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  • En 2015, l'officialisation de l'Enseignement moral et civique (EMC) marque une nouvelle réforme de l'éducation civique qui vise à atteindre le terrain de la salle de classe en changeant les visions et les pratiques des enseignants qui en ont la charge. Comment une telle réforme émerge-t-elle ? Et comment les professeurs s'approprient-ils ces normes issues du ministère ? Du sommet de l'État à l'intimité du cours, en passant par les acteurs intermédiaires, cet ouvrage donne à voir les dynamiques relationnelles qui participent à la fabrique de l'éducation civique. Cette dernière se façonne dans les rapports de pouvoir à distance qui structurent l'institution scolaire, les différents protagonistes disposant de ressources symboliques et de pratiques contrastées pour déterminer la réalité de leur enseignement. En mettant en lumière les ambivalences de la performativité de la réforme, l'étude de l'EMC contribue ainsi à la compréhension des modalités du changement dans l'Éducation nationale.

  • Qu'est-ce que le « coaching scolaire » ? Pourquoi cette pratique émerge-t-elle et qui sont les individus qui y ont recours ? Venu du monde de l'entreprise, le coaching scolaire entend permettre aux élèves de mieux vivre leur scolarité et de développer un certain nombre de compétences attendues dans l'école et dans le monde du travail.
    Cet ouvrage interroge l'émergence de ce nouvel accompagnement de la scolarité, en marge de l'école. Si le coaching scolaire ne se situe qu'aux « frontières de l'école », il n'en demeure pas moins qu'en interrogeant cette pratique, on éclaire par là même le centre, c'est-à-dire ce que produit l'institution scolaire tant en termes d'enjeux, d'injonctions et d'attentes qu'en termes de discriminations et d'inégalités.

  • Alors que l'institution scolaire ne cesse de promouvoir la coopération ou coéducation avec les parents, force est de constater qu'une partie d'entre eux est jugée trop « éloignée » ou en décalage avec les comportements et rôles attendus. Ces parents, plus souvent membres des fractions précaires et immigrées des familles populaires, ont conscience de l'enjeu mais sans maîtriser les règles du jeu qui s'imposent à eux.
    Invisibles aux yeux des enseignants, ils restent aussi le plus souvent inaudibles, n'étant ni présents ni représentés.
    L'ouvrage ambitionne précisément de leur donner une « voix » en s'appuyant sur une enquête de deux années dans un quartier prioritaire à la rencontre de parents, enseignants de primaire et de collège mais aussi, d'enfants-élèv es. La recherche montre qu'à travers l'enjeu scolaire se jouent des questions d'identité et de dignité pour des parents disqualifiés et en quête de respect. Par quels mécanismes une politique animée des « meilleures intentions » peut-elle se retourner contre ceux-là mêmes qu'elle voudrait aider davantage ?

  • Enzo, 8 ans, passe chaque jour près de dix heures à l'école, découpées en une série d'activités d'une durée d'un quart d'heure à une heure. Du lundi matin au vendredi soir, il est encadré par huit personnes différentes en moyenne, près de vingt-cinq avec les récréations. Pendant la semaine, il est avec son enseignante à peine plus de la moitié de son temps d'école, et un quart avec des animateurs municipaux, le reste du temps étant partagé entre divers intervenants.
    Ce constat, s'il peut sembler commun aux habitués des écoles primaires, a de quoi surprendre. Il montre que le modèle de la division du travail, généralement associé au collège, est en réalité devenu une norme pour de nombreux élèves dès l'entrée à l'école, a fortiori depuis la réforme des rythmes scolaires de 2013. L'objet de cet ouvrage est d'interroger ce fonctionnement, de tenter d'en comprendre les raisons, d'en peser les conséquences, notamment en termes d'inégalités scolaires, et de se demander ce que l'adoption d'un tel modèle révèle de l'école et de son rôle dans la société.

  • Cet ouvrage propose de mettre au coeur de la réflexion et du débat les processus sociaux par lesquels les élèves apprennent ou n'apprennent pas selon les normes scolaires. Embrassant l'ensemble du système éducatif, de la maternelle à l'université, il met en évidence des récurrences dans les scolarités défaillantes : c'est par exemple pour des raisons très semblables qu'on n'acquiert pas les connaissances et compétences nécessaires à la lecture à l'école primaire ou à la dissertation au lycée. C'est aussi parce que, de leur côté, les enseignants sont peu formés aux processus d'apprentissage de leurs élèves qu'ils se centrent très fortement sur la logique des cours qu'ils ont à faire et peinent à comprendre que leurs destinataires ne les comprennent pas toujours.

