Pu De Rennes

  • Faire parler d'Europe

    Marine De Lassalle

    • Pu de rennes
    • 24 March 2022

    Fondé sur le réexamen d'un matériau constitué au mitan des années 2000, ce livre a une triple ambition : articuler une analyse des rapports à l'Europe de "citoyens" ordinaires en les imbriquant dans leurs existences sociales et leurs rapports au politique ; proposer une analyse de la construction institutionnelle des rapports au politique en les décalant quelque peu des analyses de la sociologie de la compétence politique ; poursuivre une réflexion méthodologique sur le statut des entretiens dans les enquêtes qualitatives sur l'opinion.

    On ne trouvera donc pas ici une analyse de l'état de l'opinion publique sur l'Europe, mais une série d'interrogations sur la façon dont on peut compléter et approfondir l'analyse en sociologie politique des rapports au politique. On prendra ainsi en compte certains rapports construits dans des configurations institutionnelles plus larges que celles qui sont réputées fabriquer de tels rapports, avec une attention plus fine accordée aux transformations du capital culturel et à ses usages relatifs. On prêtera également davantage attention à la sociabilité, en faisant des entourages des clés de lecture et d'analyse plus systématiques de ces rapports. Enfin, on considérera différemment certains usages de ce que l'on fait, et de ce que l'on peut faire, à partir des retranscriptions d'entretiens.

  • Blacks in time : race et médias aux Etats-Unis

    Christine Larrazet

    • Pu de rennes
    • 25 November 2021

    Cet ouvrage questionne le rôle joué par les médias d'information dans les rapports sociaux de race. Il rend compte du débat scientifique et politique sur la représentation des minorités dans les médias d'information qui agite les États-Unis depuis 50 ans et relate deux histoires en parallèle : l'histoire africaine-américaine cadrée par Time, le magazine mainstream le plus lu aux Etats-Unis, et l'histoire de l'action menée par les journalistes noirs américains au sein de ce média. Grâce à des données empiriques et ethnographiques, Christine Larrazet illustre l'enjeu de la diversification des salles de rédaction, et révèle les progrès générés par l'embauche de journalistes noirs américains, ainsi que les résistances rencontrées, depuis les années 1960. Elle apporte, en épilogue, un nouvel éclairage sur l'actualité (élection d'Obama, couverture des violences policières). Le racisme et la discrimination qui perdurent aux États-Unis et en Europe, s'appuient en partie sur les images négatives véhiculées par les médias. Au travers d'un cas d'étude, Blacks in Time Magazine, Christine Larrazet analyse l'impact de la racialisation des populations, aussi anciennes soient-elles, sur la production de l'information et révèle un cercle distance-média-distance en action dans les salles de rédaction. Dans un monde où les institutions publiques s'attaquent à la discrimination et au racisme, elle interroge le lien et l'absence de lien, peu étudiés, entre les acteurs de l'information et la diversité des individus qui constituent la population d'un pays.

  • Génération Podemos : sociologie politique d'un parti indigne

    Mathieu Petithomme

    • Pu de rennes
    • 14 October 2021

    Podemos, un parti de gauche radicale né en 2014 dans le sillage du mouvement des indignés, a réussi à accéder au pouvoir en 2020 en formant le premier gouvernement de coalition depuis la fin de la Seconde République. Comment expliquer le succès d'une organisation qui joue désormais un rôle central dans la vie politique espagnole ? En s'appuyant sur des entretiens avec des militants et des observations participantes lors d'assemblées et de meetings à Valence, Cadix et Madrid de 2014 à 2017, l'auteur montre que sa trajectoire est liée à l'essor d'une nouvelle génération militante issue des classes moyennes et populaires urbaines.

    Première monographie exhaustive de l'organisation partisane espagnole, ce livre insiste en outre sur des éléments méconnus : influences intellectuelles et trajectoires militantes des fondateurs; rôle de La Tuerka, une émission de télévision créée par Pablo Iglesias en 2010, dans la professionnalisation de la communication politique; profils des cadres et des militants ; sociologie de ses électeurs; analyse de son programme ou encore des politiques publiques locales menées par le parti.

