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  • Les Présents

    Antonin Crenn

    S'il est mort, pourquoi revient-il si souvent ?
    Les absents, ce sont encore les présents qui les situent le mieux. Théo est de ceux-là. Enfant, il a perdu son père. Vingt ans plus tard, ce deuil refait surface, après le retour soudain d'une vieille connaissance. A priori, les immeubles haussmanniens, le souvenir d'un père, les barricades révolutionnaires et le navire naufragé du commandant Charcot n'ont rien en commun. Mais pourquoi pas ?
    Loin de mener une enquête rigoureuse, mais en acceptant de se mettre en quête de ses origines et de son passé, Théo imagine des vies qui ne sont pas les siennes, mais qui sont connectées, de près ou de loin, à son état présent. Ainsi s'assemblent peu à peu les pièces d'un puzzle qui n'appartient qu'à lui, et s'adresse à chacun.
    Après L'épaisseur du trait, entre l'Est parisien et le Finistère, Antonin Crenn poursuit son exploration des espaces et des lignes de fuite. Avec Les présents, il explore une dimension supplémentaire : le temps.

  • C'est l'histoire non d'un mais de trois mecs qui vont révolutionner sans le savoir l'inépuisable jeu de l'amour et du hasard que la littérature cherche à circonscrire depuis ses balbutiements. Notre premier est un poète raté prêt à tout pour immortaliser sa muse dans son oeuvre ; notre deuxième est un as des cocktails et de l'échec amoureux ; notre troisième est un ex-cobaye de l'industrie pharmaceutique à la rencontre du Vaudou. Qu'ont-ils tous en commun ? La vie, l'amour, la fougue, l'alcool, le désir et les sentiers tortueux de cet âge insolent qu'est la vingtaine. Ensemble, ils font plus que se croiser, ils se lancent dans une inoubliable course de relai vers le nirvana amoureux. Le tout sous l'oeil attendri, amusé et fatigué des femmes qui traversent leur vie.
    On l'aura compris, La Comédie urbaine n'est ni La Divine comédie ni La Comédie humaine. Surfant sur d'autres énergies, elle témoigne pourtant d'un superbe élan d'humanité, sans jamais cesser d'être divinement drôle. Un sacré shot de lose dans un océan de désir et de douceur.

  • Quel est le nom de cette ville qui brûle en moi ? Que ce soit lors de ses errances citadines, ses voyages souterrains ou hors la ville, Christophe Grossi aime observer ce qui nous relie ou nous oppose. Au fil des rencontres fugaces ou vivaces, des moments de tension ou d'apaisement, il s'interroge sur notre présence au monde, notre immobilité en mouvement et nos désirs de fuir. Si la ville fascine, elle peut griser aussi. Et dans nos va-et-vient, comment habiter les lieux traversés, quel que ce soit le mode de transport choisi ?Dans ce récit qui procède par fragments, où les voix convergent et se complètent, une galerie de portraits se construit. Une nouvelle carte apparaît, faite d'itinéraires réels ou imaginaires, le long desquels les absents hantent les vivants. Et chaque trajectoire prend la forme d'un possible soubresaut. La ville soûle n'est pas un récit de voyage au sens propre : c'est une métamorphose.

  • Il marche, comme nombre d'hommes et de femmes migrant d'une frontière à l'autre, la perte de ses papiers d'identité le confine à l'errance. Qui est-il, où va-t-il, quel est son nom pour commencer ? Mystère. Voilà à quoi l'on est réduit aux yeux de l'administration : quelques dates, un coup de tampon, un nom. Une empreinte. Mais la vie, la singularité d'un être, sa sensibilité, ce n'est pas réductible à ces quelques données. Ça déborde.
    C'est le point de départ de cette enquête qui nous mènera hors des sentiers battus de notre époque, et de la parole : une crue intérieure qui pousse le corps à se mouvoir. De là à arpenter le monde par son envers, tâcher de retrouver un nom qu'on a perdu, vivre au niveau du sol avec comme seuls compagnons les ami·es de passage et les rats, il n'y a qu'un pas. Et tant d'autres.
    Dans ce roman résolument politique, poétique, qui sait placer lecteurs et lectrices à la place de l'autre, qui mesure l'écart entre les mondes autant qu'entre les langues, se dessine peu à peu la figure du fantôme nuisible en quoi notre glaciale époque peut potentiellement métamorphoser tout un chacun au premier soubresaut géopolitique venu : d'un côté pas vraiment immigré, de l'autre pas tout à fait émigré. Quelque chose entre les deux. Une sorte d'Ulysse cherchant non pas à retourner chez lui mais en. Un emmigré.

