Solitaires Intempestifs

  • Nouvelle édition revue et augmentée.

    Raconter le Monde, ma part misérable et infime du Monde, la part qui me revient, l'écrire et la mettre en scène, en construire à peine, une fois encore, l'éclair, la dureté, en dire avec lucidité l'évidence. Montrer sur le théâtre la force exacte qui nous saisit parfois, cela, exactement cela, les hommes et les femmes tels qu'ils sont, la beauté et l'horreur de leurs échanges et la mélancolie aussitôt qui les prend lorsque cette beauté et cette horreur se perdent, s'enfuient et cherchent à se détruire elles-mêmes, effrayées de leurs propres démons. Dire aux autres, s'avancer dans la lumière et redire aux autres, une fois encore, la grâce suspendue de la rencontre, l'arrêt entre deux êtres, l'instant exact de l'amour, la douceur infinie de l'apaisement, tenter de dire à voix basse la pureté parfaite de la Mort à l'oeuvre, le refus de la peur, et le hurlement pourtant, soudain, de la haine, le cri, notre panique et notre détresse d'enfant, et se cacher la tête entre les mains, et la lassitude des corps après le désir, la fatigue après la souffrance et l'épuisment après la terreur.

    Ce volume est composé d'articles et d'éditoriaux commandés à Jean-Luc Lagarce par les théâtres et des revues. Il est établi d'après l'ordre chronologique d'écriture des textes. La présente édition intègre les exergues aux éditoriaux écrits pour le Théâtre Granit tels qu'ils apparaissent dans le contexte original.

  • Une boule transparente, on la renverse et il tombe de la neige. Cet objet incontournable des boutiques de souvenirs a fait rêver des générations d'enfants. Souvent remisé après usage au fond d'un tiroir, il est aussi un Graal pour les collectionneurs toujours en quête de la boule manquante, celle qui leur rendra leur enfance à jamais perdue. Considérée comme dérisoire, la boule à neige est loin d'être un objet anodin, comme le révèlent Mohamed El Khatib et l'historien Patrick Boucheron. Ils montrent dans cette performance comment un tel phénomène issu de la culture populaire permet d'interroger les actes de « qualification » et de « croyance » qui, par des opérations de « bénédiction » esthétique, de « sacrement » culturel, transforment un objet ordinaire en oeuvre d'art.
    Hugues Le Tanneur, pour le Festival d'Automne à Paris

  • Enfant de la province (Franche-Comté), fils d'ouvriers (usines Peugeot), Jean-Luc Lagarce voulut très tôt faire du théâtre. Avec quelques amis rencontrés au Conservatoire de Besançon, il fonde une jeune compagnie amateure, La Roulotte, qui deviendra professionnelle.
    C'est pour elle qu'il écrit ses premières pièces, met en scène, adapte, joue parfois et commence la rédaction d'un Journal qu'il tiendra jusqu'à la fin de sa vie, à 38 ans, mort du sida le 30 septembre 1995.
    Grand lecteur de romans, de journaux, dévoreur de films, son théâtre se nourrit de tout cela, mais d'abord de sa famille, de ses amis, de ses amants, mais encore de la vie théâtrale d'hier et d'aujourd'hui. La maladie, l'adieu avant la mort, le retour hantent son oeuvre de plus en plus fulgurante quand l'échéance approche, cependant si le sida habite son corps, le mot n'apparaît dans aucune de ses pièces. Reconnu de son vivant comme metteur en scène, il ne le sera pleinement comme auteur qu'après sa mort ou la scène révélera des chefs-d'oeuvre dont le plus connu Juste la fin du monde. Jean-Luc Lagarce est aujourd'hui un auteur culte, l'un des premiers auteurs contemporains français joués de par le monde et traduit en trente langues.

  • Ronan Chéneau met à plat les contresens, les tabous et les idées reçues sur un concept désormais utile pour repenser le droit à la non-discrimination, à la non-assignation, celui du genre. À partir de recherches sociologiques mais aussi d'un corpus littéraire et poétique, ce texte propose d'incarner un des plus vibrants débats contemporains. La parole s'ouvre, la sensibilité et les parcours de vie se disent afin de comprendre les carcans quotidiens, les « normes » apprises et inconscientes, mais aussi célébrer la beauté des diversités, dégenrer pour être libre ensemble. « Le feuilleton permet de partager un instant d'analyse critique, un point de vue sur le monde qui nous implique tou·te·s, sans mettre qui que ce soit sur le banc de touche. »

  • À la suite d'une performance créée en 2018 avec le cinéaste Alain Cavalier, l'auteur Mohamed El Khatib a voulu revenir sur des thèmes évoqués au long de leurs échanges : la tendresse et la distance qu'ils cultivent à l'égard des acteurs.
    Figure à la fois fascinante et inquiétante, l'acteur est un objet de fantasmes associé à un métier précieux et précaire.
    À l'invitation de France Culture, Mohamed El Khatib initie une série de portraits d'acteurs et d'actrices qui ont marqué le théâtre ou le cinéma français : la série a été inaugurée le 18 juillet 2019 à l'occasion d'une lecture inédite avec Éric Elmosnino au Festival d'Avignon.

