'à passer du temps avec leurs enfants ? » se demandent un frère et une soeur qui vont faire une énorme bêtise pour attirer leur attention et découvrir ainsi un lieu hors du temps.

  • Toutes les enquêtes d'opinion le prouvent : l'art dramatique arrive aujourd'hui en tête des sujets qui inquiètent les Français, juste après les risques alimentaires et les accidents nucléaires.

    Face à cette inquiétude, des professionnels reconnus répondent aux questions que tous se posent : Comment dépasser l'angoisse de la réservation ? Va-t-on devenir socialiste ? Faut-il avoir du talent pour être spectateur ? A-t-on le droit de s'endormir ? Est-ce qu'on peut retirer ses chaussures ? Quand deux comédiens s'embrassent, est-ce qu'ils mettent la langue ?, etc.

    Dans une atmosphère intime et décontractée, Qu'est-ce que le théâtre ? vous dit tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'art dramatique sans jamais oser le demander.

  • Tu es juste un cas. Le cas de « la violence à l'école ». Causes et effets.

    Tu es juste un pourcentage dans une statistique.

    Tu es la petite fille qu'ils ont montrée à la télévision. Tu es la petite fille qu'ils ont postée sur YouTube. Tu es la petite fille qui a eu six mille vues en trois jours.

    Tu es un commentaire. Tu es le témoignage des autres.

    Une petite fille rêveuse devient la cible de sa maîtresse et de ses camarades de classe. Une pièce coup-de-poing, qui met en lumière la question de nos pratiques et de nos politiques pédagogiques confrontées à la recherche forcenée de la rentabilité et de la productivité.

    /> Mihaela Michailov s'est inspirée de faits réels : une enseignante qui a ligoté une élève, les mains derrière le dos, et l'a exposée ainsi, en exemple, à toute sa salle de classe. Les élèves, pendant la récréation, l'ont torturée à leur tour.

  • En haut d'une colline un pommier l'attendait.

    Depuis longtemps ses branches l'enlaçaient.

    C'étaient les branches de son père et de sa mère qu'elle avait oubliés.

    C'étaient les branches de tous ceux qu'elle aimait vers qui elle marchait.



    Mon amoureux noueux pommier, c'est l'histoire d'un arbre, évidemment. Mais c'est aussi l'histoire d'un fruit : une pomme qui lui pousse, comme une fille, une pomme qui lui rappelle qui il fut dans une autre vie...

  • Tu as toujours un papa et une maman, une maman et un papa, tu n'es pas seul, on t'aime, nous on t'aime, tu ne vois pas comme on t'aime, tu ne vois pas combien on t'aime, merde et merde et merde comme on t'aime et qu'est-ce qu'on t'aime et combien vous êtes dans ta classe, combien ils sont dans ta classe à avoir des parents séparés, divorcés ? Tout le monde a des parents divorcés séparés c'est normal c'est la vie...

  • Faut-il désespérer de l'espèce humaine ? Qu'est-on en droit d'attendre de ces primates vaguement évolués qui se sont rendus maîtres et possesseurs de la nature‚ et qui sont passés experts dans l'art de massacrer leurs semblables ? Sommes-nous condamnés à l'éternelle reproduction du pire et à l'attente anxieuse de la catastrophe terminale ? Ou peut-on espérer que l'espèce la plus inventive du règne animal finira par dominer sa propre pulsion de mort ?

    À ces questions essentielles‚ et à bien d'autres encore‚ Bienvenue dans l'espèce humaine tente d'apporter des réponses claires‚ et argumentées. En s'appuyant sur certaines avancées fondamentales de l'étude du comportement animal et de l'anthropologie‚ tout comme sur les expériences vécues de tout un chacun‚ ce texte permet d'affronter aussi bien les questionnements métaphysiques les plus vastes que les petits tracas du quotidien.

  • Dans cette histoire d'ogres, il sera question d'amitié, de cette amitié si forte qu'on ne peut l'expliquer mais qui nous révèle à nous-même Il sera aussi question de ces moments où on ne comprend pas ce qui nous arrive, ce que l'on ressent, où on découvre qu'on est différent...