  • Enquête sociologique sur les pratiques d'accompagnement à la scolarité mises en oeuvre dans les familles des classes moyennes. Loin de respecter les frontières entre le rôle éducatif de la famille et celui de l'école, ces parents oeuvrent de manière active dans le domaine de la transmission des savoirs.

  • Décrire et expliquer les trajectoires scolaires des enfants d'immigrés en France aboutit à la remise en question de plusieurs idées reçues sur la scolarité des enfants d'immigrés.
    À la vision homogénéisante et misérabiliste d'une « deuxième génération » en échec scolaire, cet ouvrage oppose, sur la base de plusieurs années d'enquête, des résultats qui montrent la forte diversité des trajectoires scolaires des enfants d'immigrés et l'importance prépondérante de l'origine sociale dans l'explication des difficultés scolaires de certains d'entre eux. Il invalide également le schéma explicatif dominant de l'assimilation, dans la mesure où il ignore les conditions de vie des parents avant leur arrivée en France, pourtant fondamentales pour comprendre les aspirations et les ressources scolaires qu'ils transmettent à leurs enfants. Enfin, au-delà de la focalisation commune sur le rôle socialisateur des parents, il insiste sur l'influence, souvent bénéfique, des frères et soeurs plus âgés et les effets inégalitaires de la ségrégation scolaire.

  • Les pratiques d'évaluation scolaire des élèves font l'objet de polémiques entre les partisans des notes et leurs détracteurs. Certains professeurs considèrent que la notation est indispensable pour fournir des repères aux élèves. D'autres pensent que la note peut avoir des effets contre-productifs sur les apprentissages.
    Comment dépasser la polémique ?
    L'ouvrage a pour objet de présenter les très nombreuses recherches menées sur les différentes pratiques d'évaluation des compétences scolaires. L'évaluation chiffrée provoque des « comparaisons sociales forcées », qui sont une source de démotivation des élèves moyens et faibles. L'évaluation est aussi susceptible de provoquer de la « résignation apprise » et de « l'illusion d'incompétence », sources de décrochage. Ces notions psychologiques centrales devraient être connues autant par les parents que les professeurs. Les questions les plus actuelles sont abordées, spécifiquement celles liées aux nouvelles modalités d'évaluation par compétences (« classes sans note », évaluation par « niveau de maîtrise »).

  • Le me?tier de conseiller d'orientation a change? cinq fois d'intitule? en l'espace de soixante ans. Le plus re?cent correspond a` celui de psychologue de l'E?ducation nationale. Comment expliquer cette e?volution ? A` quelles logiques re?pond-elle ? En quoi peuvent-elles nous renseigner sur les finalite?s des politiques e?ducatives en matie`re d'orientation ? Cet ouvrage re?pond a` ces questions en e?tudiant la professionnalisation du me?tier de conseiller d'orientation comme le re?sultat d'un double mouvement : celui que produit l'histoire de l'institution qui de?finit son rôle, et celui qu'engendre l'histoire du groupe professionnel. Dans cette perspective, ce livre montre que l'histoire du me?tier de conseiller d'orientation est traverse?e par des enjeux ide?ologiques, professionnels et scientifiques permettant sans doute de mieux comprendre l'instabilite? de leurs missions et de leur identite? professionnelle.

  • Malgré des niveaux d'études élevés, les jeunes éprouvent des difficultés grandissantes à trouver leur place sur le marché du travail. Fruit d'une enquête sociologique auprès des diplômés de l'enseignement supérieur à la recherche de leur premier emploi, ce livre explore l'expérience de l'insertion professionnelle. Une fois le diplôme obtenu, les étudiants, souvent protégés des questionnements sur leur avenir professionnel pendant leurs études, sont plongés dans l'univers de la recherche d'emploi.
    Pour certains, la transition études/emploi est évidente (insertion prévisible) ; pour d'autres, un véritable travail de conformation aux attendus de l'emploi s'engage (insertion entravée) ; pour d'autres encore, l'insertion professionnelle est un impératif trop pressant qu'il s'agit, un temps au moins, de mettre à distance (insertion refusée).
    Par-delà la diversité des parcours, ce livre conclut à l'existence d'un modèle de relation formation-emploi français très particulier, qui fait de l'insertion professionnelle l'objectif ultime, l'horizon indépassable de la jeunesse française.

