Solitaires Intempestifs

  • Le fils retourne dans sa famille pour l'informer de sa mort prochaine.
    Ce sont les retrouvailles avec le cercle familial où l'on se dit l'amour que l'on se porte à travers les éternelles querelles. de cette visite qu'il voulait définitive, le fils repartira sans avoir rien dit.

  • Cinq femmes et un jeune homme, revenu de tout, revenu de ses guerres et de ses batailles, enfin rentré à la maison, maintenant, épuisé par la route et la vie, endormi paisiblement ou mourant, rien d'autre, revenu à son point de départ pour y mourir.
    Elles l'attendaient, longtemps déjà, des années, toujours la même histoire, et jamais elles ne pensaient le revoir vivant, elles désespéraient de ne jamais avoir de nouvelles de lui, aucune lettre, jamais, aucun signe qui puisse rassurer ou définitivement faire renoncer à l'attente.
    Aujourd'hui, est-ce qu'enfin, elles vont obtenir quelques paroles, la vie qu'elles rêvèrent, avoir la vérité ? on lutte une fois encore, la dernière, à se partager les dépouilles de l'amour, on s'arrache la tendresse exclusive.
    On voudrait bien savoir.

  • J'aurais préféré ne rien voir. Je me souvenais suffisamment. Et rester là, comme une cousine pauvre...
    Ce que je voudrais que vous sachiez : je craignais de gêner par ma présence, vous ne m'avez jamais beaucoup aimée, Hélène et vous ; et lui, près de vous, il m'aime moins, je préfère ne pas le constater. Un peu exclue par avance, inopportune, là à m'extasier sans fin sur le jardin, l'air de la campagne -je ne vous ai pas dit ? Je n'aime pas beaucoup la campagne et nous ne souhaitons pas prendre votre place ; venir s'y reposer, le barbecue, la tondeuse à gazon pour l'herbe haute, nous ne sommes pas fatigués...

  • Je disais l'amour de ma vie et je te regardais je te regarde et je pense je ne te reconnais plus ton corps je le connais les attaches les os tout ça je connais mais dessous il y a quoi dessous sous l'enveloppe il y a quoi ? Une sorte de nouveau toi et moi qui n'a rien à voir rien à voir je suis désolé tu vas dire avec ce que l'on était oui avec ce que l'on était ce qu'il y avait à l'intérieur de nous oui cette chose que l'on chérissait

  • L'histoire sans histoire d'un homme dans la France de ces vingt dernières années, les rencontres, la famille, les amis, les amours rencontrées et vécues, le travail et les aventures. Le roman.
    On regarde, on imagine ce que sera sa vie, on croit la voir devant soi, et peu à peu, la vivant, on se retourne lentement sur soi-même, on observe le chemin parcouru, l'éloignement lent et certain qui nous mena là où nous sommes, aujourd'hui, du pays lointain d'où nous sommes partis.
    C'est le récit de l'échec, le récit de ce qu'on voulut être et qu'on ne fut pas, le récit de ce qu'on vit nous échapper. Et la douleur, oui. La douleur, mais encore, peut-être la sérénité de l'apaisement, le regard paisible porté sur soi-même.

  • Naître, ce n'est pas compliqué. Mourir, c'est très facile. Vivre, entre ces deux événements, ce n'est pas nécessairement impossible. Il n'est question que de suivre les règles et d'appliquer les principes pour s'en accommoder, il suffit de savoir qu'en toutes circonstances, il existe une solution, un moyen de réagir et de se comporter, une explication aux problèmes, car la vie n'est qu'une longue suite d'infimes problèmes, qui, chacun, appelle et doit connaître une réponse.
    Appuyé sur le livre des convenances, des usages et des bonnes manières, faisant toujours référence, sans jamais rien laisser passer de sa propre nature intime, cette bête incontrôlable qui ne laisse parler que son coeur, c'est bien risible, faisant toujours référence et ne voulant pas en démordre, à la bienséance, l'étiquette, les recommandations, le bon assortiment des objets et des personnes, le ton et l'ordre, on se tiendra toujours bien, on sera comme il faut, on ne risquera rien, on n'aura jamais peur.

