Rivages

  • Dans un village des Caraïbes, la légende d'un trésor disparu vient bouleverser l'existence de la famille Otero. À la recherche du butin du capitaine Henry Morgan, dont le navire aurait échoué dans les environs trois cents ans plus tôt, les explorateurs se succèdent. Tous, dont l'ambitieux Severo Bracamonte, vont croiser le chemin de Serena Otero, l'héritière de la plantation de cannes à sucre qui rêve à d'autres horizons.  Au fil des ans, tandis que la propriété familiale prospère, et qu'elle distille alors à profusion le meilleur rhum de la région, chacun cherche le trésor qui donnera un sens à sa vie. Mais, sur cette terre sauvage, la fatalité aux couleurs tropicales se plaît à détourner les ambitions et les désirs qui les consument.   Dans ce roman aux allures de conte philosophique, Miguel Bonnefoy réinvente la légende de l'un des plus célèbres corsaires pour nous raconter le destin d'hommes et de femmes guidés par la quête de l'amour et contrariés par les caprices de la fortune. Il nous livre aussi, dans une prose  somptueuse inspirée du réalisme magique des écrivains sud-américains, le tableau émouvant et enchanteur d'un pays dont les richesses sont autant de mirages et de maléfices.    Finaliste du Goncourt du Premier Roman et lauréat de nombreuses distinctions (dont le prix de la Vocation, le prix des cinq continents de la francophonie « mention spéciale »), Miguel Bonnefoy est l'auteur du très remarqué «Voyage d'Octavio» (Rivages, 2015), qui a été traduit dans plusieurs langues.        

  • Un souffle parcourt l'espace inhospitalier des prairies vierges du Far-West, aux abords d'une ville naissante vers laquelle toutes les pistes convergent. C'est celui d'Eau-qui-court-sur-la plaine, une jeune Indienne dont tout le clan a été décimé, et qui, depuis, déploie ses talents de guérisseuse aussi bien au bénéfice des Blancs que des Indiens.
    Elle rencontrera les frères Brad et Jeff traversant les grands espaces avec leur vieille mère mourante dans un chariot brinquebalant tiré par deux boeufs opiniâtres ; Gifford qui manque de mourir de la variole et qu'elle sauve in extremis ; Zébulon poursuivi par Elie dont il a dérobé la monture, Arcadia, la musicienne itinérante, qui s'est fait voler son archet par la bande de Quibble.
    Et tant d'autres personnages, dont les destins singuliers, tels les fils entretissés d'une même pelote multicolore, composent une fresque sauvage où le mythe de l'Ouest américain, revisité avec audace et brio, s'offre comme un espace de partage encore poreux, ouvert à tous les trafics, à tous les transits, à toutes les itinérances.
    Car ce western des origines, véritable épopée fondatrice, tantôt lyrique, dramatique ou burlesque, est d'abord une vibrante célébration des frontières mouvantes de l'imaginaire.

  • Installée dans un refuge high-tech accroché à une paroi d'un massif montagneux, une femme s'isole de ses semblables pour tenter de répondre à une question simple : comment vivre ?

    Outre la solitude, elle s'impose un entraînement physique et spirituel intense fait de longues marches, d'activités de survie, de slackline, de musique et de la rédaction d'un journal de bord.

    Saura-t-elle « comment vivre » après s'être mise à l'épreuve de conditions extrêmes, de la nature immuable des temps géologiques, de la brutalité des éléments ? C'est dans l'espoir d'une réponse qu'elle s'est volontairement préparée, qu'elle a tout prévu.

    Tout, sauf la présence, sur ces montagnes désolées, d'une ermite, surgie de la roche et du vent, qui bouleversera ses plans et changera ses résolutions...

    Avec son style acéré, Céline Minard nous offre un texte magnifique sur les jeux et les enjeux d'une solitude volontaire confrontée à l'épreuve des éléments.

