Sciences humaines & sociales

  • Les images que reflète ce " Miroir du Nouveau monde " témoignent autant des rêves que des réalités observées par les voyageurs européens.
    De la Renaissance au siècle des lumières, certains éclats de ce miroir montrent une humanité douce, innocente et esthétique qui a été à l'origine du mythe du " bon sauvage ", d'autres, de féroces cannibales aux rituels inquiétants. Si certaines représentations sont superficielles, stéréotypées ou idéalisées, la plupart constituent de précieux documents ethnographiques. Toutes ces images sont aussi révélatrices des mentalités et des projections de l'imaginaire et de leurs créateurs.

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  • L'idée de cet ouvrage est née de la nécessité de comprendre le sens du concept espagnol de reputación. La définition originelle du terme demeure proche de celle de réputation dans la France d'Ancien Régime. Pourtant, la fréquence obsessionnelle avec laquelle il est utilisé sous les Habsbourg attire l'attention. A l'échelle des hommes, comment se construit la réputation, de quels espoirs secrets est-elle le nom ? Dans la mise en scène de la monarchie catholique au regard de l'Europe, comment se négocie la reputación du royaume, suivant le chemin sinueux de la paix et des réformes ? De quelle dangerosité se charge-t-elle dès lors que la politique reputacionista devient le nouveau programme de recouvrement symbolique de la gloire internationale, combinant à la fois l'universel et le localisme ? Sans cesse, la société castillane se joue de cette reputación pour promouvoir d'autres grilles de valeurs, d'autres usages sociaux : réputation de la qualité de noble ; réputation du sang ; reputacionismo et revendication expansionniste.
    La réputation dévoile des usages sociaux qui rendent compte d'une façon propre de penser le monde, et de se penser dans le monde. Elle est ce principe vital sans lequel on ne comprend pas grand-chose aux dynamiques sociales et politiques de l'époque moderne. C'est la grande leçon tirée des travaux de la professeure Araceli Guillaume-Alonso à qui son équipe de recherches, ses collègues et amis, nombreux, ont souhaité rendre hommage.

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  • La pureté de sang, la stratification raciale de la société espagnole à l'Époque moderne, tel un thème lancinant, affleure comme le nécessaire substrat dont l'ignorance condamnerait à n'appréhender qu'imparfaitement l'idéologie de la Monarchie catholique.

    Si l'on a pu croire que l'exaltation d'un sang « pur de toute macule de sang juif ou maure » (selon l'expression consacrée au xvie siècle) avait comme but originel celui de mieux appréhender le peuple de Dieu en séparant les vieux-chrétiens des nouveaux-chrétiens, la revendication très vite se double d'un ostracisme racial virulent. Loin d'être cautionnée par les cercles religieux - qui dénoncent la division schismatique d'un peuple uni par le baptême -, la pureté de sang s'impose comme le prérequis nécessaire à toute promotion sociale. 
Dès lors, elle favorise le mythe d'une nouvelle hiérarchie sociale concurrente de la hiérarchie nobiliaire en entérinant l'idée que le roturier, vil par naissance, peut être dépositaire d'un honneur sans égal : celui que confère un sang épuré, seul générateur de dignité publique. Tandis que la névrose pour le sang alimente, dans les autres pays européens des débats féconds sur la « race noble », « la pureté du sang [royal] », elle s'incarne, en Espagne, dans des statuts de « pureté de sang » excluant des charges d'honneur - en théorie du moins - les chrétiens issus des nombreuses conversions de juifs et de maures.

    Des conceptions politiques qui induisent le mythe d'une Espagne championne de la cause catholique à celles, biologiques, récusant les nourrices conversas par crainte de la contamination qui pourrait s'ensuivre, ce sont toutes les strates de la société espagnole qui se trouvent ébranlées par ce préjugé du sang. La pureté de sang fut autant une affaire de raison politique que de pouvoir au coeur de la cité, affectant les collèges, les corporations, les ordres et les consciences ; elle fut aussi une affaire de réputation et de scandale, l'affaire d'un mythe supportant la construction d'une « Répública de hombres encantados ».

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  • Si Annie Molinié-Bertrand s'est distinguée comme historienne de la société, des mentalités et de la spiritualité de l'Espagne moderne, un de ses grands mérites de professeur et de chercheur est aussi d'avoir été une fondatrice. À l'Université Paris-Sorbonne, elle a inauguré un enseignement proprement historique de la civilisation espagnole du Siècle d'or, rendu vie à la revue Iberica dont elle a fait une prestigieuse collection des PUPS et créé l'équipe d'accueil " Mentalités et représentations dans le monde hispanique et hispano-américain (XVIe-XVIIIe siècle) ", ancêtre de l'actuelle CLEA (" Civilisations et littératures d'Espagne et d'Amérique du Moyen Age aux Lumières ").
    C'est pourquoi ses amis et ses collègues les plus proches ont souhaité lui rendre hommage sous la forme d'un volume consacré aux fondations dans le monde hispanique. Que leurs travaux soient historiques ou littéraires, qu'ils portent sur le Moyen Age, l'époque moderne ou le monde contemporain, qu'ils embrassent l'Espagne, l'Amérique ou l'Asie, ils saluent, tous à leur manière, ce talent d'Annie Molinié-Bertrand tout en rendant témoignage à la puissance fondatrice d'une civilisation.

