Pu De Rennes

  • Le privilège d'une éducation transnationale

    Leonora Dugonjic-Rodwin

    • Pu de rennes
    • 17 March 2022

    Comment intériorise-t-on des normes et des valeurs qui nous sont extérieures ? Comment des processus sociohistoriques sont-ils incarnés par des individus et des institutions ? Posant ces questions fondamentales de la sociologie à un terrain difficile d'accès et des archives inédites, ce livre nous rappelle que l'objet sociologique est conquis plutôt que donné et inséparable de la reconstruction de son histoire.

    L'auteure y interroge l'internationalisme politique à travers le prisme de l'éducation. Comment le qualificatif "international", qui désignait depuis le milieu du XIXe siècle les relations entre des États-nations, est-il venu à désigner dans l'entre-deux guerres une "mentalité" spécifique et l'intériorité même de certains individus ainsi symboliquement séparés de tous les autres ? Comment s'est construite la légitimité des écoles dites internationales ? Comment expliquer leur élitisme ?

    L'auteure répond à ces questions à partir du cas du baccalauréat international, diplôme privé de fin d'études secondaires chapeauté par une organisation à but non lucratif. C'est en examinant la construction sociohistorique des normes unifiant des lycées à l'échelle intercontinentale, au-delà de la diversité prônée, qu'elle offre des pistes pour expliquer leurs configurations actuelles. Ce livre offre une analyse inédite de ce que veut dire "être international" aujourd'hui.

  • Du classement au reclassement : sociologie historique de l'édition jeunesse en France et en Espagne Nouv.

    La production des livres jeunesse se caractérise par une importante fragmentation à plusieurs niveaux. Selon les catégories génériques proposées : albums, documentaires, livres d'activités, etc. Selon les publics ciblés : petits, nouveaux nés, adolescents, etc. En distinguant parfois des tranches d'âge spécifiques. A l'intérieur de ces groupes, la production est loin d'être homogène. Livres avec ou sans textes, plus ou moins courts, onéreux ou bon marché, adoptant des formats divers. Ils peuvent cibler filles ou garçons. L'objectif peut être divertissant, ou au contraire très éducatif, souvent l'un et l'autre en même temps. Cette diversité est le résultat d'un processus qui eut lieu tout au long du XXe siècle, qui s'est amplifié considérablement depuis les années 1970 et qui se poursuit aujourd'hui. A partir des exemples de deux pays, la France et l'Espagne, cet ouvrage analyse l'interdépendance entre l'évolution de ces pratiques classificatoires et la constitution des secteurs jeunesse en espaces éditoriaux autonomes, intégrés et dotés d'une forte puissance de légitimation. Il examine les choix et les stratégies des agents de l'édition jeunesse, en prenant toujours en compte les variables qui structurent le marché de l'édition au niveau national et au niveau linguistique, tous deux encastrés dans un marché mondial. Par conséquent, ce livre offre une première sociologie historique comparée, croisée et transnationale de l'édition jeunesse.

  • Faire famille aujourd'hui : normes, résistances et inventions

    Fabienne Berton

    • Pu de rennes
    • 20 May 2021

    Qu'est-ce qu'être parent aujourd'hui ? À partir d'une importante enquête qualitative auprès de familles, diverses du point de vue de leur configuration et de leur origine sociale et géographique, et de divers professionnels de la petite enfance, notre ouvrage montre que les familles sont loin de rester passives face à l'imposition de règles de conduite d'une "bonne parentalité". Elles interprètent différemment les normes, se les approprient, les rejettent ou s'y adaptent sur la base de compromis négociés avec les institutions et les professionnels de la petite enfance. Il est remarquable que le travail permanent exercé sur les normes familiales ne soit pas linéaire et aboutisse à la coexistence d'une pluralité de conceptions de la "bonne parentalité", plus ou moins innovantes, contestataires ou traditionnelles. Ce qui frappe aujourd'hui est cet enchevêtrement de normes traditionnelles résistantes, de normes contestées et négociées et de nouvelles normes inventées qui transforment les référentiels de la famille moderne. Plus qu'au déclin de l'institution familiale, souvent déploré dans le discours public et relayé par les spécialistes de l'enfance ou les observateurs de la vie sociale, notre enquête nous a confrontées à un processus permanent d'institutionnalisation de la famille tant par sa contestation des normes en place que par sa volonté d'inventer de nouvelles façons de "faire famille".

