Sciences Humaines

  • Edgar Morin, tout le monde connaît le nom, le visage, les engagements parfois, mais qu'en est-il de l'oeuvre ?

    Ni philosophe, ni sociologue, ni anthropologue, Edgar Morin est tout cela en même temps. Il est un penseur omnivore, passionné par tous les savoirs, toutes les disciplines, fuyant la compartimentation qui mutile la connaissance de l'être humain.

    L'oeuvre d'Edgar Morin est volumineuse et protéiforme et, vue de loin, ressemble à celle d'un touche-à-tout glouton. Il a d'abord ouvert de nombreux chantiers en anthropologie (essai sur la mort), puis en sociologie (la culture de masse, la jeunesse, la sociologie du présent), le cinéma, les rumeurs, la nature de l'URSS, avant de se consacrer à son grand projet : la théorie de la complexité.

    Car derrière l'apparent éclectisme, se révèle une unité profonde : une approche complexe de l'être humain - tiraillé entre des forces diverses qui s'unissent et se confrontent en lui. Ce livre souligne la cohérence d'une pensée qui germe, naît et grandit tout au long d'un siècle jalonné de soubresauts historiques, de découvertes scientifiques, de guerres et de crises.

  • La démocratie semble, dans son principe, la façon la plus séduisante d'organiser le pouvoir dans une société. Le peuple se gouverne lui-même ou par ses représentants et chacun, étant à la fois gouverné et gouvernant, apprend à tenir compte de l'intérêt général aussi bien que de ses intérêts individuels. Aujourd'hui, tout semble différent. Au doute, né il y a une dizaine d'années avec la « crise de la représentation » et l'épuisement du modèle productiviste, entre autres, a laissé place la défiance et aux revendications la colère. Certes, les aspirations démocratiques, exprimées à travers le monde, n'ont jamais été aussi fortes, mais outre qu'elles sont durement réprimées par les pouvoirs en place, elles cohabitent avec une montée de la demande autoritaire que révèle notamment le succès électoral des partis dits « populistes ». Les « vieilles » démocraties, les mobilisations et les inquiétudes populaires s'expriment sur fond d'affaiblissement, perçu ou réel, du monde occidental. Tout se passe comme si le modèle, longtemps attractif, incarné par l'Europe et les États-Unis, était devenu un repoussoir, faute de tenir ses promesses.

    Ce livre, dirigé par Jean-Vincent Holeindre, fait le point sur ce qu'est la démocratie aujourd'hui. Après un premier ouvrage sur le sujet il y a dix ans, il fait appel à de nombreux spécialistes pour redéfinir ce que ce système politique est devenu après les multiples crises qu'il a rencontrées ces dernières années.

  • Il y a dix ans, le 30 octobre 2009, Claude Lévi-Strauss, centenaire, nous quittait. Au cours de ce siècle il a accompli ce que peu de scientifiques réalisent?: une carrière d'ethnologue des Amériques, une renommée d'écrivain et un rôle de déclencheur d'une révolution intellectuelle nommée « structuralisme ».

    Aujourd'hui, ouvrons quelques portes dans l'oeuvre du scientifique, du philosophe, du mémorialiste. Au présent, avec les exposés des meilleurs connaisseurs de son oeuvre ou de ceux qui eux-mêmes l'ont eu pour maître et guide dans leurs études. Au passé?: avec des textes de Claude Lévi-Strauss, dont certains rarement vus, regroupés sous le titre « Regards éloignés » du numéro de mai 2008 du Courrier de l'Unesco et qu'une heureuse collaboration nous a permis de reproduire ici.

    Au-delà des allégeances et des clichés, le temps autorise l'examen critique, mais aussi la relecture attentive de ce que les modes ont tendance à occulter, ainsi dans ce livre vous retrouverez entre autres Laurent Barry, Emmanuel Desveaux, Philippe Descola, Françoise Héritier (entretien de 2008) nous expliquant ce qui, dans leurs travaux sur la parenté, les mythes et les modes de pensée, prolonge les grandes intuitions de Lévi-Strauss. Vincent Debaene revenant sur l'histoire des succès multiples de Tristes tropiques, Wiktor Stoczkowski sur les ambiguïtés d'un différentialisme trop précoce, ou bien encore Maurice Bloch nous rappelant que ce fut un pas, souvent incompris, vers les sciences cognitives.