  • Lors des longues traversées transocéaniques, la mort attend bien souvent l'homme qui se risque sur la mer. Les Espagnols du XVIIe siècle n'en sont nullement protégés. La rédaction du testament et la préparation chrétienne à la mort fournissent des documents exceptionnels dont ce livre tente de tirer la substance à travers les autos de Bienes de Difuntos. Confrontés à un même destin, les hommes qu'on y rencontre, des simples marins aux voyageurs, réagissent selon leur culture et leurs préoccupations religieuses. Ce kaléidoscope apparent, fait de cas individuels, trace les contours d'une société révélée par le danger, la mer et les questions essentielles.

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  • La passion du complot relève, à l'évidence, d'une pathologie singulière : c'est une passion d'autant plus violente que la cause est presque perdue d'avance.
    Magnifiques espions, fantasmes insondables... pour une réalité souvent pitoyable. La vision - qui laisse bruisser toute sorte de frisson et semble autoriser une frénésie inavouable pour les turpitudes politiques de la société des Princes - est, certes, tentante. Las ! Gardons-nous de ce parfum de mystère qui enivre... L'association des notions d'espionnage et de diplomatie pourrait paraître telle une monstruosité historique mettant en regard l'espion, sans nom et sans visage, infâme ou honorable, et l'ambassadeur, paré d'un luxe imposant le respect dû à son Prince, semblant s'attarder à une gesticulation inutile.
    Pourtant, c'est bien cette confrontation qui a été posée comme préambule à la réflexion, telle la source fertile d'où devait sourdre une meilleure connaissance de l'organisation tentaculaire et sombre des relais de renseignement espagnols. L'essor du renseignement - ou des politiques d'information -, loin d'être le simple caprice du Prince omniscient, est consubstantiel au développement des monarchies modernes : il accompagne autant la construction - voire l'hypertrophie - administrative de l'Etat autoritaire que l'orientation des politiques nationales.
    Si le renseignement, en soi, ne constitue guère une finalité mais plutôt l'instrument nécessaire à la mise en oeuvre d'un programme politique, l'histoire de ses rouages alors éclaire l'ambition de toute action politique. D'un renseignement auxiliaire du gouvernement en exercice à un espionnage caution d'une raison d'Etat à l'oeuvre, ce sont les rapports ambigus entre pouvoir et renseignement qu'interroge l'historien, écornant incontinent la mythologie grossière et fantasmatique de l'espionnage.

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  • La tauromachie est le spectacle le plus ancien et le plus caractéristique du monde ibérique et le Centre de Recherches Mentalités et Représentations dans le monde hispanique et hispano-américain de l'Université de Paris-Sorbonne (Paris IV) se devait d'organiser une rencontre internationale sur la corrida et les spectacles tauromachiques.
    Dès le XVIe siècle, les spectacles taurins ont suscité des réserves, voire des interdictions et de longues périodes de prohibition.
    Et pourtant, les fêtes populaires et les spectacles formels ont survécu jusqu'à aujourd'hui en Espagne, au Portugal, dans cinq pays d'Amérique et dans le sud de la France.
    La tauromachie est analysée ici dans son rôle historique et social. On retrouve les taureaux et les hommes dans l'écriture et dans l'imaginaire, dans les valeurs symboliques, voire totémiques, et aussi dans les traditions folkloriques et dans la création romanesque et poétique..

  • En novembre 1882, le chef du parti conservateur espagnol, Antonio Cánovas del Castillo, répliquait au discours prononcé en mars par Ernest Renan ; et à la question : " Qu'est-ce qu'une Nation ? ", il expliquait que les nations sont " l'oeuvre de Dieu " ou " l'oeuvre de la Nature ".
    D'une façon ou d'une autre, il excluait ainsi du champ de l'action des citoyens une réalité placée hors de leur portée. Dans un XIXe siècle déclinant, le propos avait une valeur d'avertissement : l'Espagne du futur devrait être celle du passé, une, unie, unique. Cette légitimation de la Nation par le recours au passé paraissait d'autant plus nécessaire, qu'au même moment commençaient à pointer des exigences nouvelles, dans la périphérie de la Péninsule, où Basques et Catalans partaient en quête d'une identité propre.
    Ces nationalismes émergeants de la périphérie péninsulaire commençaient alors, mais alors seulement, à ériger leur langue ou leurs coutumes en " faits différentiels ", censés être fondateurs de " nationalités " nouvelles ou renouvelées : les belles-aux-bois dormants des nationalités dites historiques commençaient à se réveiller et se lançaient, pour les besoins de la cause, à la réinvention de leur passé, dira-t-on en écho au titre fondateur qu'Eric Hobsbawm et Terence Ranger ont donné à leur volume de 1983 : The Invention of Tradition.
    Une pédagogie de la nation a accompagné la lente construction de l'Etat libéral en Espagne ; et des pédagogies de nations ont surgi dans la mouvance de ses nationalismes périphériques. C'est à elles et à leur quête de passé que le Centre de Recherche Interdisciplinaire sur les Mondes Ibériques Contemporains (CRIMIC), de l'Université Paris-Sorbonne (Paris IV), en collaboration avec l'EHESS, a consacré les travaux de deux années de séminaire, dont le présent volume est l'aboutissement matériel.