    Publié avec le soutien de l'EA 3225 - Centre de recherches juridiques de l'université Franche-Comté.

  • Cet ouvrage offre une cartographie des féminismes du temps présent à partir d'une approche mobilisant des champs pluridisciplinaires (histoire, sociologie, philosophie, sciences de la communication, arts) et des aires géographiques et culturelles larges (Europe de l'Ouest, États-Unis, Canada, Inde, Japon). Il interroge le renouveau du féminisme en termes générationnels, il questionne la légitimité d'un sujet politique hégémonique et il explore les cadres théoriques et les modalités d'action de cette « troisième vague » féministe.

    Avec le soutien de l'université Cergy-Pontoise et de l'université Paris-Diderot.

  • Les dynamiques sociopolitiques du Pakistan sont souvent résumées à l'islamisme, au terrorisme et aux incursions du pouvoir militaire dans la vie civile. Ce livre propose une vision différente de l'histoire politique du Pakistan à travers le cas du nationalisme ethnique de la province du Sindh, située au sud-est du pays. Ce mouvement et son discours identitaire sont singuliers à au moins deux égards : d'une part, le discours nationaliste sindhi conçoit l'appartenance à l'islam soufi comme un marqueur ethnique qui distinguerait les Sindhis des autres musulmans du Pakistanu2009; d'autre part, le nationalisme sindhi puise ses racines dans des mouvements et idéologies de gauche, qui dénoncent le conservatisme centralisateur du nationalisme officiel promu par l'État pakistanais. Depuis les années 1950, le mouvement nationaliste du Sindh conteste l'État central et réclame une plus grande autonomie pour la province. Certains groupes vont jusqu'à formuler des demandes séparatistes à partir des années 1970. Afin de comprendre le rapport des Sindhis à l'État du Pakistan, cet ouvrage retrace une sociohistoire de la mobilisation nationaliste et examine la construction des marqueurs identitaires qui est au coeur du discours nationaliste. Le cas du nationalisme sindhi au Pakistan illustre comment un mouvement identitaire peut contribuer significativement aux dynamiques sociopolitiques sans pour autant atteindre ses objectifs.

  • Annoncée en France en 1998 sous impulsion européenne, la lutte contre les discriminations raciales n'a jamais été véritablement portée par un gouvernement. L'ouvrage analyse, à différentes échelles d'intervention, les processus multiples de refoulement de la discrimination ethno-raciale : la dilution et l'euphémisation du problème pour en extraire sa dimension ethno-raciale, l'éviction du débat politique par des instruments consensuels, enfin la délégation de l'action à des experts et aux territoires.

    S'appuyant sur un matériau empirique dense, l'auteure examine, dans un second temps la fabrique, de la lutte contre les discriminations ethno-raciales dans une ville. Dans ce contexte de fortes dénégations, l'action publique locale se trouve limitée et incertaine. L'analyse des usages du droit de la non-discrimination montre que la loi, fortement concurrencée, fonctionne davantage comme une contrainte à gérer que comme un idéal à atteindre. L'action tente aussi de s'allier les minoritaires, mais contrairement aux discours sur l'abus de l'argument victimaire, ceux-ci sont peu enclins à protester publiquement contre les épreuves qu'ils vivent. Alors que les enquêtes ne cessent de confirmer la réalité de ces discriminations, ce livre, issu d'une thèse, offre des clés de lecture pour la recherche et pour l'action.

  • Dirigeants de médias

    Julies Sedel

    • Pu de rennes
    • 6 May 2021

    Qu'est-ce qu'un dirigeant de médias ? Comment sont définies les frontières du groupe ? Alors que la sociologie française a produit une littérature féconde sur les élites économiques politiques, étatiques intellectuelles et artistiques, le patronat de presse est resté à l'écart des terrains d'enquête. Cette situation tranche avec l'abondante littérature anglo-saxonne sur le personnel de direction des médias d'information. Résultat : dans les discours journalistiques et militants, le registre de l'autocélébration médiatique et son pendant symétrique, la dénonciation, alimentent le mythe du dirigeant de média tout puissant. L'objectif de cet ouvrage est de rompre avec ce sens commun en prenant pour objet d'analyse ce groupe professionnel. Il entend dépasser la personnification et l'anecdote pour dégager des logiques internes et externes, éclairer les différentes facettes de cette population, mettre en évidence les rouages de leur sélection. Comment se fabrique un dirigeant de média national, en France ? Au terme de quel processus ? Quelles sont les ressources et les capitaux qui sont valorisés ? Quels rapports de force entre segments de l'élite révèlent-ils ?