  • Les tribulations épiques d'Octavio, un paysan analphabète vénézuélien qui va se réapproprier son passé et celui de son pays, grâce à Alberto Perezzo, un médecin de village, et surtout grâce à la belle Venezuela, qui va lui apprendre à écrire. Mais le destin voudra qu'il soit enrôlé par la bande de brigands "chevaleresques" du charismatique Guerrero, qui organisera un cambriolage précisément au domicile de sa bien-aimée Venezuela....

  • Un jeune diplomate en herbe, Samuel Vidouble, est envoyé dans un mystérieux pays de la Baltique orientale, dont il ne sait rien. Dès sa prise de fonction à l'ambassade de France, on lui confie la tâche de le cartographier en vue de proposer une délimitation de ses frontières maritimes. Au fil des voyages, des trouvailles, des rencontres et des déconvenues - guidé par Lothar Kalters, un ami linguiste, et par Néva, une jeune fille ensorcelante -, il réalise que cette mission est impossible et s'en désintéresse peu à peu, gagné par une mélancolie que ne fait qu'aviver l'hiver...

  • En 1917, dans la campagne anglaise du Sussex, le roman d'émancipation d'une jeune femme, inspirée de la vie de Virginia Woolf.

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  • Bernard Quiriny déploie sa fantaisie et ses talents inimitables de conteurs autour du motif du voyage et de l'activité littéraire dans un nouveau recueil de nouvelles. Une course forcenée organisée par la fantasque association des sédentaires de Paris, un investissement immobilier désastreux sur les îles paradisiaques de Tihamotu, un chercheur dont les préfaces dénotent une agressivité mal contrôlée, une exposition sans oeuvre d'art, cinq enfants machiavéliques terrorisant une petite école communale... En une vingtaine de textes grinçants, burlesques ou fantastiques, on retrouve avec délectation l'humour et la virtuosité qui ont fait la réputation de l'auteur traduit dans de nombreux pays.

  • Le premier récit sur l'Erythrée, une dictature impénétrable « Amanuel explique qu'on ne choisit pas sa destination. On met de l'argent de côté comme on le peut. Parfois avec l'aide d'un garçon de chambre de Tripoli, d'un éboueur de Belgique, d'un chauffeur de taxi du Maryland - un frère ou un cousin qui est déjà de l'autre côté et qui envoie quelques centaines de dollars. » Certains parviendront à s'évader, d'autres seront tués. Cela se passe en Erythrée, un bras de terre coincé entre le Soudan et l'Ethiopie. Sa capitale : Asmara.
    Le pays donne sur la Mer rouge. En face, le Yémen et l'Arabie Saoudite. On ne sait rien ou presque de cette dictature, si ce n'est qu'elle est l'une des plus opaques et des plus dures de la planète. Les autorités internationales ne s'y risquent pas. Personne d'ailleurs ne s'y risque.
    Léonard Vincent est allé à la rencontre de ceux qui en réchappent. En Italie, en Angleterre, en France. Il donne un nom et une existence aux invisibles, à Fana, Biniam, Amanuel, aux autres. Il décrit le pouvoir paranoïaque en place, la guerre pour l'indépendance du pays entre 1961 et 1993, la milice, les rebelles qui tentent parfois un renversement.
    Un chant d'amour et de révolte écrit avec justesse. Un récit dans la droite ligne des reportages de guerre d'Orwell et d'Hatzfeld.
    Un livre attendu par les radios (France Inter, RFI.) et la presse (Le Nouvel Observateur.).
    D'abord journaliste d'investigation à Reporters sans frontières, Léonard Vincent travaille désormais pour Greenpeace. C'est son premier récit littéraire.

  • Daniel Roche est l'auteur, sous le pseudonyme de H. R. Sanders, de la fameuse série à succès La Marque noire. Quand Hélène, sa petite-nièce, s'installe à Paris pour y étudier l'archéologie, l'écrivain lui prête sa chambre de bonne. Elle est alors amenée à fréquenter ce personnage un peu loufoque qu'elle n'apprécie guère et dont elle n'a jamais lu les livres. Son ami Guillaume est, lui, un lecteur fanatique de La Marque noire et tente d'initier Hélène à sa passion.
    En se prenant au jeu des histoires de La Marque noire, celle-ci va bientôt être happée par une aventure d'un tout autre genre : elle va mettre au jour des pans enfouis de l'enfance et de la jeunesse de Daniel et, dans le sillage, exhumer un très lourd secret qui remonte aux heures sombres de l'Occupation. Pendant ce temps, les lecteurs de H. R. Sanders attendent le vingt-quatrième volume de la série, dont les rumeurs prétendent qu'il sera le dernier.

