Six Pieds Sous Terre

  • Un auteur de bande dessinée, alors qu'il fait ses courses, réalise qu'il n'a pas sa carte de fidélité sur lui. La caissière appelle le vigile, mais quand celui-ci arrive, l'auteur le menace et parvient à s'enfuir. La police est alertée, s'engage alors une traque sans merci, le fugitif traversant la région, en stop, battant la campagne, partagé entre remord et questions existentielles.
    Assez vite les médias s'emparent de l'affaire et le pays est en émoi. L'histoire du fugitif est sur toutes les lèvres et divise la société, entre psychose et volonté d'engagement, entre compassion et idées fascisantes. Car finalement on connaît mal l'auteur de BD, il pourrait très bien constituer une menace pour l'ensemble de la société.
    Voici le nouveau récit choral de l'imparable Fabcaro, entre road-movie et fait-divers, l'auteur fait surgir autour de son personnage en fuite, toutes les figures marquantes -et concernées- de la société (famille, médias, police, voisinage...) et l'on reste sans voix face à ce déferlement de réactions improbables ou, au contraire, bien trop prévisibles.

  • Sandrine et Henri coulent des jours paisibles dans leur villa. Henri est un patron de startup épanoui et dynamique et Sandrine l'admire. Mais hélas la vie n'est pas un long fleuve tranquille... Un beau jour, Sandrine tombe sous le charme de Michel, un brun ténébreux livreur à domicile et chanteur de rock à ses heures perdues. Une idylle merveilleuse va alors se nouer entre eux. Mais la vie est-elle toujours du côté de l'amour ? Les sentiments purs et absolus ne sont-ils pas qu'une feuille morte emportée par le vent ? Un arc-en-ciel ne finit-il pas toujours par disparaître derrière les nuages ?
    Un hommage appuyé aux romans-photos et aux collections de romans à l'eau de rose. Si vous pensiez avoir fait le tour de la question sur ce genre de littérature de gare, laissez-nous vous proposer l'idée qu'on peut, en fait, aller beaucoup plus loin, grace à Fabcaro.

  • En décembre 2011, lors d'un atelier en pays Cathare, il croise la route d'une jeune plasticienne en résidence, originaire de Cuzco, qui, selon lui, « dégageait une énergie qu'on sentait jaillie de cette terre lointaine dont je ne savais rien ». Entre eux va naître une forte complicité artistique et humaine. Dès lors, il n'a qu'une obsession : se rendre dans ce pays. Ce qu'il finira par faire en juillet 2012, s'engageant dans un périple qu'il souhaite le moins préparé possible afin d'en conserver toute l'authenticité, la virginité du voyageur qui a tout à découvrir, refusant d'être parasité par les clichés et les préjugés. Hélas, depuis sa sortie initiale, vous connaissez maintenant la triste vérité, Fabcaro n'est JAMAIS allé au Pérou et ce carnet de voyage est un faux... Mais quel faux ! Un faux totalement hilarant qui torpille tous les poncifs du carnet de voyage et prends un plaisir sadique à démonter les impostures littéraires du genre.

  • Sonia cherche le grand Amour, Pierre cherche un emploi, un auteur cherche un scenario pour sa bande dessinée... À moins que tout ceci ne soit le fruit de la confusion d'un auteur au bord de la dépression qui a du mal à se dépêtrer de personnages aussi perdus que lui...

    Fabcaro dresse sur un court laps de temps (24 heures) les portraits croisés de représentants d'une génération en mal de repères, sur un mode humoristique expérimental et plein de non-sens. On peut penser aux séquences des sketches des Monty Pythons tant le quotidien des multiples personnages s'entrechoquent avec un humour absurde qui fait mouche toutes les trois cases, moyenne du laps de temps accordé à chaque séquence.

