Seuil

  • Le 9 octobre 1967, Ernesto Guevara est fusillé en Bolivie. Un mythe est né : celui du Che, qui, abandonnant le pouvoir, a tenté de réconcilier Marx et Rimbaud en reprenant le combat. Qui était ce condottiere au regard intense devenu légende du siècle ? Au-delà de l'icône, l'auteur reconstitue une existence fulgurante, dominée par la passion de la révolution.Journaliste, écrivain et diplomate, Pierre Kalfon a parcouru l'Amérique latine pendant plus de trente ans. Cette biographie, vendue à des centaines de milliers d'exemplaires dans le monde, s'est imposée comme l'ouvrage de référence sur le Che.« Il a fallu cinq ans d'enquête et deux ans d'écriture pour donner naissance à cette très belle biographie, sans doute la plus complète sur le « Che ». »Le Monde

  • " on ne cesse de parler de crise des institutions, de l'école, de l'hôpital, du travail social...
    Et, à terme, de la république. il faut aller au-delà de cette plainte et de cette nostalgie.
    Longtemps, le travail sur autrui, le travail consistant à éduquer, à former, à soigner, s'est inscrit dans ce que j'appelle un programme institutionnel le professionnel, armé d'une vocation, appuyé sur des valeurs légitimes et universelles, mettait en oeuvre une discipline dont il pensait qu'elle socialisait et libérait les individus.
    Les contradictions de la modernité épuisent aujourd'hui ce modèle et les professionnels du travail sur autrui ont le sentiment d'être emportés par une crise continue et par une sorte de décadence irréversible.
    Dans le déclin de l'institution, j'ai voulu montrer que cette mutation procédait de la modernité elle-même et qu'elle n'avait pas que des aspects négatifs, qu'elle n'était pas la fin de la vie sociale.
    Plutôt que de se laisser emporter par un sentiment de chute parce qu'il n'imagine pas d'autre avenir qu'un passé idéalisé, il nous faut essayer de maîtriser les effets de cette mutation en inventant des figures institutionnelles plus démocratiques, plus diversifiées et plus humaines. " f. d.

  • Avec ce quatrième volume de La Décennie Mitterrand, Pierre Favier et Michel Martin-Roland achèvent leur monumentale enquête sur l'histoire du double septennat de François Mitterrand.
    Les Déchirements, 1992-1995, racontent avec la même rigueur et le même souci d'honnêteté la difficile fin du règne de François Mitterrand à l'Elysée.
    A partir de dizaines de témoignages inédits et l'étude de milliers de documents d'archives, les auteurs décrivent la chute d'Edith Cresson, le calvaire de Bérégovoy, la cohabitation avec Balladur, la guerre de Yougoslavie.

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  • Ils avaient vingt ans et ils ne laisseront à personne le soin de dire que ce fut l'âge le plus terrible de leur vie. Appelés ou engagés, deuxième classe ou officiers, balancés dans le chaudron de la guerre d'Algérie, ils ont accompli des actes dont jamais ils ne se seraient crus capables. Il faut plonger dans l'affreuse réalité de la guerre pour comprendre pourquoi un jeune engagé de dix-neuf ans peut écraser la tête d'un Arabe à coups de pierre, comment un gamin de vingt ans arrive à tourner la magnéto, abattre à bout portant un blessé, violer une jeune fille. Comprendre pourquoi les autres, complices dans le silence, indifférents ou désespérés s'accoutument. Pendant des mois, Patrick Rotman a recueilli des témoignages d'hommes qui avaient été confrontés à la violence extrême : torture, exactions, sévices du FLN, viols, exécutions sommaires. Cette trentaine de récits, concrets, brutaux, parfois insupportables, se mêlent à l'histoire de la guerre d'Algérie.L'ennemi intime raconte la spirale infernale qui transforme un homme ordinaire en bourreau banal, décrit ce processus où les barrières morales, éthiques, humaines s'effondrent.L'ennemi intime explore les ténèbres de l'âme, ces contrées vertigineuses où se tapit la bête, fouille la zone obscure qui chez l'homme se refuse à l'humanité.L'ennemi intime, c'est celui qui est en nous.

