Robert Laffont

  • Et puis, il y avait le PP - nom de code pour « Projet Paul ». J'allais me mettre sérieusement à bosser. De tous les géants que les sixties avaient engendrés, Paul était le plus grand. Dans mes moments d'égarement, je me voyais en secrétaire particulier, me glissant dans les coulisses de sa vie, nettoyant sa basse Höfner avec tout le respect que je lui devais, montant à cheval avec lui... Le plus dingue, c'est que j'avais fini par croire que la chose était possible. Un des « détails » qui mettaient Albertine en pétard.

    Fiscaliste repenti devenu disquaire raté, Marcel a deux passions - incompatibles - dans la vie :
    Albertine, sa femme; Paul McCartney, son idole.
    Et ce cocktail ne demande qu'à exploser...

  • Valentine vit dans une petite résidence d'une ville de province. Elle travaille à temps partiel au rayon librairie d'une grande surface culturelle. Les livres sont sa seule évasion ; son seul exutoire, le journal intime qu'elle cache dans le coffre à jouets de son fils. Et son seul bonheur, cet enfant, Nathan, qui vient de souffler ses six bougies. Pour le reste, Valentine vit dans la terreur qu'au moindre faux pas, la colère et la jalousie de son mari se reportent sur Nathan...
    L'arrivée d'un couple de voisins âgés dans l'appartement d'en face va complètement bouleverser sa vision du monde. Car comment résister à la bonté de Guy, qui se conduit avec Nathan comme le grand-père qu'il n'a jamais eu ? Comment refuser la tendresse de Suzette, cette femme si maternelle, elle qui a tant manqué de mère ? Peu à peu, Valentine se laisse apprivoiser.
    Jusqu'au jour où elle commet une minuscule imprudence aux conséquences dramatiques... Mais une chose change tout, désormais : elle n'est plus seule pour affronter son bourreau et reconstruire sa vie volée.

  • « Et enfin, à cinquante-trois ans, j'ai entrepris d'apparaître. » Et si tout ce qu'on racontait sur les cheveux blancs était faux ? Et si ces monceaux de teinture, sur des millions de chevelures, aux quatre coins de la planète, cachaient en fait une beauté supplémentaire que les femmes pourraient prendre avec le temps, beauté immense qui les sauverait de bien des angoisses, de bien de servitudes ?
    C'est en partant de cette intuition que Sophie Fontanel, un soir d'été, décide d'arrêter les colorations et de regarder pousser ses cheveux blancs. Comme elle est écrivain, elle en fait un livre, sorte de journal romancé de ce qu'elle n'hésite pas à appeler une « naissance ».
    Les semaines, les mois passent : un panache lui vient sur la tête, à mille lieues des idées préconçues sur les ravages du temps. Elle réalise que l'âge embellit aussi les femmes et que les hommes n'ont pas pour les cheveux blancs l'aversion qu'on supposait. Elle découvre que notre société n'attendait qu'un signal, au fond, pour s'ouvrir à une splendeur inédite, d'une puissance extraordinaire.
    Ce roman est une fête. Celle de la liberté.

  • " un jour, je me suis demandé si l'absence de regard féminin sur la bible n'était pas à l'origine de tous les malentendus qui suscitent tant d'interrogations et de débats parmi les hommes.
    Aussi ai-je essayé de relire la bible à travers les femmes. brusquement tout changeait. les événements historiques retrouvaient leur place, les invraisemblances disparaissaient. " m. h.
    Longtemps, pour moi, le cycle des saisons a tourné sur lui-même sans laisser de trace. un jour suivait un autre, mon corps n'en portait pas la marque. je ne m'appelais pas encore sarah, mais saraï. on disait de moi que j'étais la plus belle des femmes.
    D'une beauté qui faisait peur autant qu'elle attirait. une beauté qui a séduit abram dès son premier regard sur moi. une beauté qui ne se fanait pas, troublante et maudite comme une fleur qui jamais n'engendrera de fruit.
    Quelle est donc la longue histoire de cette femme si belle qui accompagna abraham, père du monothéisme, sur les routes de mésopotamie, de canaan et d'egypte ? epouse aimante d'un homme promis par dieu à fonder un grand peuple, sarah traverse toutes les épreuves de la stérilité : le sentiment de culpabilité, le mépris, l'adultère, le choix de l'adoption ou de la mère porteuse.
    Passionnée et bouleversante, elle est l'une des héroïnes les plus modernes de la bible.