  • J'écris principalement mon Journal dans les cafés. Je pars marcher et j'emporte mon cahier glissé sur le devant‚ sous le pull ou retenu par la ceinture du pantalon ou encore dans un sac. Il m'arrive de l'écrire très tard dans la nuit‚ jusque dans mon lit. Et je peux noter de petits événements avec plusieurs jours de retard‚ voire une semaine ou deux.

    Ce premier volume, qui commence avec l'entrée en théâtre de Jean-Luc Lagarce, s'achève sur son séjour à Berlin en 1990. Il présente les quinze premiers cahiers de son journal qui en compte vingt-trois. Les cahiers I à IX ont été résumés par Jean-Luc Lagarce sous le titre Itinéraire.

  • Je n'ai jamais interrompu mon Journal‚ j'y ai consacré machinalement beaucoup plus de temps encore‚ j'allais m'asseoir dans les cafés et je tenais mon petit registre et pour ne pas me noyer définitivement‚ j'ai tenté aussi de mettre au propre les cahiers précédents. Chaque jour‚ j'ai recopié calmement les années précédentes. Peut-être les choses reviendront-elles sans trop de violence, on se dit cela, je ne sais pas. On peut écrire sans écrire‚ tricher‚ mais aussi rester là en silence‚ inutile ou impuissant. Quelque texte essentiel se construit dans la tête sans plus aucun désir de le voir sur le papier‚ sans plus aucune force de le donner‚ ne serait-ce qu'à soi-même.

    Ce second volume, qui débute lors du séjour à Berlin de Jean-Luc Lagarce en 1990, présente les derniers cahiers, XVI à XXIII, de son journal.

  • Quelle mouche me pique, après tant d'années d'exercice légal de la médecine critique, de vouloir porter par écrit un diagnostic hasardeux sur une activité d'aussi peu de valeur fiduciaire ? C'est que j'aurais l'impression, n'écrivant pas ce livre, d'éviter un bilan et de compter pour rien toute une existence d'activité pratique, dans un domaine dont la validité concrète apparaît malaisément mesurable, pour ne pas dire impossible. Le temps est venu d'un peu sérieusement me pencher sur l'espèce de forcerie que constitue cette accumulation de spectacles, saison après saison, sur quelque cinquante ans et qui ont donné lieu à une accumulation de « papiers » en un domaine dont la nécessité sociale s'avère de plus en plus aléatoire.

  • Correspondances entre Laure Adler et Pascal Rambert et entretiens avec Stanislas Nordey, Arthur Nauzyciel et Caroline Guiela Nguyen.

    Depuis longtemps il fait tout : l'auteur, le metteur en scène, le réalisateur, l'acteur, le chorégraphe, le danseur, le directeur de théâtre. Prétend-il pour autant savoir tout faire ? Non. Il fait des incursions, il allume des feux, il campe, il décampe. Le voyage c'est son mode naturel d'existence. Son territoire c'est les mots. Son obsession le rythme. La langue avec tous ses accidents. Le souffle, la précipitation, la colère, l'envie. Quand la langue s'empare du corps et met la vie en danger. Il écrit pour des personnes il n'écrit pas de rôles. Quitte à ce que ça soit raté. D'ailleurs il préfère l'accidenté au lisse, dans les voix, dans les dialogues, dans les enjeux.

  • L'oeuvre du spectateur et celle à laquelle il assiste sont deux choses complémentaires, différentes et insolubles. L'oeuvre fait travailler ma mémoire, mon imagination anéantie par l'usure et la consommation molle. Elle excite ma liberté d'éprouver un monde offert - poème, épopée, discours, paysage, portraits, rêve ou voyage. Face à l'oeuvre, comment je travaille. Comment j'oeuvre, spectateur, comment les outils me sont remis pour refaire, comprendre, transcender le monde, y vivre mieux après qu'avant.