    « Ce que nous allons chercher à des milliers de kilomètres ou tout près, ce sont des moyens supplémentaires de comprendre comment fonctionne l'esprit humain », ajoutait encore Lévi-Strauss en 1988. C'est à cette conviction d'anthropologue, pour lequel le proche se dissimule dans le lointain, que se mesure la portée de son oeuvre. Par son approche de la nature et des dangers que fait peser sur elle la modernité, elle prend toute son ampleur aujourd'hui.

    Avec la contribution de : Laurent Barry, Maurice Bloch, Vincent Debaene, Philippe Descola, Emmanuel Désveaux, Françoise Héritier, Nicolas Journet, Frédéric Keck, Jean-Patrick Razon, Carlo Severi, Jasmina Sopova, Wiktor Stoczkowski, Anne-Christine Taylor.

  • Ce livre dévoile une histoire méconnue : elle commence, dit-on, avec un juif nommé Jésus, qui ambitionnait de réformer le judaïsme. Elle se prolonge dans l'affrontement du dogme et des « hérésies », jusqu'au triomphe d'une idée qui va bouleverser les sociétés, se diffuser dans un premier temps d'Irlande jusqu'en Chine...
    Puis le christianisme reflue d'Asie et d'Afrique du Nord, où il était majoritaire. Il bascule, il devient européen. C'est en Occident qu'il règne en maître. Entre cathédrales et excommunications, le pouvoir spirituel l'emporte sur le matériel. Un temps, cette Chrétienté s'en prend à l'Islam, envoyant ses chevaliers en croisades.
    Notre histoire louvoie aussi dans les méandres des divisions, entre catholiques, orthodoxes, protestants, chrétiens d'Orient et d'Occident. Elle s'écrit parfois dans le sang et les larmes, quand s'élève la voix de Martin Luther. Elle s'inscrit aussi dans l'idée d'entreprise, quand les ordres organisent l'évangélisation des Amérindiens, la conversion de l'Afrique - cette Afrique qui demain abritera la plus importante population chrétienne de la planète.
    Cette histoire, comme le résume si bien Paul Veyne, c'est bien celle de notre temps.

    Avec la contribution de : Matthieu Arnold, Jean Baubérot, Marianne Carbonnier-Burkard, Justine Canonne, Vincent Capdepuy, Jean-Claude Cheynet, Fabien Cluzel, Jean-Pierre Dozon, Bruno Dumézil, Sébastien Fath, Aurélia Hetzel, Daniel-Odon Hurel, Virginie Larousse, Bernard Lavallé, Daniel Marguerat, Jean-Pierre Moisset, Pierre Musso, Clément Quintard, Mohammed Taleb, Thomas Tanase, Laurent Testot, Henri Tincq, André Vauchez, Paul Veyne, François Vouga, Jean-François Zorn.

  • Tous les enfants du monde se mettent à parler sans qu'il soit besoin de leur enseigner à le faire. Il en va du langage comme de la société : nous les pratiquons tous les jours sans avoir besoin d'y penser.

    La linguistique comme la sociologie sont des sciences récentes. Pourtant, les philosophes n'ont pas attendu leur naissance pour soulever des questions qui, sous des dehors différents, ont traversé les siècles et restent encore ouvertes aujourd'hui : le langage est-il à l'image de nos pensées ? Quel rapport a-t-il avec la réalité du monde ? Quels sont ses usages légitimes ?

    De la querelle des universaux à la théorie du signe et du sens, les questions posées il y a plus de deux mille ans ne cessent de ressurgir. Mais c'est désormais avec l'aide des sciences naturelles et des sciences cognitives que linguistes et philosophes peuvent compter pour les éclairer.

    Un panorama des théories du langage et des langues, de l'Antiquité à aujourd'hui. Avec les contributions de : Ali Benmakhlouf, Joël Biard, Ranka Bijeljac-Babic, Brigitte Boudon, Josiane Boutet, Laurence Buson, Louis-Jean Calvet, Anne-Marie Chabrolle-Cerretini, Jean-François Dortier, Jacques François, Béatrice Godart-Wendling, Catherine Halpern, Nicolas Journet, Chloé Laplantine, Régis Meyran, Érik Neveu, Dairine Ni Cheallaigh, Karine Philippe, Matthieu Pierens, Valérie Raby, Sophie Saffi, Pierre-Yves Testenoire.