  • Analyse sociologique des épreuves personnelles, professionnelles et identitaires que rencontrent les professeurs débutants dans l'enseignement secondaire.

  • Les jours de l'école traditionnelle, née au XIXe siècle des mutations de l'Etat-nation, seraient-ils comptés ? Depuis deux décennies, dans la majorité des pays développés, des réformes scolaires d'envergure se sont multipliées sur le terreau propice de la dénonciation de la crise de l'école publique. Elles ébranlent les fondations historiques des Etats-enseignant, marquant peut-être, dans l'éducation, le " tournant néo-libéral " observé dans d'autres politiques publiques. Face à ce raz-de-marée réformiste, la France est longtemps apparue en retrait. Fustigée par les observateurs pour son immobilisme en éducation, pour son néo-corporatisme paralysant, constitue-t-elle encore une exception à la montée d'un néo-libéralisme éducatif ? Mais peut-on vraiment parler d'une vague néo-libérale qui uniformiserait les systèmes scolaires des pays développés ? Pour répondre à ces questions, l'auteur évalue, à l'aune des expériences étrangères, les politiques éducatives françaises : décentralisation, autonomie scolaire, carte scolaire, collège unique...

  • Le programme ERASMUS (EuRopean community Action Schema for the Mobility of University Students), mis en place en 1987 pour promouvoir à la fois la mobilité et la reconnaissance mutuelle des diplômes en Europe, ne concerne, aujourd'hui encore, qu'une minorité.
    Certes, le nombre total d'étudiants européens en mobilité s'est accru depuis son institutionnalisation, mais le programme ERASMUS permet-il une réelle démocratisation de l'accès à la mobilité et des " débouchés " qui lui sont associés ? L'augmentation de l'offre de séjour à l'étranger semble plutôt accélérer un mouvement de spécialisation sociale des filières d'études et des destinations. Loin des récits inspirés par le psychologisme ambiant et de la rhétorique ou des prophéties sur la mondialisation, il s'agit dans cet ouvrage de répondre empiriquement à ces questions et d'interroger les discours sur le programme ERASMUS, comme étant populaire et enrichissant.

  • Quelles différences constate-t-on entre un jeune professeur des écoles et un jeune professeur de lycée ? Sont-elles du même ordre que celles observées entre deux enseignants de la génération précédente ? Le métier d'enseignant correspond en effet à des statuts différents et des niveaux de rémunération et de diplômes variés : loin d'être immuables, ces lignes de clivage se redessinent au cours du temps, dans un espace social lui-même changeant.
    Dans cet ouvrage, Géraldine Farges analyse la façon dont se constitue cette hétérogénéité des « conditions enseignantes » et dont elle transforme, sur le plan professionnel, la valeur accordée à la profession. Les conditions de travail comme les perspectives de carrière évoluent sans toutefois résulter en un rapprochement entre les niveaux d'enseignement. La « communauté éducative », mise en valeur par les réformes récentes - en vérité trop contraignantes pour permettre son émergence -, apparaît donc comme un leurre.
    À la place, la distinction entre professeurs des écoles, collèges et lycées se perpétue sous des formes renouvelées.

  • La mixité est officialisée depuis 1975 dans le système scolaire français.
    Pourtant, comment expliquer que le succès des filles à l'école dans toutes les disciplines n'a pas remis en cause leur absence dans de nombreuses formations dites de « sciences et techniques » ? Pourquoi les garçons manquent-ils eux aussi dans certaines spécialités, de fait largement féminines ? Ce livre s'intéresse aux jeunes atypiques car minoritaires, en tant que filles ou garçons, dans les formations techniques. Quelles sont leurs motivations, leurs profils, leurs projets et l'accueil qui leur est réservé ? Quelles résistances rencontrent-ils dans leur intégration ? Comment les politiques publiques, les familles et les personnels des lieux de formation accompagnent-ils ces démarches et expériences atypiques ?
    Clotilde Lemarchant fait le point sur ces situations qui illustrent l'inachèvement de la mixité dans certains espaces de notre société, et l'impensé de certaines questions ayant trait au genre et à la technique.

