Rue D'ulm

  • Cet ouvrage, publié à l'occasion des dix ans du dictionnaire français, délibérément multilingue, est un ouvrage de traduction et sur la traduction. Il poursuit le geste du Vocabulaire européen et constitue un manifeste à la fois philosophique et politique pour la diversité des langues. La traduction, comme savoir-faire avec les différences, devient visiblement l'un des meilleurs paradigmes, sans doute aujourd'hui le plus fécond, pour les sciences humaines.

  • Panem et circenses ! Si l'on répète à l'envi les mots de Juvénal, on se trompe en général sur le sens de l'expression « jeux du cirque » : il ne s'agit en rien des combats de gladiateurs, mais bien du spectacle sportif qui se déroulait dans le Grand Cirque de Rome et offrait des compétitions athlétiques et surtout hippiques. Ben Hur et non pas Spartacus. Et comme le sport antique est souvent identifié à la Grèce, en raison d'Olympie et du renouveau des jeux olympiques en 1876, on a aussi tendance à oublier que ce sont les Étrusques et non les Grecs qui ont le plus apporté aux Romains dans ce domaine : il était donc nécessaire de présenter ici diverses facettes du sport étrusque.
    Les jeux du cirque sont un moment essentiel dans la société romaine et les courses de chars, qui par bien des côtés évoquent notre football contemporain, s'affirment d'une incroyable modernité : un spectacle planétaire déchaînant les passions dans tout l'Empire romain, un Grand Cirque pouvant accueillir 150 000 spectateurs, une organisation en quatre factions qui avaient tout de nos grands clubs, enfin un culte de la vedette, les cochers de quadriges en l'occurrence, aux gains scandaleux, et qui étaient parfois transférés d'un club à un autre. « Allez les Rouges ! » criaient sur les gradins les supporters de cette couleur...

  • Célébré pour son « rire sérieux » et satirique, créateur de formes nouvelles (dialogue des morts, voyage fantastique), Lucien de Samosate est aussi l'auteur (l'inventeur ?) des « tableaux » d'Apelle ou de Zeuxis qui ont inspiré les artistes de la Renaissance en l'absence des oeuvres originales perdues. À côté de ces descriptions d'art (ou ekphraseis), qui sont autant de mises en scène de l'art du sophiste, Lucien soumet toutes sortes d'oeuvres antiques, picturales, sculpturales, architecturales, à l'évaluation du regard et du discours d'un homme de culture.

  • Homère « maître de rhétorique » ou Homère « premier sophiste », tel est le paradoxe d´une réception antique qui fait de l´aède de Chios le maître d´un idéal oratoire. Ce volume décline les différentes modalités selon lesquelles l´autorité d´Homère s´exerce ou se voit discutée, dans la formation rhétorique des élites d´abord, puis dans le discours des sophistes et des orateurs. Dans les multiples situations de communication auxquelles l´homme éloquent sait répondre - discours public, banquet, dialogue familier, cour impériale -, le Poète est souvent invité. Parler d´Homère, c´est se révéler homme de culture, mais c´est aussi cimenter cette culture, en empruntant, par les exemples et les citations homériques, un langage partagé par les Grecs, depuis l´Athènes classique jusqu´à l´époque byzantine.

  • Dans la Rome ancienne, la honte constituait un outil efficace de contrôle des comportements.
    Phénomène social, moyen idéologique, objet intellectuel, elle constitue une voie d'accès privilégiée aux mentalités et aux modes de pensée romains. Mais tout en se présentant aux modernes à travers le prisme trompeur d'une désignation uniforme, la honte recouvrait des réalités, des pratiques et des fonctions diverses : tantôt formalisée par les études savantes ou exploitée dans des oeuvres littéraires, tantôt subie ou infligée dans la vie quotidienne ou sur la scène politique.
    D'un domaine à l'autre, d'une époque à l'autre, ce volume interroge l'unité de la notion sur le temps long de l'histoire romaine. Entre extériorité et intériorité, pensée réflexive ou expérience formalisée, l'idée d'une honte proprement romaine est ici mise à l'épreuve.

