Sciences humaines & sociales

  • Que se passe-t-il aujourd'hui dans le monde du travail ? Les dirigeants disent qu'ils n'ont "pas le choix", les managers sont fatigués, les salariés sont contraints de faire toujours mieux en intégrant des critères parfois contradictoires. L'idéal devient une norme sociale exigible, obligeant chacun à simuler la conformité des objectifs souvent inatteignables et parallèlement à dissimuler la réalité du travail effectué. Cette analyse pluridisciplinaire passionnante s'adresse à tous ceux que touchent le travail et son organisation.


    Table des matières

    Préface de Vincent de Gaulejac -- Introduction

    I -- Comment organiser un service de masse ? : une relation organisée -- la massification -- à table -- un service de gériatrie publique -- évolution organisationnelle -- domination bureaucratique

    II -- Concepts utiles : subjectivité et dimensions cognitives du travail -- différentes facettes du travail -- définition du travail d'organisation

    III -- Déni des limites et prescription de toute-puissance : le monde merveilleux des restaurants de masse -- une gériatrie publique parfaite -- des services satisfaisants, maîtrisés et performants -- une prescription rationellement construite sur des hypothèses folles -- la toute-puissance organisationnelle

    IV -- La division sociale du travail d'organisation : les conseils d'administration -- les directeurs généraux -- les fonctionnels du siège -- les directeurs opérationnels -- l'encadrement de proximité -- collectifs, le travail d'organisation empêché -- les premières lignes -- la maltraitance du client et de l'usager -- la délégation du travail d'organisation -- la simulation -- les outils de délégation -- la psychologisation des contradictions sociales -- de la toute-puissance organisationnelle à la toute-puissance individuelle

    V -- Norme d'idéal et perte d'idéal : l'absence de critique de la prescription de toute-puissance -- la norme, promesse faite au consommateur -- contrôle hiérarchico-fonctionnel -- force de l'auto-contrôle -- traçabilité et juridiciarisation, l'idéal devient exigible -- il faut y croire au moins faire semblant -- moins l'anomie que la norme d'idéal -- la norme d'idéal comme déni du travail -- la montée des états limites

    VI -- Le sujet face à la norme d'idéal : les héroïques, réaliser l'idéal c'est normal -- les pratiques, arrêter d'y mettre du sien -- les enchanteurs, l'évitement du réel -- les résistants à la norme sociale d'idéal -- simulation et dissimulation, faire "comme si" -- prendre sur soi, la division morale du travail -- la reconnaissance en miettes -- lorsque le sujet critique l'acteur -- le travail sans fin

    Conclusion -- Glossaire -- Bibliographie

  • A partir d'une enquête par entretiens auprès de femmes en couple, cet ouvrage propose une analyse sociologique de la parentalité lesbienne appréhendée à partir de l'exercice du travail parental fourni par les mères. Au-delà des individus, ce sont les deux membres d'un couple qui ont été rencontrés; couples de même sexe et ayant élaboré un projet parental, conduisant à diverses configurations familiales organisées autour de l'adoption, la coparentalité, l'insémination artificielle avec donneur connu ou inconnu, ou encore un rapport hétérosexuel.

  • La rencontre avec les personnes atteintes d'un trouble psychique nous apprend autant qu'elle nous confond. Elle vient parfois bousculer l'ensemble de nos savoirs communs et professionnels, au point de les dévoiler sous les traits de préjugés.
    Dans le champ de la santé mentale, le nouveau paradigme du rétablissement (recovery) met en évidence ce décalage existant entre le vécu des personnes et les discours tenus à leur égard, en particulier dans le cas de la schizophrénie, qui demeure associée au trouble psychique le plus grave. Contre l'idée d'une détérioration inéluctable de la maladie, le concept de rétablissement postule la possibilité d'un devenir favorable des personnes qui en sont atteintes.
    Le coeur de cet ouvrage consiste en une approche qualitative du rétablissement par le recueil et l'accueil de l'expérience des personnes atteintes de schizophrénie.
    Il décrit le vécu de ces personnes et met en lumière ce qui, dans leur quotidien, contribue à renforcer le sens de leur existence et à les éloigner d'une identité de « malade ».