  • prédicateurs et directeurs de conscience de talent, rompus aux débats théologiques - ils s'illustrèrent à trente notamment - les jésuites surent, malgré les réticences de charles quint, se ménager une influence grandissante au sein de la cour espagnole, devenant bientôt les confesseurs des grands, avant de l'être des premiers bourbons, en franchissant parfois les limites qui séparent le conseiller de l'homme de pouvoir.
    mais leur attachement indéfectible au trône de pierre, qui les singularisait, les plaçait au coeur des relations souvent conflictuelles entre pouvoir royal et papauté. les contributions des jésuites à la pensée politique, particulièrement complexes en des temps troublés où les rapports du politique et du religieux avaient besoin d'être redéfinis, demandent à être analysées à travers ce prisme. réflexion sur l'exercice et la nature du pouvoir, intervention dans le débat entre éthique et politique, influence sur la société du temps, par l'action auprès des puissants, la direction des consciences et l'éducation des élites, différends avec les autorités et, en définitive, pouvoir occulte ou révélé au grand jour, voire revendiqué par l'écrit ou par les différentes formes artistiques : ce sont là les aspects de l'action de la compagnie abordés du point de vue de l'histoire politique et sociale du monde hispanique à l'époque moderne.

  • a partir du xve siècle, les voyages entrepris par les portugais vers l'est et par les castillans vers l'ouest ouvrirent de nouvelles routes, initiant le processus de l'expansion européenne.
    l'axe de la méditerranée - comme l'avait souligné perre chaunu il y des années - allait alors être transféré à l'atlantique, bouleversant les espaces anciens et créant postérieurement de nouveaux espaces géopolitiques, tel l'axe transpacifique. aux conséquences politiques de ce fait nouveau que constitua la création des empires modernes s'ajoutèrent les conséquences sociales, puisque les déplacements humains qu'il entraîna - à une échelle inattendue et dans des régions jusqu'alors inconnues - furent à la base de la formation de nouvelles sociétés.
    cette expansion, qui était initialement inspirée par des motivations commerciales, fut marquée par le bouleversement des structures et des réseaux anciens, par la translation de modes de cultures, par la circulation des objets, des personnes et des idées. elle assura la domination politique et économique de l'occident. cet ouvrage porte une double ambition. d'une part, appréhender les rouages exclusivement économiques en faisant le point sur la façon dont s'étaient établies et développées les relations commerciales entre les colonies américaines de l'espagne, grandes pourvoyeuses de produits devenus indispensables (le tabac, le cacao, la cochenille, l'indigo, le sucre de canne, la vanille, le jalap, le bois de campêche, etc.), et l'europe.
    d'autre part, mettre en lumière la figure du marchand, qui permet cette pénétration et ces échanges, grâce à des réseaux patiemment et subtilement entretenus, grâce à une fine connaissance des réalités économiques et politiques de l'une et l'autre rives, grâce à une insertion étroite dans un tissu politique et social complexe...

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  • L'étiquette de la cour des Habsbourg d'Espagne, réputée pour son extrême rigueur, a fasciné les contemporains tout autant que la postérité. Elle a participé de la grandeur de la monarchie espagnole avant de favoriser sa sclérose à la fin du XVIIe siècle. Elle a aussi influencé maints usages de la cour de Versailles. Pourtant, elle reste fort mal connue en France. Ce livre a pour objet de faire mieux comprendre la cour singulière et hiératique des derniers Habsbourg. Il présente la première traduction commentée dans notre langue du Cérémonial de la Cour d'Espagne, dans sa version rédigée en 1651, à la fin du règne du roi Philippe IV, et compilée au XVIIIe siècle dans le Corps universel du droit des gens de Jean Dumont. Cette traduction est précédée d'une étude qui fait le point sur l'origine, le sens et les fonctions de l'étiquette dans les cours de l'Ancien Régime, à travers le cas espagnol et à la lumière des travaux les plus récents sur le sujet.

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