  • Les Nuées, qu´Aristophane même considérait comme la plus « savante » ou « habile » de ses oeuvres, inaugure avec éclat la longue histoire des rapports de l´intellectuel avec le monde. Le chemin qui conduit à l´abolition des dettes contractées par un fils dispendieux passe-t-il par celui des connaissances ? Le père endetté, qui répond au nom transparent de Strepsiade - M. Retourneur -, tente sa chance. En vain : c'est un lourdaud. Lui-même emberlificoté par un fils qui excipe de la leçon des philosophes pour le frapper, il se retournera finalement contre le « Pensoir », l'école philosophique dont Socrate est ici le représentant attitré. La pièce d´Aristophane, avec la virulence propre à la comédie et les ressources propres au théâtre, parle de la relation entre la théorie et la pratique, mais aussi de celle entre les Nuées, divinités aussi suprêmes que complexes, et les simplets que nous sommes tous ; elle parle aussi de la langue et des théories philosophiques, dont elle construit l'unité sous-jacente et dénonce la complicité profonde, par-delà leur confrontation de surface. En fin de compte, la comédie se révèle aussi école de pensée. Platon saura s'en souvenir.
    Préface de Monique TrédéSous la direction de Rosella Setta Cottone

  • Études de littérature ancienne 8 Les auteurs se sont attachés à saisir les diverses nuances du rire « littéraire » dans les oeuvres comiques de l'Antiquité.
    De cet art comique, la comédie reste l'expression privilégiée et Aristophane, Ménandre et Plaute sont au coeur de ces études.

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  • Comment la conception religieuse et mythique de la nature qu'avaient traditionnellement les Romains a-t-elle survécu à l'irruption de la philosophie? Que savaient-ils de la réflexion grecque sur la physique ? Comment ont-ils adapté cette information à leurs propres préoccupations ? Telles sont quelques-unes des questions explorées dans cet ouvrage. .

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  • À la fin de la République romaine, deux figures contrastées ont dominé la scène philosophique : Cicéron, Romain, et Philodème de Gadara, un Oriental hellénisé. Le rôle de Cicéron est bien connu, au moins comme historien de la philosophie ; celui de Philodème, le maître épicurien de la baie de Naples, commence seulement à l'être, depuis que sont réédités scientifiquement les textes transmis par les papyrus d'Herculanum.

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  • Penser les dieux avec les présocratiques Nouv.

    À l'aube du Ve siècle, les Grecs ont pris leurs distances avec les croyances traditionnelles et on voit s'élaborer les premières explications rationnelles du monde.
    Impliquent-elles une forme d'athéisme ? ou coexistent-elles avec de nouvelles conceptions religieuses comme l'ont pensé les historiens de la philosophie jusqu'à une date récente ?
    Dans les écrits fragmentaires des sages présocratiques, les dieux sont très peu présents, les représentations religieuses antérieures mises en question et le langage des mythes se transforme jusque dans le sens des noms. Intégrant les résultats des dernières découvertes papyrologiques, cet ouvrage met en évidence les liens inextricables qui unissent la pensée cosmologique et éthique des Anciens, leurs croyances et leur réflexion sur la langue. Pour penser contre les dieux, il aura déjà fallu les penser.

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  • Le renouvellement des études antiques a mis en évidence l'importance de la notion d'identité. Les populations indigènes soumises par les Grecs puis par les Romains, les phénomènes d'acculturation ont suscité l'attention, interrogeant la manière dont ces peuples étaient représentés par les vainqueurs. En évoquant les autres, ceux-ci nous parlent d'abord d'eux-mêmes, de l'imaginaire qui les habite, bien plus qu'ils ne nous livrent des informations ethnographiques. Si les questions d'identité ethnique et culturelle ont été bien étudiées dans le monde grec, tel n'est pas le cas dans le monde romain. Pourtant, la maîtrise d'un Empire immense est passée par l'intégration progressive de peuples très divers, et la conception romaine de l'identité culturelle s'est développée de manière originale : c'est ainsi, par exemple, que le motif de l'humanitas a permis d'articuler la relation de Rome avec les Barbares. Il s'agit donc dans ce livre non d'une mais de plusieurs identités, de la définition culturelle de la romanité et de la représentation, par les Romains, de l'altérité.