  • Au temps de son empire colonial, la France s'était affranchie de sa devise républicaine : Liberté, Égalité, Fraternité, en la rendant sélective. Aujourd'hui, lorsque la mort frappe un adolescent des quartiers de banlieues au cours d'un de ces nombreux et récurrents contrôles policiers, la détresse atteint des sommets, le désamour de la société s'affiche comme radical et irréversible. Ces drames itératifs et impunis sont vécus comme les répliques d'une ancestrale violence policière qui s'enracinent dans l'univers chaotique d'un espace-temps élargi, diluant l'atmosphère du présent dans celle du passé. Dans ces circonstances, chaque nouvelle disparition incarne celle d'un ancêtre dont la mort réelle et/ou subjective n'a pas été réparée. Ce réel d'aujourd'hui se télescopant aux événements déniés du passé colonial, il se forme au coeur de cet héritage d'indignité les ferments d'une révolte dont le déchaînement pulsionnel qualifié « émeutes » explosera sur la scène française en 2005.

  • Qu'est-ce qu'un patient rentable ? Qu'est-ce qu'un autre trop coûteux ? Selon quelles règles ces catégories sont-elles définies ? Comment juge-t-on qu'un hôpital n'est pas assez productif ? Comment certains établissements se retrouvent- ils en situation de quasi-faillite ? Quels effets ces situations financières ont sur la qualité du soin dispensé ? Comment les instruments économiques qui portent ces logiques peuvent-ils définir les pratiques de santé ? Et quelles critiques peuvent venir contester ces évolutions ?
    C'est à ces questions que répond ce livre en s'intéressant au processus de mise en gestion de l'hôpital public depuis les années 1980 ainsi qu'aux formes de critiques nées de ces évolutions.

  • Autrefois, les femmes accouchaient entre elles, entourées de leur mère, de leur grand-mère, des femmes du village..., et de la matrone ou de la sage-femme. Aujourd'hui, l'univers de l'enfantement s'est masculinisé et médicalisé : on ne met plus au monde à la maison (ou très rarement) mais à l'hôpital ou dans une clinique, où le médecin obstétricien remplace le plus souvent la sage femme. Les multiples techniques et examens médicaux qui jalonnent désormais la vie de la parturiente (échographies, amniocentèse, tests génétiques, péridurale...), semblent avoir profondément " pathologisé " la grossesse et l'accouchement et donc modifié l'expérience de la naissance.
    Comment les femmes vivent-elles cette mutation ? Réussissent-elles malgré tout à faire de l'expérience de la maternité un moment unique et qui leur appartient ? De leur côté, comment les professionnels de la naissance construisent-ils leurs propres représentations sociales de la maternité, comment les intègrent-ils dans leurs pratiques et viennent-ils ainsi influencer le vécu des femmes oe
    Entièrement construit autour de témoignages de femmes et de professionnels de l'obstétrique, ce livre original est le premier en France à offrir une double approche des représentations contemporaines de la naissance, celle des femmes et celle du monde biomédical.

  • L'une des particularités de la société ouzbèke s'incarne dans la diversité des pratiques linguistiques, langue russe et parlers ouzbeks utilisés selon les situations sociales.

  • Parmi les solutions au vieillissement des individus, la maison de retraite fait figure de repoussoir. Souvent accusée de nier les spécificités des individus, son observation révèle des logiques plurielles, coexistantes et parfois contradictoires. Cette complexité organisationnelle permet aux résidents des maisons de retraite de désormais disposer de plusieurs leviers pour négocier leur position au sein des asymétries sociales qui y ont cours, tandis que la moralisation et la surveillance des pratiques des professionnels redoublent ces possibilités, même s'ils conservent la maîtrise des situations.
    Dans le même temps, le développement continu de connaissances spécialisées sur les personnes âgées ont des conséquences pour les personnes et leurs entourages comme pour les professionnels. La spécialisation renforce l'idée que les résidents sont des êtres à part, notamment en raison de l'imminence supposée de leur mort, tout en contribuant à créer de l'insécurité chez les professionnels qui peuvent se sentir insuffisamment formés.