  • Qui est Robin Sonntag ? Informaticien au sein d'une société secrète, il oeuvre à sauvegarder les savoirs de l'humanité via un réseau d'algorithmes répartis sur des millions d'ordinateurs et d'appareils domestiques.
    Qui est Alice Barlow ? Celle que Robin ne parvient pas à oublier, et qu'il ne veut pas souiller de sa virilité toxique. Ne pouvant couper aucun pont avec elle dans ce monde hyperconnecté, une idée lui est venue : celle de détruire Internet pour ne plus avoir de lien, même potentiel, avec elle...
    Dans ce roman d'un nouveau genre, capable à la fois de faire chanter les protocoles régissant les réseaux immatériels et suivre le cheminement des données giclant de câble en câble, Joachim Séné réalise dans l'écosystème littéraire ce que tout un chacun expérimente en ligne : il fait oeuvre de navigation. Dystopie au présent, L'homme heureux synthétise le meilleur et le pire du web encapsulés sous la forme d'un roman à flux tendu qui "écrit les âges sombre du futur avec des bâtons de bergers étrusques".

  • Nous sommes à Arles, le 18 mars 1888. Nous sommes à Saragosse. Nous sommes à Londres. Nous sommes en novembre 1887, à Paris. Nous sommes en Slovénie, au Maroc. Nous sommes à Valparaiso, nous sommes au nord de la Suède, en 1889, nous sommes à Porto. Nous sommes à Belleville. Nous sommes à Séville, en Irlande, dans les Balkans. Nous sommes en 2007, en 1992, en 1964, en 1940. Nous sommes partout, nous sommes tout le temps, guidés par le décortiqueur de vies qu'est Matthieu Hervé, qui prend la casquette d'un biographe marionnettiste, et fait se croiser au gré des époques et des pays, des hommes et des femmes qui s'aiment, écrivent, peignent, souffrent, fuient, trompent, se trompent, philosophent, font du cinéma, du cirque, voyagent, luttent contre la maladie, découvrent la poésie, l'architecture, l'art, la mélancolie, le tragique, le silence, espèrent, jouent, jouissent et meurent, chacun dans leur petit monde, dans leur petit espace-temps à eux, qui enfin éclosent, émergent, et surprennent comme autant de gigantesques monuments qu'on croiserait au détour d'une ruelle. Et peut-être que tous ceux-là ne forment en fait qu'une seule et même personne, pourquoi pas un jeune homme solitaire assis à la table d'un bar, qui écoute ce qui se passe autour de lui, qui murmure tout bas, et qui construit son petit théâtre personnel : coté cour et côté jardin, ses personnages alignés, entrant en scène chacun leur tour, un peu solennels, attendant que l'autre ait fini de vivre ce qu'il devait vivre ; en face, son public, les lecteurs ; dans la fosse, l'orchestre et son chef, un singe en queue-de-pie ; et puis l'écho du monde comme souffleur.

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  • Soeur(s)

    Philippe Aigrain

    Je suis en moi comme dans un pays étranger.
    On peut naître à soi-même à déjà 38 ans, sans savoir qui on a pu être avant. Avant quoi?? On peut recevoir un jour un mail d'une prétendue soeur dont on se sait dépourvu et espérer sa présence. Pourquoi?? On peut enquêter sur des identités suspectes qui semblent fictives sans parvenir à savoir si ces femmes, soupçonnées d'ébahissement, sont ou non une menace pour la sécurité de l'État. Comment??
    Ces personnages, et bien d'autres, se rencontrent, se cherchent et se découvrent dans le monde de Soeur(s). Il est aussi le nôtre, celui dont le réel a très largement rattrapé les dystopies et les anticipations de la fiction. Celui qui a fait de la solidarité entre les êtres un délit.
    Se jouant des genres et des registres, mélangeant l'enquête avec le politique, la technologie et la comédie, la philosophie et la sensualité du désir amoureux, les personnages de Soeur(s) osent réinventer des espaces de vie dans lesquels l'espoir de la fraternité et de la sororité est possible. Dans cette polyphonie de voix, le mystère de l'identité à l'ère de la surveillance généralisée se reconnecte à son essence première : l'humanité de celles et ceux qui se demandent, bien plus légitimement que les services de police, qui suis-je??