  • L'immigration au prisme des médias

    Rodney Benson

    • Pu de rennes
    • 4 January 2018

    Ce livre offre un portrait détaillé des journalistes français et américains en action, alors qu'ils débattent de la façon dont traiter et commenter l'un des sujets les plus importants de notre époque. En s'appuyant sur des interviews avec des journalistes de premier plan et sur les analyses d'un vaste échantillon d'informations tirées de la presse papier et de la télévision depuis les années 1970, Rodney Benson montre comment le débat sur l'immigration s'est progressivement focalisé sur les cadres spectaculaires et chargés d'émotion de l'humanitarisme et de l'ordre public. Cependant, même en cette époque d'hyper-commercialisation globale, il met en évidence des différences franco-américaines persistantes - différences liées à des positions sociétales, des logiques professionnelles et des structures internes propres à chacun des deux champs journalistiques nationaux. Dans les deux pays, ce sont les médias les moins commerciaux qui ont tendance à offrir une information plus approfondie, plus multiperspectiviste et plus critique. Rodney Benson remet en question les thèses classiques du libéralisme selon lesquelles l'intervention de l'Etat aurait des effets inhibants sur la presse. Il met au jour les inconvénients et les avantages liés à la vogue actuelle de l'information narrative personnalisée et attire l'attention sur les pratiques journalistiques les plus susceptibles de permettre l'autonomisation de la société civile. Ce livre propose de nouvelles théories et méthodes aux sociologues et aux spécialistes des médias, ainsi que des perspectives neuves aux journalistes, aux responsables politiques et aux citoyens impliqués.

    Avec une préface de Erik Neveu.

  • La Turquie d'Erdogan ; avec ou sans l'Europe ?

    Claire Visier

    • Pu de rennes
    • 1 February 2018

    La tentative de coup d'État militaire du 15 juillet 2016, suivie d'un « coup d'État civil » orchestré par le gouvernement afin d'écarter toute opposition potentielle, a largement fini d'enterrer toute perspective d'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne. L'objectif de cet ouvrage est de réfléchir aux effets du processus d'élargissement initié par l'UE vers la Turquie au-delà de la question de l'adhésion, et d'analyser les changements qu'elle contribue à induire dans l'action publique turque.

    Avec le soutien de l'université Rennes 1.

  • La génèse de la gauche plurielle : 1993-1997

    Elisa Steier

    • Pu de rennes
    • 26 August 2021

    Élections législatives de mars 1993 : les socialistes subissent un échec, au soir du second septennat mitterrandien. En parallèle, le monde communiste est en déclin et l'influence écologiste limitée. Quatre ans plus tard, en juin 1997 : la gauche plurielle emporte la majorité à l'Assemblée nationale et Lionel Jospin est nommé premier ministre. La majorité plurielle, rassemblant notamment socialistes, communistes et écologistes, se prépare à gouverner la France pendant cinq années.

    C'est l'écart en apparence mystérieux entre ces deux situations que le présent ouvrage se propose d'analyser. Pourquoi une telle évolution en si peu de temps ? Comment est née la gauche plurielle, conséquence d'un rapprochement entre les partis de gauche et écologiste ? Quelles en sont les causes internes et externes ?