  • Il y a plus de trois mille ans, une enfant noire est recueillie au bord de la mer rouge.
    On l'appelle tsippora, l'"oiseau". la couleur de sa peau a déjà décidé de son avenir : nul ne la voudra pour épouse.
    Un jour, pourtant, près d'un puits, un homme la regarde comme aucun autre. il s'appelle moïse et fuit l'egypte.
    Amante passionnée, épouse généreuse, tsippora la noire, l'étrangère, la non juive, porte la destinée de moïse à bout de bras. oubliant ses craintes et ses doutes, il entend grâce à elle le message de dieu et léguera à l'humanité ces lois qui, aujourd'hui encore, protègent les faibles contre les forts.

    Hélas, son amour pour moïse condamne tsippora : dans la cohorte des hébreux de l'exode, son destin de femme à la peau noire la rattrape.
    Actrice oubliée de la bible, tsippora est l'incarnation de l'intelligence et de l'amour. faible parmi les faibles, la première elle comprend le plein sens du rôle accordé à moïse cette lucidité fait d'elle, après sarah, une héroïne d'une modernité confondante.
    Depuis la mémoire d'abraham (1983, prix du livre inter) jusqu'au vent des khazars (2001), marek halter poursuit son oeuvre de passeur de mémoire.
    Avec sa trilogie " la bible au féminin ", dont tsippora constitue le deuxième volet après sarah, il revisite les événements bibliques en accordant aux femmes toute la place quelles méritent.

  • Moi, je ne peux pas être avec ceux qui jettent des pierres sur des femmes et des enfants.
    C'est au-dessus de mes forces. au-dessus de mon amour pour ezra. au-dessus de mon respect pour dieu. en 397 avant jésus-christ, à suse, l'opulente capitale de l'empire perse oú le peuple juif vit en exil, la jeune lilah est promise au bonheur : elle doit épouser antinoès, brillant guerrier perse et familier de la cour du roi. mais ezra, son frère bien-aimé, son complice de toujours, s'oppose à ce mariage avec un étranger.
    Si lilah s'obstine, elle devra l'oublier. elle ne peut s'y résoudre. ezra, elle le pressent, est désigné par dieu : il doit conduire les juifs exilés à jérusalem et, par-delà les lieux et les siècles, rendre vivantes les lois de moïse. des lois qui défendent la plus belle idée de la justice et donnent un sens aux destinées humaines. face à cela, combien pèse son amour pour antinoès ? abandonnant les promesses d'un avenir doré, lilah pousse son frère sur la route de jérusalem et rend possible l'incroyable espoir du retour en terre promise.
    Hélas, ezra, aveuglé par sa foi, ordonne la répudiation des épouses étrangères. au risque de perdre la seule personne qui lui reste, lilah s'oppose au fanatisme de son frère et organise la survie des femmes et des enfants condamnés à quitter la ville. avec lilah se clôt la trilogie la bible au féminin. sarah, l'épouse stérile d'abraham, pesait de tout son destin individuel face à dieu. tsippora, épouse de moïse, luttait contre le racisme et l'ostracisme.
    En se dressant contre l'extrémisme religieux, dont les femmes sont les premières victimes, lilah défend une magnifique idée de la dignité.

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  • Pascal, ouvrier dans une petite ville des Ardennes françaises, a toujours été fier de son fils Louis, un garçon calme et bon élève qui passe son temps dans les livres. Une passion presque obsessionnelle pour la littérature qui surprend dans leur entourage modeste. Tous deux mènent une vie tranquille, faite de silences complices. C'est du moins ce que pense Pascal jusqu'à ce que Louis soit retrouvé mort à la confluence de la Meuse et de la Semoy, où il a décidé de mettre fin à ses jours. Pourquoi un tel geste ? Que s'est-il passé ? Abasourdi et accablé, Pascal va peu à peu découvrir la vérité. Et bientôt, une évidence : son fils était pour lui un parfait inconnu.
    /> Premier roman incisif et sensible, Louis veut partir dissèque une relation manquée entre un père et son fils. Il fait saillir l'absence tragique de communication au sein d'une famille et le caractère implacable du déterminisme social.