  • L'état de santé extrêmement dégradé des personnes vivant dans la rue est souvent présenté, par les professionnels de santé, comme la conséquence de leur refits d'être pris en charge médicalement. Pourtant, les personnes sans domicile expriment parallèlement leur sentiment d'être mis à l'écart du système de santé, voire même d'être rejetées par les soignants.

    Cet ouvrage propose des éléments de compréhension de cette situation apparemment contradictoire, en analysant au plus près les interactions entre les soignants et leurs patients sans domicile. Elles sont traversées de nombreux malentendus qui portent sur leurs rapports au corps, à la santé et au temps, et qui font que soignants et soignés sans domicile ont du mal à se comprendre et à coopérer. La relation de soin en devient problématique et risque de déboucher sur des conflits que chacun tente pourtant d'éviter via des processus de négociation des soins, des règles, des traitements et des rôles adoptés.

    Mais un paradoxe apparaît : alors que les négociations cherchent à pallier les difficultés créées par les nombreux malentendus entre soignants et soignés sans domicile, le compromis qu'ils mettent au point consiste précisément à maintenir ces malentendus.

    L'auteur conjugue une approche compréhensive, interactionniste et se fonde sur une enquête ethnographique conduite entre 2011 et 2016, par observations et entretiens, menés à la fois avec des soignants et des soignés sans domicile, au sein de la ville de Strasbourg.

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  • Faire et défaire les liens familiaux

    Laura Odasso

    • Pu de rennes
    • 15 October 2020

    Ces dernières décennies, les migrations internationales ont considérablement transformé les manières de "faire famille". Des individus migrent pour rejoindre leur conjoint ; d'autres donnent naissance à un enfant dans un pays où ils n'ont pas le droit de séjourner ; des mineurs sont conçus à l'étranger par GPA ou PMA; des parents en couple mixte n'arrivent pas à transmettre la nationalité à leur enfant pourtant né sur le territoire. Soumises à des normes nationales et internationales, ces migrations ont un impact sur la formation et la dissolution de la conjugalité, sur la filiation et la parenté, sur la reproduction et la procréation. Ces moments constitutifs de la vie familiale sont régulés par un pluralisme juridique. Objet fluide, le droit est travaillé par le législateur et les juridictions, il est incorporé par les individus ordinaires et mobilisé dans des contextes sociaux où des acteurs ayant une position sociale et des ressources dillérentes interagissent.

    A l'aide d'un "passage par le droit", cet ouvrage interroge l'imbrication entre État(s), nation, liens familiaux et migrations. Il analyse, d'une part, comment le droit redessine le contour des liens familiaux et, d'autre part, comment les individus se saisissent du droit pour "faire famille" dans des contextes géographiques et juridiques variés. Grâce à des contributions qui dépassent les frontières disciplinaires et mobilisent des matériaux d'enquête variés, il montre que la transversalité des analyses en droit et sciences sociales est possible et riche.

    Aurélie Fillod-Chabaud et Laura Odasso sont sociologues, respectivement chercheure rattachée au Centre Norbert Elias (EHESS, CNRS, Marseille) et chercheure au Collège de France associée au Laboratoire Méditerranéen de Sociologie (Aix-Marseille Univ, CNRS, Aix-en-Provence). Cet ouvrage a pris naissance au cours de leur post-doctorat au LabexMed d'Aix-Marseille Université (2016-2018).