    L'ogre représente la démesure, celui qui mange, qui dévore sans limite les enfants. Cette figure monstrueuse, souvent associée à cette puissance destructrice que nous devons dominer en grandissant, effraie et fascine à la fois les enfants. Et continue de nous toucher, adultes : ne sommes-nous pas toujours aux prises avec l'ogre en nous et chez l'autre ? Les ogres ne sont-ils pas toujours parmi nous ?

  • Mais nous on a fait revenir le chien parmi les vivants, alors c'est l'inverse...

    Notre Anubis il est peut-être là pour soigner les vivants ?

    Pour les faire devenir plus vivants, les faire devenir des... des quoi ?

    On peut pas être des ancêtres en étant vivants alors on peut devenir quoi, ici, grâce à Anubis ?

  • Atlantides : J'ai pensé à toi pendant que j'étais charriée par la vague au milieu des parasols, transats, vélos, bidons d'essence, canettes de coca-cola, éclats de bois, détritus, j'ai appelé ton père, j'ai crié son nom, mais il n'était plus là, j'ai vu un ballon rouge, puis le visage d'une enfant dans une vitesse vertigineuse, j'ai vu les cailloux dans les poches de Virginia Woolf qui se noyait dans la rivière, barques-cercueils, villes englouties, fleuves impassibles, épaves, vestiges, châteaux ensevelis.

    Le texte Atlantides a été sélectionné pour le Prix Collidram, (prix de littérature dramatique des collégiens), pour l'année scolaire 2014-2015.
    Il a été écrit suite à la rencontre avec Florence Sylvestre spécialiste en paléoclimatologie dans le cadre du projet "Binômes".

    Le Voyage vers Grand-Rivière : Isabelle est fâchée. Cela arrive souvent. Quand elle est fâchée, elle s'enferme dans sa chambre et elle rêve. C'est qu'elle n'a pas d'amis la petite Isabelle. Sa maman est loin, très loin, de l'autre côté de la terre, à l'autre bout de la mer, dans une île qui s'appelle Bohio, là où il fait nuit quand ici il fait jour, là où il fait jour quand ici il fait nuit.

    Conte initiatique mettant en scène une petite fille volontaire et obstinée, qui va partir à l'autre bout de la terre retrouver sa maman. Cette pièce est destinée aux tout-petits.

  • Liberté, égalité, fraternité : notre devise n'est-elle pas la plus belle, la mieux rythmée, mais surtout la plus audacieuse, la plus moderne, celle qui montre la voie à l'humanité ?
    Missionné par la République auprès des « jeunes » pour redonner sens à la légende nationale, un homme s'exerce à faire résonner son discours. Guidé par une coach hyper motivée, il s'interroge : Quel est le « socle moral » de notre République ? Justement en ces temps de crise civique, où en est-on ? La liberté, est-ce faire ce que l'on veut ? À quoi sert l'égalité ? Et la fraternité dans tout ça ?
    Cette joute oratoire portée sur le discours politique nous rappelle surtout qu'en démocratie, c'est par la dispute que le sens se construit.

  • Ma couleur préférée Nouv.

    « C'est quoi ta couleur préférée ? » Voilà une question que les grands ne se posent plus. Ils se demandent plutôt : « Tu fais quoi dans la vie ? » Dans les cours de récréation de maternelles et de primaires, c'est une question qu'on se pose encore avec le plus grand intérêt. La réponse qu'on y apporte est déterminante : elle indique le consensus ou l'anticonformisme.
    La couleur est donc une merveilleuse entrée pour s'adresser aux enfants : à partir de cette expérience quotidienne - présente dans les travaux manuels, les choix vestimentaires, la scolarité, la signalétique, etc. - peuvent se dessiner des réflexions sur la subjectivité des goûts et des opinions, l'influence d'une culture, l'originalité d'une création...
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