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  • Le livre IX des Histoires de Tite-Live s'ouvre sur le désastre retentissant qu'infligent les Samnites aux Romains en ce dernier tiers du IVe siècle avant notre ère : aux Fourches Caudines, les légions romaines sont obligées de passer sous le joug, à commencer, déshonneur suprême, par les consuls, à demi-nus ou presque (primi consules prope seminudi sub iugum missi). Mais Rome n'aurait pas été Rome si la situation n'avait pas été rétablie, et l'humiliation bientôt effacée : même Alexandre le Grand, qui vivait à cette époque, n'aurait pas vaincu le peuple romain s'il était venu en Italie au lieu d'aller conquérir l'Orient et ses nations voluptueuses...
    Ce livre IX voit aussi la geste de grands personnages comme Papirius Cursor et Appius Claudius, le censeur qui construisit le premier aqueduc et traça la voie appienne, la « reine des longues routes » (Stace). Ce sont ces généraux et ces politiques hauts en couleurs que les auteurs de l'ouvrage viennent nous présenter, en s'appuyant sur le texte livien dont on ne néglige aucun aspect, depuis son établissement jusqu'à son style.

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  • Les quatre textes rassemblés dans ce volume étudient respectivement les festins des prétendants et la relation festin-guerre dans l'Odyssée, l'opposition classique masculin-féminin qui se trouve modifiée dans les Odes d'Horace, la traduction latine de verbo des Sentences de Sextus par Ruffin et les origines du mythe d'oedipe.

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  • Comment naquit l'histoire politique en Crèce au Ve siècle avant notre ère ? En racontant la guerre du Péloponnèse, Thucydide n'a pas seulement écrit l'histoire de la plus importante des guerres grecques : soucieux de " voir clair " dans les événements, il a scruté avec une lucidité exceptionnelle le comportement de ses principaux acteurs et mis en lumière les ressorts politiques, intellectuels et psychologiques animant les cités et les hommes de son temps.
    Unique par sa visée (l'histoire d'un seul événement) et par ses exigences méthodologiques, l'oeuvre de Thucydide n'en est pas moins fortement inscrite dans son époque : nombreux sont les points de contact avec les sophistes, les médecins (Hippocrate), les tragiques (Euripide), les philosophes (Platon), avec lesquels l'historien partage un même désir de connaissance. Les textes de Jacqueline de Romilly réunis dans ce livre présentent, avec rigueur et vivacité, quelques jalons essentiels de la réflexion qu'elle a menée durant plus de quarante ans sur Thucydide.
    Ils devraient intéresser non seulement les passionnés de la Grèce antique, mais aussi tous ceux qui - littéraires, philosophes, historiens ou sociologues - s'interrogent sur le " politique " et sur l'homme.

  • Les modernes ont souvent opposé les chrétiens à l´hellénisme. Les auteurs antiques eux-mêmes - qu´ils soient « Grecs » ou chrétiens - semblent avoir thématisé leur antagonisme. Que vaut cette ligne de fracture ? Qu´est-ce qu´être Grec à la fin de l´Antiquité ?
    Pour quelles raisons un chrétien hellénophone, passé par les écoles de l´Empire et nourri de paideia, ne saurait-il être un Grec, au même titre que les autres ? Qui donne, qui revendique et qui refuse ce titre - et pourquoi ? Les termes dans lesquels le sujet est posé ne sont ni simples, ni neutres. La notion d´hellénisme, qui peut paraître moins confessionnelle que celle de « paganisme », est en réalité marquée par les conflits religieux des époques hellénistique et tardive. Ce sont, on le montrera, les besoins de l´autodéfinition et l´élaboration de la polémique contre l´Autre qui conditionnent les rapports entre les chrétiens et « l´hellénisme ».
    Cet ouvrage porte une attention particulière au but poursuivi par les auteurs anciens dans chacune de leurs déclarations identitaires, entre langue commune et particularisme religieux.
    Textes édités par Arnaud Perrot