  • Un roman tendre, drôle et corrosif qui met au jour, sous les faux-semblants familiaux, la peur de vieillir, l'angoisse de la solitude et la difficulté d'aimer. Paul déprime dans son appartement parisien depuis que sa femme l'a quitté. Pour changer d'air, il accepte de passer les fêtes de fin d'année avec sa mère à Genève. Le soir de Noël, alors que Paul s'apprête à goûter les« pacsky» à la prune préparés par « Mamusia », le téléphone sonne : c'est Raphaëlle, sa soeur, qui leur propose de venir fêter la nouvelle année chez elle, à Méribel. Or, sa soeur et sa mère ne s'adressent plus la parole depuis deux ans, sans que Paul ait jamais compris pourquoi. Contre toute attente, Mamusia accepte l'invitation. Le lendemain, Paul et sa mère prennent le bus en direction de la Savoie pour retrouver la « famille idéale » que forment Raphaëlle, son mari et leurs trois enfants...  

  • "Être soi-même se révèle parfois une faute, ou une erreur. Il y a une grande différence. La faute est impardonnable, très souvent. L'erreur est rectifiable, si on a le temps pour soi. Ma mère ne paraissait pas vouloir accorder ce temps à mon père, ni lui pardonner ".
    La disparition troublante d'un homme va changer le regard que ses amis portent sur eux-mêmes, perturber l'équilibre déjà fragile d'une petite communauté qui voit son existence contrariée par un projet de route. Comment saisir les forces qui gouvernent la vie de chacun, et s'en accommoder ? Au-delà d'un roman sur l'amitié et les risques qu'elle fait courir, Maintenant le mal est fait est une réflexion sur la frénésie de notre monde et sur le progrès, sur les rapports complexes que les hommes entretiennent avec la Nature et sur le mal qui en découle.

  • Une seule lettre change et tout est déréglé. Le narrateur va l'apprendre à ses dépens lorsqu'après avoir travaillé quelque temps dans une papeterie, il décide de devenir correcteur professionnel. Il y est d'autant plus résolu que sa mère a toujours cru qu'il était prédestiné à ce métier. Il est embauché à ce poste dans la Revue du Tellière, dirigée par Reine, une femme autoritaire et dominatrice qui va bientôt exercer sur lui son emprise. Reine le fascine autant qu'elle l'intimide. L'aventure se complique lorsqu'il constate que des coquilles sont systématiquement ajoutées après coup sur son jeu de copies. Il soupçonne bientôt Reine de les glisser là délibérément afin de le prendre en faute. Mais bientôt des coquilles d'une toute autre nature vont faire leur apparition...

    Dans ce premier roman au style incisif, Elodie Llorca nous livre une fable savoureuse sur les pièges de l'inconscient et les sortilèges du langage.

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  • Le narrateur est un fils d'ouvrier andalou immigré à Paris. Il entretient avec ses origines un rapport à la fois passionnel et ambigu. Il a fait des études médiocres qui ont compromis ses promesses d'ascension sociale, et tandis que son père après avoir trimé à l'usine toute sa vie pris sa retraite à Cadix, lui vivote encore dans la « zone du néo-prolétariat ». Le destin veut qu'il soit embauché dans l'usine où travaillait ce dernier, et que dans un accès de rage incontrôlée, il en tue le directeur. Il enferme le cadavre comme un trophée dans le coffre de sa voiture et part rejoindre son géniteur en Andalousie. Tel un road-book haletant, dans un style tendu et acéré, le récit mêle avec force le récit cahotant de ce périple macabre aux allures de voyage initiatique aux évocations de son enfance et de son passé familial.