  • Depuis l'Antiquité, les grands penseurs de l'éducation sont loin d'avoir parlé d'une seule voix. Si, pour tous - philosophes, moralistes, théoriciens ou praticiens - l'éducation était la pierre de touche pour construire un monde répondant à leurs attentes, certains jugeaient nécessaire de façonner les jeunes générations, prônant parfois le formatage ou l'endoctrinement. D'autres, plus humanistes, défendaient la liberté de l'enfant et un enseignement plus démocratique.

    Des psychologues, des sociologues, des économistes et aujourd'hui des neuroscientifiques abordent les questions d'éducation à travers les théories de la connaissance, du développement de l'intelligence, du fonctionnement du cerveau, ou de l'économie politique, sommée de faire face aux grands enjeux d'une éducation qui concerne maintenant l'ensemble des enfants de la planète.

    De Rousseau à Maria Montessori, de John Dewey à Célestin Freinet... Un panorama des grandes figures de la pédagogie qui ont proposé leurs conceptions sur les façons d'apprendre, de former, de transmettre : en somme de forger les individus et les sociétés humaines.

    Sous la direction de Martine Fournier. Aves les contributions de : Britt-Mari Barth, Claudie Bert, Jean-Michel Blanquer, Michel Brossard, Philippe Carré, Martine Fournier, Catherine Halpern, Baptiste Jacomino, Catherine Kintzler, Thomas Lepeltier, Stéphane Lembré, Héloïse Lhérété, Jean-François Marmion, Pierre Manent, Anne Mascret, Philippe Meirieu, Jean-Marie Mignon, Georges Minois, Pierre Morère, Dominique Ottavi, Michel Soëtard, Maurice Tardif, Vincent Troger.

  • Michel Foucault L'homme et l'oeuvre Héritage et bilan critique Faire une oeuvre dans sa vie, faire une oeuvre de sa vie : l'un et l'autre des desseins de M. Foucault - décédé du sida il y a plus de trente ans -, ont fini par se confondre. De lui subsistent mille facettes. Philosophe critique, historien de la folie, penseur du sujet, militant des prisons, fossoyeur de l'humanisme, précurseur des gays studies, bricoleur de concepts, reporter en Iran, star médiatique, adulé et honni. Il fut tout cela à la fois, symptôme de ce vingtième siècle français qui porta aux nues la figure de l'intellectuel.
    Et après ? On changea d'époque, de préoccupations, de paradigmes. Le marxisme quitta la scène, le structuralisme se périma, la folie trouva de nouveaux porte-voix, le monde devint multipolaire. L'histoire aurait pu se contenter de ranger la pensée foucaldienne au rayon des affaires classées. Elle aurait pu la momifier et la canoniser. Mais Foucault ne se laisse pas enterrer si facilement. Cette pensée, labile et rebelle, connaît un destin singulier ; elle s'est émancipée des livres qui l'ont enfantée.  On peut l'affirmer aujourd'hui sans exagérer : il existe un nouveau Foucault. Des textes inédits ont été publiés. Cours au Collège de France, émissions de radio retranscrites, conférences dans des universités à travers le monde. On lui découvre de nouveaux thèmes, d'autres méthodes. Telle une herbe folle et sauvage, cette oeuvre continue ainsi à pousser, se déplacer, se ramifier, changeant de physionomie au fil du temps. Parallèlement, sa réception prend un tour inattendu. Il existe un Foucault français, italien, américain, japonais. Des psychologues, juristes, médiateurs, médecins, architectes, politistes se réclament de lui. La parole de Foucault se promène même sur les planches, captée par des metteurs en scène. Ses concepts circulent partout, ils sont brandis, branchés, mais il n'est pas certain que Foucault soit vraiment lu et compris autant qu'il est cité.  Que faire aujourd'hui de cette pensée ? Quelle est sa cohérence, sa pertinence, sa portée ? Autant de questions qui animent cet ouvrage. La plupart des auteurs appartiennent à une nouvelle génération de chercheurs. Sans allégeance ni défiance, ils construisent ici un bilan critique, honnête et fécond. 