  • L'évolution contemporaine des formes d'organisation du travail a entraîné l'apparition de contraintes d'un type très particulier. La conjonction des dispositifs d'évaluation du travail, des exigences marchandes et des procédures d'assurance qualité (le tout sur fond de précarisation) a débouché sur des pratiques professionnelles préoccupantes à de nombreux égards. Nombre de salariés sont confrontés à des prescriptions qui incitent à mentir aux clients dans le but de remplir les objectifs assignés par l'entreprise. Or, mener à terme des tâches de ce type est pour le moins paradoxal, notamment dans le cadre d'activités de service dans lesquelles la satisfaction de la demande du client représente l'un des enjeux majeurs. Ces injonctions se trouvent à l'origine de difficultés spécifiques pouvant mettre en péril la santé des salariés. Si l'on se situe dans une perspective de prévention et de protection de la santé au travail, les observations rapportées dans cet ouvrage nous invitent à critiquer et à revoir les modes contemporains d'organisation du travail dans la mesure où ils génèrent des formes de souffrance délétères.

  • Jusqu'à présent, beaucoup d'homosexuels sont devenus pères dans un contexte hétéroparental avant de se déclarer publiquement homosexuels et de choisir un mode de vie correspondant. L'originalité de cette recherche est de s'intéresser aux hommes gays qui désirent devenir pères ou qui le sont devenus uniquement dans un contexte homoparental. En France, les gays qui souhaitent devenir pères se heurtent à de nombreux obstacles : l'adoption, autorisée pour des couples mariés et des célibataires de plus de 28 ans, est généralement refusée aux candidats homosexuels ; le recours à une maternité pour autrui est formellement interdit ; quant à la coparentalité, elle nécessite de trouver une future mère en accord avec le projet. Par ailleurs, outre les obstacles biologiques et juridiques, le modèle familial prôné par l'ordre social et symbolique rend difficile l'expression d'un tel désir. Première étude française sur la paternité gay, ce livre dévoile les arcanes du désir masculin d'enfant et explore les prémisses d'une nouvelle paternité. Une trentaine de gays y témoignent de leur désir et des arrangements qu'ils ont imaginés pour devenir pères.

  • Manger de la viande (re)devient un problème moral pour beaucoup d'entre nous. Cet acte alimentaire nous pose devant la difficulté et l'obligation non seulement de remédier aux souffrances des animaux d'élevage en systèmes industriels, mais aussi de penser la légitimité morale de leur mise à mort. Pour ce faire, faut-il en finir avec la mort donnée à ces animaux d'élevage en fondant nos sociétés sur un végétarisme éthique et en cessant toutes formes d'activités d'élevage ? Non. Au contraire, l'enjeu éthique qui est celui de nos rapports individuels et collectifs aux animaux d'élevage est de renouer avec la mort que nous leur donnons. À l'appui d'une recherche en sociologie sur le travail d'éleveurs et de salariés avec leurs animaux, en France et au Québec, l'auteur défend dans ce livre l'idée que l'amour et le respect de ces bêtes ne sont ni incompatibles, ni contradictoires pas avec le fait de les tuer. Il fournit également des éléments de compréhension et d'action pour conjurer la violence subie par les animaux et par les travailleurs en systèmes industriels.