  • La Bredoute est votre nouveau catalogue de vente par correspondance, pour la maison, le jardin et les voyages, pour vous mesdames, mais aussi pour vous messieurs. Et pour les enfants. N'hésitez pas non plus à consulter nos pages bricolage ou électro-ménager. Toutes les nouvelles tendances, les accessoires "malins" qui feront de vous des femmes modernes, des hommes à la page et des enfants choyés. Consommez en toute sérénité, grâce à nos prix "charisme" où "Coolcool" pour les meilleurs instants "plaisirs" de votre vie pleine de bonheur, d'objets originaux et tellement bien conçus. La vie est belle avec nous comme entre vous et l'avenir vous appartient également...
    Reboot plus que simple réédition du premier livre de Fabcaro publié chez 6 Pieds sous terre en 2007, cette nouvelle mouture de La Bredoute gagne 8 pages, de la couleur et change de présentation afin de vous offrir une nouvelle saison printemps/hiver de votre catalogue préféré d'objets malins et décomplexés.

  • Attembre

    Tanx

    « J'essaye de dévier le courant morne. Je pourrais déplacer les meubles. Je pourrais écrire. Je pourrais graver. Je pourrais faire du sport. L'ennui, c'est que je ne suis pas là.

    L'ennui, c'est que rien ne me motive ici. L'ennui, c'est l'ennui ».

    On avait laissé Tanx combattant les questionnements artistiques et les liens politiques et personnels qu'ils induisent dans Toutes les croûtes aux coins des yeux, en 2018. Ce vaste chantier mental rapporté dans ce livre réflexif a visiblement porté ses fruits puisqu'on la retrouve deux ans après dans un lâcher-prise total, tant personnel qu'artistique, avec Attembre, regroupant 6 mois de chroniques quotidiennes narrant dans le détail le bouleversement complet de sa vie.

  • Un cow-boy recherché dans tout le Far-west pour avoir imité Jean-Pierre Bacri. Des playmobils. Un auteur de bande dessinée qui va manger chez une tante qu'il n'a pas vue depuis quinze ans. Un débat littéraire. Quelqu'un qui est gravement malade. Des indiens. Des poursuites à cheval sans cheval. « Quand j'étais enfant, je jouais dans l'escalier à inventer des histoires de cow-boys avec mes playmobils, il y avait toujours la télé en fond qui venait interférer dans mes histoires et cela donnait des scenario décousus et incohérents qui étaient pour moi parfaitement crédibles. Et puis un jour, l'incohérence m'a dérangé. Un jour, je n'ai plus été enfant. Et puis un jour, finalement, si, de nouveau. » Fabcaro.

    Fabcaro, dessine depuis l'enfance et décide de s'y consacrer pleinement à partir de 1996. Il travaille pour la presse ou l'édition, pour différentes revues de bande dessinée (Fluide Glacial, Psikopat, Jade, Tchô !, L'Echo des Savanes, CQFD... Il a publié chez des petits éditeurs comme chez des gros des ouvrages pleins d'humour ou il passe à la moulinette le comportement de ses contemporains, sans oublier de s'égratigner en premier lieu. Après « Carnet du Pérou » qui fut l'un des livres d'humour marquant de 2013, sélectionné pour les prix d'Angoulême en 2014, son dernier ouvrage chez 6 Pieds sous terre, « Zaï Zaï Zaï Zaï », paru en 2015 est un énorme succès, tant public que critique, couronné par de nombreux prix et sélections.

  • On était une bande, égarée dans un quartier flambant neuf au début des années 70. Des terrains vagues, des bois, les routes pas encore finis d'être goudronnées. On faisait nos 400 coups. Il y avait les «plus grands» qui nous pourchassaient en mobylettes, pour nous en faire baver dans la forêt. On se chamaillait aussi avec les gamins des cités voisines. On se passait entre nous une compil K7 qu'on écoutait en boucle sur un gros poste. Il y a avait des lieux qui avaient une aura de mystère, comme ce trou d'eau noire, dont on disait qu'il avait été formé par un avion venu se crasher. Il y avait aussi cet arrêt de bus qui nous terrifiait : la journée c'était notre point de départ vers le monde, vers Paris, mais le soir, surtout les derniers jours du mois, aucun d'entre nous n'y aurait jamais mis les pieds. La misère pousse à bien des extrémités et la rumeur voulait que pour boucler les fins de mois trop courtes, certaines femmes de la cité y passaient le soir... «Ta mère la pute», faut pas croire, c'est pas sorti de nulle part comme expression. Et puis il y a eu cette histoire avec la K7... et là, ça c'est mal passé.