    L'invention, c'est le territoire des artistes, leur terrain de jeu. C'est la nécessité pour moi spectateur d'assister à l'émergence d'une surprise, d'une innovation, d'une vision innovante d'un monde inconnu. C'est le besoin viscéral d'avoir affaire à l'ignoré. D'une manière ou d'une autre, j'exige d'être surpris.

  • Depuis 2003, le département d'écriture dramatique de l'Ensatt (École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre) accueille de jeunes artistes écrivant pour le théâtre. Trois années durant, leurs ouvrages en cours d'écriture bénéficient d'un accompagnement collectif critique. Le présent ouvrage dresse le tableau d'une « utopie concrète » au sein d'une école d'art : comment concilier ambitions pédagogiques et émancipation artistique, enseignement et absence de formatage, travail collectif et singularités ?

  • Le premier souvenir que j'ai de ma mère, c'est quand j'avais quatre ou cinq ans. Elle nous appelle, mes deux frères et moi, pour le dîner en disant : « Les garçons et Guillaume, à table ! » et la dernière fois que je lui ai parlé au téléphone il y a deux jours, elle raccroche en me disant : « je t'embrasse ma chérie » ; eh bien disons qu'entre ces deux phrases, il y a quelques malentendus.

    Sociétaire de la Comédie-Française, acteur pour le cinéma et la télévision, auteur des Bonus de Guillaume, metteur en scène et auteur de ballets, Guillaume Gallienne signe ici son premier texte pour le théâtre.

  • Qu'est-ce qui, de l'expérience, peut se transmettre ? Y a-t-il quelque chose qui, de la relation sensible entre un metteur en scène et des acteurs, puisse s'apprendre ou s'enseigner ?

    Les termes ne sont-ils pas réducteurs, sans cesse à redéfinir ? Le croisement des regards, la confrontation des compétences visent à appréhender ces actes d'échange et de transmission que constituent les « directions d'acteurs », et ce, non seulement à travers le discours, mais aussi les intonations vocales, les silences, les comportements, les attitudes, les gestes.

  • Homme politique et communiste singulier, passionné de théâtre, ami d'Aragon, de Jean Vilar, complice d'Antoine Vitez, Jack Ralite est de cette époque où les acteurs politiques et les artistes tentaient de nouvelles voies de discussions. Il est aussi celui qui, depuis plus de cinquante ans, ne cesse de secouer le champ du politique. Il a pour les poètes un véritable amour et ses discours et analyses sont pétris de ses échanges avec eux.

    En délaissant le dialogue avec les poètes, les hommes et femmes politiques contemporains ont abandonné un de leurs plus beaux outils : le pouvoir des mots. Ce livre est une réflexion partagée, ouverte, sur les enjeux des prochaines politiques culturelles autant que sur ce foyer de créativité et de résistance qu'est la langue.

  • Le théâtre le plus actuellement nécessaire et justifié est celui qui offre ce qui manque le plus au monde actuel, monde extraverti du tout-spectacle, adonné au vertige des apparences, de l'image et de l'extériorité : non pas un spectacle qui satisfait, une belle vue, mais un lieu de passage - il y en a si peu - vers la profondeur lente, obscure, imprévue, de nous, de l'autre, des relations humaines et sociales, des énigmes primordiales dont, pour le coup, on peut être certain de l'actualité.

    Pour un théâtre qui tient parole est suivi de Ce que signifiait Laurent Terzieff. Cette lettre posthume au grand comédien à qui le Philoctète de Jean-Pierre Siméon offrit son dernier rôle au théâtre, est, autant qu'un hommage à l'amitié et un témoignage de reconnaissance, un bref manifeste en faveur d'un théâtre fondé dans la langue et la parole des poètes, dont la continuation est pour l'auteur de ce livre une nécessité artistique, morale et politique.

  • J'aimerais me concentrer sur le courant qui mène du théâtre zéro, à travers le happening et le théâtre impossible, vers le théâtre de la mort. Chacune de ces étapes est importante. Et si je revendique les valeurs que j'ai découvertes, je me garde de traiter ce fait en mégalomane et de considérer que je suis seul à avoir montré la voie car c'est quelque chose qui, dans l'art, ne se produit pas. Découvrir ! - cela se passe comme dans la science.

    Ce volume se propose de constituer une introduction à la vie et à l'oeuvre de l'auteur à travers les mots mêmes de celui qui aura durablement marqué l'art de son siècle.