  • La très grande bibliothèque est née dans les polémiques.
    Les amoureux des livres et les partisans de la lecture sur ordinateur se sont vivement affrontés. L'architecture avec ses quatre tours de verre et son jardin bizarrement enterré en bord de Seine a été violemment contestée. Et, bien sûr, le coût du dernier des grands travaux de François Mitterrand a été dénoncé. Les fureurs ont redoublé en 1998 lorsque le nouveau site du quartier Tolbiac a ouvert ses portes aux chercheurs.
    Tous les malheurs ont alors paru s'abattre sur cette bibliothèque : les pannes informatiques, les incidents techniques, les crises sociales. Aujourd'hui, cette bibliothèque, l'une des premières du monde, fonctionne bien. A lire le récit précis et passionnant de François Stasse, on va de surprise en surprise. On apprend en particulier que la nouvelle Bibliothèque nationale de France n'est pas du tout celle qui avait été décidée à l'origine.
    Au-delà des difficultés apparues lors de la période de rodage, on découvre les véritables qualités mais aussi les défauts de cet immense outil culturel. Arrivé au terme de l'histoire, on se pose avec l'auteur l'angoissante question finale : à l'heure de la révolution numérique, était-ce bien cette bibliothèque-là qu'il fallait réaliser ?

  • La seconde famille, c'est eux.
    Ce sont eux, les 324 000 instituteurs - les " instits ", comme on dit - qui façonnent l'avenir social, l'apperntissage intellectuel, l'éveil psychologique de vos enfants. De vos enfants qui sont aussi, en un sens, " leurs " enfants ; Les auteurs les ont rencontrés, par centaines. Dans les villages perdus, dans les banlieues, dans les villes. Ils racontent le métier, la querelle des méthodes, les défauts de la formation, les hiérarchies subtiles, la féminisation, la solitude, les passions et les découragements.
    Le temps des hussards noirs de la République est révolu. Le monde des instits s'est émietté. Le notable du village a cédé la place à un banlieusard anonyme et individualiste. Le pouvoir syndical, lui-même, s'effrite. L'école primaire est entre deux mondes, à mi-chemin entre le passé et l'avenir. Un reportage, un dossier serein, chaleureux et critique. Un instrument pour voir et comprendre.

  • L'idée de société a longtemps fondé la cohérence et l'unité de la vie sociale des États-nations industriels et modernes.
    Cette représentation affirmait aussi l'unité de l'acteur et du système, de la subjectivité et de l'objectivité. Aujourd'hui, cette idée s'éloigne de nous quand la société cesse d'être dominée par l'industrie, quand la modernité déçoit, quand la subjectivité, égoïste ou morale, s'impose, quand les États-nations ne sont plus identifiables à " la société ". Pour autant, l'idée de société ne peut pas être abandonnée.
    Non pour céder aux nostalgies républicaines ou communautaires, mais parce que la vie sociale est désormais ce que nous en faisons à travers la représentation que nous en construisons dans les conflits sociaux, sur les scènes médiatiques et dans la vie politique. Les promesses de la modernité se sont réalisées au prix de la mort de quelques illusions. La vie sociale est une production continue, une "volonté ", quand l'objectivité du monde ne peut plus fonder l'unité de nos expériences.

  • Depuis plusieurs années, Sebastian Roché, chercheur au CNRS, porte toute son attention au sentiment d'insécurité croissant chez les Français.
    On a beaucoup dit, notammment à gauche, ces quinze dernières années, que ce fameux sentiment d'insécurité n'est que fantasme collectif et produit de la crise économique amorcée en 1973, Sebastian Roché, lui, nous propose d'examiner ce qu'il en est avant de juger ce qu'il faut en croire.
    Il montre d'abord que l'augmentation de la violence depuis les années 60 est bien réelle, et d'autant plus intolérable qu'une ample partie de la population ne dispose d'aucune réponse face à ce phénomène.
    Le plus spectaculaire, explique-t-il, est la multiplication de ce qu'il nomme les " incivilités ". Il rasssemble ici des chiiffres et des données qui établissent, une fois pour toutes, qu'on ne saurait soutenir l'idée commode que la peur, c'est l'imaginaire plus la rumeur.
    Ce livre se veut encore une mise en garde contre un discours politique que se contente de bonnes intentions et de messages rassurants tandis que la situation se dégrade.
    Les logiques fortes de la société moderne pèsent dans le sens de l'insécurité : il va bien falloir regarder les choses en face. La question n'est pas d'opposer au laxisme l'imprécation sécuritaire, mais de mesurer le déclin du contrôle social et des solidarités.
    Le bilan d'une recherche, et le cri d'alarme d'un citoyen.