  • Old skull, c'est un western, un pas forcément authentique mais en tout cas un mythique, au coeur des montagnes Rocheuses, sur le territoire des Crows, avec des vrais Crows (disons quelques-uns, qui passaient par là). Mais c'est de l'Ouest de légende pur et dur, à la Sam Shepard, à la Anselm Adams, surtout si par «Ouest de légende» on accepte de prendre en compte les bigfoots et les fantômes. Et les cannibales aussi... Au moins, il y a de l'action, ça oui. Ça tue comme on se dit bonjour, un peu machinalement sauf qu'après des fois on regrette. C'est le cas d'un des personnages, il a tué sa femme, décapitée net. Et pas qu'elle d'ailleurs. On va dire qu'il ressemble plus à un tueur en série, ça sera plus simple. Et puis, il y a Jack et son comparse, deux aventuriers sans scrupules, à la recherche du Bigfoot, c'est pas des rigolos eux... quoique, c'est un peu des tocards...

  • Premier livre de 6 Pieds sous terre et quasi première oeuvre foutrarque de Guillaume Bouzard (Jolly Jumper ne répond plus chez Dargaud) et Pierre Druilhe (Welcome to America chez Ego comme x), Les pauvres types de l'espace sont une synthèse de l'esprit délirant de l'alternatif des années 90, dans son versant humour déjanté et grungy.

    Deux civilisations se rencontrent sur une base spatiale de l'île d'Oléron.
    Choc de deux cultures ou fraternisation spontanée ?
    Pure création issue de l'alternatif des années 1990, Les pauvres types de l'espace a entièrement été conçue en cadavre exquis, par Guillaume Bouzard et Pierre Druilhe, deux auteurs qui ont fait bien du chemin depuis lors !

  • Vie et survie dans la petite couronne.
    Loin des gros titres anxiogènes des médias et des banlieues qui brûlent, selon certains politiques, si on allait écouter ceux qui y vivent ; suivre les traces de ces pères de famille, entre les courses, les gamins à conduire au sport et les déménagements nocturnes.
    Ils ont bien grandi les gamins de TMLP (Ta mère la pute, paru en 2011), aujourd'hui ce sont les pères et les grands frères de la communauté. Et s'il y a toujours un crétin qui vend du shit dans le hall de l'immeuble, ils ont une solution pour lui pourrir le business. Ils sont plus démunis face à la BAC qui met les pinces aux jeunes chiens fous, et se contentent de serrer les poings de rage. Ils n'oublient pas qu'il y a plus important, comme payer la cantine des gosses. Les gamins sont maintenant des tontons presque assagis, ceux qui veillent que ça ne parte pas en vrille à la moindre connerie. Presque aussi surpris que nous, ils constatent que la garderie a remplacé la garde à vue dans leurs agendas. Le temps a passé sur toute une génération.
    À la suite de TMLP (les années d'enfances) puis de Temps mort (2008, chronique de la chute sociale), Gilles Rochier replonge dans la chair de son milieu et brosse, avec La petite couronne, le portrait de sa génération, à l'aube de la cinquantaine, de l'expérience plein les poches - y a de la place - et toujours plus d'amour dans les yeux.

    Une nouvelle édition de Temps mort vient accompagner la sortie de La petite couronne, son nouvel opus urbain.