  • Depuis le déclenchement de la seconde Intifada, des Israéliens ont choisi de franchir la ligne verte pour militer aux côtés des Palestiniens, dans les territoires occupés. Les activités de solidarité, manifestations et autres formes de coopération auxquelles ils prennent part font l'objet d'une répression fréquente de l'armée et d'une forte réprobation sociale en Israël. À partir de nombreux entretiens biographiques et observations participantes menés dans le cadre d'un travail ethnographique, l'auteure interroge les ressorts et les conséquences de cet engagement pour une cause perçue par beaucoup d'Israéliens comme radicale et antipatriotique.
    Elle pose ainsi la double question de savoir comment on devient militant contre l'occupation dans le contexte des années 2000, et comment ces militants restent israéliens, au prix de bouleversements biographiques, identitaires et sociaux.

  • L'éthique et la médecine sont indissociablement liées. Une approche philosophique de la médecine d'urgence permet de distinguer l'éthique de la médecine d'une éthique pour la médecine elle met à nu l'éthique médicale dans son opposition radicale à une éthique taillée de toutes pièces, découpée sur mesure et calquée sur le modèle d'une discipline managériale ou d'une instance juridique. L'éthique médicale est, au final, au coeur de la relation malade tandis qu'une éthique pour la médecine reste toujours à sa périphérie.
    Mais pour saisir l'éthique nichée au sein même de la médecine d'urgence, il faut d'abord analyser tous les ressorts d'une discipline médicale encore jeune que certains voudraient déjà réduire à une succession de gestes techniques bien organisés et presque automatisés. Qu'il exécute ou non des gestes techniques, le médecin urgentiste est toujours dans l'acte médical et l'acte médical fait de la médecine d'urgence une spécialité à part entière.
    Le tri médical, abordé comme un exercice singulier de la médecine d'urgence, de la médecine de masse, de la médecine de catastrophe, rend de façon inattendue à l'éthique médicale sa place de philosophie première.

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  • Si les miracles de Lourdes sont célèbres, que savons-nous des enquêtes qui sous-tendent leur proclamation ? Portant un regard neuf sur un phénomène habituellement appréhendé uniquement dans sa dimension religieuse, cet ouvrage propose de se pencher sur ce que font très concrètement les médecins du sanctuaire lorsqu'ils doivent contrôler une guérison déclarée "miraculeuse". Comment, par exemple, affrontent-ils la question de la preuve dans le cours de leurs expertises ? A quels signes médecins et ecclésiastiques accordent-ils du crédit ? Quels sont les procédés par lesquels ils éprouvent la solidité des faits qui leur sont soumis ? Comment traitent-ils les cas où les preuves font défaut ? En s'intéressant au miracle en train de se faire, et en présentant ce dernier comme le résultat d'un travail d'enquête complexe au résultat incertain, cette investigation sociologique permet de penser à nouveau frais les rapports nuancés qui peuvent s'instaurer entre science et religion.

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  • Afin de savoir pourquoi l'euthanasie fait toujours débat, il faut analyser la demande personnelle d'euthanasie, sa revendication collective en étant attentif à l'expression et aux situations des gens ordinaires de la vie. Il s'agit d'examiner les différentes positions et les témoignages tout en maintenant l'angle éthique, de montrer que le raisonnement normatif, bien que nécessaire, n'est pas la seule voie possible d'exploration de la situation et du sens de l'expérience morale. Il s'agit alors d'appliquer une éthique descriptive fondée sur l'attention aux intonations et aux expressions singulières. Penser l'euthanasie, ce n'est donc pas seulement raisonner sur ce sujet c'est également entendre et voir ce qui est important dans une situation donnée. L'enjeu de cette réflexion est donc de faire redescendre la problématique sur le sol raboteux de l'ordinaire. La mort y apparaît-elle encore comme la seule réponse possible pour celui qui est empêché de vivre ? Rien n'est moins sûr.