  • Voici Claude Ponti rageur, secoueur, poete. Claude Ponti devant la nuit remplie de questions, des plus urgentes du present, aux plus originelles de l'enfant.
    On ne contourne rien, ici, du passe, de l'origine, du sens - et qui fut la premiere mere, et quel fut le premier nom. Et si on ouvre grand ces questions, on est vite aussi sur le terrain du risque, avec les superstitions, le vivre ensemble ou la detresse au quotidien, plus la grande moquerie par quoi, finalement, on est capable de tenir et de continuer.
    Mais Ponti reste Ponti. C'est la grande obscurite de Rabelais, avec listes et accumulations, avec du rire et de l'obscenite, et tout ce dont nous sommes faits. C'est cru, c'est violent, c'est resolument « adulte » - mais c'est le meme rire et plein de sourire, jusqu'au bout, lorsque Claude Ponti demande, a l'avant-derniere page : « Depuis quand le desespoir est-il habitable ? » Rarement l'impression, dans ce jeu fou de langue parfois jusqu'a la fusion, d'un texte aussi prodigieux, aussi necessaire. Une mise a nu, un poeme, un cri, tout cela a la fois : et c'est beau comme nous le sommes.

  • Ce recueil articule entre elles quatre formes brèves, Elles en premier toujours, Wagon, Artisans et Musaraignes. Le lecteur y croise des personnages en marge de toute norme, tous plus pathétiques les uns que les autres, aux trajectoires et aux projets sans avenir encore plus improbables qu'eux-mêmes, et pourtant. D'avoir trébuché, un jour que l'on ignore, ils ne se relèveront pas, ou alors d'une manière si imprévue que chacune de leurs heures est matière à fiction, comme une histoire condensant en soi tout le drame qu'il y a à être eux. Sans jamais trop désespérer, chacun trouve la grâce de l'abîme, continuera ses acrobaties en cours de chute. « Elles courent et sans relâche le péril guette, tapi dans l'ombre, patient, et qui les force à danser contre cette fatalité, et elles ne vont pas y échapper, il ne faut pas croire. Ont beau courir, où qu'elles aillent, elles y courent tout droit. Et le monde les regarde courir, danser. Et moi donc, moi avec. »

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  • Quand votre maison n'existait que par intermittences, comment faisiez-vous des projets d'avenir ? Le petit monde d'Alexandre, c'est son appartement, son quartier, son lycée, ses tableaux, ses amis. Mais il vit dans un Paris qui nous échappe, un Paris en deux dimensions tel qu'on peut le représenter sur un plan. Il s'en accoutume bien, même si la vie quotidienne de part et d'autres des pliures est parfois compliquée. Pour autant, quelque chose brûle en Alexandre. Y-a-t-il autre chose à attendre du monde ? Comment se situer dans un environnement sans horizon ? Dans une ville en mouvement instable, il s'en remet aux espaces et aux lignes de fuite pour faire l'apprentissage de sa propre ligne de vie. Adepte des formes courtes, Antonin Crenn réalise avec L'épaisseur du trait une aventure de grande ampleur. Dans la douceur et la sensualité des gestes, des regards, des architectures, il réenchante le thème du passage à l'âge adulte sous la forme d'un conte urbain à géométrie variable.