    Si l'on en croit la baronne, tout est simple sur terre, pour peu que l'on respecte les règles d'un savoir-vivre, où de la naissance à la mort, rien n'échappe aux canons du bon goût officiel.
    Le Monde Un implacable et fort drôle manuel de sauvetage, sinon de survie, au fil des rites qui régissent la vie, de la naissance à la mort.
    Le Nouvel Observateur Lagarce passe insensiblement de la chambre nuptiale à la chambre mortuaire et, partant, raconte l'histoire d'une vie réglée comme du papier à musique et qui, sous la partition tatillonne, pousse par mégarde les pions de sa mélodie.
    Libération.

  • Laisse-moi tranquille toi la même folie cette fureur cette envie de détruire le monde comme ta mère tu vas détruire le monde ? tu es le génie qui va détruire le monde c'est ça ? tu vas faire exploser le langage montrer que quand nous parlons nous ne disons rien ? forcer à regarder notre inanité dans cet attentat par la langue ?

    Architecture est une brutale histoire de famille. Un naufrage. Entre le début de la modernité, la Première Guerre mondiale et l'Anschluss. Une période de trente ans. Nourrie d'espoir. Égorgée dans un bain de sang. Où le langage lui-même perd tout sens. Où le langage meurt.
    Architecture montre comment les plus belles structures s'effondrent et finissent par engloutir leurs enfants les plus brillants. Architecture est un memento mori pour penser notre temps. Si les plus brillants n'ont pu empêcher le sang comment ferons-nous dans un temps peu armé comme le nôtre si le sang se présente à nouveau ?
    Pascal Rambert

  • Erreur de construction [1977] Les mécanismes les plus simples de notre langage, répétés à l'infini, peuvent-ils être l'essence même d'une représentation théâtrale ?

    Carthage, encore [1977] Après la catastrophe, ils sont bloqués là et rêvent de partir, de s'en sortir, s'enfuir. Mais comme la solidarité n'est pas leur fort, ils n'arrivent pas à grand-chose.

    La Place de l'autre [1979] Lui est assis sur une chaise, Elle est debout. Seul jeu possible, mettre en oeuvre la meilleure stratégie pour prendre la place de l'autre.

    Voyage de Madame Knipper vers la Prusse Orientale [1980] Sur la route de l'exil, des gens qui possédaient tout et viennent peut-être de tout perdre, se racontent le long voyage de Madame Knipper fuyant la Capitale. Le leur, peut-être.

    Ici ou ailleurs [1981] Une femme qu'un homme quitte oublie son enfant. Un fils revient là où l'attend sa mère. Une actrice court les scènes sans jamais s'imposer. De ces vies éparses les responsables voudraient qu'« il » écrive l'histoire. Mais en est-il seulement capable ?

    Les Serviteurs [1981] À l'étage Monsieur et Madame ont peut-être disparu, mais chacun en bas assure son service et sa fonction.

    Noce [1982] C'est la noce. Les laissés-pour-compte, les oubliés de la fête veulent participer. Ils montent à l'assaut des mariés, ils font la révolution mais devront eux aussi inventer un nouveau monde.

    La Bonne de chez Ducatel [1977, inédit] Mme Ducatel, son fils et Pauline, la bonne. Pauline fait le ménage (ou bouquine) tandis que Mme Ducatel assassine son mari. Dans la maison d'à côté, c'est la même chose, sauf que la bonne est déléguée.

  • Ne le promets pas. Ne promets pas de revenir vite‚ très vite !... Ne dis pas que je n'aurai pas le temps de te voir parti. Ne dis rien ! Ne me demande surtout pas de t'attendre‚ de regarder souvent sur la mer de l'autre côté des terrasses.
    Est-ce que je t'ai dit que j'avais peur ?