  • L'hôpital est au bord de la crise de nerfs, et c'est notre affaire à tous.
    Denis labayle, chef de service dans un grand établissement de la région parisienne, met le dossier à plat pour la première fois. son livre est d'abord un livre de protestation fondé sur l'expérience et sur l'expertise. l'hôpital est incohérent. il ne parvient ni à accueillir correctement les malades, ni à coordonner la diversité des compétences requises, ni à trouver une gestion rationnelle des moyens nécessaires.
    Un monde opaque. chacun en prend pour son grade. mais le propos de l'auteur est exempt de tout corporatisme. farouchement attaché au service public, il ne plaide pour aucun lobby, aucun groupe de pression, pas plus celui des médecins que celui des gestionnaires trop lointains ou des évaluateurs en chambre. et pourtant, en france, on sait soigner. plutôt que de réclamer toujours plus d'argent, denis labayle préconise d'employer différemment les richesses humaines existantes.
    Une autre manière de travailler ensemble, de diriger, de former, de dialoguer. on peut être plus performant pour le même prix. l'auteur le démontre brillamment : qualité et transparence vont de pair.

  • "...
    Ce qui fait la complexité de notre métier, dans des endroits où la situation sociale, économique et culturelle est difficile, c'est justement de mettre l'élève en situation de pouvoir apprendre. Parce que, bien souvent, il n'est pas en état de recevoir ce qu'on veut lui donner. Quand il entre dans l'établissement scolaire, il ne se dépouille pas forcément de ce tout ce qu'il est à l'extérieur, dans sa famille, dans la vie quotidienne, dans la rue.
    L'essentiel, c'est de ne jamais oublier qu'on a devant nous des enfants, des êtres en devenir. C'est pourquoi je reprendrai volontiers à mon compte la formule selon laquelle l'élève doit être au centre du système. L'élève en tant qu'individu, en tant que personne, pas seulement dans son statut d'élève. " D'abord principale, et depuis peu proviseure, en Seine-Saint-Denis, Marie-France Santoni-Borne, questionnée par Alain Rémond, parle d'expérience, à mille lieues des stratèges en chambre et des polémistes qui n'ont pas visité un collège depuis trente ans.
    Elle nous adresse un message politiquement incorrect, un message civique, un message d'espoir.

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  • ONG, firmes multinationales, opérateurs financiers, trafiquants, mafias : ces " nouveaux acteurs transnationaux " rendraient l'Etat impotent, annonceraient un nouveau partage du monde.
    Scrutant les faits, Samy Cohen montre une réalité différente. Le crime organisé est une menace pour l'Etat, pas les OGN, dont la plupart sont ses sous-traitants. Les vieilles démocraties occidentales seraient les plus affaiblies. Paradoxalement, ce sont elles qui résistent le mieux. Le terrorisme transnational a redonné du pouvoir à l'Etat. Les pressions croissantes des ONG ont élargi sa sphère d'activité.
    La vision transnationaliste escamote les vraies responsabilités : la gestion malencontreuse des politiques publiques face à la montée des menaces sécuritaires. L'immigration clandestine, l'économie informelle, le blanchiment de l'argent sale, etc. sont tolérés, notamment par des régimes démocratiques parce qu'ils leur fournissent des revenus substantiels. L'impuissance, dans nombre de cas, n'est que le paravent d'un double jeu.

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