  • Je n'ai pas oublié les heures passées sur la route, les villes traversées et les librairies visitées, les voies à sens unique et les impasses, les arrêts forcés et les parkings souterrains, les chambres d'hôtel et les repas pris la plupart du temps en solitaire, la couleur des ciels du nord et l'odeur du bitume l'été, les moments joyeux et les doutes, les rencontres ratées et les attentes, les musiques écoutées et les phrases en boucle, les décisions à prendre et les questions ressassées, les prénoms, les noms et les pronoms à attendre, à entendre, à comprendre, à saisir, à retenir ou à oublier. Pendant un an, il sillonne les routes et les librairies comme représentant pour le compte d'un éditeur indépendant, le plus souvent en musique. Comment vit-on l'itinérance quand on passe son temps à quitter tout le monde ? À moins que ce soit précisément le contraire, et que chaque jour apporte son lot de nouvelles rencontres ? Road-trip intime et professionnel prolongé par les photos de Nathalie Jungerman comme autant d'horizons possibles, Va-t'en, va-t'en, c'est mieux pour tout le monde est une aventure littéraire doublée d'une réflexion sur les conditions de diffusion (et de dispersion) de la littérature aujourd'hui.

  • Un rien aura suffi, une phrase entendue quelques heures auparavant, le ressentiment manifesté par Anne à propos d'une histoire vieille de quarante ans, pour qu'un simple trajet en train le long de la Loire amène Antoine à se plonger dans un passé refoulé. Tout l'y entraîne : les bribes de conversations entendues, les allées et venues des voyageurs et, à l'extérieur, le fleuve, miroir où se reflètent images et souvenirs de l'absente. Tableau mental et sinueux, pareil au fleuve qui imprime au roman le rythme de son parcours, Miroir de l'absente témoigne de quelle manière le paysage façonne, à son insu, l'existence d'Antoine. À quoi s'ajoutent les fantômes qui gravitent autour de lui, proches oubliés ou disparus aussi bien que figures issues du cinéma ou de la littérature (la Penélope Cruz de Volver, personnages de Faulkner ou de Proust), révélant, au fil des pages, un motif plus vaste, une présence singulière. « Maman ? Silence. T'étais pas morte ? Qu'est-ce que tu fais là ? »

  • « Tout en attendre. Ne rien espérer. Aller à sa rencontre comme si on tombait amoureux. » Qu'est-ce qu'un oloé ? Un lieu quelque part où lire ou écrire ? Un état d'esprit ? Une idée, un rêve, une envie ? Un livre, pour commencer. Dans ce livre, Anne Savelli interroge à la fois ses propres pratiques créatives (comment se consacrer à la littérature quand on est perpétuellement en mouvement ? ) et la possibilité de faire de l'écriture, domaine de la solitude par excellence, un territoire du commun. À qui sommes-nous reliés quand nous lisons ? Comment n'écrit-on jamais seul quand on écrit ? Reflet de la diversité qui l'a inspiré, le néologisme "oloé" est passé dans notre langage courant. Il est utilisé par tous : des auteurs invités dans cette nouvelle édition à s'approprier le concept aux lecteurs qui pourront, grâce à plusieurs propositions d'écriture façon "atelier", prolonger l'expérience pour que chacun puisse écrire, à son tour, dans l'énergie des oloés. Élastique, forcément. Avec la participation de Thierry Beinstingel, Pierre Cohen-Hadria, Virginie Gautier, Maryse Hache, Olivier Hodasava, Christine Jeanney, Pierre Ménard, Juliette Mézenc, Franck Queyraud, Joachim Séné et Lucien Suel.

  • Le Journal du brise-lames est un poème épique dit à des tétrapodes. Le Journal du brise-lames est un essai documenté sur le brise-lames de Sète, qui fait barrage de son corps pour protéger le port de la mer. Le Journal du brise-lames est une pièce de théâtre où chaque voix porte une fiction en elle. Le Journal du brise-lames est un roman qui sait sonder les profondeurs du béton poreux, de l'eau violente, et des courants temporels. Le Journal du brise-lames est un jeu vidéo unique réalisé par Stéphane Gantelet donnant à voir respirer le Journal du brise-lames, dont l'accès est inclus dans l'achat de ce livre. Bien sûr, le Journal du brise-lames est aussi un journal. Il s'exprime en son nom propre. Et il s'adresse à vous. Matière vivante prise dans un incessant va-et-vient qui évoque autant le rythme des marées que le circuit du sang dans un corps humain, cette oeuvre hybride ne cesse de s'incarner et se réincarner sous la forme de ces coulées de mots qui ne coagulent pas dont seule Juliette Mézenc a le secret.