  • Savons-nous vraiment qui était Mahomet ? Dans quelles circonstances le Coran a-t-il été écrit ? Pourquoi cette hostilité entre chi'ites et sunnites ? D'où vient l'idée de jihâd ? Ces interrogations posées dès l'origine sont fondamentales, tant elles sont instrumentalisées dans les débats contemporains, et une solide connaissance des fondations de l'islam est indispensable à l'heure où des extrêmes de tous bords essaient d'en imposer des visions aussi partiales que mensongères. Si l'islam est aujourd'hui, au grand dam de la majorité de ses pratiquants, au centre de toutes les attentions, la géopolitique montre des islams très variés dans des sociétés pétries de tensions, entre manne pétrolière, extrême pauvreté, régimes politiques trop souvent autoritaires... Hélas, des décennies de discours radicaux ont convaincu nombre de musulmans qu'il convenait de revenir à un islam mythifié, celui des premiers temps, pour purifier les sociétés de leurs problèmes - les jihadistes entendent appliquer ce programme par l'ultraviolence. Simultanément, des processus mondialisés font leur oeuvre, ainsi s'esquisse un islam consumériste, qui se vit à travers diverses stratégies individualistes.

    La conclusion de cet itinéraire historique et géopolitique s'impose : l'islam d'aujourd'hui, comme celui d'hier, est pluriel.

  • Le retour de la pensée critique à travers trois auteurs phares : Foucault, Derrida et Deleuze.
    Michel Foucault, Jacques Derrida et Gilles Deleuze, trois philosophes longtemps boudés par la France et aujourd'hui redécouverts.
    Leurs pensées peuvent être qualifiées de « rebelles » au moins à un double titre.
    Rebelles d'abord parce qu'indociles, critiques, indomptables, remettant sans cesse en question le pouvoir, l'institution et la manière même de penser et de philosopher. M. Foucault n'a de cesse de mettre en évidence la nature disciplinaire des institutions, en premier de la prison, et montre que le pouvoir est partout. G. Deleuze entend libérer le désir de la répression et en appelle aux lignes de fuite. J. Derrida entreprend pour sa part de déconstruire tout un héritage philosophique.
    Pensées rebelles également parce que souvent difficiles d'accès - parfois même obscures ou hermétiques - et rétives à une lecture univoque. Et pourtant, en dépit de leur difficulté intrinsèque que certains se sont plus à moquer, elles ont trouvé et trouvent encore un écho qui déborde largement l'espace philosophique restreint de l'université.. Si leurs textes sont souvent ardus, M. Foucault, J. Derrida et G. Deleuze ont toutefois réussi à se faire entendre. Leur engagement y est sans doute pour beaucoup. Loin de s'enfermer dans leur tour d'ivoire, Foucault, Derrida et Deleuze se confrontent au réel et participent aux luttes concrètes de leur temps, qu'il s'agisse du Groupe d'information sur les prisons, de Solidarnosc ou du soutien à Nelson Mandela.
    Les sciences humaines prennent aujourd'hui conscience de la fertilité pour leurs travaux des concepts de ces auteurs depuis le nomadisme d'un Deleuze au biopolitique d'un Foucault. Signe que nos trois philosophes sont enfin entrés dans le panthéon des auteurs canoniques ?
    A l'heure où ces pensées semblent s'être patrimonialisées, il nous a paru judicieux de ne pas oublier la force de leur posture critique. Rebelles elles furent, et rebelles elles sont encore.
    Cet ouvrage est une reprise actualisée du Hors-série spécial n° 3 du magazine Sciences Humaines (mai-juin 2005) qui a connu un immense succès et est aujourd'hui épuisé.