  • Cet ouvrage collectif, issu des résultats d'une recherche interdisciplinaire, contribue à l'identification des inégalités éducatives liées aux contextes et espaces de vie des adolescents âgés de 11 à 15 ans en France. Ces inégalités sont ici analysées selon plusieurs registres. Au plan politique, ces jeunes sont les bénéficiaires d'une politique publique universelle (statut de collégiens), qui se déploie aussi dans des contextes spatiaux différenciés, et de politiques ciblées (Programme de Réussite Éducative) ou d'actions publiques contingentes. Au plan de leurs pratiques dans leurs espaces de vie, ils se différencient par leurs loisirs, dont les activités numériques, et leurs mobilités touristiques, activités de temps libres plus ou moins bien articulées à leur scolarité. Des méthodologies de recherche plurielles appliquées à ces différentes sphères d'activités révèlent le jeu d'interactions multifactorielles qui transforment ou permettent d'interpréter ces différences en termes d'inégalités. Le lieu de résidence (du centre-ville au rural assez isolé) et sa distance métrique au collège comme aux autres équipements, le milieu social des parents et leurs stratégies éducatives, le genre des adolescents, les effets des politiques publiques sont autant de facteurs d'inégalités. Ces dimensions physiques, sociales et géographiques des espaces de vie des adolescents posent la question des conceptions des dimensions spatiales d'une justice sociale spécifique à la classe d'âge concernée.

  • Tally's corner ; les Noirs du coin de la rue

    Elliot Liebow

    • Pu de rennes
    • 5 January 2011

    Tally's Corner est devenu un texte-clé dans l'analyse et la compréhension des phénomènes urbains liés à la pauvreté.
    Alors que les révoltes urbaines s'intensifient et que les habitants des grandes villes du Nord des Etats-Unis, des populations immigrées, connaissent un fort taux de chômage, une situation sanitaire difficile et la désagrégation de leur cellule familiale, Elliot Liebow procède au compte rendu détaillé des actes ordinaires de la fraction masculine la plus pauvre de la population noire d'une de ces grandes villes.
    En suivant au jour le jour quelques-uns des hommes qui traînent régulièrement, apparemment sans rien faire, au coin d'une rue, l'auteur, Elliot Liebow, montre comment ces hommes s'organisent afin de surmonter les difficultés sans fin auxquelles ils sont confrontés, comment ils fondent des familles, tentent de subvenir à leurs besoins et de conserver leur dignité. Si Tally's Corner a traversé les années et est devenu un classique de la sociologie, c'est que tant par son sujet que par son mode de collecte et de restitution des données, l'ouvrage constitue un modèle d'enquête ethnographique et de remise en question des théories dominantes sur la pauvreté.
    C'est aussi parce que son style simple et clair en fait un ouvrage romanesque accessible à tous qui emporte le lecteur au coeur d'histoires de vies permettant d'appréhender l'Amérique contemporaine en général, et la vie des Noirs américains pauvres en particulier.

  • Bourdieu et le travail

    Maxime Quijoux

    • Pu de rennes
    • 19 March 2015

    À l'occasion du dixième anniversaire de la mort de Pierre Bourdieu, cet ouvrage interroge l'objet « travail » dans la sociologie de Bourdieu, et Bourdieu dans la sociologie du travail. Réunissant plus d'une vingtaine de contributions, entre exégèses, analyses historiques et enquêtes de terrain, ce livre souhaite montrer l'apport mutuel du sociologue et du travail : une réconciliation scientifique en somme.

    Avec le concours du conseil régional d'Île-de-France et son programme DIM-GESTES.

  • Métamorphoses du logement social ; habitat et citoyenneté

    Lucie Bonnet

    • Pu de rennes
    • 7 January 2016

    Qu'est-ce qu'un logement doit assurer à ceux qui sont logés ? Cet ouvrage étudie la manière dont les politiques du logement ont traité de cette question. Des enquêtes permettent de suivre ces politiques dans le détail de leur réalisation, à travers les mesures destinées aux personnes dites défavorisées ou les organisations du logement social. En entrant dans le détail des procédures, des scènes et gestes observés, le livre analyse comment différentes conceptions de ce qu'un logement assure structurent l'action publique.

    Avec le soutien de l'Union sociale pour l'habitat et du groupe Caisse des dépôts.