  • La seconde massification scolaire au seuil des années 1990 a conduit un certain nombre d'enfants d'ouvriers et d'employés au baccalauréat puis à l'enseignement supérieur. Or, ces " nouveaux étudiants " ne se sont pas répartis au hasard des filières et ont trouvé, dans les BTS, une voie de poursuite d'études privilégiée. À l'heure actuelle, les BTS continuent d'accueillir en plus forte proportion que les autres filières les minorités de l'enseignement supérieur que sont les bacheliers d'origine populaire, les bacheliers technologiques et les bacheliers professionnels. Comment expliquer la conversion aux études longues d'élèves qui en étaient jusque-là tenus à distance ? Comment comprendre leur orientation massive vers les BTS ? Quels effets la position marginale des BTS au sein de l'enseignement supérieur a sur ces publics, sur leurs parcours et sur leurs aspirations ?

  • La difficulté de mettre en oeuvre fidèlement une politique oblige à regarder de près l'ensemble du processus, et non seulement l'élaboration et la décision politique. C'est ce que l'on appelle le tournant de la mise en oeuvre, c'est-à-dire le déplacement de l'accent trop exclusif mis sur l'élaboration et la décision politique vers une plus grande prise en compte de leur réalisation sur le terrain.
    Ce livre porte sur ce tournant. Il en rend compte dans ses principales manifestations : le questionnement des cadres traditionnels d'analyse des politiques et le développement de perspectives neuves de nouvelles politiques éducatives qui, soucieuses d'efficacité et d'efficience, incorporent des théories du changement et des stratégies de mise en oeuvre explicites de nouvelles technologies organisationnelles, combinant un contrôle accru du travail et un appel à l'enrôlement autonome du « professionnalisme » des acteurs et de nouveaux rapports entre la recherche et la politique. Ce tournant force à analyser les moments forts d'une politique comme sa remise en jeu.

  • Quelle est la place de l'école dans une société méritocratique ? Privilégiant une approche subjective de la méritocratie, et mobilisant des données statistiques et une enquête de terrain, cet ouvrage étudie les représentations sociales du mérite et des diplômes. Il montre que la popularité a priori du modèle méritocratique contraste avec les critiques qui sont adressées au système scolaire. Derrière le " mérite ", se cachent en réalité un grand nombre de significations, affectées par l'expérience scolaire et sociale de chacun. À une époque où le mérite est abondamment mobilisé, notamment dans la sphère politique, l'ouvrage contribue à enrichir le débat public en soulignant la complexité du raisonnement méritocratique et les enjeux sociaux de sa mobilisation au sein de l'école.
    /> Docteur en sociologie, Élise Tenret est maître de conférences à l'Université Paris Dauphine (Irisso) et chercheuse associée à l'Observatoire sociologique du changement (OSC, Sciences Po).

  • Quelles sont les tensions et porosités entre cultures juvéniles et culture scolaire en jeu dans l'éducation musicale au collège ? Le curriculum de la discipline s'est ouvert depuis les années soixante-dix à la « culture des élèves », articulant l'acquisition d'une culture musicale aux pratiques d'écoute des adolescents. Il apparaît un renouvellement de la culture scolaire, qui, bien que plus poreuse aux formes culturelles extérieures à l'École, implique chez les élèves une forme de distanciation avec leurs pratiques culturelles ordinaires afin de les transmuer en objet de savoir et, partant, d'accéder à une posture d'« amateur éclairé ». De tels objectifs étant souvent peu perceptibles aux yeux des élèves dans le cadre de l'éducation musicale, cet enseignement est donc potentiellement porteur de malentendus, offrant un riche terrain de réflexion pour penser à nouveaux frais les inégalités face à l'École et les formes institutionnelles de transmission culturelle.

  • Les chefs d'établissement de l'enseignement secondaire sont-ils aujourd'hui de modernes hussards de la République ou des managers orientés vers l'efficacité éducative ? Comment agissent-ils avec - et parfois contre - des personnels enseignants dont ils organisent en partie l'activité ? Quels rapports entretiennent-ils avec leur travail, leurs collègues, les élèves, l'institution et ses valeurs ?
    Confrontés à de nouvelles missions d'accueil de tous les élèves, de moderni­sation et de pilotage, mais aussi à une multiplicité de tâches et à des temporalités contrastées, les chefs d'établissement s'adaptent en visant tout à la fois le consensus interne et la visibilité externe.
    À la croisée de la sociologie de l'éducation et de celle du travail, ce livre brosse un tableau vivant et réaliste du quotidien des chefs d'établissement au collège et en lycée, général comme professionnel. En cherchant à comprendre les enjeux collectifs et les épreuves de ce métier, il propose un regard neuf sur les futurs défis de l'École.