  • "C'était pas prévu que je perde mon boulot et puis c'est peut-être mieux comme ça.
    Je vais avoir 40 piges, je vais ou, je vais faire quoi ?" Parallèlement à sa passion pour le dessin et la bande dessinée, Gilles Rochier avait un autre boulot - et des responsabilités -, stressant, qui l'occupait largement et à plus que plein temps. Pas de temps à consacrer à soi, à ses amis, peu à sa famille. Un jour, sa boîte coule... Plus rien a quoi se raccrocher, l'impression que le sol se dérobe... la depression l'engouffre. Heureusement la passion du dessin est là, il s'y raccroche, fait un break, le justifie auprès des autres par son "statut" de dessinateur, auprès de lui surtout. Il est urgent de faire un "temps mort". Réapprendre à vivre sans s'oublier dans douze heures de travail quotidien, partager le temps avec sa famille, retrouver les amis perdus. "Un tempo de vie ralenti par les médocs, j'attends que ça passe", car l'arrêt est brutal. Nous retrouvons dans sa prostration, l'auteur de TMLP (Ta mère la pute, 2011, Fauve révélation, Angoulême 2012) et de Tu sais ce qu'on raconte... (avec Daniel Casanave, 2017, ed. Warum)... faisant le point à l'aube de ses 40 ans, plus que jamais accro à la bande dessinée, issue quasi-rédemptrice à une vie qu'il avait oublié de vivre.
    "Je racontre l'histoire de ma dépression, mon quartier, ma vie, les vieux copains. Cette vie qui m'entoure et que je ne voyais pas avant". L'observation est jouissive, l'attention aux autres chaleureuse mais corrosive et l'auteur ne s'épargne pas. Les rapports humains sont bruts, les conversations rapportées hilarantes ou tragiques, toujours précises. Temps mort, pépite autobiographique indispensable, fait aimer la vie.
    Voici sa nouvelle édition, à l'occasion de la parution de La petite couronne, qui se situe 10 ans plus tard, dans la chronique de son quartier, même hall, mêmes heures, mêmes potes.

  • Velue

    Tanx

    Dotée d'une particularité physique peu commune, une pilosité très abondante répartie sur tout le corps et qui repousse sans cesse, la vie d'Isabelle est un enfer. Son enfance chaotique, sous la coupe d'un père angoissé qui ne songe qu'à la cacher, n'est que la première étape d'une confrontation permanente au monde, révélatrice du conformisme et de la bêtise. Sa révolte adolescente n'en sera que plus violente, sanglante, longeant les marges de la société. Avec Velue, Tanxxx aborde de front le déclassement et la violence sociale dans un conte tant horrifique que métaphorique. L'on suivra Isabelle jusqu'à l'âge adulte, assumant au bout du compte sa différence, tout au long d'un chemin peuplé de salauds et de paumés de la vie qui auront tous le tort, à un moment ou à un autre, de croiser sa route.

  • Un étrange personnage amnésique s'extirpe d'un bois sombre, une femme derrière sa fenêtre épie son retour et un vieil homme monologue sur leurs secrets communs, chacun questionnant la vie et les actes des autres. Un meurtre dissimulé, un atelier de sculpteur peuplé de fantômes, du théâtre de foire, une passion dévorante, la nuit. Voilà le décor planté pour ce nouvel ouvrage de Vincent Vanoli chez 6 Pieds sous terre. Dans une ambiance proche du cinéma expressionniste, dont il est grand adepte, Vincent Vanoli propose un polar nocturne et rétro, aux teintes blafardes et empreint de fantastique, mettant en scène une passion amoureuse et criminelle entre un inquiétant sculpteur et ses modèles. La présence, en voisin voyeur, d'un vieil homme semblant tirer les ficelles du drame qui se noue et s'exprimant à la place des amants, mimant leurs questionnements, ajoute une dimension étrange à l'atmosphère pesant sur les personnages. En creux, l'auteur nous parle de l'acte de la création, de donner la vie comme de donner la mort, de donner sa vie pour nourrir l'inspiration, comme exutoire à un quotidien morne et routinier, ou plus personne ne s'appartient.

  • Drame du quotidien dans le monde du travail : depuis 11 ans, chaque matin, une autrice est agressée au vu et au su de tous. Contre son gré, elle reçoit en pleine face la cruelle réalité de sa vie de travailleuse indépendante. Jusqu'alors, la résistante réussissait le tour de force de dignement se relever et sourire de toutes ses dents à ses cyniques tortionnaires. En 2016, elle a décidé de rendre coup pour coup avec la série en deux volumes Des croûtes aux coins des yeux. Dans ce second opus, la rigolarde piétine purement et simplement le syndrome de Stockholm en chantant à tue-tête des hymnes punks et met à nu tous ces personnages en les affublant de têtes de mort (plus nu, tu peux pas). Ça cause beaucoup de style, de dessin, de bande dessinée et d'introspection, de changement de direction dans le travail artistique (avec le passage à la linogravure), mais aussi d'actualité et de politique : les années 2013 à 2016 auront donné matière à s'énerver. Des croûtes aux coins des yeux finira en beauté - et en ultime pied de nez avec le refus de l'autrice d'être faite « chevalier des Arts et Lettres » par le ministère de la Cuculture.