    En 1997, ce rapprochement est en réalité ambivalent, presque inachevé. La gauche plurielle rassemble des partis unis pour diverses raisons (restaurer une stabilité interne, approfondir un renouveau, conquérir une place dans le paysage politique français) mais avec des histoires différentes et des cultures politiques parfois divergentes. L'alliance a été le fruit d'un processus complexe, influencé par le contexte de chaque parti et par l'évolution de leurs relations. Ce processus est mis au jour grâce à un grand nombre de documents d'archives, issus des différentes formations politiques, et à des témoignages d'hommes et de femmes politiques de premier plan.

  • En combinant les approches de la sociologie de l'action publique et de la territorial politics, cet ouvrage traite frontalement la régionalisation en s'intéressant aux politiques publiques des gouvernements régionaux en France et en Allemagne dans un secteur d'action publique, l'éducation, au coeur des compétences des régions. À partir de données originales et comparées, il montre qu'en matière de politique éducative, les inégalités territoriales ne se sont pas accrues. Bien au contraire, elles ont décru en France depuis la décentralisation.

    Avec le soutien de Sciences Po Grenoble.

  • Le parlement européen au travail ; enquêtes sociologiques

    Sébastien Michon

    • Pu de rennes
    • 22 February 2018

    Lors des sessions parlementaires, un sentiment domine : le Parlement européen ressemble à une ruche. Cet ouvrage présente une sociologie du Parlement européen à partir d'enquêtes sur ses acteurs : élus, administrateurs, assistants parlementaires ou encore agents des groupes d'intérêt.

    Avec le soutien de l'université de Strasbourg.

  • La consistance des crises

    ,

    • Pu de rennes
    • 5 April 2018

    L'oeuvre de Michel Dobry apparaît comme une des plus singulières et fécondes dans l'univers de la science politique contemporaine. Les réflexions tirées de Sociologie des crises politiques, récemment réédité, sont soumises ici à des épreuves empiriques et des questions théoriques renouvelées. Les hypothèses et méthodes proposées dans le livre de 1986 y résistent bien : elles permettent de saisir les logiques des basculements historiques, de ces moments où les repères ordinaires s'effondrent et où la légitimité des dirigeants s'épuise brutalement. Et parce que cette sociologie nous engage à saisir l'effectuation même de ces processus d'écroulement, sans postuler qu'ils doivent tout à des causes lointaines, sans faire du résultat des crises le moteur de leur déroulement, elle est un des remèdes efficaces contre ces lectures étiologiques et rétrospectives qui encombrent l'histoire des révolutions. D'autres points sont soumis à la question : comment la sociologie des crises s'accommode-t-elle d'une sociologie de l'habitus avec qui elle entend cohabiter, ou encore comment intègre-t-elle l'historicité des sciences sociales : est-on voué à penser la crise sur le mode de la contingence ou faut-il viser une épistémologie à prétention nomologique souvent laissée aux seules sciences dures ?

    Nul doute qu'il y a là des interrogations qui traversent les sciences sociales contemporaines et auxquelles un entretien avec Michel Dobry, publié en fin de volume, apporte quelques réponses.

    Brigitte Gaïti et Johanna Siméant-Germanos, coordinatrices de cet ouvrage, sont professeures de science politique, respectivement à l'université Paris 1 (CESSP) et à l'Ecole normale supérieure (CMH). Le livre rassemble les contributions de Assia Boutaleb, Yves Buchet de Neuilly, Annie Collovald, Bruno Goyet, Jean-Philippe Heurtin, Brian Jenkins, Liban Mathieu, Frédérique Matonti, Violaine Roussel, Carole Signtan, Zeev Sternhell, Frédéric Vairel, et Sebastiâo Velasco e Cruz.

  • En 1966, H. Becker écrivait que « les sociologues aiment parler de fonctionnement, de processus, etc., mais [que] leurs méthodes les empêchent, en général, de saisir concrètement les processus dont ils parlent si abondamment ». Près de cinquante ans plus tard, les techniques permettant de saisir les processus in itinere, que l'on a pris pour habitude de qualifier de longitudinales se sont développées. Ces méthodes de recueil et d'analyse longitudinales sont rarement discutées ensemble et sont au contraire souvent présentées comme constitutives de traditions de recherche opposées. C'est à ces différentes manières de faire usage des techniques longitudinales que cet ouvrage voudrait constituer une introduction.