  • Cet homme, ce causeur éblouissant qui parle à une jeune femme d'aujourd'hui, a beaucoup reçu en partage : la naissance, la fortune, la réussite temporelle, le talent et le charme. Il a toujours placé au-dessus de tout la littérature, qui exige solitude et travail. Et c'est ainsi qu'il est devenu l'un des écrivains préférés des Français.

    La vie du narrateur, de ce patricien des Lettres ressemblant parfois à celle de son auteur, n'a jamais cessé d'être une fête de l'esprit et du plaisir. Le temps de ce voyage mélancolique et enchanteur à travers ses souvenirs, il se fait professeur de beauté, d'intelligence et de bonheur, un maître d'une certaine philosophie de l'existence. Et cet ouvrage devient un livre de chevet.

  • Qu'y a-t-il dans la tête et le coeur de ces petits Français « de souche » qui partent se faire tuer en Syrie au nom du djihad ? Le Français est la réponse romanesque à cette interrogation.
    Le narrateur, dont on ne connaîtra pas le nom, broie du noir dans sa Normandie natale, zone grise entre province et grande banlieue de Paris. La belle Stéphanie éclaire un temps la monotonie de ses jours, mais elle n'est qu'un mirage. Puisque l'horizon est sans issue, pourquoi ne pas fuir ? Ce sera d'abord l'Afrique, au Mali, dans le sillage d'individus peu recommandables. Aux portes du désert, il suffit de se rêver grand pour le devenir. Cette illusion-là non plus ne dure pas longtemps. Le rêve se termine quelque part en Syrie, dans une forteresse djihadiste où les hommes ont oublié leur humanité. Le Français, dont nous avons suivi pas à pas le chemin, y devient un monstre presque contre son gré. Sa lucidité d'enfant perdu est un cri déchirant dont l'écho se prolonge bien après la dernière page.
    En faisant parler son anti-héros à la première personne, Julien Suaudeau nous oblige à partager ses sentiments, ses peurs, ses envies. L'horreur du monde contemporain, vue mille fois dans les médias, devient une matière complexe et riche en nuances. Au-delà de sa résonance avec la réalité, ce parti pris audacieux donne un texte puissant, porté par une voix autre, un sens du détail et des dialogues qui évoque les grands naufragés du roman américain.

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  • Avant le mariage, les enfants et la vie de famille, s'offrait à Mathilde une belle carrière universitaire. Sa spécialité : l'amour courtois dans la littérature du Moyen Âge. Elle y a renoncé pour se consacrer aux siens. Une vingtaine d'années plus tard, elle tombe amoureuse d'un jeune homme, Raphaël. Coup de foudre réciproque. Et impossible : Mathilde aime son mari et ne supporte pas l'idée de le tromper. Or comment vivre le désir qui pousse deux êtres l'un vers l'autre quand on se l'interdit ? Alors Mathilde a cette idée folle : proposer à Raphaël l'aventure de l'amour courtois. Il devra se soumettre à elle dans une relation inspirée du serment de vassalité du chevalier à son suzerain. Et se hisser par le courage, l'intelligence, la prodigalité, la fidélité... au niveau d'exigence de sa maîtresse de coeur. Entre eux, un seul tabou, absolu : faire l'amour.
    Mais quel sens cette approche de l'amour peut-elle avoir aujourd'hui, dans une société obsédée par le sexe et l'égalité des genres ?

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  • Qui était Siyah Qalam, autrement dit « le calame noir » ? Fasciné par les nomades des steppes d'Asie centrale, ce peintre énigmatique de la fin du XVe siècle a laissé des dessins très loin des canons esthétiques de son époque. Son style réaliste intrigue depuis toujours les historiens d'art islamique. Un album de ses oeuvres conservé au musée de Topkapi renferme son secret. On y voit des hommes et des femmes au sein d'un campement d'été dans leurs tâches quotidiennes, mais aussi des descriptions de cérémonies occultes grouillant de démons et de créatures maléfiques. Pour quelle raison cet artiste de la cour de Tabriz a-t-il laissé autant de témoignages sur ces peuplades vouées à l'oubli ?
    Personne n'est en mesure d'éclaircir le mystère de ces dessins presque magiques, à l'exception de Suzanne, l'héroïne de ce roman, qui, déambulant dans les salles d'une exposition, est soudain happée par une voix venue d'un autre temps, d'un autre continent. Une âme errante, celle d'Aygül, la propre fille de Siyah Qalam, qui lui raconte l'histoire si singulière de son père, cet homme de talent et peintre du réel en proie aux vicissitudes de son temps. Par-delà les siècles, un lien fort finit par s'établir entre les destins de ces deux femmes qui ont en commun l'impossible deuil du père.

