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  • Foucault au Collège de France : ce livre a pour objet les cours aujourd'hui publiés (1975, 1976, 1982) et ceux des années 79 et 80, à paraître, dont nous publions un extrait.
    Mieux que tous les autres écrits, les cours révèlent une pensée au travail, hésitante, virevoltante, revenant sur elle-même et risquant des synthèses audacieuses. À sa manière, celle d'un cachalot habitué au grand large, Foucault fait son métier de philosophe et dessine en pointillés un itinéraire dont nous tentons de ressaisir l'unité problématique, à même ses ruptures et ses difficultés, et à travers ses divers déplacements : du pouvoir psychiatrique à la pratique de la politique comme guerre continuée, du pouvoir disciplinaire au bio-pouvoir, des figures de la souveraineté au gouvernement des autres et de soi-même, de la résistance au pouvoir à l'invention de nouvelles formes de subjectivité.

  • Ce livre a pour objet d'éclairer la politique d'Aristote par un ensemble d'études sur la famille, les régimes ou l'éducation. On y examine les « modèles » familiaux des différentes constitutions, la distinction entre l'amitié familiale et l'amitié politique, le pouvoir du roi, le principe de conformité des lois à la constitution, la détermination du meilleur régime, l'importance politique du « coeur » et de l'amour, la valeur de l'autarcie et du loisir. L'analyse de ces thèmes fondamentaux des Politiques ravive des interrogations majeures concernant la signification de la référence à la nature, la relation entre Aristote et Platon, les liens qui unissent la politique, l'éthique et la psychologie aristotéliciennes et la conciliation de l'idéalisme et du réalisme.

  • Jean-Jacques Rousseau connut au Japon une fortune trop longtemps restée ignorée : en effet, ce pays, le premier en Asie à se moderniser à la fin du XIXe siècle, fut traversé entre 1874 et 1890 par un mouvement démocratique opposé au gouvernement impérial. Aux troubles politiques et sociaux s'ajouta un intense bouillonnement intellectuel car le Japon découvrit alors la philosophie politique européenne, les principes de liberté et d'égalité.
    Jean-Jacques Rousseau joua un rôle majeur en la matière grâce au journaliste et intellectuel Nakae Chômin (1847-1901), qui, après avoir été un des premiers étudiants japonais en France, consacra tous ses efforts à faire connaître la Révolution française et le Citoyen de Genève, par ses traductions et ses écrits. Nakae Chômin introduisit également des lecteurs de Rousseau aujourd'hui oubliés, tels que Jules Barni, Emile Acollas ou Alfred Fouillée, qui eurent un rôle central dans l'établissement de la IIIe République française et de la laïcité.
    Cette entreprise de traduction lui permit aussi de formuler une pensée mettant le vocabulaire confucéen au service de l'affirmation des idées démocratiques et de tenter une alliance du socialisme et du libéralisme proche de la synthèse républicaine française. La première vague d'intérêt pour Rousseau au Japon fut donc celle du Rousseau politique, celui du Contrat social et des deux Discours. Le but de cet ouvrage est de présenter ce pan méconnu de l'histoire contemporaine japonaise.
    L'auteur est le premier à traiter de la présence de Rousseau au Japon, toutes langues confondues, tout en renouvelant l'histoire intellectuelle par son intérêt pour la question de la traduction.