  • Il en va des idées politiques comme des couleurs. Il en existe des chaudes et des froides, des primaires, des dégradées et d'infinies variations. En matière idéologique, les options fondamentales sont en petit nombre. Soit vous pensez que le monde est plutôt hostile, les humains rivaux, vous êtes attachés à votre sécurité et au respect de l'héritage du passé (vous êtes conservateur), soit vous croyez à l'initiative privée, vous vous méfiez des forces collectives ; vous êtes prudemment attachés au progrès et passionnément à la liberté (vous êtes libéral), soit enfin vous croyez à la solidarité collective, désirez un monde plus égalitaire et pensez qu'il faut s'orienter vers des formes d'organisations sociales radicalement nouvelles (vous êtes socialiste).
    Mais la nature est ainsi faite qu'elle ne se contente jamais de trois couleurs primaires. Elle les brasse à l'infini et en recrée de nouvelles en brouillant les pigments. À gauche figurent des socialistes, mais encore des étatistes, des internationalistes, des souverainistes, des révolutionnaires, des réformistes, des socio-démocrates, des républicains, et même des libéral-libertaires ou des socio-libéraux. Il existe aussi tout un camaïeu de droites : bonapartiste, contre-révolutionnaire, radicale, autoritaire, libérale, nationaliste, démocrate-chrétienne, voire anarchiste... Un centre - et même plusieurs - tentent de se faire une place « ni à droite ni à gauche ».
    En politique, les idées pures n'existent pas. Elles s'arriment à l'histoire, s'ancrent dans le terreau social, se mâtinent au contact des réalités économiques. Chaque génération superpose ses idéaux et ses dissensions sur ceux de la précédente, si bien qu'avec le temps toutes les teintes politiques semblent devenues possibles, y compris les plus improbables. Syncrétisme généralisé ? Il y a sans doute de cela dans ce grand bricolage idéologique que beaucoup opèrent, picorant en droite à gauche les idées qui leur plaisent, pour le meilleur et pour le pire. Notre paysage politique ne s'est pas pour autant dépouillé des idéologies. Les lignes sont simplement devenues moins lisibles, d'autant que les bouleversements liés à la mondialisation des enjeux brouillent les cartes.
    Ce livre présente chacune des grandes familles politiques actuelles, avec son histoire, ses idées, ses fractures, ses enjeux, ses cousinages européens. Un tel sujet exige de croiser les regards ; c'est pourquoi nous avons sollicité aussi bien des philosophes, des sociologues, des historiens, des politistes afin de mieux clarifier les enjeux.

  • La révolution digitale, depuis des années nous en entendons parler, mais quelle est-elle ? Quelles en sont ses conséquences géographiques ? Est-elle un simple changement technologique ? Un nouveau modèle économique ? Conduit-elle à un changement sociétal voire anthropologique ? À chacun de ces niveaux, les conséquences sont déjà grandes : villes intelligentes, mais aussi capacités de contrôle des déplacements des objets et des hommes ; nouveaux services de proximité nés de l'entraide et de la mutualisation, mais aussi extension des territoires du low cost ; nouvelles relations Nord-Sud, mais aussi colonisation américaine d'un monde digital dans lequel l'Europe ne parvient pas à peser ; auto-organisation des acteurs locaux, mais aussi recul de l'État et des services publics que les usagers réduisent à un rôle de plateforme.

    Le numérique sera le méta-théâtre dans lequel s'exprimeront les enjeux, les conflits et les compromis des sociétés humaines de demain. L'intérêt de l'approche par les territoires est qu'ils restent un domaine dans lequel les relations interpersonnelles, le discontinu et la limite s'inscrivent durablement, alors que le monde digital est celui du plein accès, de la transversalité généralisée et du sans limite, pour le meilleur : la créativité, ou pour le pire : la totalité.

  • Plus que jamais l'alimentation est enkystée dans des problématiques qui dépassent la seule production agricole destinée à nourrir les hommes. Les rapports de force qu'elle induit (c'est l'étymologie du mot géopolitique) rendent solidaires tous les humains, plus que jamais impactés par les comportements des uns et des autres d'une extrémité à l'autre du monde.

    Cette géopolitique refuse l'idée que les seuls rapports de force économiques soient à la source des conflits qui empêchent les uns de manger à leur faim et les autres de mieux contrôler l'abondance dont ils disposent. Elle développe la thèse que les cultures alimentaires sont robustes et empêchent des firmes multinationales de gagner des marchés alimentaires aussi facilement que des marchés technologiques. Elle expose ce qu'Olivier De Schutter a défendu lors de son mandat de rapporteur spécial pour l'alimentation aux Nations unies : un droit de l'alimentation comme une des solutions les plus radicales pour que cessent les inégalités face à l'une des conditions les plus essentielles de l'humanité. Une nouvelle édition entièrement revue et augmentée qui traite des inégalités, de la mesure des conflits et des conditions de leurs résolutions.