  • Au soir du 27 février 2010, les habitants de la Faute-sur-Mer se sont endormis paisiblement sans s'inquiéter de la tempête annoncée.
    C'est à 3 heures du matin que les digues ont lâché et que la mer est montée. Lentement, inexorablement, elle a noyé les plages, les routes, les jardins et, sans jamais modifier son allure, elle a enlacé les maisons, piégé les résidents et tenté de les engloutir.
    À travers l'histoire de quatre familles, Yves Viollier raconte ces heures atroces que ces hommes, ces femmes et ces enfants ont dû affronter en tentant de toutes leurs forces de survivre.
    Il y a les Clemenceau, Guillame et Alexandra, et leur toute petite fille Amandine, les Murail, un vieux couple installés là depuis toujours, Julie, la jeune célibataire et son chat, et enfin les Montauran, grands-parents de Jérémie et de Claire que leurs parents leur ont confiés pour les vacances scolaires.
    Torturés par l'angoisse, la culpabilité, le désespoir, s'accrochant au moindre espoir, montant sur les chaises, les tables, les meubles, poussés inexorablement vers le plafond et le toit, tous tenteront d'échapper à cet élément si familier devenu en quelques heures un ennemi mortel. Tous ne seront pas sauvés.
    À travers le destin de ces quelques personnages, c'est toute la dimension tragique de cette catastrophe qu'Yves Viollier a su rendre. Il nous dit l'horreur de cette nuit mais aussi la dignité, le courage et la solidarité dont ont fait preuve toute une population, tout un pays, toute une région.

  • Pendant une longue période, une jeune femme vit sans connaître une intimité physique avec un homme. Ce n'est pas tant une décision qu'elle a prise, c'est un état de fait, c'est une absence d'envie de sa part. De cet état habituellement inavouable, elle parle. Dans ce rien, elle trouve des ressources insoupçonnées, des rêves, un certain bien-être. Elle découvre aussi des relations différentes avec les hommes et les femmes qui l'entourent. Soit parce qu'ils se rapprochent d'elle afin de lui faire part de leur propre situation, soit parce qu'ils essaient de la comprendre, ou de l'encourager, ou de la convaincre qu'elle fait fausse route. Cette femme incertaine traverse avec légèreté et gravité l'existence ; ses perceptions, sa sensibilité, son empathie sont décuplées. Il semble qu'il ne lui appartienne pas d'évoluer. Pour elle, la vie privée ce n'est pas ce qu'on fait, c'est ce qu'on ne fait pas.
    Un jour, pourtant, les choses vont changer.

  • Onze femmes...
    Elles vont être onze à se transmettre, de génération en génération, la flamme que Marie, la première, a cueillie au " feu perpétuel " qui brûlait sur la place de ce village de la Creuse, dans le terrible hiver de 1709. De mère en fille, à travers trois siècles d'Histoire, misérables ou riches, sages ou folles - portefaix sur les pavés de Paris, courtisane sous la Révolution, cantinière pendant la retraite de Russie, grande bourgeoise révoltée, aventurière, danseuse étoile de l'Opéra de Paris -, ces femmes qu'une même ardeur, qu'une même passion anime, accomplissent un unique destin : celui de la femme éternelle que rien, jamais, ne peut abattre.
    A cette grande aventure romanesque, bouleversante en chacune de ces incarnations, il fallait du souffle, un coeur généreux et une exigence sans faille : Jean-Guy Soumy.