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  • Nos connaissances sur les usages de la couleur et de la polychromie dans la peinture et la sculpture antiques se sont considérablement renouvelées grâce aux découvertes archéologiques récentes, notamment en Macédoine, et au perfectionnement sans cesse accru des méthodes d'analyse physico-chimique des matières colorées.
    En outre, la littérature descriptive a fait l'objet de nombreuses études ces dernières années. Le présent volume prend en compte le résultat de toutes ces nouvelles recherches. Les textes ici réunis couvrent un large spectre, allant des couleurs de la peinture au sens des couleurs chez les Latins en passant par le jeu des couleurs sur les matières. Idées reçues et évidences sont remises en cause : les couleurs ne se résument pas à des pigments, le jeu des matières et des couleurs exprime des valeurs symboliques et sociales complexes et fluctuantes.
    En prenant appui sur l'analyse comparée de textes philosophiques, rhétoriques et techniques, ainsi que d'ecphraseis d'époque hellénistique et impériale, les auteurs tentent de définir le rôle de la couleur et des matières précieuses dans la reconstitution imaginaire de l'oeuvre d'art peinte ou sculptée - et d'évaluer, de ce point de vue particulier mais aussi largement polysémique, grâce aux usages métaphoriques de la " couleur ", certains aspects de la réélaboration du modèle classique entre l'époque hellénistique et l'Empire.

  • Ce recueil a pour objet l'étude, l'adaptation, l'interprétation et la traduction de certains auteurs de l'Antiquité. Parmi ces « questions de sens » : quel sens faut-il attribuer au passage de Phlégyas et Tantale aux Enfers de l'Énéide (livre VI, vers 601-627) ? Comment Eschyle détourne-t-il le texte hésiodique tout en le suivant de très près ? Quel rôle attribuer aux traductions d'OEdipe Roi de Sophocle effectuées au XVIIIe siècle ?

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  • Les articles publiés dans ce recueil reflètent quelques-uns des exposés présentés au Séminaire de littérature ancienne qui s'est tenu à l'École normale supérieure dans les années 1979-1985.
    En choisissant comme thème «Les représentations anciennes du texte», on se proposait tout d'abord de déceler les images que le texte littéraire donne de lui-même. La deuxième section du présent volume «Images, chiffres, emblèmes» correspond à cette partie du travail.
    L'enquête s'est ensuite portée sur les images que donnent du texte les commentaires dont il est l'objet propre.

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  • Comment est né le roman grec ? Quels sont les rapports qu'il entretient avec l'histoire ? Quel est son public ? Comment le situer dans la perspective plus vaste de la littérature romanesque antique, médiévale et moderne ? Voici quelques-unes des questions posées par cet ouvrage.

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  • Les formes littéraires du roman et de l'autobiographie ont en commun de n'être guère représentées dans la Grèce classique et de s'être constituées à partir de l'époque hellénistique et romaine. Elles ne cesseront plus, par la suite, de jouer un rôle dans la culture européenne. Elles offrent des éléments de réflexion importants sur l'apport des sciences de l'Antiquité.

  • À partir d'une documentation très variée (statues, monnaies et portraits peints, textes de rhéteurs, de poètes et de juristes) se dessinent les pratiques mises en oeuvre par les Romains pour représenter par l'image et fixer en même temps les cadres de l'interprétation.

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  • Les théories de la phrase et de la proposition de l'Antiquité au Moyen Âge n'avaient jusqu'à présent jamais fait l'objet d'une étude d'ensemble. On trouvera dans cet ouvrage, outre de nombreux travaux substantiels sur Platon et Aristote, des contributions novatrices sur la tradition stoïcienne, ainsi que sur les aristotélismes grec, syriaque, arabe et latin.

  • Parallèlement à l'étude de la tradition manuscrite, les mécanismes de transmission des textes peuvent être abordés sous l'angle de la réception. Une telle approche, centrée sur les modalités d'appropriation intellectuelle des oeuvres, permet de restituer leur épaisseur historique aux pratiques de lecture et d'écriture dans l'Antiquité.
    Les analyses rassemblées dans ce volume révèlent, au-delà des différences d'époque, de genre littéraire ou de langue, des constantes de lecture propres au monde antique, qui trouvent leurs prolongements jusqu'à l'époque moderne. À travers l'examen de concepts clefs (réécriture, modèle, tradition directe et indirecte, corpus) apparaissent différents scénarios de réception qui fondent pour les textes la possibilité d'une vie nouvelle.

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