  • Un dictionnaire encyclopédique qui met à la portée de tous les concepts (acteur, conscience, estime de soi, gouvernance, mondialisation, postmodernité...), les auteurs (Bourdieu, Darwin, Foucault, Mauss, Tocqueville, Weber...), les théories qui forment le corpus actuel des sciences humaines. Un dictionnaire vivant et humain: chaque notion est présentée à partir d'exemples concrets qui permettent de comprendre facilement les enjeux et de les situer dans leur contexte. Un dictionnaire actuel: si la dimension historique est systématiquement prise en compte, ce dictionnaire se veut résolument ouvert aux apports récents dans tous les domaines. Un inventaire des disciplines: les principales disciplines des sciences humaines font l'objet d'un développement spécifique en fin d'ouvrage, qui rappelle les fondamentaux (histoire et définition, méthodes et enjeux) pour chacune d'elles. Par sa conception résolument vivante et pédagogique, grâce à son ouverture à l'interdisciplinarité et aux apports internationaux, ce dictionnaire est le compagnon de travail idéal des étudiants, la référence indispensable pour les professionnels des sciences humaines et un outil de culture générale pour un large public.

  • Les sciences humaines sont les plus jeunes d'entre toutes les sciences : elles n'ont que deux siècles, durant lesquels la recherche des faits, l'observation directe, l'expérience et le laboratoire deviennent leur marque de fabrique et les sciences naturelles, leur boussole. Mais leur divorce d'avec la philosophie ne les dispense pas de recouper sa route chaque fois que l'esprit de science se heurte à la complexité du fait humain.
    Le XIXe siècle est celui de l'histoire et de l'évolution. Au tournant du XXe siècle, les disciplines s'a rment : sociologie, linguistique, psychologie, économie, anthropologie connaissent leur a^ge "classique". Le XXe siècle est celui des écoles, des courants et des grands récits : positivisme, béhaviorisme, libéralisme, marxisme, structuralisme, néoévolutionnisme, cognitivisme... Ils rivalisent souvent et se succèdent sur le devant de la scène, avant de laisser la place à un grand doute : et si le progrès du savoir sur l'homme n'était au fond qu'illusion ? A cette autocritique les sciences humaines se sont montrées résilientes, et ont résisté par la spécialisation.
    Mais tous les chercheurs ne s'y sont pas résignés et l'ambition d'une nouvelle synthèse est toujours présente. 50 grands penseurs/50 oeuvres indispensables. Le vademecum de culture générale à l'usage de tous les étudiants en sciences humaines et sociales.

  • Tout ce que vous voulez savoir sur la psychologie !
    Qu'est-ce que la perception ? Quels sont les mécanismes de la mémoire ? Quelle différence y a-t-il entre psychanalyse et psychothérapie ? Quelles études faut-il faire pour devenir psy ?
    Toutes les réponses à ces questions se trouvent dans cette introduction à la psychologie, conçue et présentée de manière simple et claire, assortie d'exemples nombreux, de schémas et de tableaux.
    La psychologie peut être définie comme l'étude scientifique du fonctionnement humain, du comportement des individus et de leurs processus mentaux. Elle est centrée sur un objet d'étude complexe (l'être humain) qui peut, et doit, être abordé de manière très différente. Il n'existe pas aujourd'hui une et une seule théorie du fonctionnement humain... Ce livre présente et explicite l'ensemble de ces processus, du normal au pathologique d'un côté, du biologique au social, de l'autre, à travers des exemples simples et clairs.
    Il présente également les différentes applications de la psychologie dans les domaines de la santé, de l'éducation, du sport...
    Enfin, un abécédaire et une bibliographie détaillée en font un outil de référence.

  • Un dictionnaire vivant et facile à consulter, mettant à la portée de tous les concepts, les auteurs, les théories qui forment le corpus actuel des sciences sociales.

  • Depuis la plus haute Antiquité, les hommes cherchent à comprendre le monde et à en rendre compte de façon rationnelle. Analyser les ressorts de cette formidable aventure intellectuelle qu'est la science suppose d'explorer à la fois son évolution, son organisation, puis de réfléchir sur ses démarches, tout en exposant les débats qu'elle suscite.

  • Avec la conjonction de la crise financière, d'alarmes croissantes concernant le changement climatique, de la misère persistante dans de nombreux pays, le débat sur la mondialisation se déploie désormais sur fond de questions plus radicales à propos de l'avenir même des capitalismes. Le libéralisme économique et politique ne semble plus être le mieux placé pour résoudre ces problèmes.

