Littérature générale

  • Le dramaturge britannique H Barker est comparé à Shakespeare dont il a réécrit certaines pièces et avec qui il partage le goût de la tragédie. L'auteur montre sa singularité sur la scène théâtrale contemporaine et analyse comment Shakespeare apparaît dans son oeuvre sous forme de projections qui attestent de la présence de l'auteur élisabéthain dans l'imaginaire du théâtre occidental.

  • ""Être" poor white trash" aux États-Unis, c'est d'abord se faire traiter de "poor white trash !", "sale Blanc !", intérioriser cette dénomination, la vivre, dans la honte, comme un stigmate.
    Parce que les discours d'une époque sont inscrits au coeur du texte, la littérature nous permet plus que les sciences sociales de découvrir les métamorphoses de ce personnage de pauvre méprisable, enfant bâtard de la classe et de la race. Par l'étude littéraire des oeuvres des écrivains Sherwood Anderson, Erskine Caldwell, Harper Lee et Russell Banks, mais également de leurs arrière-plans historique et culturel, on découvre un personnage plus vraiment blanc, grossier, pouilleux, alcoolique et violent, qui incarne dans un même mouvement les bas-fonds de l'humanité et la bouffonnerie grotesque.
    /> Ce livre montre que si la pauvreté obscène et la vilénie morale du "white trash" offrent un spectacle odieux, elles sont surtout les fruits d'un discours qui permet de conjurer l'angoisse du déclin social. Des quartiers noirs de Baltimore où le terme "po' white trash" serait né vers 1830 au Détroit du rappeur Eminem qui revendique aujourd'hui l'épithète infamante, ce livre se propose de suivre les traces laissées dans le grand récit national par le "poor white trash" et de comprendre sa subversion profonde de l'ordre social.

  • Les sommets de l'Etat fascinent plus que jamais, et les médias nous entraînent toujours plus dans les péripéties qui construisent ce que Françoise Giroud avait appelé la «comédie du pouvoir» : ses éblouissements, ses éclats, mais aussi ses coulisses, ses zones d'ombres, réelles ou fantasmées... L'objectif de cet abécédaire est de faire la part entre le jeu des structures pro-fondes qui pèsent sur la vie politique locale et les évolutions sur le long terme.
    Il s'agit de prendre de la hauteur par rapport au feuilleton des réformes pour rappeler la relative stabilité des mécanismes qui déterminent notre rapport à la vie locale. La question des élections est évidemment centrale, car les trois scru-tins locaux (municipales, cantonales, régionales) jouent un rôle essentiel dans l'activation des identités locales et de la culture démocratique. Mais la vie politique locale est aussi très marquée par le rapport des citoyens à l'action publique : ils désirent de plus en plus en être informés et même y être associés (démocratie participative), et obligent les élus à repenser les routines décisionnelles.
    C'est sur ce terrain que la décentralisation, dont on a fêté les 30 ans en 2012, a produit ses effets les plus forts. Elle n'opère pas seulement un déplacement du processus décisionnel : elle réalise également un déplacement des imaginaires. Il s'agit plus que jamais pour les élus locaux de chercher à faire exister le territoire comme acteur et sa population comme communauté. Ce sont ces mutations profondes que ce petit opus souhaite mettre en lumière.

  • Une île est un espace particulier, où les apparences peuvent être trompeuses et le meurtre d'une femme ne pas relever du banal fait divers. Le voyage de Nikki Black vers l'île d'Aysaar n'a rien d'un classique retour aux sources et aux racines familiales. II en est au contraire une version antithétique, dans le registre de l'humour noir et du tragi-comique, voire du tragique puisque ce qui aurait pu être une simple quête des racines est motivé par l'idée fixe de Nikki : tuer sa mère, qui l'a abandonnée à sa naissance 29 ans plus tôt. La rencontre d'un demi-frère, Calum, dont elle ignorait l'existence, va tout changer, et l'aventure insulaire revêtir dès lors la forme d'un roman d'initiation tandis que l'inclusion dans le récit des histoires et légendes racontées par Calum relie Une île à toute une tradition de contes et de mythes, celtiques et autres, et lui donne ainsi une dimension qui transcende l'anecdotique malgré un ancrage très visiblement contemporain. De même que certaines références précises au contexte social et historique de la fin du XXe siècle, la langue du roman, en particulier dans les dialogues, l'inscrit en effet ostensiblement dans l'époque actuelle. La traduction est accompagnée de notes car un contexte contemporain peut, tout autant que le passé, nécessiter des éclaircissements pour un lecteur étranger auquel ce contexte n'est pas toujours familier. Cette traduction est suivie de quelques réflexions sur le roman de Jane Rogers, esquisse d'analyse d'un texte dont la très grande richesse ne tient pas uniquement, loin s'en faut, au fait que l'on y puisse lire, par un paradoxe qui n'est qu'apparent, un hommage appuyé à La Tempête et, au-delà, à l'écriture dramaturgique de Shakespeare.