    En creux, surtout, on y lira la cartographie mentale, sociale, d'une autrice farouchement soucieuse de son indépendance et de son intégrité artistique se débattant face au monde contemporain et ses reculades sociales, sa gestion purement comptable des citoyens, de l'Art et des idées. Des croûtes aux coins des yeux est un laboratoire in vivo, bouillonnant d'idées et de spontanéité, salvateur et fort en gueule.

  • Le roux

    Fabrice Erre

    On a eu droit aux profs, aux motards, aux pompiers, puis aux blondes, aux blagues à Toto, aux divers prénoms. Dans un grand élan de drôlerie face à ces produits au marketing prononcé, 6 Pieds sous terre a décidé d'investir les lieux, d'à son tour aller coucher dans les niches des voisins, là ou l'herbe est plus verte et les roux plus... roux. Ainsi, Fabrice Erre nous a concocté le quotidien du roux, ses peurs, ses combats et son rapport au monde. Attention, il ne s'agit pas des roux mais bien du roux, avec ses questionnements, ses particularités et ses surprises (et il en a, et elles sont de tailles...). Ainsi l'on assistera pas à une débauche de gags affligeants et déclinables à l'infini des catégories sociales ou humaines. Non, notre roux n'est pas le dindon de la farce que l'on moquera pour ses signes extérieurs visibles, son particularisme. Oui, il peut faire le chemin tout seul, c'est un être pensant, un être pensant roux. A quoi penseriez-vous si vous étiez à la place du roux ? La «Erre touch» si particulière, fait là encore merveille : c'est fin, toujours drôle, toujours humain et donc toujours inattendu. Une ode à la différence ou il faut sans cesse combattre les idées reçues. Et notre roux cache la forêt des stigmatisé.e.s et des rabaissé.e.s, car cette fois-ci, en tant que victime, il est déclinable à souhait face aux haines et moqueries du moment... L'air de rien, Fabrice Erre en profite pour démonter les clichés qui s'accrochent à nos basques.

    Cette édition cartonnée comporte 8 nouvelles pages inédites.

  • Avec « Qu'importe la mitraille ! », opus tourmenté réalisé à quatre mains, Matthias Lehmann et Nicolas Moog nous montrent toute l'étendue de la complicité, dans l'adversité, de deux auteurs emblématiques de la bande dessinée alternative. Ils décryptent l'ensemble de leurs parcours artistique et le monde de l'édition dite alternative, des années 1990 à aujourd'hui, à travers des remémorations fragmentées en courts récits. Et c'est à la fois triste et pas triste. Dans la lignée du livre de Tanx, « Des croûtes aux coins des yeux », ils questionnent la réalité de façon outrancière et impudique, causent de la réalité sociale du travail et constatent leurs statuts de losers de l'art. L'humour est grinçant, les crocs-en-jambe fatals et le désespoir noyé dans des flots d'alcool.

  • Après avoir dépeint les vicissitudes de la colocation en Belgique dans son premier livre " Comme un plateau ", Émilie Plateau livre son expérience passée au Québec. C'est toujours avec humour et tendresse qu'elle nous conte son quotidien à Montréal, de la difficulté à revivre en colocation et à s'adapter à la vie outre-Atlantique à ses escapades plus ou moins réussies à Minneapolis puis New York jusqu'à l'arrivée de l'hiver rude et glacial. Son graphisme est immédiatement reconnaissable par son approche minimaliste et la minutie de son style très original, son travail du motif et de la composition, qu'elle prolonge souvent lors d'expositions de dessins découpés et en trois dimensions. De la Belgique au Canada, on y suit les jeunes adultes nomades d'aujourd'hui, pas toujours matures, confrontés aux problématiques du monde actuel. C'est en creux qu'il faut souvent comprendre les personnages qui peuplent ses récits et dont elle retranscrit avec une grande précision les attitudes et les propos.