    La mondialisation actuelle a certes de nombreux précédents, mais elle est singulière. Elle est la combinaison de quatre «?globalisations?»?: globalisation des firmes, de la finance, du numérique, de la nature. Elle se définit également par une mise en compétition généralisée par les firmes globales de l'ensemble des territoires, mais aussi par une mise en compétition des firmes globales par les investisseurs institutionnels via la finance de marché. Ce processus aggrave certaines inégalités et en réduit spectaculairement d'autres. Il favorise les émergences rapides, mais provoque des fragmentations.

    Dans ce contexte, quels sont les scénarios pour l'avenir?? Les acteurs économiques sont-ils tous appelés à devenir nomades pour rester compétitifs?? Les États ont-ils encore un rôle «?régulateur?» à jouer?? Quel est l'avenir des pays «?occidentaux?» et celui des régions du monde qui sont encore laissées pour compte??

    Sans désespérer du futur, Pierre-Noël Giraud apporte des réponses lucides et argumentées à ces questions en levant quelques idées reçues.

    Nouvelle édition, entièrement revue et augmentée, de l'ouvrage de référence de P. N. Giraud, La Mondialisation, éd. Sciences Humaines, 2008.

  • Régulièrement, le travail fait la une de l'actualité. Les prétextes ne manquent pas. Les fermetures d'entreprise, les délocalisations, les conflits sociaux, les vagues de suicides, le chômage persistant, l'organisation délétère des activités productives, les plaintes professionnelles sont autant de thèmes qui, ponctuellement, retiennent l'attention et nourrissent les débats. À n'en point douter, le travail d'aujourd'hui pose problème. Voilà un constat pour le moins paradoxal car, si l'on en croit certaines enquêtes sociologiques menées à grande échelle, la plupart des Français associent le travail à leur bonheur de vivre.
    Pour comprendre et dépasser cette contradiction apparente, il convient de regarder la manière dont le travail se transforme. Tel est l'objectif du présent ouvrage. Celui-ci présente ainsi les nouvelles formes de coopération productive qui se développent avec les plateformes numériques comme Uber et bien d'autres encore.
    Le livre met en évidence plus généralement l'existence d'une série de tensions, de nature et de portées inégales, qui affectent notre manière de travailler. Ces tensions peuvent être lues comme le produit de mutations (nouvelle donne économique et technologique) et de stratégies gestionnaires qui ont des conséquences tous azimuts sur les flux de main-d'oeuvre internationaux, le marché de l'emploi, l'organisation des entreprises, les conditions de travail ou encore l'articulation entre les multiples temps sociaux qui rythment notre vie quotidienne.
    Le travail n'est pas qu'un geste, c'est aussi un bien commun. Connaître le travail à travers les tensions qui le traversent aujourd'hui constitue un moyen privilégié pour en dessiner les contours de demain.

  • Qu'ils soient sociologues, philosophes ou économistes, les premiers penseurs de la société ont, face à un monde entièrement nouveau, scruté les transformations qu'engendraient l'avènement de la démocratie (Alexis de Tocqueville), le règne du capitalisme (Karl Marx) ou la rationalisation du monde (Max Weber).

    Au cours du XXe siècle, la professionnalisation des sciences sociales et la spécialisation des chercheurs ont conduit à une démultiplication des regards. Aux théories fondées sur les rapports de domination (Pierre Bourdieu) ou la centralité des mouvements sociaux (Alain Touraine) répondent des travaux investiguant le quotidien des interactions (Erving Goffman, l'ethnométhodologie) ou la ratio-nalité des individus (Raymond Boudon, Gary Becker, Michel Crozier).


    Aujourd'hui, les penseurs de la société semblent avoir fait le deuil d'une théorie globale. La dissolution des groupes sociaux (Jean-François Lyotard et la pensée postmoderne), la globalisation (Saskia Sassen, Manuel Castells, Zygmunt Bauman) mettent à mal l'idée même de société. Pourtant, le vieux monde social n'a pas -entièrement disparu.

    Un panorama des théories de la société, d'hier à aujourd'hui, pour mieux comprendre le présent.