    Avec le soutien de l'unité de recherche « Mobilité, logement, entourage » de l'Ined - Institut national d'études démographiques, du Curapp et l'université Picardie Jules Verne.

  • Cet ouvrage remet en cause une lecture persistante dans la sociologie de l'action collective qui voit dans les organisations et leur développement une convergence des modes d'action, de fonctionnement et des valeurs. En portant l'analyse du changement au coer de celles qui ont fait de l'environnement une cause à défendre, il démontre au contraire la remarquable continuité qui continue de caractériser leurs trajectoires respectives.
    La comparaison couvre cinq organisations parties prenantes des luttes les plus emblématiques du mouvement environnemental en France (de la cause anti-nucléaire à la défense de la Loire) et représentant ses différentes tendances (écologiste et de conservation) : les Amis de la Terre, France Nature Environnement, Greenpeace, la Ligue de protection des oiseaux et le WWF France.

  • Le journalisme est un secteur qui semble touché par une crise durable, massive et double. Une crise économique qui ne cesse de réduire le nombre et la taille des rédactions. Une crise symbolique avec une défiance croissante envers une profession dont les membres et les productions sont contestés et rejetés parfois violemment. La critique de professionnels formatés et d'un monde où la diversité sociale n'a pas sa place vient la renforcer. Pourtant les formations au métier de journalistes se multiplient et les vocations sont nombreuses.
    Porter une attention particulière aux propriétés et trajectoires sociales des étudiants en école de journalisme, comme le fait cet ouvrage qui s'appuie sur une enquête statistique et des entretiens, permet de sortir de ces paradoxes et de mettre en lumière les conditions sociales de l'entrée et du maintien dans la profession de journaliste. Si la raréfaction des postes combinée à la course au diplôme tend à accroître la sélection à l'entrée, c'est à un espace hiérarchisé de formations que sont confrontés les prétendants au métier dont les exigences sont aussi celles de la reproduction sociale du groupe familial. Les ressources décisives pour l'entrée dans ces écoles (économiques, culturelles mais aussi sociales), le sont aussi pour les carrières professionnelles qui confirment la hiérarchie de ces établissements. Ces différences se retrouvent dans les trajectoires singulières vécues par les étudiants montrant la nécessité sociale derrière la singularité des carrières individuelles. Ces évolutions traduisent l'institutionnalisation croissante de cet univers a priori incertain qu'est le champ journalistique.
    Publié avec le soutien de l'université de Rennes 1.

  • Quand l'alimentation se fait politique(s)

    , ,

    • Pu de rennes
    • 5 March 2020

    Les crises sanitaires, environnementales et sociales des dernières décennies ont mis en question le modèle industriel de production agricole et alimentaire. Le grand public s'immisce désormais dans les débats sur les façons de fabriquer et distribuer nos aliments, auparavant confinés aux négociations entre pouvoirs publics, profession agricole et industriels. Fait biologique premier, fait social incontestable, l'alimentation s'affirme aujourd'hui comme fait politique.

    Qui gouverne le système alimentaire et influence les décisions publiques ? Qui innove et expérimente d'autres systèmes alimentaires? Comment sont pris en compte les enjeux environnementaux et sociaux liés à l'alimentation ? A partir de recherches originales sur la défiance, la gastronomie, le gaspillage, la sécurité alimentaire, la FNSEA, l'agriculture raisonnée, la lutte contre l'antibiorésistance, les politiques locales, l'agriculture biologique, les marchés de gros, les circuits courts, la pêche durable ou encore la pisciculture, cet ouvrage aborde ces questions sous un jour nouveau.

    Malgré un consensus politique apparent faisant de l'alimentation un enjeu majeur, celui-ci s'avère particulièrement fragile lors de la définition et de la mise en oeuvre concrète des politiques alimentaires. Face aux attentes grandissantes des mangeurs, les acteurs du système alimentaire agroindustriel développent des stratégies de canalisation des critiques et de résistance aux potentiels changements.

    Un éclairage indispensable pour toutes les personnes s'intéressant à l'évolution contemporaine des systèmes alimentaires.