    Les vingt-quatre chants d'Homère deviennent chez Lagarce dix-huit scènes qui se libèrent du texte originel pour devenir geste original et écriture personnelle. Le fils, Télémaque, est sur le départ. Un choeur de personnages féminins - Calypso‚ Circé‚ Nausicaa et Pénélope‚ la mère - attend le retour d'un homme‚ Ulysse‚ après une longue absence. Dans Elles disent... l'Odyssée, nous retrouvons les thèmes majeurs de l'oeuvre lagarcienne : le départ‚ l'attente‚ le retour...

    Ce texte écrit en 1978, a été créé en janvier 1979 à l'Atelier du Marché, à Besançon, dans une mise en scène de l'auteur.

  • Après la représentation, on chante une fois encore, on joue de petits sketches idiots qui nous firent toujours rire - ceux-là qu'on préfère et que nous gardons pour nous - on danse un vieux numéro que nous avions appris pour une ancienne revue de pacotille, on se souvient du temps de notre gloire passée au kristall-palast de leipzig.
    On ricane, on imite, on hurle de rire et parfois, aussi, nous nous laissons aller à la nostalgie. demain, nous fuirons, mais, ce soir encore, nous faisons semblant puisque nous ne savons rien faire d'autre.

  • C'est l'heure de la vengeance du règlement de comptes c'est l'heure où marchant sur mes pas tu viens me faire payer d'avoir été la plus aimée c'est ça ?

    Et toi celle qui soi-disant n'a pas été désirée?

    C'est ça ?


    Une mère qui meurt... Une de ses filles est là, mais l'autre n'a pas été prévenue à temps. Erreur ? Faux pas ? Négligence ou acte manqué ? Fatalement arrive le temps de la confrontation. La famille, la proximité de la mort, les amours non réalisées...L'oeuvre de Pascal Rambert tire ses racines de ces ingrédients là. De cette matière fictionnelle qu'il creuse inlassablement, il extirpe de véritables pépites. Ici, tout repose sur la puissance de l'échange. Face à face, deux blocs d'énergie pure, des rapports de force organiques.

    Création du 6 au 8 novembre 2018 à Bonlieu, scène nationale d'Annecy, dans une mise en scène de l'auteur.

    Marina Hands et Audrey Bonnet ont été nommées aux Molières pour leur interprétation dans Actrice de Pascal Rambert ; la première en tant que meilleure comédienne, la seconde pour le meilleur second rôle.

  • Oui ça va mal oui les temps sont critiques et de tous les malheurs qui grognent à nos mollets de tous les abandons qui nous vident le coeur de toutes les défaites qui nous brisent la nuque l'enfermement où dans ces heures poisseuses on tient désormais la langue notre langue la langue commune la langue partagée populaire celle-là l'improbable la sauvage et la douce qui dit la bonté de l'instant et la chiennerie des jours cet enfermement-là qui n'apparaît pas qu'on ne sent pas qui ne s'avoue pas.

  • Trois comédiennes se réapproprient le mystère de l'Annonciation qui se joue entre la vierge Marie et l'ange Gabriel, elles creusent ce sillon pour le questionner aujourd'hui, le tirer du côté de la modernité.
    Que pourrait-on annoncer à notre époque ? Quelles pourraient être les annonciations contemporaines ? La catastrophe écologique à venir ? La fin du monde ? L'avènement de temps nouveaux ? Une marche arrière ? Tout est ouvert et l'imagination est reine.

    Trois actes, le premier étant le plus proche du fameux Quattrocento italien, période faste de l'Histoire de l'Art, un temps révolu qui a rêvé à la beauté et inventé des espaces picturaux très architecturés, réalisés avec un grand soin.
    Le deuxième sera lié à la ferveur qui émane de la Semaine sainte en Espagne, au sang chaud, à la beauté bouleversante de la procession. Il s'ancre dans des temps à venir, des souhaits adressés au monde et ce besoin métaphysique de réponses.
    Quant au dernier acte, il prend place dans un futur lointain, dans l'espace éventuellement, en présence d'un cosmonaute.
    D'une certaine façon, le texte adopte la marche du monde, partira du passé pour aller vers l'avenir, l'inconnu, mais ce rapport au temps restera flou, volontairement, comme si on regardait les choses à travers une loupe un peu sale, comme si les choses se passaient derrière un voile.