  • Loin d'être un catalogue d'idées et de concepts, ce livre se propose de saisir la force et l'originalité de la pensée de chaque philosophe, d'hier à aujourd'hui. On y rencontre aussi bien des bâtisseurs de système, comme Leibniz, Kant ou Hegel, que des penseurs critiques, tels Nietzsche, Foucault ou Derrida. Les idéalistes côtoient les empiristes, les épistémologues croisent les penseurs du politique ou les philosophes de la sagesse.
    Pour faire écho aux présentations de la pensée des philosophes, des articles thématiques évoquent les grandes questions de la philosophie : la liberté, le bonheur, la morale, le pouvoir, la science. Ces questions sont abordées à la lumière des interrogations contemporaines majeures.
    Des textes et de nombreuses citations viennent étayer le propos et permettent de se " frotter " aux genres et aux styles philosophiques : des dialogues platoniciens aux propositions composées à la manière des géomètres de Spinoza, de l'écriture poétique de Nietzsche aux aphorismes de Wittgenstein, ces textes sont autant de balises et de repères pour arrimer la réflexion mais aussi des chemins de traverse pour penser aussi loin que possible.
    Un petit dictionnaire bio-bibliographique vient clore l'ouvrage.

  • Qui sont ces hommes, pionniers, inventeurs, découvreurs des sciences humaines ? Ce sont des hommes et des femmes, justement, avec leurs prémonitions et leurs visions, mais aussi leurs limites, leurs contradictions.
    L'histoire des sciences humaines est une somme d'histoires de vie, d'intuitions brillantes et d'erreurs de jugement.
    Il y eut d'abord les pionniers : Michelet, Toqueville, Comte, et bien d'autres, ont participé à la construction d'un savoir nouveau. Puis vient le temps des fondations - avec Durkheim, Freud, Weber - où les disciplines se cristallisent autour de revues, d'écoles de pensée, d'institutions.
    Enfin, arrive le temps des chercheurs. Les sciences humaines connaissent alors croissance, spécialisation et professionnalisation.
    Dans un style narratif accessible, Jean-François Dortier et l'équipe de Sciences Humaines entraînent le lecteur dans les méandres de la construction du savoir. Ils jettent un regard original et érudit, parfois amusant, sur deux siècles de sciences de l'homme et de la société.

  • Comment lire la société ? Quels sont les principes de l'action des individus ? Pourquoi parle-t-on de société liquide ? La sociologie est une des disciplines de base en sciences humaines. Aujourd'hui plus que centenaire, servie par des oeuvres majeures, cette discipline est partout et propose des données empiriques, des théories, des instruments de mesure, des outils d'intervention pour comprendre et agir... Récemment de nouveaux thèmes et de nouvelles façons d'observer le social sont apparus : les sociologues scrutent davantage les interactions, le rôle des valeurs et des représentations, ils mettent en avant le rôle de l'individu réflexif, pointent la diversité des pratiques et des logiques d'action et s'interrogent, pour certains, sur la consistance du social

  • « C'est un ado ! », « crise de l'adolescence » : ces termes sont employés partout comme une évidence. Pourtant, répondre à la question « Qu'est-ce que l'adolescence ?» ne va pas de soi. Il faut distinguer ce qui concerne l'adolescent lui-même - l'individu singulier qui, à l'âge de la puberté, vit de profonds?bouleversements physiques et psychiques - de l'adolescence, un ensemble de représentations collectives liées à cette classe d'âge et qui varient selon les sociétés et les générations. ?

    Quand commence et finit l'adolescence ? Filles et garçons vivent-ils ce passage de manière différente ? 90 % des ados sont bien dans leur peau, dit-on, mais les 10 % qui vont mal, comment les aider ? Qu'en est-il de la violence des adolescents ? Et leurs parents, eux, comment vivent-ils cette période ?...?

    Ce livre donne la parole à des spécialistes de toutes disciplines pour faire le point sur cet âge de la vie complexe mais riche de potentialités.

    Avec les contributions de :? V. Bedin, A. Braconnier, N. Catheline, P. Cottier, D. Coum, M. Dagnaud, I. Danic, É. Debarbieux, D. Favre, M. Fize, M. Fournier, F. Gierski, P. Huerre, A. Iteanu, P. Jeammet, H. Lagrange, P. Lardellier, D. Le Breton, D. Marcelli, M. R. Moro, L. Mucchielli, C. Prost-Lehmann, É. Rallo Ditche, R. Shankland, R. Turgon.

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