  • Une femme et un homme se désirent depuis longtemps. Pour la première fois ils se retrouvent dans un hôtel pour sept nuits d'amour. Pourtant, ils se refusent à la jouissance.
    La première nuit, ils n'ont pas le droit de se toucher. C'est par le regard qu'ils vont se caresser, s'aimer et jouir.
    La deuxième nuit commence par des baisers. Mais interdiction d'aller jusqu'à l'orgasme et de toucher les parties génitales. Le désir est un plat qui se consomme à petit feu.
    La troisième nuit, la règle est encore différente : les caresses sont autorisées et les mains peuvent jouer leur partie. Tous les débordements sont possibles, tant que le plaisir est contraint. Et il en va ainsi pour les trois nuits suivantes, où les règles changent pour que s'intensifient et le désir et le plaisir.

    Durant six nuits les amants accumulent les interdits sexuels tout en inventant mille jeux qui les mènent au paroxysme du désir. Ils imaginent de nouvelles manières de s'aimer, de se donner et de prendre jusqu'à la limite presque insupportable de la jouissance.
    La septième nuit est une toute autre histoire : l'éternel recommencement des joutes sexuelles pour laisser au désir toute son intensité inassouvie. Cette septième nuit où tous deux trouvent l'ultime parade pour rester l'un pour l'autre un objet de convoitise

  • Accrochés à leur petite eglise comme le chêne de leur bocage à son talus, ils sont encore quelques centaines à vivre et à pratiquer selon les traditions antérieures au concordat.
    Ils n'ignorent pas qu'ils forment un îlot sans cesse menacé, que les gens tout autour vivent autrement. le mariage est le ciment qui soude leur communauté, la fidélité leur orgueil. ils n'ont pas connu un divorce depuis deux cents ans. aussi, quand danièle, la fille de l'un des principaux responsables de la dissidence, quitte sa maison, son mari, ses enfants, l'émotion est considérable. toute la tribu va se mobiliser pour la retrouver et la ramener.
    En se demandant si la petite eglise ne vit pas le commencement de la fin. naturellement, cela se passe en vendée.

  • Deux soeurs : marie, quatre-vingt-un ans ; aminthe, soixante-dix-neuf ans.
    Deux vieilles demoiselles qui réussissent à vivre dans une entente fragile entre le chat, le carillon et le piano de leur grande maison de famille. mais voici leur paix menacée : pour cause de rénovation du quartier, leur maison doit être détruite. elles refusent, elles se révoltent.
    Déboussolées, elles se jettent dans des folies, dont une extravagante virée à bord de leur vieille 4l, à travers les marais, qui attire sur elles l'attention de tout le pays.
    Et les souvenirs qui les hantent depuis leur enfance explosent, leurs amours ratées, leurs mensonges. pourtant, elles ne perdent pas pied : si elles doivent abandonner leur maison, ce sera comme elles l'entendent.
    Cette histoire toute simple pourrait être dramatique. en réalité, parce que ces deux vieilles originales ont autant de caractère que d'humour, elle est à la fois émouvante et drôle. elles sont irrésistibles, marie et aminthe : on les aime ; on voudrait les prendre par la main pour leur faire traverser les rues et ce qui leur reste de vie.
    On les accompagne pas à pas avec un sourire ravi qui vient du coeur.

  • Zéro

    Denis Guedj

    " Obeid détacha la croûte d'argile, le visage apparut étonnamment détendu.
    Traits délicats, nez droit et fin, longs cils emmaillotés d'une gangue roussâtre. Et, surprise, des lèvres minces auburn retenant un sourire qui n'en finissait pas. Ce fut d'abord la main qui s'ouvrit. Occupé à guetter le frémissement des paupières, Obeid n'y prit pas garde. Aémer ne perçut qu'une masse sombre bordée d'un halo lumineux, qui lui cachait le soleil. Un homme au visage invisible lui tripotait le front.
    Le fracas de l'avion, la course en zigzag, le feu dans la poitrine, le souffle au ras du sol, le saisissement de se sentir projetée - rien en deçà : elle ne se souvenait ni d'où elle venait ni où elle allait. Elle tourna la tête, aperçut le petit cône d'argile au creux de sa main. En se baissant pour le saisir dans le cratère, elle avait échappé aux bombardements américains. Son sourire brutalement interrompu explosa.
    Un calculus sumérien de plus de cinquante siècles venait de lui sauver la vie. " Mésopotamie-Irak : une même terre. Une terre qui a construit notre passé, et qui ébranle notre présent. Là, durant cinq mille ans, se déroulent les cinq vies d'Aémer, une femme habitée par une absence impossible à combler, que traverse l'histoire de l'invention du zéro.