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  • Le livre vise à repérer les causes de la non-reconnaissance des professionnels de la culture. Il faut pour cela remonter à la Révolution française et à la construction du modèle républicain. On montre ainsi comment l'action culturelle, située à l'intersection de l'obligation d'instruction et des principes fondamentaux de la liberté d'expression et de la liberté de conscience, peine à trouver un espace professionnel propre. L'indéfinition des " métiers de la culture " apparaît notamment à travers l'analyse de données extraites de la bourse d'emploi culturemploi.com, et traitées de façon dynamique grâce au logiciel See-K dit des " arbres de connaissances ". On peut dès lors s'interroger sur la pertinence et l'efficience, du point du vue des valeurs républicaines, des politiques dites de " démocratisation culturelle ".
    Isabelle Mathieu est docteur en Sciences de l'Information et de la Communication. Elle est maître de conférences associée à l'Université de Bourgogne (IUP Denis Diderot - CIMEOS), et par ailleurs directrice de la bourse d'emploi cortex-culturemploi.com.

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  • Si Versailles et sa cour restent un univers fascinant, on en connaît finalement assez mal le fonctionnement quotidien. Cette étude se concentre sur la participation de la haute noblesse à un cérémonial " royal " qui s'élabore progressivement aux XVIIe et XVIIIe siècles, abandonnant en partie les grands rituels monarchiques et aboutissant à la mise au point de l'étiquette de cour.
    Â partir de Louis XIV et surtout de son installation à Versailles en 1682, la famille royale entre en scène et devient un objet de représentation : les naissances, les baptêmes, les mariages et les obsèques des princes sont organisés comme de grands événements très ritualisés et médiatisés. Le roi et sa famille deviennent le centre d'un spectable quotidien : le moindre geste et la moindre attitude s'intègrent à un protocole strict qui encadre la vie de chacun. Dans cette " société du spectacle " avant la lettre, les courtisans jouent un rôle essentiel puisqu'ils deviennent les principaux spectateurs et les acteurs d'un système de représentation qui se joue, à guichet fermé, à Versailles.
    Fruit de sept années de recherches menées à partir de sources en grande partie inédites, cet ouvrage passionnant qui constitue la première partie d'une thèse et décrit dans ses moindres détails les riches heures de Versailles : cérémonies, divertissements, réceptions d'ambassadeurs, voyages..., permet de mieux comprendre les origines du cérémonial de cour et les relations entre la monarchie et la haute noblesse.

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  • Dans un contexte de développement rapide des tests génétiques, cet ouvrage analyse les enjeux sociaux d'une politique de dépistage pour une maladie génétique, dans leur dimension scientifique, politique et morale. Sont explorés les conditions d'émergence de sa mise en oeuvre, les logiques politiques qui la sous-tendent et les effets qu'elle produit en termes de normes et de valeurs. Fruit d'une enquête menée pendant cinq ans, l'étude montre les liens entre des savoirs biomédicaux et des techniques politiques, les types de sujets produits, l'extension de l'idée d'anormalité biomédicale, et l'articulation entre pratiques de soins et logiques de sélection des foetus. Elle tente ainsi de rendre compte des pratiques ordinaires liées à la génétique médicale actuelle - même si les questions qu'elles posent le sont beaucoup moins - et, au-delà, de ce que ce dépistage nous dit des transformations de la médecine et de nos sociétés.
    Joëlle Vailly, docteur en sciences sociales et docteur en sciences de la vie, est chargée de recherche à l'Inserm. Elle est membre de l'Iris, Institut de Recherche Interdisciplinaire sur les enjeux Sociaux (CNRS-Inserm-EHESS-UP13).

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  • L'école ne fait pas que subir la pression de son environnement : elle participe aussi de manière insidieuse à la construction de la délinquance juvénile. Benjamin Moignard a pu l'observer en France, dans un quartier de la périphérie parisienne, où il a suivi et interrogé, des mois durant, des adolescents membres de plusieurs bandes locales, dans la rue et dans leur collège. Il a pu l'observer aussi au Brésil, où il a travaillé avec un gang d'adolescents appartenant à une faction locale de trafiquants de drogue d'une importante favela de la ville de Rio de Janeiro, en les accompagnant, là aussi, dans l'école et dans la rue. A travers une passionnante enquête de terrain, évitant tout sensationnalisme ou misérabilisme, l'auteur dépeint les modalités de construction des pratiques sociales des adolescents dans ces deux espaces. La comparaison internationale est ici l'occasion de taire de l'altérité un opérateur de connaissance, en interrogeant les liens d'évidence entre difficultés socio-économiques et violence à l'école, activité délinquante et scolarisation, déviance et adhésion aux normes dominantes. Une ouverture précieuse pour les acteurs de l'école et des quartiers.