  • Vagues souvenirs de l'année de la peste [1982] Ils ont fui la peste de Londres. Ils campent ensemble par la force des choses et, ensemble, tentent difficilement de vivre ensemble dans la catastrophe.

    Hollywood [1983] Un soir‚ à Hollywood‚ lors d'une réception‚ des personnages fictifs ou réels racontent leur vie. Est-ce qu'ils ne pourraient pas jouer leur propre personnage‚ interpréter leur propre histoire ?


    Histoire d'amour (repérages) [1983] Deux hommes et une femme se retrouvent‚ ils vécurent une histoire d'amour. Le premier homme‚ le jour des retrouvailles‚ lit la pièce‚ le récit de leur histoire‚ telle qu'il veut s'en souvenir‚ telle qu'il l'imagine.

    Retour à la citadelle [1984] Le nouveau gouverneur arrive. Il vivait là‚ avant‚ et il n'était pas très bien considéré. Dans la capitale‚ il a réussi... Il retrouve sa famille‚ ses faux amis : sera-t-il revanchard ?

    Les Orphelins [1984] Lorsque le Père mourra‚ les trois fils réussiront-ils à se partager son héritage‚ sa maison et la femme qui est là et qui semble si indifférente ?

    De Saxe‚ roman [1985] Le jeune prince de Saxe avait tout quitté pour faire du théâtre avec deux aventuriers. Ils reviennent le chercher‚ perdu dans son palais et dans ses rêves.

    La Photographie [1986] C'est l'histoire de gens qui se sont perdus de vue‚ qui se retrouvent‚ et qui se souviennent qu'ils se connaissaient‚ « avant »‚ quelques années auparavant.

    L'Exercice de la raison [1985] Pièce sur le pouvoir qui deviendra en 1988 Les Prétendants. Dans cette première version, pas de « scène culturelle » mais un Gouverneur, un Directeur, des Adjoints, une Responsable, bien sûr des maris et des épouses et un Envoyé du Gouvernement.

  • En souvenir d'un ancien amour, un homme prête une maison à des femmes artistes qui en font pour quelques temps leur atelier... Il y a quelques règles à respecter, laisser une oeuvre en fin de séjour, et accepter la présence d'une femme de ménage qui veille sur la maison, autant que sur ses locataires. Sur trois époques successives - les années cinquante, soixante-dix et deux mille-vingt - la position de la femme et de l'artiste, seule, en collectif, féministe ou pas, est mise en regard.

  • Penthésilé·e·s (Amazonomania) : Et si Penthésilée s'était volontairement empalée sur la lance d'Achille pour emmener la guerre ailleurs ? Audelà de la vengeance ? Au-delà de la loi du Talion ? Arrêter la machine simple de la haine et de la dominati on ? Proposer autre chose de plus verti gineux ? Une alliance entre les mort·e·s et les vivant·e·s, l'humain et l'animal, le féminin et le masculin ? Créer de la coopérati on plutôt que de la compéti ti on, lutt er avec plutôt que de lutt er contre ?
    Ce texte redonne une place, une voix, des voix, à ces corps parce que les voix sont les premières à s'élever dans les révoluti ons, parce qu'elles ont cett e capacité à se propager comme l'oxygène, une fuite de gaz ou de la poudre et à un moment donné, elles explosent, jaillissent en pleine lumière, à ciel ouvert et elles donnent de l'énergie à celles et ceux encore vivant·e·s pour aller de l'avant, conti nuer la lutt e parce qu'il y a encore à faire pour empêcher la destructi on, défendre la multi plicité des formes et des styles de vies.