  • « Pour la dixième fois en un quart d'heure, Marie bondit sur ses pieds chaussés de bottines à talons. Elle s'est habillée pour sortir et montrer un peu la ville à sa visiteuse. Elle préfère bavarder ou discuter en marchant, elle joue de son ombrelle et de son éventail, ce qui l'aide à réfléchir et lui donne une contenance. Toujours les nerfs qui sautent et se nouent pour un rien, la veuve Jardin ! ».
    Mais qui a tué le contremaître Louis Chanal ? La manufacture de soie du domaine de Maleval est en émoi. C'est Marie Jardin, la très jolie veuve du notaire de Saint-Génis, qui va mener l'enquête à sa façon. Dépêchée par Henry, aîné du clan Fayan et héritier de la soierie, pour dénouer l'affaire, Marie se retrouve plongée au coeur des secrets de cette grande famille. La jeune veuve devra surmonter ses émotions débordantes et son attirance pour le riche propriétaire. Sûr de son argent et de son charme, Henry Fayan espère la voir vite se pâmer dans ses bras. Un temps, Marie joue le jeu. Dans tout le pays, ne l'appelle-t-on pas la « Sans-Corset » ? Mais avant tout, Marie est un esprit libre. Et elle est bien plus forte que ne le croit Henry.

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  • Tu crois que c'est normal d'être amoureuse de son psy ?
    « L'histoire que je m'apprête à raconter est une histoire d'amour. Une vraie, une incroyable histoire d'amour, qui m'a saisie par surprise et à laquelle il m'a été impossible de résister. Pendant deux longues années, peut-être davantage, j'ai mené une double vie. Je parlerais plutôt d'une vie double, c'est-à-dire fragmentée, divisée entre une vie conjugale heureuse, ouverte au regard des autres, et une vie intime, secrète, qui a puisé son inspiration dans les profondeurs de mon inconscient. » Quel est ce lien d'« amour » unique qui unit un(e) patient(e) à son (sa) psychanalyste ? C'est donc ça, le transfert? Telle est la question que tente de cerner la narratrice de Cet autre amour lorsque, amenée à entreprendre une thérapie à la suite d'un choc émotionnel violent, elle tombe amoureuse de son analyste. Ce récit à la fois pudique et cru d'un amour hors du commun rend un vibrant hommage à la fascinante aventure affective et intellectuelle qu'est la psychanalyse.

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  • Béatrice Rubinstein et Jean-Louis Lorenzi avaient adapté pour la télévision le roman de Michel Peyramaure, L'Orange de Noël. Ils ont repris les héros de cette histoire pour écrire le scénario original d'un nouveau téléfilm, Le Bal des célibataires, interprété notamment par Cristiana Reali, et qui sera programmé sur France 2 à la fin de l'année 2005. Michel Peyramaure, à son tour, s'est inspiré du scénario pour écrire une suite à son roman...
    1919, la paix est revenue. Pas les hommes, morts dans les tranchées et qui laissent derrière eux une armée de veuves et de filles "à marier". D'abord livrées à elles-mêmes, puis solidaires, elles vont prendre conscience de leur valeur, de leur droit à l'égalité citoyenne, à la liberté de disposer de leur corps. Un vent de liberté et de modernité souffle enfin dans le petit village de Saint-Roch. Puisqu'il n'y a plus d'hommes au village, Cécile, l'héroïne de L'Orange de Noël, désormais veuve, prend l'initiative extraordinaire d'organiser un grand bal où seront invités tous les célibataires de la région. Avec un seul objectif : faire se rencontrer hommes et femmes, vaincre la solitude et le chagrin, que les couples se fassent et que la vie reprenne ses droits!
    Iconoclaste, émouvante et burlesque, cette histoire est une magnifique leçon de vie.