  • En Europe et dans le monde, Ivo van Hove est désormais reconnu pour la justesse radicale de ses partis pris scéniques. Avec ses collaborateurs fidèles et les acteurs du Toneelgroep Amsterdam, comme au fil d'incursions qu'il mène ailleurs, il échafaude depuis des années un univers singulier en perpétuel renouvellement.

    Qu'il sonde des drames intimes ou s'ouvre à des considérations sociales, qu'il se fonde sur des pièces du répertoire ou sur des scénarios de films, Ivo van Hove pourfend la prétendue distinction entre mise en scène de textes et confrontation sensible de corps et d'images. Théâtre en tension, théâtre d'intensité où se donne à vivre jusqu'au bout de ses tourments l'expérience humaine en quête de réconciliation.

  • Ce livre est une radiographie des centres dramatiques nationaux basée sur la rencontre, en 2018, de l'auteure avec l'ensemble des directeurs. Elle entrecroise leurs paroles, suit des lignes de force, esquisse des perspectives, se fait l'écho des problèmes et de leurs solutions, n'omet pas les autocritiques, les critiques, les inquiétudes, les doutes. Mais elle dit, surtout, que la décentralisation théâtrale française devrait être pour la France toute entière une source de fierté, car les centres dramatiques nationaux sont plus que des lieux de théâtre. Ils sont tout à la fois maisons de l'art, du peuple et de la pensée.

    Le Manifeste, rédigé par l'Association des centres dramatiques nationaux (ACDN), propose de parler de ce que fait l'art à la société au xxie siècle. De mesurer le rôle fondamental des artistes en action, en création, sur tous les territoires. De voir comment l'imagination et la créativité sont l'essence de la mise en action de toute politique culturelle digne de ce nom, capable de construire la société d'aujourd'hui et de demain.

  • Les essais réunis dans ce livre envisagent l'oeuvre de Patrice Chéreau comme un univers artistique en constante réinvention, depuis ses débuts dans les années 1960 jusqu'à ses dernières créations. Qu'ils évoquent sa relation à l'acteur, à l'image, au texte, au spectateur, ou la dimension politique de son geste, ils lient l'art de Chéreau à son désir jamais démenti de « raconter des histoires » - c'est-à-dire de mettre en partage l'expérience du réel.

  • Considérer Koltès comme un dramaturge, ce n'est pas minorer les enjeux d'une oeuvre marquée par la littérature et par le cinéma, autant que par le théâtre. C'est être attentif eu dialogue de son écriture avec la scène, qu'elle soit rêvée ou réelle. Les essais réunis dans ce livre traitent de la façon dont Koltès a voulu répondre par le théâtre à la réalité contemporaine, en accordant une importance particulière au statut de l'énigme et du secret dans son oeuvre.

    L'ouvrage se compose d'une série d'essais sur le théâtre et l'écriture de Bernard-Marie Koltès : sur l'importance du thème de l'ombre et la lumière, sur l'invention par Koltès des « lieux » de ses pièces en rapport avec l'art de Chéreau, sur le rapport de ces lieux à l'espace du théâtre, sur la place centrale de l'enfance des Amertumes à Roberto Zucco, sur la pertinence ou l'« intempestivité » de Koltès dans l'époque, sur des motifs cachés dans Combat de nègre et de chiens. Il sera augmenté d'une introduction en forme de synthèse à propos de vingt-cinq ans de relation critique et théâtrale à cette oeuvre et d'un chapitre sur les représentations de l'étranger sur scène, inspiré par la mise en scène de Combat de nègre par Michael Thalheimer et de la polémique à la Comédie-Française sur Aziz dans Le Retour au désert.

  • Avec la complicité de Magali Deleuil (astrophysicienne), Isaline Fraboulet (chimiste), Emilia Huret (docteure en géologie), Perrine Roux (chercheuse en santé publique), Virginie Van Wassenhove (directrice de recherche en neurosciences cognitives).

    « Le poète et le savant » est avant tout l'envie de faire se rencontrer deux individus évoluant dans des milieux très différents mais passionnés par leurs activités respectives. L'un consacre sa vie à l'écriture, l'autre à la recherche. « Binôme » permet de découvrir de façon non didactique la science qui devient une source féconde d'inspiration pour le théâtre contemporain. Ces deux univers, a priori si différents, s'enrichissent mutuellement et donnent vie à une oeuvre artistique originale et riche.
    Thibault Rossigneux Inclus dans ce volume :
    Hélène François & Émilie Vandenameele? : Une éternité.
    Kevin Keiss : Irrépressible.
    Julie Ménard :Vers où nos corps célestes.
    Yann Verburgh : 500 mètres.
    Clémence Weill : Smog [et si tu n'existais pas].