    Océanisé·e·s : Chercher une langue qui dise l'étendue, la lumière changeante, le ciel changeant, les vents changeants, le bateau qui s'écrase dans le versant de la houle, le corps poussé en avant et en arrière, les mains qui cherchent des points d'accroche, la cloche qui sonne la verti cale, la rafale, chercher la langue qui empêche le corps de se mouvoir, qui rend tout geste compliqué, diffi cile, parfois inuti le, trouver la langue qui doit aller à l'essenti el, être précise, proche de la chute, de l'échec, la langue qui dérape, qui raconte comment la descente dans la cabine est une descente dans un monde renversé, chaviré, faire senti r les orteils brûlés, la manière dont le vent, la houle, le bateau s'apprivoisent, trouver l'ordre des mots qui va avec la structure du ciel, de la mer, du bateau, des bruits de grince, de gronde, de clapot, de claquement, de roulis, s'approcher au plus près des embruns qui s'abatt ent dans le col, dans les manches, dans les bott es, sur le visage, et le dauphin qui surgit à bâbord, la barre de nuages noirs à tribord, le détail qui te sauvera la peau et l'infi nie beauté qui te traverse en même temps qu'elle t'écrase, tenir le cap comme on ti ent son journal de bord pour ne pas perdre pied.

  • La pièce est un parcours initiatique. Girafe est une petite fille de 9 ans. C'est sa mère qui lui a donné ce nom, car elle est grande. Un peu sur le modèle de Candide, elle va de rencontre en rencontre, en traversant une Lisbonne dévastée par la crise économique. Elle est accompagnée par son ours en peluche suicidaire : Judy Garland.

  • J'allumerai des feux dans le monde mort avec le bois que nous aurons coupé ensemble le bouleau le hêtre le chêne le tremble nous ferons des feux tu te mettras nue comme on entre au sauna je verrai ton corps blanc dans la lumière je me mettrai à genoux et je dirai ma poésie Une maison dans les bois abrite quatre frères, ils sont bûcherons ou menuisiers. Il y a aussi Marie, la servante. C'est une fable, un poème animiste ou encore un rituel amoureux qui évoque le désir masculin virant à l'obsession et la puissance de la femme qui bouleverse les codes imposés par ces hommes.

  • Nous rendions concret un rêve commun par le travail des champs et des jardins nous étions assez insouciants comme les garçons et les filles sur le rond-point ceux qui n'avaient pas de conscience politique disait le père de Paul en hurlant vous n'avez pas de conscience politique et vous allez le payer très cher laissez les mains libres allez-y à ceux qui parlent pour vous qui ont une langue qui vous écrase ils ont une langue qui vous met par terre pleine de mots excluants Pascal Rambert a écrit pour douze jeunes artistes, issus de l'École supérieure d'art dramatique du Théâtre National de Strasbourg, un hymne à la jeunesse, à la liberté et à l'amour. Il s'est inspiré d'une communauté utopiste qui s'est installée au début du xxe siècle à Ascona, en Suisse, au bord du lac Majeur. Au fil du temps, de nombreux artistes et intellectuels ont rejoint cette communauté, séduits par un mode de vie alternatif où danses, discussions, concerts, naturisme, baignades, jardinage, rythmaient les journées. Mais la Première Guerre mondiale a éclaté.

  • Derniers remords avant l'oubli (1987). - L'action se passe en France, de nos jours, à la campagne, dans la maison qu'habite aujourd'hui Pierre et qu'habitèrent par le passé avec lui Hélène et Paul. Chacun a maintenant construit sa vie "avec femme et enfant". Il s'agit de se partager les biens, ce qui reste de l'utopie d'une jeunesse.

    Music-Hall (1988). - édition Les Solitaires Intempestifs, 1992.

    Les Prétendants(1989). - Tous les personnages qui composent la vie d'un centre culturel de province se retrouvent à l'occasion de la nomination d'un nouveau directeur. C'est l'occasion de mettre en place un "nouveau projet"...
    Commande Espace Besançon-Planoise, 1989. 17 personnages.

    Juste la fin du monde (1990). - Le fils retourne dans sa famille pour l'informer de sa mort prochaine. De cette visite qu'il voulait définitive, le fils repartira sans avoir rien dit.
    Texte écrit lors d'un séjour à Berlin dans le cadre d'une bourse Léonard de Vinci. Cette pièce inédite, essentielle dans sa démarche d'écriture, Jean-Luc Lagarce l'a reprise presque intégralement dans le dernier tiers du Pays lointain. Elle forme une sorte de diptyque avec J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne.