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  • Comment se construisent les inégalités de parcours chez les enseignants et les enseignantes du second degré ? C'est la question à laquelle cet ouvrage se propose de répondre à partir d'une comparaison entre la France et l'Angleterre. Pour ce faire, l'auteur s'appuie sur des données statistiques et sur une enquête originale consistant en plus de 60 entretiens menés avec des enseignant(e)s du second degré exerçant dans ces deux pays. À la croisée de la sociologie de l'éducation, du travail et des théories des rapports sociaux de sexe, cet ouvrage propose une lecture critique des préjugés qui entoure ce groupe professionnel. Il remet en cause l'idée que l'enseignement se caractérise par l'égalité hommes-femmes, tant dans la sphère professionnelle que personnelle. Mais il montre aussi, grâce au pouvoir heuristique de la comparaison internationale, que ces inégalités n'ont rien d'une fatalité.
    Marie-Pierre Moreau est Senior Research Fellow à l'Université du Bedfordshire, Royaume-Uni, et membre associée du CERTOP-CNRS, Toulouse. Ses travaux portent sur les politiques d'éducation et d'emploi, en particulier sur la question du genre en éducation. Elle est l'auteur de nombreux articles et contributions à des ouvrages collectifs sur ce thème.

  • Le thème de la souffrance au travail est de plus en plus abordé, mais peu étudié dans le milieu professionnel des enseignants car difficile à analyser. Comment examiner les difficultés professionnelles des enseignants, tant sur les personnes que sur le groupe professionnel, sans céder à une psychologisation du social, voire à sa médicalisation ou à la victimisation des acteurs ? Le projet de cet ouvrage est d'exposer comment les difficultés du métier d'enseignant organisent autant les douleurs et les souffrances ordinaires que les plaisirs et la reconnaissance qu'il procure. Les difficultés sont une réalité dont la gestion est constitutive du métier : les considérer comme un analyseur et non un parasite du travail, les aborder en positif comme le centre du métier, telle est la démarche des auteurs. D'autre part, la solidarité de l'institution à l'égard de ses personnels doit aujourd'hui être repensée en rapport avec la montée des critiques, car les enseignants ne peuvent être laissés seuls pour les affronter. Au final, il est nécessaire de reconstruire une fierté du métier d'enseignant à partir d'une professionnalité nourrie de l'expérience collective et de délibérations entre pairs se confrontant au cadre imposé et au débat public.

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  • L'école apparaît aujourd'hui comme l'un des symboles les plus puissants de la crise du modèle républicain et de la transformation en profondeur des services publics. Si certains appréhendent ces processus du point de vue des logiques supranationales, cet ouvrage procède à partir de l'échelle locale. L'accumulation de politiques menées depuis le début des années 1980 (zones d'éducation prioritaires, autonomie pédagogique, déconcentration, décentralisation, territorialisation) a en effet contribué en France à l'émergence d'un nouvel ordre éducatif local. Quelles sont les modalités et les significations de ce déplacement ? Quelles sont ses implications politiques et idéologiques ? Quelles en sont les conséquences sur l'expérience des acteurs éducatifs, des enseignants, des élus locaux, des personnels d'encadrement, des militants associatifs, des élèves et des familles ?
    Ces questions sont abordées ici à partir de plusieurs entrées : la mixité sociale à l'école, les disparités territoriales d'éducation, les mobilisations éducatives locales, la décentralisation éducative.

  • Cet ouvrage analyse les politiques de marché scolaire dans plusieurs pays. En distinguant trois types (les marchés privés, les quasi-marchés et les marchés officieux), il s'intéresse à ces marchés en action en prenant en compte la diversité des contextes locaux et l'évolution des dynamiques au fil du temps. Il explore les logiques et les médiations qui informent les choix des parents, les déterminants et les effets des interdépendances compétitives entre établissements, ainsi que les interactions entre les principaux acteurs (parents, chefs d'établissement, administrateurs de l'éducation) impliqués dans le fonctionnement au jour le jour de ces marchés.
    L'ouvrage s'intéresse aussi aux conséquences des marchés scolaires sur l'efficacité et l'équité de l'école. À la question centrale : " les marchés scolaires produisent-ils plus de liberté et permettent-ils plus d'innovations pédagogiques, ou au contraire créent-ils une ségrégation accrue aux plans social, académique et ethnique au détriment des élèves les plus défavorisés ? ", les auteurs répondent de façon nuancée en montrant comment les contextes nationaux et les dispositifs locaux influent sur la nature et l'ampleur des conséquences des marchés scolaires.

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