  • Partis politiques et protestations au Maroc (1934-2020)

    Mounia Bennani-Chraibi

    • Pu de rennes
    • 7 October 2021

    Les premiers partis marocains sont à l'avant-garde des combats pour l'édification et la libération de la nation. Au lendemain de l'indépendance, certains constituent une menace sérieuse pour le régime monarchique. Jusqu'au début des années 1990, ils jouent un rôle moteur dans les arènes protestataires. Mais, avec l'avènement de Mohammed VI se diffuse un nouveau récit : "Le roi est bon, la classe politique est mauvaise." Démobilisation électorale et disqualification des partis sont à leur comble... ouvrant la voie à des protestations parfois porteuses d'une critique inédite de l'institution monarchique.

    Le Maroc serait-il alors un royaume où - de l'indépendance à nos jours - des monarques experts en survie se jouent inexorablement des complots, des oppositions et des aspirations révolutionnaires ? Un monde où tout change, des sigles de partis aux ruses du pouvoir, pour que rien ne change ? Un sens commun séduisant... ou plutôt des mythes que Mounia Bennani-Chraïbi ébranle au fil de ce livre qui renouvelle l'histoire politique du pays. Une enquête de longue haleine qui revisite des luttes politiques violentes ou larvées. Un cas d'étude sur le fait partisan dans un contexte autoritaire travaillé par une répression et des politiques de concession à géométrie variable. Une problématique qui ne dissocie jamais dynamiques protestataires et logiques partisanes. Une profondeur historique qui aide à comprendre comment le passé affecte les luttes actuelles. Un ouvrage qui met en lumière les paradoxes d'une nationalisation du politique par la marge.

  • En France, la profession de journaliste, massivement masculine jusqu'aux années 1960-1970, s'est progressivement féminisée, les femmes représentant 43% des professionnels des médias en 2009. Cet ouvrage collectif questionne les modalités et les enjeux de ce processus de féminisation en Europe et interroge les rapports de genre qui se jouent dans le fonctionnement des rédactions et le traitement de l'information. Il s'appuie sur des terrains d'enquête variés, proposés par une douzaine d'auteur-e-s de disciplines et de pays différents. L'enjeu est d'abord de dégager les diverses logiques qui contribuent à expliquer la féminisation du métier : Entrée des femmes par le haut ou par le bas ? Signe de dévaluation du métier ou de professionnalisation ? Phénomène autonome ou articulé à d'autres évolutions de la profession ? Progrès vers l'égalité ou reproduction de formes de spécialisation et de ségrégation sexuées ? En effet, on constate dans tous les pays européens que les hommes et les femmes sont inégalement répartis selon les secteurs des médias, les spécialités journalistiques et selon les niveaux hiérarchiques. Il s'agit ici d'expliquer ces écarts de manière dynamique, en se plongeant, au coeur des rédactions, du travail des journalistes, des interactions concrètes et des positionnements des hommes et des femmes. Comment se produisent et se déplacent, dans un même mouvement, les processus de ségrégation horizontale (spécialisation dans des thématiques dites féminines) et de ségrégation verticale (accès restreint aux responsabilités) ? Enfin, les auteurs s'interrogent sur l'existence et les contours éventuels d'un journalisme " au féminin ". Quelle est la part des assignations subies et reproduites, des inventions de nouvelles manières de traiter l'information, de l'adaptation à des règles et routines professionnelles masculines ? Quelles sont les diverses stratégies, positionnements professionnels et rapports au genre des hommes et des femmes ? Refusant une définition essentialiste des identités de genre, les auteur-e-s s'efforcent ainsi de cerner, à travers la diversité des terrains étudiés, les mécanismes sociaux, organisationnels, professionnels par lesquels se construisent les cadres d'exercice du journalisme selon des logiques de genre.

  • Ce volume apporte des contributions à l'étude des radicalités politiques, de la démocratie libérale et de l'engagement des intellectuels en politique, tels que Charles Fourier, Louis Aragon, Francis Delaisi, Emmanuel Mounier, Michel Foucault ou les intellectuels maoïstes. Il se clôt sur la reprise d'un article important de Jean Baudouin, datant de 1997, où il précise sa conception du politique.