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  • Cet ouvrage étudie les modalités de la politique de l'esthétique à l'oeuvre chez Jonathan Coe, qui n'est pas qu'un satiriste politique : en politisant tout ce qui relève de l'intime dans la création de ses personnages, dans ses intrigues, dans ses jeux narratifs, dans la réception intime de son écriture et de ses images, il construit une oeuvre autrement politique que celle que l'on croit lire de prime abord.
    La réflexion sur l'intime semble s'imposer tant le politique s'éloigne toujours du thématique ou du référentiel, pour s'ancrer dans l'intimité des personnages, leurs erreurs et leurs échecs. C'est bien au coeur de l'intime que peut se constituer un espace pour le politique. D'un roman à l'autre, Coe choisit de politiser la sphère de l'intime pour écrire des personnages à nul autre pareil. Les coïncidences narratives se multiplient, tandis qu'il convient de mesurer la portée politique et stylistique du dissensus et de l'alternative : loin de proposer une troisième voie littéraire, Coe présente l'alternative comme étant elle-même inévitable dans les politiques de l'intime.
    Chaque roman apporte un éclairage spécifique à cette nouvelle esthétique du chaos ordonné. Par un subtil jeu d'écart, les intimités du texte prennent forme pour faire de l'espace narratif le seul espace viable entre politique et intimité. Enfin, à partir des ultimes dissensus formels de ces romans, dans leur ouverture répétée à la musique, à l'image fixe et au medium filmique, un dernier glissement de l'excès à l'absence et de l'écart au vide est mis au jour, puisque cette nouvelle intimité textuelle est pour Coe la meilleure promesse d'intimité démocratique que la littérature puisse se permettre de formuler.

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  • Au terme d'années de controverse, L'Original de Laura, l'ultime roman de Vladimir Nabokov, a finalement été dévoilé au public, ranimant le feu de la polémique, des États-Unis à la Russie, en passant par la France. Fallait-il faire paraître ce manuscrit dont l'auteur avait demandé qu'il fût détruit ?

    Après avoir retracé l'aventure de cette publication posthume, véritable chapitre de l'histoire littéraire de ce début de siècle, les auteurs de ce volume se penchent sur les 138 fiches cartonnées du manuscrit, où se dessinent les contours de la dernière intrigue romanesque et des derniers personnages imaginés par l'auteur de Lolita et d'Ada ou l'Ardeur. Non sans émotion, on y voit Nabokov jubiler de parodier, de transformer, de réinventer les grands moments de la littérature qu'il aimait, mais aussi les thématiques qui jalonnèrent son parcours d'écrivain, dans un texte qui fourmille d'allusions littéraires et picturales.

    Le roman est inachevé et des zones d'ombre demeurent, mais en dépit des lacunes la magie opère toujours.

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  • L'oeuvre de Saul Bellow (1915-2005), auteur américain et prix Nobel de littérature, permet d'explorer les thèmes de l'identité individuelle et nationale.
    La question posée par Jean-Yves Pellegrin est celle de l'intégration de l'étranger à l'Amérique, préoccupation centrale de l'écriture bellowienne. L'étranger est ici tout à la fois celui qui vient d'ailleurs et le moi intime refoulé par le code anglo- américain. Cette approche, appliquée à quelques romans et nouvelles, permet d'étudier, d'une part, les discours que l'Amérique tient sur sa propre identité et, d'autre part, les stratégies mises en oeuvre par Saul Bellow pour interroger la légitimité de ces discours et proposer leur rénovation.
    Celle-ci passe notamment par la redécouverte d'un " je " oublié, enfoui dans les soubassements mêmes de l'Amérique.

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