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  • Dans la France de la première moitié du XVIIIe siècle, cadre de l'avènement de la "science nouvelle" de la production et de la distribution des richesses, Rousseau critique l'économie politique. Sa critique vise le socle théorique commun à des courants de pensée divergents (mercantilistes, partisans du luxe ou Physiocrates), soit en des termes plus contemporains, le primat accordé à la croissance sur la justice.
    A cet égard, Rousseau est un lucide interprète des dangers de la société concurrentielle. Il a su voir que l'économie politique naissante reposait sur de folles illusions - l'illusion du caractère naturel de l'intérêt, l'illusion de la transparence de la médiation monétaire, l'illusion des contrats "volontaires" entre individus inégaux, l'illusion, enfin, de l'harmonisation des intérêts dans la société marchande.
    Après Mandeville, Locke et Montesquieu, Rousseau a saisi l'évolution de la société commerçante. Il a combattu, à sa façon, le mythe de la "main invisible", auquel il entend substituer la "main visible" de la République. Le prophète des mystifications de l'économie politique a su faire entendre sa voix, et la Révolution française lui donnera un écho inédit. Marx, en ce sens, doit faire amende honorable : plus qu'une belle âme égarée au pays de l'utopie, l'auteur du second Discours a proposé une critique de l'économie politique dont nous pouvons encore tirer profit.

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  • Le spinozisme est par excellence, au XVIIe siècle, la philosophie de la nature - par où s'expliqueraient aussi bien le succès initial de Spinoza auprès des panthéistes et des libertins du XVIIIe, que ses prolongements dans la Naturphilosophie du XIXe, puis dans les diverses entreprises de « naturalisation » du XXe siècle.
    Et pourtant, chez Spinoza comme dans l'ensemble de la philosophie moderne, la notion de « nature » s'avère bien plus mystérieuse et énigmatique que ne pourrait le laisser croire l'essor soudain, à la même époque, des « sciences de la nature ». Les études rassemblées dans le présent volume, issues des recherches les plus actuelles sur Spinoza, mettent en évidence la complexité, parfois la difficulté, d'une référence à la « nature », qu'il s'agisse de cosmologie, d'anthropologie, de morale ou de politique. Un miroir des pensées de notre temps ?

  • Qu'est-ce que savoir et quel est l'objet de la science ? Cette double question anime toute l'oeuvre de Platon, des dialogues socratiques aux derniers écrits.
    Elle est analysée sous ses divers aspects dans les six études inédites qui prennent place dans ce volume. Il permet ainsi de faire le point, à la lumière des travaux les plus récents, sur la portée de la réfutation socratique, sur la signification du Parménide, sur l'articulation du sensible et de l'intelligible, sur la nature du savoir requis pour organiser la Cité ou encore sur le contenu des doctrines non-écrites prêtées à Platon.
    Ce livre propose donc un examen et une vue d'ensemble des grands problèmes platoniciens.

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  • A la charnière des premier et deuxième millénaires Ibn Sina médecin, chimiste et vizir, connu en Occident sous le nom d'Avicenne, domina de sa stature de " Maître par excellence " (" al-Sayh al-Ra'is ") la philosophie arabe.
    Son oeuvre qui aborda toutes les branches de la philosophie en une somme inégalée influença considérablement les grands penseurs du Moyen Age occidental dont le philosophe théologien Thomas d'Aquin. " Philosophe métaphysicien aristotélicien de l'existant et théologien de l'existence ", Avicenne professe un aristotélisme néoplatonicien afin que sa doctrine métaphysique reste en accord avec les grands dogmes de l'islam et pour donner une forme philosophique aux vérités religieuses fondamentales.
    Ghassan Finianos étudie en détail tous les textes d'Ibn Sin ayant trait à la métaphysique pour retracer le mouvement de sa pensée, de l'étude minutieuse de " l'Existence " à l'essai d'appréhension de la " Nécessaire Existence ". C'est le fruit de toute une vie passée à scruter, dans leur langue d'origine, les textes du " Maître par excellence " que l'auteur nous livre dans cette synthèse sur la pensée métaphysique d'Avicenne, nous aidant à découvrir le génie de l'un des plus grands penseurs de l'islam, sans nous en cacher les zones d'ombre, les contradictions et les ambiguïtés.
    Ce livre est d'une actualité brûlante : quand d'aucuns s'interrogent sur les relations entre foi musulmane et raison, il est précieux de se remémorer les temps où la civilisation musulmane enrichissait la civilisation chrétienne en une rencontre des civilisations qui était fécondation et non pas " choc ".

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