    En scène :
    Ces cinq textes, issus de la huitième édition de « Binôme » ont été créés sous forme de mise en lecture au Festival d'Avignon en 2017, comme l'ensemble des trente-sept textes de la collection depuis 2010.
    Binôme #9 - le poète et le savant sera au Festival d'Avignon 2018 du 16 au 20 juillet avec des textes d'Amine Adjina, Alexandra Badea, Solenn Denis, Marilyn Mattei et Sonia Ristic.

  • Comment écrire pour des étudiants de théâtre ?

    Comment écrire pour une compagnie ?

    Comment écrire pour un amour ?

    Comment écrire pour un pays ? Un ventre ? Une source ?

    Comment écrire, parce que la mort vous l'exige, alors vous mettez la vie à contribution, et vous n'êtes plus que vos mots, même pas vos histoires, parce que vous n'en avez pas, vous écrivez pour les autres.

    Pour les autres. Pour les autres. Pour les autres.


    Artiste associé au 67e Festival d'Avignon 2013

  • Avec la complicité de El Mouhoub Mouhoud (économiste), Daniela Cota (spécialiste de la physiopathologie de l'obésité), Guillaume Fayet (expert en modélisation moléculaire), Barbara Bardoni (neurogénéticienne) et Pierre-Olivier Lagage (astrophysicien).

    Binôme est avant tout l'envie de faire se rencontrer deux individus évoluant dans des milieux très différents mais passionnés par leurs activités respectives. L'un consacre sa vie à l'écriture, l'autre à la recherche. Binôme permet de découvrir de façon non didactique la science qui devient une source féconde d'inspiration pour le théâtre contemporain. Ces deux univers, a priori si différents, s'enrichissent mutuellement et donnent vie à une oeuvre artistique originale et riche.
    Thibault Rossigneux.

    Inclus dans ce volume :
    Marilyn Mattei : Mathias ou l'itinéraire d'un enfant paumé.
    Frédéric Sonntag : Souris Chaos.
    Amine Adjina : ZAR Zone(s) à risque(s).
    Sonia Ristic : Bobby et le garçon X-Fragile.
    Solenn Denis : Effleurer l'abysse.

  • Ce livre est une invitation au voyage, dans l'univers d'une troupe qui fait le tour du monde, au propre et au figuré. C'est le témoignage d'un spectateur privilégié qui a croisé le monde du Soleil à travers plusieurs fronts, celui des spectacles, mais également celui des combats politiques, pour les sans-papiers, contre le siège de Sarajevo ou pour la reconnaissance du Tibet. Et puis plus récemment, en 2011, durant le tournage du film, Les Naufragés du fol espoir, j'ai pu mesurer la force exceptionnelle de cette troupe, sa détermination, sa générosité, son engagement, et surtout sa cohérence absolue, qui fait durer l'aventure depuis près de cinquante ans.

    Si le Théâtre du Soleil a une âme, c'est sans doute parce qu'il a trouvé l'énergie d'un lieu véritable. Un abri, un refuge, un bivouac qui résiste dans un monde pour le moins désenchanté. La Cartoucherie logée en plein cour du bois de Vincennes a permis de donner corps et pierre à l'utopie que chacun des acteurs porte dans son cour et son esprit depuis trois générations. Une utopie qui ne cesse, jour après jour, de continuer à faire oeuvre.

    Dès ses premiers spectacles dans les années 1970, le Théâtre du Soleil revendiquait une véritable écriture de plateau, par le biais de « créations collectives » comme 1789 ou L'Âge d'or, avant de la mettre à l'école des grands textes de Shakespeare ou d'Eschyle, qu'il a su ranimer et transfigurer. Cette écriture de plateau confiée à la troupe, « en harmonie avec Hélène Cixous », trouve une nouvelle vigueur depuis une dizaine d'années, avec des spectacles véritablement écrits depuis la scène, par ceux qui l'habitent, conduits par Ariane Mnouchkine pour rendre compte de notre monde, et le transformer.

    Ces pages sont une flânerie buissonnière et subjective au royaume d'une utopie qui dure, et dont nous découvrons toutes les facettes : l'art des comédiens, l'art des spectateurs, le souci de l'histoire et du grand répertoire théâtral, la force de la musique, la présence du sacré, l'influence de l'Asie, l'importance de l'économie, la nécessité de la politique et l'urgence de la transmission, sans oublier le dialogue avec le cinéma - depuis toujours l'ombre portée sur la scène du Soleil.

    Bruno Tackels

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