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  • Le dramaturge britannique H Barker est comparé à Shakespeare dont il a réécrit certaines pièces et avec qui il partage le goût de la tragédie. L'auteur montre sa singularité sur la scène théâtrale contemporaine et analyse comment Shakespeare apparaît dans son oeuvre sous forme de projections qui attestent de la présence de l'auteur élisabéthain dans l'imaginaire du théâtre occidental.

  • Dans cette Amérique que l'on dit puritaine, au coeur du XIX e siècle, quels plaisirs possibles ? Ceux d'Herman Melville, auteur décrit comme austère et désincarné par une certaine tradition critique, à rebours d'une oeuvre en prose où se révèle le potentiel et la puissance du plaisir, de la jouissance.
    Dans cette exploration des mondes-tables melvilliens - où la vie est une étrange affaire hybride, faite de plaisir, joie, souffrance, et jouissance prises dans des relations de tension antipéristaltique -, on rencontrera d'abondantes matières à plaisir, des corps-nourritures, plusieurs festins cannibales, maints banquets de paroles, un escroc qui jouit, un zeste de sublime physiologique, une once de joie désespérée, quelques cas de jouissance suicidaire, une pointe d'humour tragique, des régimes ascétiques, bien des mariages sans plaisir (sauf un), un bal de célibataires, des amitiés érotiques, des plaisirs disciplinaires, diverses économies somatiques...
    Suivant la recette de Melville, d'une riche mais rigoureuse « bouillabaisse intellectuelle » (« intellectual chowder »), ce livre accommode des contemporains capitaux, des prédécesseurs admirés, des philosophes d'époques variées, le tout accompagné d'une députation digne d'Anacharsis Cloots de critiques et théoriciens, sans qui aujourd'hui - deux-cents ans après sa naissance, cent ans après sa renaissance - il ne serait possible de goûter Melville à sa juste saveur.

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  • La démocratie américaine et les révolutions françaises de 1830 et 1848 Nouv.

    Cet ouvrage porte sur la réaction de l'opinion américaine face aux révolutions françaises de 1830 et 1848, et sur la façon dont ces événements ont pu influer sur l'agenda politique, diplomatique et social de la Jeune République américaine.
    Alors que l'Amérique dite « jacksonienne » s'interroge sur l'héritage de la révolution fondatrice, et doit faire face durant le second quart du XIXe siècle à de grandes questions (expansion territoriale vers l'Ouest, industrialisation naissante, afflux massif d'immigrants ou encore question de l'esclavage), les Américains manifestent un vif intérêt pour les deux révolutions qui secouent la France en 1830 et 1848. Ces événements français font l'objet de multiples célébrations officielles et populaires aux États-Unis, et donnent lieu à des débats passionnés dans la presse américaine, au Congrès et dans les milieux contestataires tels que les premiers mouvements ouvriers, les abolitionnistes ou encore le féminisme naissant. Cet ouvrage examine les différents canaux de transmission de l'information à l'échelle transatlantique et met en évidence l'impact de ces événements révolutionnaires français dans les débats politiques et sociaux aux États-Unis.
    Yohanna Alimi-Levy montre comment les valeurs et les décisions prises par les révolutionnaires français, telles que l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises en 1848, ont révélé, voire attisé, les tensions idéologiques qui divisent la société américaine de l'époque. Son approche transnationale invite à penser autrement la démocratie américaine en soulignant la circulation d'idées, les contacts et les échos entre les deux rives de l'Atlantique.

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  • Découvrez Le siècle britannique - Variations sur une suprématie globale au XIXe siècle, le livre de Fabrice Bensimon. Au XIXe siècle, la Grande-Bretagne dispose d'une puissance et d'un rayonnement tels que peu d'endroits de la planète ont échappé à son influence, formelle ou informelle, ou n'ont pas interagi avec elle dans un domaine ou un autre. Il est donc nécessaire d'éclairer quelques aspects, non seulement de la suprématie britannique, mais également des attentes et des résistances que provoque celle-ci, au-delà des frontières politiques de l'Empire. Les études de cas rassemblées dans ce livre, issu de la collaboration entre spécialistes d'histoire et de civilisation britanniques ainsi que de spécialistes d'autres aires culturelles (Moyen-Orient, Amérique latine, Inde...), portent aussi sur le fonctionnement et les dynamiques du monde britannique et de ses extensions : les ambiguïtés qui entourent l'abolition de l'esclavage et la mémoire de celle-ci (Catherine Hall), le débat historiographique autour de l'imprégnation impériale de la société britannique (Fabrice Bensimon), l'impérialisme d'avant le libre-échange, les avatars de "l'Empire informel" au Portugal et au Brésil (Annelle Enders), ou en Asie du Sud-Est (Jean-François Klein), les tensions entre niveau impérial et niveau colonial (John MacKenzie sur les musées coloniaux, Vanessa Caru sur le logement à Bombay), la fabrication d'une colonie au Soudan (Anne-Claire de Gayffier-Bonneville), la cartographie impériale (Daniel Foliard, Isabelle Avila), le rôle des Britanniques dans les indépendances hispano-américaines (Geneviève Verdo) ou encore l'appropriation du self help par des intellectuels arabes réformistes (Anne-Laure Dupont).