  • S'émanciper par la lecture

    Viviane Albenga

    • Pu de rennes
    • 6 April 2017

    Ce livre explore les possibilités et les limites de l'émancipation par la lecture à partir d'observations et d'entretiens biographiques recueillis pendant trois ans auprès de grands lecteurs et lectrices participant à des cercles de lecture. Ces lecteurs développent un souci de soi dans leurs pratiques de lecture, qui ouvre des possibilités de transgression à l'égard des normes de genre, tout en servant d'appui à la recherche d'une légitimité littéraire.

    Avec le soutien de l'ENS de Lyon et de l'université de Lyon.

  • Comment rendre compte de la pluralité des expériences du vieillir, de leur transformation et des manières dont nos sociétés en régulent les tensions, sinon en les replaçant dans leurs contextes et leurs dynamiques sociales ? Dans le prolongement des analyses de Simone Pennec à l'université de Bretagne Occidentale (Brest) et à partir d'objets et de terrains d'études variés en France principalement, et aussi en Belgique, au Brésil, au Canada, en Suisse, au Mexique, cet ouvrage analyse les manières dont les individus articulent leurs différents engagements au cours de la vie. Il montre comment certaines manières d'avancer en âge peuvent être soutenues ou au contraire déqualifiées.

    Les quatre parties de l'ouvrage rendent compte des effets des catégorisations des politiques publiques, de la participation des personnes vieillissantes aux différents espaces sociaux, du statut et des expériences des personnes et de leur entourage face aux transformations liées au vieillissement et du travail de soin, de la diversité de ses contextes, de ses registres et de ses acteurs.

    Cet ouvrage est destiné à des enseignants, des étudiants et des chercheurs en sciences sociales, à des praticiens de l'intervention sociale et des professionnels de santé, comme à l'ensemble des acteurs professionnels, politiques, militants ou citoyens concernés.

    Il a été coordonné par cinq enseignant-e-s-chercheur-e-s en sociologie : Françoise Le Borgne-UGUEN (UBO-Brest), Florence DOUGUET (UBS-Lorient), Guillaume FERNANDEZ (UBO-Brest), Nicole ROUX (UBO-Brest) et Geneviève CRESSON (Université Lille 1).

  • Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail.

    Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent.

    Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.

  • Spectres de la tuberculose ; une maladie du passé au temps présent

    Janina Kehr

    • Pu de rennes
    • 4 March 2021

    Longtemps considérées comme appartenant au passé, les maladies infectieuses sont redevenues un enjeu majeur de la santé publique globale. De la crise du VIH/Sida aux multi-résistances microbiennes et à la pandémie de Covid-19, les fléaux continuent à hanter le monde. A partir d'une enquête ethnographique sur la tuberculose, l'une des maladies infectieuses les plus meurtrières du XXIe siècle, ce livre dévoile les pratiques ordinaires de lutte contre cette affection en France et en Allemagne. La tuberculose est une maladie sociale qui prospère en notre période de précarité croissante. Elle est aussi doublement altérisée dans les deux pays : comme une maladie du passé dans un monde tourné vers l'avenir et comme une maladie des immigrés dans un monde pétri de frontières nouvelles et anciennes. En joignant une sensibilité historique à une ethnographie fine de la lutte contre la tuberculose dans des institutions de soin et de prévention, l'ouvrage éclaire les hantises du passé et les paradoxes médicaux, politiques et sociaux qui informent la pratique clinique et la santé publique au quotidien. S'y rencontrent care et contrôle, confiance en la médecine et échecs de traitement, nécessaires actions de traitement ou de prévention et futilités professionnelles, souffrances iatrogènes et exclusions du soin.

  • Voix des acteurs faibles

    Collectif

    • Pu de rennes
    • 2 May 2008

    Face aux institutions, les individus socialement disqualifiés sont habituellement perçus dans une vision schizophrénique, comme des « dominés » disposant tout au plus de tactiques de résistance. En proposant le concept d'« acteur faible », cet ouvrage entend ouvrir une réflexion nouvelle permettant de penser les conditions d'autonomie des individus pris dans des relations asymétriques. Constituer des causes, délier les langues, rendre les voix audibles : trois processus sont ainsi examinés, à la lumière d'études de terrain (travail social, école, logement, centres sociaux, prison.) qui éclairent le jeu complexe des luttes de reconnaissance, des politiques institutionnelles et des dispositifs de prise de parole.