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  • Issus des méthodes militaires visant le retour au combat, les débriefings, qui incitent au récit précoce de l'expérience à caractère traumatique, favorisent-ils vraiment son élaboration ? Si j'étais moi-même concerné, souhaiterais-je rencontrer sur le champ un " psy " ? Comment réagirais-je s'il me disait que, pour mon bien, je dois lui conter en détails ce que je viens de vivre ? Par exemple, l'accident au cours duquel mon enfant est mort sous mes yeux ou celui où j'ai tué accidentellement un piéton...
    Cet ouvrage montre qu'inciter à parler d'une expérience traumatique est souvent une erreur. Certes, si une personne souhaite s'exprimer, une écoute est nécessaire. Mais le plus important, au début, est d'offrir un environnement protecteur et bienveillant. Or les débriefeurs répondent aux pressions de certains pouvoirs politico-militaires et sociaux : si un soldat traumatisé constitue une perte pour son commandement, de manière analogue un convoyeur de fonds ébranlé, par exemple, correspond à un manque à gagner pour son employeur.
    D'où l'intérêt récent de certains DRH pour leurs employés traumatisés. Un débriefing et ça repart... Ce livre ne s'adresse pas qu'aux sauveteurs et aux " psys " : chacun de nous peut avoir à accueillir, un jour, quelqu'un qui vient de vivre un événement " traumatisant ".

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  • Paula LA MARNE est professeur agrégée de philosophie, attachée d'enseignement à la faculté de médecine de Paris XII. Elle a dirigé une collection d'éthique chez Ellipses.
    Préface de Marie de Hennezel.

    Par crainte de l'acharnement thérapeutique et de la perte de la dignité de la personne, un parti du "droit de mourir" et de négocier sa propre fin s'est formé dans les sociétés modernes. Peut-on éluder l'existence d'un conflit éthique profond entre le droit de précipiter sa mort et l'interdit du meurtre dans des sociétés qui ont aboli la peine de mort et engagé des campagnes de prévention du suicide au nom du caractère sacré de la vie ? Quelle conduite choisir ? Quels principes gouvernent ces pratiques, quelles nouvelles lois les encadrent ? Quel dialogue peut s'installer ? Quelles pratiques se mettent en place ? Cet ouvrage se propose de répondre à toutes ces questions.

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  • Ce livre est à plusieurs titres exceptionnel. En effet, il s'agit du premier ouvrage publié en français sur un personnage légendaire de l'histoire brésilienne, le célèbre bandit Lampiao (né vers 1897) qui, pendant près de vingt ans, défia non seulement les autorités du Nordeste brésilien mais encore le pouvoir central. Il fut décapité en 1938, et sa tête fut exposée sur la place publique. Voici comment l'un de ses contemporains l'a décrit : " Lampiao, qui possède un coeur furieux tel un Vésuve de crimes, est en réalité, il ne faut pas le nier, un bandit exceptionnel. Il génère le crime et s'en nourrit. Cet homme qui, le matin, regarde le soleil à travers le canon de son fusil meurtrier, qui, la nuit, baigne la lame froide de son poignard dans les rayons mélancoliques de la lune, ce Lampiao qui sème la douleur, qui fait des veuves et des orphelins, bourreau des vierges, violeur des foyers est en réalité un bandit dont la structure psychologique, si elle était analysée par des scientifiques compétents, offrirait au monde le portrait d'une individualité exceptionnelle capable du pire.

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