  • F

    Luis Seabra

    Un ordre carcéral absolu règne en maître dans un État totalitaire d'un nouveau genre, fondé sur la « séparation préventive » des asociaux, repérés puis enfermés dès leur plus jeune âge. Au sein de cet univers, se distingue la prison de Schendorff, mastodonte pénitentiaire autour duquel gravite une bourgade du même nom. Linz, un avocat mal vu du régime, y est enfermé arbitrairement. Il ignore en fait qu'il n'est qu'un rouage au sein d'un plan insensé mis en oeuvre par F., un faux détenu infiltré à Schendorff, et travaillant en réalité pour le tout-puissant ministère des Libertés et des Privations publiques....
    Sous la double influence de Borges et de Kafka (on songe aussi aux univers de Pellico et bien sûr de Piranèse, au Stendhal de La Chartreuse ou au Joueur d'échecs de Zweig ce roman se présente comme une exploration vertigineuse centrée sur le thème du faux et du factice, avec pour décor narratif cette étrange prison qui est comme une sorte d'implacable allégorie textuelle, de maelstrom central dévorant tous les personnages de l'intérieur à travers des mises en abymes successives qui ne sont pas sans faire songer aux constructions de David Lynch.
    Une machine bureaucratique opaque s'organise autour de ce monde, propice à un jeu borgésien sur les identités dont le texte explore avec brio les possibilités infinies. Au sein de la prison, les détenus sont soumis à des exercices et des épreuves de toute sorte parmi lesquels se distingue celui de la « lecture contrainte », qui permet à l'auteur de mettre en avant l'idée du texte comme prison, lieu clos propice aux évasions paradoxales du rêve et de l'imaginaire et à l'élaboration des constructions mentales les plus folles (cf. le bel épilogue qui nous livre la clé de d'ensemble). Le style d'une grande élégance littéraire concis, serré, presque clinique dans son atticisme acéré sert admirablement la description de ce monde sans espoir, d'une impeccable noirceur.

  • Au moment où son fils se passionne pour la musique, Michka Assayas revient sur son expérience cocasse dans un groupe de rock. Un roman générationnel, très attendu par tous les amoureux du rock, foisonnant de tableaux saisissants et d'anecdotes truculentes, qui évoque avec finesse les questions de la transmission et de l'héritage dans un monde en pleine mutation.

  • Une jeune femme se présente chez un vieillard solitaire, au plus profond d'un marais. Ce personnage énigmatique va lui conter l'histoire d'Hector, un fils de bonne famille disparu dans des circonstances étranges, une vingtaine d'années auparavant. Mais les plaies peuvent rester vives, malgré le temps. Et la ravissante Aude, au coeur de cette nature inquiétante, percevra bientôt les contours d'un drame qui ne pourra la laisser indifférente. Campant un cadre romanesque séduisant où le mythe (l'auteur reprend les épisodes clé de L'Iliade) imprègne la petite et la grande Histoire à partir d'un canevas très dense qui mêle traumatisme de guerre, vols d'objet d'art, règlement de compte et vengeance de sang dans un Sud aux accents de légende, Elie Treese parvient à décrire la porosité des destinées humaines. Porté par un souffle épique, son récit s'attache à saisir la part d'éclat qui réside en chaque entreprise, même la plus insensée.

  • Trois personnages se rencontrent dans le cadre cosmopolite d'une ville d'outre-Atlantique, Vancouver : une jeune artiste coréenne, fille d'une teinturière de quartier, une vidéaste française et un « visiting professor » à l'université Jacques-Derrida de Hope. Tous sont exilés, fragiles et fantomatiques. Qui va là ! raconte l'histoire mystérieuse, aussi poignante qu'ambiguë, qui va se nouer autour de ce trio amoureux promis à une fin tragique.

    Bref et frappant, d'une mélancolie mêlée de cruelle ironie, Qui va là ! nous entraîne jusqu'au vertige dans la déconstruction des identités et nous dépeint des êtres déracinés dans un monde où l'indifférence est ce qui vient.