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  • Une île est un espace particulier, où les apparences peuvent être trompeuses et le meurtre d'une femme ne pas relever du banal fait divers. Le voyage de Nikki Black vers l'île d'Aysaar n'a rien d'un classique retour aux sources et aux racines familiales. II en est au contraire une version antithétique, dans le registre de l'humour noir et du tragi-comique, voire du tragique puisque ce qui aurait pu être une simple quête des racines est motivé par l'idée fixe de Nikki : tuer sa mère, qui l'a abandonnée à sa naissance 29 ans plus tôt. La rencontre d'un demi-frère, Calum, dont elle ignorait l'existence, va tout changer, et l'aventure insulaire revêtir dès lors la forme d'un roman d'initiation tandis que l'inclusion dans le récit des histoires et légendes racontées par Calum relie Une île à toute une tradition de contes et de mythes, celtiques et autres, et lui donne ainsi une dimension qui transcende l'anecdotique malgré un ancrage très visiblement contemporain. De même que certaines références précises au contexte social et historique de la fin du XXe siècle, la langue du roman, en particulier dans les dialogues, l'inscrit en effet ostensiblement dans l'époque actuelle. La traduction est accompagnée de notes car un contexte contemporain peut, tout autant que le passé, nécessiter des éclaircissements pour un lecteur étranger auquel ce contexte n'est pas toujours familier. Cette traduction est suivie de quelques réflexions sur le roman de Jane Rogers, esquisse d'analyse d'un texte dont la très grande richesse ne tient pas uniquement, loin s'en faut, au fait que l'on y puisse lire, par un paradoxe qui n'est qu'apparent, un hommage appuyé à La Tempête et, au-delà, à l'écriture dramaturgique de Shakespeare.

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  • Cet ouvrage étudie les modalités de la politique de l'esthétique à l'oeuvre chez Jonathan Coe, qui n'est pas qu'un satiriste politique : en politisant tout ce qui relève de l'intime dans la création de ses personnages, dans ses intrigues, dans ses jeux narratifs, dans la réception intime de son écriture et de ses images, il construit une oeuvre autrement politique que celle que l'on croit lire de prime abord.
    La réflexion sur l'intime semble s'imposer tant le politique s'éloigne toujours du thématique ou du référentiel, pour s'ancrer dans l'intimité des personnages, leurs erreurs et leurs échecs. C'est bien au coeur de l'intime que peut se constituer un espace pour le politique. D'un roman à l'autre, Coe choisit de politiser la sphère de l'intime pour écrire des personnages à nul autre pareil. Les coïncidences narratives se multiplient, tandis qu'il convient de mesurer la portée politique et stylistique du dissensus et de l'alternative : loin de proposer une troisième voie littéraire, Coe présente l'alternative comme étant elle-même inévitable dans les politiques de l'intime.
    Chaque roman apporte un éclairage spécifique à cette nouvelle esthétique du chaos ordonné. Par un subtil jeu d'écart, les intimités du texte prennent forme pour faire de l'espace narratif le seul espace viable entre politique et intimité. Enfin, à partir des ultimes dissensus formels de ces romans, dans leur ouverture répétée à la musique, à l'image fixe et au medium filmique, un dernier glissement de l'excès à l'absence et de l'écart au vide est mis au jour, puisque cette nouvelle intimité textuelle est pour Coe la meilleure promesse d'intimité démocratique que la littérature puisse se permettre de formuler.