  • Chez Hédi Cherchour (...) tout est vu depuis un balcon de l'immeuble où se passent les drames. (...) Elle raconte ces existences qui l'entourent et fait une pause sur quelque tranche de vie salopée par l'existence moderne ; elle occasionne des ralentis sur un mouvement, une attitude d'un de ces pauvres hères que l'histoire a vite effacés. Elle capte des moments de grâce que personne n'a forcément vus. Charles Pennequin Entre deux barres d'immeuble, le long des parkings et des nationales, en bordure d'autoroutes ou bien dans le sillage d'une centrale nucléaire, les personnages d'Hédi Cherchour vivent des vies de ciment. Dans ses Nouvelles de la ferraille et du vent, elle raconte les cités telle qu'elles sont : concrètement, sans maquillage ni concession. Aussi tendres que cruels, souvent vus à hauteur d'enfants ou de passants, ces contes d'aujourd'hui n'ont rien de faits divers : ils nous montrent qui nous sommes et appellent, pour nous sauver, toute la viscéralité d'une langue qui témoigne, phrase après phrase, d'une forme de poésie la plus brute.

  • Partout en France et ailleurs, ils sont sur le point d'avoir trente ans. Une foule d'anonymes qui cherchent à habiter le monde ou à le fuir, à dessiner leurs rêves ou à s'en détourner. Au coeur du tumulte, ils s'interrogent, se font violence et ce sont leur voix que l'on entend se déployer : Chacun dribble avec son petit moi. On a soif. Soif d'un nous. Je me sens la taille d'une comète à qui on offre l'espace d'un bac à sable. Un animal a envie de chialer en moi. Il y a des jours où j'aimerais que quelque chose me maintienne quelque part. Que je puisse dire ce que je fais ici. Qu'il y ait une raison. Je veux passer le plus de temps possible à cultiver mon champ d'étoiles. Demain j'ai rendez-vous avec ce qu'on attend de moi. Le rêve c'est un muscle, ça doit s'atrophier si on ne l'utilise pas . Roman choral de l'espoir et des désillusions aux monologues finement entrelacés, 30 ans dans une heure dresse le portrait d'une jeunesse en proie aux désirs et aux renoncements. Avec ce premier roman, l'auteur de Lettres à ma génération tisse un faisceau de récits croisés d'une grande justesse.

  • C'était

    Joachim Séné

    Informaticien, Joachim Séné décide de quitter son travail pour écrire. Mais les fantômes sont coriaces - chaque c'était, en tête de chaque paragraphe, ira harponner à rebours un des éléments de l'ancienne vie salariée, la vie moderne des bureaux d'aujourd'hui, et leur informatique. Une expérience formelle dérangeante, la netteté de ce qu'on voit, l'abstraction du monde, le quotidien du corps et des paroles, le travail du code, des bases de données, les chefs et le retour chez soi. Ces 53 semaines en 5 fragments, sans jamais dire « je », révèlent une mise en écriture résolue,...

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  • Le Dénouement

    Jacques Ancet

    À la mort soudaine de sa femme, le narrateur du Dénouement se réfugie dans la rédaction d'un journal, le journal de son deuil. Survivre, c'est écrire. Recomposer par le langage un nouveau rapport au temps, à la mémoire et à la solitude. Peut-on vraiment quitter quoi que ce soit ?, écrit-il en proie à sa propre nature sauvage. D'autres espaces s'ouvrent à lui : paysages de montagne embrumés, bergerie perdue sur un plateau rocheux, monastère où reprendre des forces. C'est le parcours initiatique d'un homme retranché dans les marges de son humanité et dont le lecteur peut suivre, étape par étape, l'écriture du récit.

    Un roman comme un poing crevé d'éclairs. Une explosion d'images.

  • Imaginons autant d'exercices littéraires basés sur des textes contemporains qu'il existe de jours dans une année. 365 consignes d'atelier d'écriture s'inspirant de 365 livres ayant compté dans notre histoire littéraire récente, le tout rassemblé pendant près de 15 ans au fil des lectures de Pierre Ménard. Ce livre est un labyrinthe autant qu'une bibliothèque. Il est à la fois une anthologie de littérature contemporaine, un recueil poétique et une méthode pour appréhender la création littéraire en ateliers au contact d'auteurs variés et de leurs livres.

