Entreprise, économie & droit

  • Les cabinets « Big Four » (KPMG, Ernst and Young, PricewaterhouseCoopers et Deloitte) sont les quatre plus grands groupes de conseil et d'audit au monde, proposant une multitude de services aux entreprises. Ils occupent une place centrale dans le monde économique et constituent une carte de visite prestigieuse permettant d'accélérer les carrières de ceux qui y travaillent. Analyser leur fonctionnement, ainsi que les valeurs que partagent leurs membres, offre un aperçu de l'éthique de cette élite des affaires dont le succès auprès des jeunes recrues ne se dément pas.
    Ces cabinets sont marqués par une vie courtisane très forte et les salariés les rejoignent moins par référence au métier que par attirance pour l'idée élitiste de compétition. Le passage par un de ces cabinets a une fonction de distinction sociale qui donne aux individus le sentiment d'appartenir à une élite sélective : le goût du classement, la capacité à résister au stress, à la fatigue, à une charge de travail colossale sont des signes de supériorité qui définissent la valeur de l'expérience. Le travail tend donc à être vécu comme un sport où, à défaut de convictions personnelles sur l'utilité du métier, l'important est de gagner.

  • Le tournant global et la révolution numérique interrogent la raison d'être d'une école en crise de sens. Ces mutations questionnent autant la production des savoirs pour penser le monde que l'éducation au monde que l'École dispense. La notion même de savoir est remise en cause par la culture numérique.
    La forme scolaire n'a pas toujours existé : elle est une configuration historique particulière. L'École, si elle a un début, peut donc avoir une fin ! À l'ère du Savoir-Relation, faudra-t-il des robots à la place des profs ? Le lieu scolaire doit-il disparaître ? Et si la fin de l'École était une opportunité pour créer de nouveaux espaces, instaurer de nouvelles relations enseignants/enseignés, réconcilier les partenaires, enseigner autrement et recréer le bonheur d'apprendre, en bref, refonder vraiment notre rapport au savoir ?

  • Que peut apporter la pensée sociale et politique à la compréhension du travail contemporain ? Quels en sont les enjeux fondamentaux?
    Pour comprendre ce qui se joue aujourd'hui, l'auteur entend faire une généalogie des rapports entre esclavages et modernité. Cette question centrale, trop souvent négligée dans les sciences humaines, s'est posée à chaque fois dans l'histoire à un moment de basculement de civilisation.
    Les nouvelles formes d'organisation du travail et leurs incidences sur la santé mentale et physique des travailleurs salariés suscitent de réelles inquiétudes. Quels sens donner à ces évolutions majeures du travail ? L'ouvrage entend montrer que la tendance tyrannique du nouveau capitalisme peut se donner à voir comme une exigence de « servitude volontaire » envers le salariat. Face à ces nouvelles formes de domination et son potentiel de destructivité pour la société toute entière, le droit apparaît comme le seul garde-fou capable d'enrayer cette tendance.

  • On trouvera ici une histoire croisée de la Fnac et de ses employés. Fondé en 1954 par deux anciens militants d'extrême-gauche, ce distributeur façonne les pratiques de consommation culturelle des Français : les temps forts du développement de l'enseigne illustrent un modèle commercial basé sur l'alliance avec le consommateur, la médiation culturelle et les prix bas. L'ouvrage étudie également la trajectoire professionnelle des générations d'employés, entrés à la FNAC pendant ou après des études supérieures. Ce livre contribue à la fois aux réflexions menées sur la consommation culturelle et sur l'insertion professionnelle des jeunes générations. Vincent Chabault est maître de conférences en sociologie à l'Université Paris Descartes et membre du Centre de recherche sur les liens sociaux (CNRS).

  • Le recours aux recettes du marketing direct par les ONG pose de nombreuses questions. Ainsi, comment comprendre la double-nature de ces organisations militantes qui empruntent au secteur marchand ses ficelles managériales mais scandent qu'un autre monde est possible ? À travers une enquête ethnographique minutieuse parmi les marketers de la vertu, cet ouvrage met en lumière la mise à l'épreuve de l'enchantement militant par les techniques marchandes et gestionnaires. Du siège des grandes ONG françaises aux rues où circulent les recruteurs de donateurs, salariés par des agences privées, l'ouvrage permet d'accéder à l'arrière-cuisine de la mobilisation. On y découvre les dilemmes structurels qui pèsent sur les organisations, mais aussi sur les professionnels qui accomplissent le " sale boulot " de la collecte de fonds. Vendre une cause : à quel prix ?
    Docteur en science politique, Sylvain Lefèvre poursuit ses recherches à l'Université de Montréal sur les transformations managériales du militantisme, ainsi que sur l'implication des fondations privées dans les politiques sociales.

  • Dans des contextes fortement impactés par les politiques néolibérales des dernières décennies, sur lesquelles viennent s'ajouter celles de l'austérité, traiter du syndicalisme dans les secteurs des services à bas coûts revient à poser clairement la question des conditions de son renouvellement.
    Fondé sur une enquête comparative mobilisant les méthodes de l'observation et de l'entretien, cet ouvrage nous introduit dans le monde des pratiques syndicales dans le secteur de la propreté en France et en Italie.
    Souvent des femmes ou des immigrés, ces salariés aux conditions d'emploi et de travail dégradées subissent les contraintes de l'externalisation qui contribue à entraver leur accès au syndicat. Face à ces travailleurs invisibilisés, notamment du fait de leur position dans les rapports sociaux de classe, de sexe et de race, les organisations syndicales ont tendance à appliquer un schéma d'analyse dominé par la référence de l'emploi stable. Pourtant, cette étude montre l'importance de la prise en compte du caractère d'émancipation contenu dans les expériences de vie et de travail des salariés du « bas de l'échelle » pour l'élaboration de nouvelles stratégies syndicales.

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