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  • Columbus Day et les Italiens de New York dresse l'historique de la célébration de Columbus Day à New York et de son appropriation progressive par la communauté italienne depuis le début du XXe siècle.
    Il apparaît que Columbus Day a servi aux générations successives d'Italiens émigrés à confirmer leur appartenance à la fois à un groupe ethnique particulier, celui des Italo-Américains, et au mainstream. Ainsi, Columbus Day se présente comme une illustration indéniable de l'assise socioculturelle et politique des Italo-Américains de New York, et, aujourd'hui, cette célébration peut être considérée comme un reflet de leur nouvelle identité ethnique.
    Aussi cet ouvrage apporte-t-il un nouvel éclairage quant aux progrès du processus d'intégration des migrants italiens aux États-Unis.

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  • Au terme d'années de controverse, L'Original de Laura, l'ultime roman de Vladimir Nabokov, a finalement été dévoilé au public, ranimant le feu de la polémique, des États-Unis à la Russie, en passant par la France. Fallait-il faire paraître ce manuscrit dont l'auteur avait demandé qu'il fût détruit ?

    Après avoir retracé l'aventure de cette publication posthume, véritable chapitre de l'histoire littéraire de ce début de siècle, les auteurs de ce volume se penchent sur les 138 fiches cartonnées du manuscrit, où se dessinent les contours de la dernière intrigue romanesque et des derniers personnages imaginés par l'auteur de Lolita et d'Ada ou l'Ardeur. Non sans émotion, on y voit Nabokov jubiler de parodier, de transformer, de réinventer les grands moments de la littérature qu'il aimait, mais aussi les thématiques qui jalonnèrent son parcours d'écrivain, dans un texte qui fourmille d'allusions littéraires et picturales.

    Le roman est inachevé et des zones d'ombre demeurent, mais en dépit des lacunes la magie opère toujours.

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  • L'oeuvre de Saul Bellow (1915-2005), auteur américain et prix Nobel de littérature, permet d'explorer les thèmes de l'identité individuelle et nationale.
    La question posée par Jean-Yves Pellegrin est celle de l'intégration de l'étranger à l'Amérique, préoccupation centrale de l'écriture bellowienne. L'étranger est ici tout à la fois celui qui vient d'ailleurs et le moi intime refoulé par le code anglo- américain. Cette approche, appliquée à quelques romans et nouvelles, permet d'étudier, d'une part, les discours que l'Amérique tient sur sa propre identité et, d'autre part, les stratégies mises en oeuvre par Saul Bellow pour interroger la légitimité de ces discours et proposer leur rénovation.
    Celle-ci passe notamment par la redécouverte d'un " je " oublié, enfoui dans les soubassements mêmes de l'Amérique.

  • La Grande Famine, qui fit disparaître un quart de la population de l'île par décès ou par émigration, constitue un point de rupture dans l'histoire de l'Irlande, ainsi qu'un point de bascule dans les relations entre celle-ci et le reste du Royaume-Uni, particulièrement l'Angleterre. La dynamique de ces interactions, que l'ampleur de la catastrophe a tendu à occulter au moins partiellement dans l'historiographie, constitue un des enjeux centraux de cet ouvrage.
    Il débute par une présentation de l'Irlande au sein du Royaume-Uni à la veille des événements et s'achève par l'esquisse d'une société nouvelle. Les principaux thèmes abordés sont, outre les errements du secours aux victimes, les positionnements idéologiques et religieux révélés ou suscités par la Famine, la manière dont celle-ci affecta le quotidien et les déplacements de la population, et la façon dont elle fut perçue et représentée au moment des faits.
    L'ouvrage s'appuie sur des travaux reconnus et devenus classiques comme sur des recherches récentes permettant de mieux cerner ce que fut l'expérience de la Famine. Une attention particulière est portée au gouvernement local et à ses autorités, acteurs essentiels des mesures d'aide et relais d'informations vers Dublin et Londres. La question n'est pas limitée à son périmètre géographique ; elle est toujours replacée dans la perspective de l'histoire des idées et de l'évolution des mentalités, à l'échelle du Royaume-Uni, et de l'Europe dans certains cas.
    Cette approche permet d'éviter certains écueils de la dimension mémorielle, tout en donnant davantage de résonance aux questions soulevées. L'ouvrage propose des repères aux candidats à l'agrégation d'anglais, en proposant par exemple une frise chronologique des événements ; il s'efforce également de mieux faire connaître cet épisode auprès d'un lectorat plus vaste, et d'amorcer des pistes de recherche sur un événement dont l'exploration est encore inachevée.

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