    Dans la diversité des voix (365 auteurs francophones), des genres (poésie, nouvelles, romans, théâtre, jeunesse, art expérimental...) et des éditeurs (75 maisons de toutes tailles représentées), Comment écrire au quotidien invente une nouvelle forme de rapport aux livres et fait oeuvre de polyphonie. Un acte poétique en soi.

  • Au coeur d'un de cor re duit a sa plus simple expression (un champ, une montagne au loin, une ferme), l'image d'un arbre se de pose sur une fene tre. Un homme, dans une chambre, le regarde. Et inversement. Se de ploie alors un espace, immense et infime a la fois, qui s'approprie l'obscur de la nuit, la friction des e corces, les flux de luminosite du jour et la phosphorescence des neiges. Dans cet opus qui s'apparente a ses Quatre saisons, Jacques Ancet chante l'apparente immutabilite des choses et leurs secre tes me tamorphoses.

  • On croit vivre. Il suffit d'un rien parfois pour que la vie bascule. Et la chute irrémédiable qui s'ensuit. Les voit-on autour de nous, tous ces corps tomber ? Femme à la nature morte dessine le portrait d'une femme qui, un matin, décide de ne plus subir. C'est le portrait de Lisa, mouton égaré parmi les loups. Et le sort qu'on lui réserve au troisième millénaire. C'est un portrait tracé à partir de ce que Lisa raconte, a préféré taire ou inventer, et que le narrateur tourmenté se rappelle, imagine, échafaude. C'est la reconstitution d'une double chute. Et d'une seule rédemption.
    Ce serait une fiction. Peut-être.

  • Koki et Panda Dément sont deux poètes médiocres. Ensemble, ils décident de concocter la recette d'une poésie nouvelle et révolutionnaire capable de réellement changer le monde. Mais comment peut-on écrire de la poésie engagée à une époque où la poésie semble avoir perdu sa capacité à bousculer l'ordre établi ? S'ensuit alors un voyage entre les extrêmes. Récit à la fois sérieux et absurde, poétique et narratif, drôle et grave, naïf et savant, c'est un exutoire salvateur pour qui peine à supporter le monde tel qu'il est devenu. Son écriture éclairée prend aux tripes et chaque partie du livre se révèle progressivement dans un crescendo irrésistible d'évocations rock, pop et utopiques. Entre Raymond Carver, Pasolini et Patti Smith, Une armée d'amants est un OVNI d'aujourd'hui et demain pour apprendre, désapprendre, réapprendre à jouir, rien de moins. Guillaume Vissac Traduit de l'anglais (États-Unis) par Philippe Aigrain

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  • « Ce qui est aigu, dans le moment que nous vivons (...), c'est la conjonction de trois crises : financière, écologique, géopolitique. » Entamé début 2006, dans un deuxième tome qui peut tout aussi bien être lu indépendamment du précédent, le journal de Laurent Grisel nous fait entendre le bruit sourd des faillites et des férocités qui annoncent et préparent ce que les médias nommeront « la crise de 2008 ». Très documenté, toujours limpide malgré la complexité des mécanismes qu'il décrypte, le Journal déjoue les manipulations médiatiques à l'oeuvre dans les discours politiques et économiques qui continuent d'avoir cours aujourd'hui. Banqueroutes, mais aussi élection d'un président d'extrême droite en France, découverte de l'ampleur de l'économie invisible (celle des produits dérivés et de la spéculation) et de son emprise sur l'économie visible, assassinat de Benazir Bhutto au Pakistan, luttes et désespoirs ouvriers, conséquences des dérèglements climatiques sur la vie humaine et non humaine, autant de fils qui sont suivis et noués au cours de cette année charnière. L'écriture du journal, fine, régulière, dont l'objet n'est rien de moins que la compréhension d'un monde en fusion, recèle des moments plus sereins de vie personnelle : voyage au Japon, notes prises le long de l'écriture de livres en gestation, parmi lesquels le Journal lui-même dont l'architecture commence à prendre forme. Un geste politique, sensible, littéraire et citoyen.

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