  • Après Suzanne Valadon et avant Louise Michel, Michel Peyramaure poursuit avec la biographie de Sarah Bernhardt l?écriture d?une trilogie composée des portraits de trois hautes figures féminines du XIXe siècle.0300Si elle avait suivi le destin de sa mère et de sa tante, elle eût été une petite courtisane pour finir mère maquerelle. Mais, gamine, elle avait déjà trop d´orgueil: elle voulait régner. Selon les canons de l´époque (qui aimait les rondeurs), Sarah Bernhardt n´était pas belle. Mais elle avait un éclat, un regard et une voix incomparables, et un caractère de chien. Et un appétit de conquête et de gloire digne de Bonaparte: à sa manière elle s´est conquis un empire. Il n´est pas de superlatifs qui ne lui aient été accordés ? dont «La Divine», bien avant Garbo. Elle a mis l´Amérique du Nord et du Sud, la Russie, l´Europe à ses pieds. Elle est morte debout, sur sa jambe de bois, à l´âge de soixante-dix-neuf ans, après avoir consommé bien des amants et même des maris avec un appétit qui l´accompagna jusqu´au bout. Car rien de plus mouvementé, de plus passionné, de plus gai et de plus fou que cette vie-là.Pour rompre avec la biographie traditionnelle, Michel Peyramaure a trouvé un mode de récit inédit: faire raconter la grande tragédienne par ceux qui l´ont côtoyée. Edmond Rostand, Sacha Guitry, sa famille, ses amants... Ils évoquent son métier, ses amours, ses caprices, son génie. Cela fait un roman extraordinairement vivant, riche de personnages étonnants. Une succession fascinante de tableaux et de miroirs.0400Sarah veille sur moi comme une poule aux oeufs d´or. Elle me rend visite chaque jour, fouille d´une main nerveuse dans les brouillons et les copies au propre de «L´Aiglon», lit et marmonne les derniers vers sortis de ma plume, trouve que ça ne va pas assez vite et fait copier des scènes par Titou pour les étudier chez elle. Le succès récent de «Cyrano de Bergerac» m´impose des contraintes, auprès des journalistes notamment, mais Sarah n´en a cure.? Mon chéri, combien de pages depuis hier?? Trois ou quatre.? C´est peu! Vous devriez vous occuper un peu moins de Rosamonde et un peu plus de notre «Aiglon».Elle en a de bonnes! Comment lui faire comprendre que mon inspiration a des sautes d´humeur, que je ne peux la convoquer à mon bureau comme je le fais de la bonne, que «Cyrano» m´a coûté beaucoup d´efforts et de fatigue, au point que je suis parfois au bord de la syncope? Comprendrait-elle ce que recèle le mystère de la création poétique?? Sarah, ne me bousculez pas, je vous prie. C´est par amitié, pour honorer ma promesse que je continue à travailler sur cette pièce, malgré l´état d´épuisement où je me trouve.Elle impose à mon front le sceau de ses lèvres.? Pardonnez-moi, mon poète chéri, mais je suis impatiente de voir cette oeuvre achevée. Ce sera un triomphe, vous verrez. Alors, du courage, nom de Dieu!Contrairement à elle, je suis d´un tempérament inquiet, porté au doute et à la neurasthénie. Cette différence de nos natures crée parfois des frottements dont naissent des étincelles, mais jamais de menaces d´incendie.Sarah a décidé que nous devrions nous rendre, elle et moi, en pèlerinage à Vienne pour rendre hommage à l´Aiglon. Eh bien, nous irons à Vienne. Je ne puis rien lui refuser. Nous devrons donc interrompre les premières répétitions pour reprendre... je ne sais quand. Lorsque j´ai annoncé la nouvelle au vieux Sardou, que je trouve toujours en train de fouiner sur le plateau, il a hoché la tête, persuadé que ce caprice risquait de compromettre le succès de la pièce. Il est vrai que la jalousie qu´il éprouve de mes bons rapports avec Sarah, lui, le rend amer.Il nous reste quelques jours avant le départ du train pour l´Autriche. J´en profite pour relire quelques notes, assis dans un coin de la scène, près de Louise Abéma, cette femme étrange, costumée en amiral japonais, qui ne quitte guère Sarah, comme si, dans l´intimité...J´écrivais hier:«Sarah envahit sa loge fleurie et surchauffée; elle lance d´un côté le petit sac enrubanné, dans lequel il y a tout, et de l´autre son chapeau d´ailes d´oiseaux. Ell

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