    Avec le soutien de l'IDPSP, EA 4640, université Rennes 1 et de l'université d'Angers.

  • Des grèves du secteur minier sud-africain violemment réprimées en 2012, à l'irruption du conflit Whirpool d'Amiens dans la campagne présidentielle française de 2017, les mondes de l'industrie qu'on pouvait croire moribonds s'invitent au coeur de luttes politiques contemporaines. Confrontant certains combats emblématiques du passé à des luttes récentes, cet ouvrage porte sur des conflits du travail face à la désindustralisation, la financiarisation et la prééminence d'autres luttes politiques. Les insoumissions ouvrières s'avèrent des postes d'observation de l'expression de citoyennetés inscrites dans des sociabilités locales et revendiquant, en deçà du Grand soir, des ordres moraux aux multiples registres.

    Avec le soutien du programme Wafaw (ERC)/Ifpo, des laboratoires Triangle/Lyon 2 et Ceraps/Lille 2.

  • L'Union européenne est en crise. Pourtant l'attractivité des métiers de l'Europe politique ne se dément pas : de nombreux jeunes souhaitent s'orienter vers des carrières en lien avec les institutions européennes. Partant de ce paradoxe, cet ouvrage présente une enquête sur la genèse de la vocation européenne d'un ensemble de candidats aux métiers de l'Europe politique en France.

    Il analyse les dispositions favorables à cette vocation et la différenciation des profils vocationnels au principe d'une diversité à la fois des sens donnés à l'orientation vers l'UE, des socialisations européennes, ainsi que des trajectoires professionnelles. La part circonscrite de ceux qui souhaitent vivre de l'Europe et pour l'Europe, illustre la perte d'importance de la vocation au sein du champ de l'Eurocratie, et tout particulièrement de ses zones périphériques.

    Cette enquête apporte une contribution à la compréhension des processus plus généraux d'intégration européenne, d'européanisation, et dans une certaine mesure des aspects sociologiques de la crise traversée par l'Europe.

    Sur commande

  • Les dernières décennies ont vu se multiplier les situations conflictuelles liées aux interventions publiques visant à requalifier les espaces, à leur prescrire une vocation ou à encadrer leurs usages. Si les conflits autour des grands projets d'aménagement ont été assez largement analysés, les mobilisations locales ont beaucoup moins attiré l'attention des chercheurs, laissant ainsi le champ libre à des interprétations générales, souvent réductrices, voire dépréciatives. Essayer d'en restituer la richesse, et de mieux saisir leurs significations, leurs modes d'ancrage et leurs dynamiques est l'objectif de cet ouvrage.

    Les contributions qu'il rassemble reposent sur des enquêtes de type ethnographique, à la croisée de plusieurs champs académiques (science politique, sociologie, anthropologie, géographie), mais guidées par une préoccupation commune : considérer les mondes familiers comme des espaces de critique sociale et de revendication politique. Une hypothèse centrale parcourt l'ouvrage : ce qu'expriment les mobilisations étudiées est moins une "crise de l'intérêt général", entendue dans le sens d'un repli vers le cadre de vie, que l'inverse, c'est-à-dire la revendication de prendre part à l'action publique à partir d'une attention au proche. Elles témoignent des transformations des espaces du politique, dont elles sont une expression renouvelée plutôt que le symptôme d'une crise profonde.

    Cet ouvrage est co-dirigé par Stéphanie Dechézelles, maîtresse de conférences en science politique à Sciences Po Aix, chercheuse au CHERPA et associée au LAMES, et Maurice Olive, maître de conférences en science politique à l'université d'Aix-Marseille et chercheur au CHERPA. D'autres publications collectives sont issues de leur collaboration, en lien avec la thématique de cet ouvrage : Politix, Mouvements d'occupation, vol. 30, n°117, 2017 ; Norois, Conflits de lieux, lieux de conflits, n°238-239, 2016/1-2.

    Sur commande

empty