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  • Hélène Tessier, jeune femme élégante, rejoint un pensionnat de jeunes filles dans l'espoir de fuir l'emprise de sa mère et la province. Nous sommes à Paris, dans le XVIème arrondissement. Nous sommes dans les années 1960, reconnaissables à quelques indices encore que rien ne soit dit. Nous sommes surtout dans l'esprit d'Hélène dont la fragilité s'accentue au fil du temps. Hélène ou la tentation du gouffre.
    Le tout sous le regard du démon Marie Dangerais, professeur de musique et artiste ratée. Entre Hélène et Marie, c'est la guerre. Trouble aussi d'une histoire ancienne qui refait surface dans le foyer des lycéennes, celle de la disparition d'une élève prénommée Anne-Lise Brisset. Comment a-t-elle pu disparaître du pensionnat ? Pourquoi l'affaire a-t-elle été étouffée ?

    Elsa Fottorino a 26 ans. Elle est critique musicale. En 2010, elle a publié un premier roman remarqué, Mes petites morts, aux éditions Flammarion.

  • Edgar Griffith, un jeune comptable, se rend à l'asile Cliffton, afin d'en vérifier les comptes dans le cadre de son travail. Accueilli par le directeur, l'inquiétant Oswald Barker, il se retrouve rapidement piégé par une tempête et par les fous qui en ont profité pour se révolter et tuer tout le personnel. Bien vite, il se voit forcé de monter un à un les étages et de découvrir les horreurs toujours plus insoutenables que l'asile lui réserve.
    Jouant avec les codes du récit lovecraftien pour mieux les subvertir, Salomon de Izarra nous plonge, à travers ce roman au style incisif et à la narration percutante, dans un univers d'une complexité déroutante, propice aux jeux troubles de l'imaginaire.

  • La veille de Noël, étrangement chaude, dans un immeuble cossu du quartier de Notre-Dame, divers personnages emblématiques (l'écrivain Vadim, le peintre Johannes, l'étudiant G., sex addict, et son pendant féminin, Callipyge, les trois soeurs Parker, vieilles hippies fortunées, Fifi, le critique littéraire...) évoluent dans un cadre magique propice à tous les rebondissements. En filigrane, ponctuant le récit, apparaissent les interrogations obsédantes de Vadim au sujet d'Eve, sa bien-aimée, qu'il envisage de quitter.

    A travers une série pétillante de tableaux subtilement entrelacés qui composent une sorte de nouveau Vie mode d'emploi de notre temps, ce roman interroge la place de l'amour dans un monde en perdition Il dresse aussi un tableau ironique des travers contemporains, avec un humour d'une rare causticité et une verve particulièrement mordante.

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  • Souvenirs du rivage des morts Nouv.

    M. Mizuno coule une retraite heureuse après une vie sans histoire. Du moins c'est l'image qu'il s'applique à donner. Car son vrai nom est Yasukazu Sanso, ancien activiste de l'Armée rouge japonaise ayant déjà tué, et de sang-froid. La rencontre fortuite, à Bangkok, avec un vieux camarade va déclencher la mécanique implacable du souvenir. Comment, en quête d'idéal, s'est-il laissé embrigader dans les mouvements universitaires des années 1960 ? Comment, suite aux dérives d'une faction se livrant à des purges insensées, a-t-il rejoint les camps d'entraînement palestiniens au Liban, dans l'espoir de prouver qu'il est un vrai communiste ?
    Michaël Prazan livre ici, avec l'acuité psychologique qu'on lui connaît, un roman haletant sur la grande époque du terrorisme international des années 1970.

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  • Un mystérieux événement s'est déroulé en 1962 à Yonge, petite ville de Charente-Maritime, dans le cours de Mme Leprince. Julian Dransfield, un journaliste anglais, décide de se rendre sur place pour mener l'enquête auprès des derniers témoins. Ces derniers lui révèlent l'existence d'un étrange petit garçon, Oscar, parisien arrivé en cours d'année scolaire, étrangement disparu après les faits... Dans une atmosphère troublante (et très british), un va-et-vient temporel subtil et efficace se noue entre l'enquête « policière » de Julian et les événements qui se sont déroulés plusieurs décennies auparavant dans cette bourgade charentaise.