  • Nu

    Nicoby

    Après avoir raconté une résidence d'artiste sur l'île d'Ouessant dans " À Ouessant " (6 pieds sous terre, 2010), Nicoby poursuit avec " Nu " l'exploration de son quotidien. Une veine certes autobiographique, mais où il ne faut pas oublier la force humoristique et l'auto-dérision de l'auteur. Dans Nu, Nicoby décide, avec quelques amis dessinateurs, de perfectionner son art, de le solidifier et pour ce faire, s'inscrit à un cours de modèle vivant avec eux. Outre les réticences de madame Nicoby qui voit surtout là une tentative de rinçage de l'oeil à bon compte, l'auteur part en quête du 'Trait pur', celui, pense t-il que seule une pratique intense du dessin d'après nature peut amener. Nu est donc avant tout une quête du Graal artistique classique peuplée d'observations bourrées d'humour, issues de la confrontation au quotidien d'un petit groupe d'auteurs avec leur art.

  • Bien décidé à «chasser le beauf là ou il se trouve pendant l'été...», un jeune vacancier malingre se forge l'image d'un super-héros vengeur, à laquelle il finit par croire. Un ballon de volley en guise de masque, une serviette de bain pour toute cape : Plageman l'homme-plage est né ! Flanqué de ses fidèles faire-valoir Pennak et Kingfish, Plageman n'aura de cesse de faire respecter son bon droit, quitte à se manger des roustes sévères. Méduses, touristes obèses, rugbymen et autres vigiles de superette n'ont qu'à bien se tenir...

  • Véritable recueil de 4 numéros d'un faux comics, lancé en kiosque en fanfare et dont la rédaction se rendra compte - trop tard - que trop d'optimisme ne résiste pas à la dure loi du marché dans le monde de la presse. Les numéros thémathiques se succèdent (Science-fiction, épouvante, polar, amour) tandis que la rédaction tente de sauver les meubles. Garni des rubriques habituelles de la presse (pin-up, réclames, carte blanche, etc.), l'essentiel des pages est surtout l'occasion de parler du monde de la bande dessinée avec la reprise des pages ironiques mais pleines de bon sens du blog éponyme "Les mauvaises humeurs de James et de la Tête X", agrémentées de nombreux inédits et surprises de marque. Voici enfin imprimé sur papier, l'ensemble du travail de ses deux auteurs qui ont secoué le petit monde de la bande dessinée tout au long de l'année 2006 grâce à leur blog unanimement salué par les lecteurs et presque unanimement salué par la profession.

  • C'est vers 2005 que Tanx entreprend un exercice narratif journalier, publié sur l'un de ses blogs, qui abouti aujourd'hui à ce livre au titre évocateur : Des croûtes aux coins des yeux. Tous les matins, au réveil, elle entame sa journée en dessinant un strip, couchant ce qui lui occupe l'esprit dans l'instant. Bien que l'astreinte journalière ne sera pas vraiment respecté au fil du temps, l'exercice perdure depuis maintenant 11 ans.
    On entre ainsi dans la chair crue du quotidien, brut de décoffrage, ou les vicissitudes de la survie financière, l'engagement politique, le rapport aux autres, les angoisses personnelles et tout ce qui peut composer nos premières pensées matinales se voient propulsés, littéralement évacués sur le papier. S'élabore un incroyable portrait témoignage, sans détour ni pudeur, cruel et drôle. En creux, surtout, on y lira la cartographie mentale, sociale, d'une autrice farouchement soucieuse de son indépendante et de son intégrité artistique se débattant face au monde contemporain et ses reculades sociales, sa gestion purement comptable des citoyens, de l'Art et des idées.
    Graphiquement, le style des dessins évoluent, aux fils des ans et des envies, passant du croquis hyper-expressif des débuts à un réalisme classique, dérivant vers l'anthropomorphisme... toujours vivant et surprenant, Des croûtes aux coins des yeux est un laboratoire in-vivo, bouillonnant d'idées et de spontanéité, salvateur et fort en gueule.

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