    Histoire d'amour (derniers chapitres) (1991). - édition Les Solitaires Intempestifs, 1992.

  • Cette pièce est née de deux états d'urgence. Celui déclaré par l'État français en novembre 2015, et celui qui était le nôtre à ce moment-là, dans notre aventure de troupe : un certain désarroi, qui nous imposait d'entrer dans un labyrinthe où se croisaient nos existences historiques, le travail de notre art, les rôles que l'époque faisait naître sous nos yeux. Elle est née de cette conjonction et de cette errance qui, partant de nos pauvres corps de théâtre, a attiré à elle les grands corps de l'État (la police et la justice). Sa structure comprenait initialement trois mouvements égaux : les acteurs sans pièce, une pièce jouée par ces acteurs, et un procès intenté à ces acteurs pour avoir joué cette pièce. Elle s'est resserrée lorsque les rôles de la pièce centrale sont apparus (des gardiens de la paix CRS). La première partie est devenue une ouverture, la troisième un bouclage du théâtre, et la logique des mouvements s'est troublée, passant d'un plan à un autre comme dans un rêve : acteurs, CRS, magistrats, spectateurs, prévenus... la réalité se creusant, en écart à elle-même.

    Personnages : Au minimum 3 acteurs et 2 actrices pour interpréter l'ensemble des personnages (28) mais le nombre d'acteurs peut être adapté.

  • C'est le pays de la galère mais on n'en parle pas, on n'en parle jamais. Ça ne s'entend pas. À l'aide ! L'ascenseur est en panne. À l'aide, l'ascenseur est en panne ! Plus personne n'ira au ciel ! Je ne suis qu'un roi défait‚ à qui vais-je m'adresser ?

    De Hamlet à Ophélia, en passant par Macbeth, Othello, Richard III, le Roi Lear, Roméo et Juliette, la Mégère apprivoisée, Titus Andronicus, Antoine et Cléopâtre et les personnages de La Tempête et de La Nuit des rois, Dieudonné Niangouna ouvre une large parenthèse conduite par Puck (Le Songe d'une nuit d'été). Avec l'exigence d'une langue théâtralement poétique et sans fuir la complexité des situations qu'elle trahit il va permettre à ses personnages de sentir ce qu'il y a de plus profond dans la matière humaine.

  • Une femme âgée revient voir son frère. Elle ne l'a pas vu depuis très longtemps. C'est un homme seul, étrange, vivant dans un petit appartement austère. Il y a un jardin et un arbre. Pourquoi revient-elle le voir ? A-t-elle quelque chose à lui dire ? Comment se parler quand on ne s'est pas vu depuis tant d'années ? Que se dire quand on est frère et soeur et qu'on ne s'aime pas ?
    Qui est cet homme ? Que reste-t-il de lui ?
    Dans les conversations nocturnes, heurtées et trouées, remonte la dramaturgie d'un trauma. Des images, des hallucinations, des gestes surprenants : une nuit d'horreur. La soeur traverse cette nuit, en déposant le trauma dans la chambre du frère. Tout peut se mélanger : le réel et le fantasme, le politique et le familial, l'amour et la haine. Dépôt d'une mémoire traumatique faite de violences et de blessures. Impossible dialogue.
    Seuls demeurent dans le visage de cette vieille femme l'éros de la liberté et la lumière de la collectivité. La vitalité désespérée mais tenace des derniers temps à vivre.

  • Il est toujours maladroit mon Paulo même avec les mots même pour dire le meilleur il choisit les pires mais est-ce qu'il est mieux ton Damien ?
    Lui il n'a pas de mots on dirait mais le pas de mots ça tue pareil une mort lente et qui se voit pas mais une mort pareille tu vois Plumette ma jolie finalement c'est comme un peu s'il t'aurait sauvée couille de rat mieux vaut mourir d'un infarctus du baiser que d'un long cancer de l'âme Deux jeunes femmes avec bagages s'installent dans la salle d'attente déserte d'une gare perdue de la grande banlieue, attendant qu'on vienne les chercher. Comme il est naturel et ordinaire, c'est dans cette circonstance vide que l'imprévu advient, et tout déraille....

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