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  • Etudiant impulsif dans les années 1970, beau parleur, passionné d'Histoire et homme à femmes, tel est le portrait du père.
    Les années ont passé et sa fille reprend le fil entre elle et lui.
    En cinquante-cinq instantanés, c'est un homme littéralement en mouvement qui se dessine, de son enfance à aujourd'hui.
    Et puisque ce personnage est un paradoxe vivant, capable des revirements les plus inattendus, il était temps d'éclaircir les choses.

  • Pour Jean-Jacques Busino, le « bogue » de l'an 2000 n'a pas été d'ordre informatique. C'est son corps qui se met à dysfonctionner brutalement. Il est frappé par une maladie du système sanguin à l'origine mystérieuse, l'une de ces fameuses maladies « orphelines », qui laisse le corps médical perplexe et dans l'incapacité de proposer un traitement efficace. Les manifestations de la pathologie n'en sont pas moins réelles et spectaculaires : éruptions cutanées, jaillissement spontané du sang sous les ongles, extrémités nécrosées, violentes douleurs qui ne peuvent être soulagées que par la morphine.
    L'acte deux commence quelques années plus tard, alors que Busino est toujours malade mais encore en vie, contredisant tous les pronostics des médecins. Son fils André est renversé à vélo par un chauffard. L'accident provoque des dommages cérébraux irréversibles et laisse l'adolescent plongé dans un coma végétatif.

    De ces deux tragédies, Busino tire Cancer du capricorne, un récit de type autobiographique auquel se mêlent aussi des scènes dignes d'une fiction - et qui en sont probablement.

    Pas plus que les précédents livres de l'auteur, on ne peut étiqueter celui-ci. Il s'agit d'une oeuvre hybride, totalement personnelle- et par son sujet et par son traitement -, qui se caractérise par un mélange de spontanéité et de réflexion longuement mûrie. Le projet du livre est annoncé d'emblée : « Reprendre l'histoire depuis le début et comprendre le pourquoi du comment. Regarder la situation comme si elle ne me concernait pas. » D'où le ton très inattendu de ce texte construit en deux mouvements, telle une étrange sonate, et placé sous le signe omniprésent de la musique, qui n'a cessé d'accompagner la vie de Jean-Jacques Busino.

    Ce qui donne sa force à Cancer du capricorne, c'est la description clinique et curieusement distanciée de ce qui arrive à un corps humain devenant de plus en plus étranger à son propriétaire. Busino trouve les ressources morales et linguistiques pour jouer avec les mots de la mort et créer un climat ubuesque où domine une forme d'humour noir et décalé. Aussi autobiographique que soit la trame de ce récit, il se lit comme un roman, tant l'auteur se mesure frontalement à son sujet pour en éliminer toute trace de pathos et de sentimentalisme bon marché. En lieu et place de cela, il nous invite à de lumineuses remontées vers le temps de l'enfance et de la famille, du côté de l'Italie. C'est l'occasion pour lui de poser les questions de la filiation, de la transmission et de la paternité. Lui qui dit avoir tant reçu de son père avoue, lucide, que « comme tous les pères de (sa) génération », il n'a « rien transmis » à son fils. D'où la douleur inconsolable qui hante le deuxième temps du récit, la révolte ainsi que la tentation de la vengeance vis-à-vis de l'homme qui lui a volé la vie de son enfant. Toutes questions qui se ramènent à la plus fondamentale et la plus tragique : faut-il laisser « vivre » cet adolescent qui n'est plus qu'un corps souffrant ou mettre fin à ses souffrances ?

    Ce « roman » des vies brisées est une confession intime, un bilan, mais aussi un partage. Partage d'un drame dont l'atténuation passe, pour cet « athée frustré », par la seule rédemption possible : l'écriture. Une écriture simple, lumineuse, qui emprunte ses rythmes et ses métaphores à la musique, et gagne ce pari insensé : faire surgir du fond de la douleur humaine une oeuvre incroyablement tonique et vivante.

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