  • À partir d'une enquête ethnographique réalisée dans une caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la région parisienne, cet ouvrage décrit minutieusement la mise en oeuvre de la réforme managériale de l'assurance maladie. L'évaluation de la « qualité de service » et des compétences des agents se réduit à une norme strictement quantitative, au mépris de la satisfaction des besoins des usagers les plus précaires. De là sourd une véritable souffrance chez les agents les plus attachés à l'« utilité sociale » de leur mission.

    Avec le soutien du Comité d'histoire de la sécurité sociale et de l'AEHSS, du Centre européen de sociologie et de science politique et de l'université Paris 8 (Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris).

  • Génération low-cost

    Aurore Flipo

    • Pu de rennes
    • 24 August 2017

    La décennie écoulée a constitué une période d'intensification de la mobilité du travail en Europe, recouvrant un large spectre d'acteurs et de phénomènes sociaux. Que révèlent-ils de l'évolution de nos sociétés européennes ? C'est tout l'enjeu auquel cet ouvrage se propose de répondre.
    Basé sur l'analyse comparative des migrations récentes de jeunes Polonais au Royaume-Uni et de jeunes Roumains en Espagne, l'ouvrage questionne la place de la mobilité internationale dans le changement social contemporain. La mobilité n'est pas simplement le produit d'inégalités entre pays européens. Elle est également le résultat du processus de flexibilisation de l'emploi, en particulier non qualifié, dans le contexte d'une compétition accrue pour l'accès au marché du travail. Les jeunes migrants Européens, lourdement déclassés dans les pays d'accueil, constituent alors la face cachée de ce phénomène, alors même que les formes les plus légitimées de mobilité internationale (Erasmus, mobilité des cadres) sont promues et encouragées.
    En s'appuyant sur une enquête par entretiens, l'ouvrage s'intéresse aux conséquences de la mobilité sur les trajectoires, aussi bien professionnelles que personnelles, constitutives d'une instance de socialisation particulièrement marquante (l'entrée sdans la vie adulte et bien souvent, les premières expériences du monde du travail). dans le contexte de la libre circulation, la possiblité d'aller et de venir peut être à la fois une chance et un piège, une opportunité et un risque, et c'est ce que nous tentons de comprendre.

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  • Dans un contexte d'internationalisation toujours plus grande des politiques éducatives, cet ouvrage analyse la constitution des trajectoires éducatives des élèves français dans un contaxte européen. Tour à tour pleinement comparatif ou centré sur le cas français, les angles d'analyse mobilisés (gouvernance, parcours de vie, intersectionnalité) ont pour ambition d'actualiser et de renouveler les connaissances acquises sur la situation française dans un contexte plus global.
    Loin de vouloir dénoncer les failles du système français ou de faire un éloge systématique de telle ou telle situation nationale, les auteurs entrent dans le détail des modalités de constriction des parcours aux niveaux macro, méso et microsociologique. Berthelot parlait en 1993 des « labyrinthes de verre de l'école » pour désigner les contraintes invisibles. L'ouvrage présente les politiques éducatives, les préstructurations politico-institutionnelles, les procédures d'orientation, les dispositifs de participation des usagers dans les établissements scolaires, les pratiques et points de vue des professionnels et ceux des élèves et de leurs parents et tente d'articuler les différents niveaux de production des trajectoires en France, comparé aux autres pays et de comprendre pourquoi les trajectoires éducatives sont si fortement corrélées avec l'origine sociale dans notre pays.
    Ecrit dans une langue claire, l'ouvrage est destiné aux chercheurs, aux étudiants, aux décideurs, aux professionnels, aux parents, et à tout lecteur désireux de mieux comprendre les parcours éducatifs en France dans le contexte européen.

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  • S'entreprendre avec ses gènes ; enquête sur l'auto-génétisation

    Pascal Ducournau

    • Pu de rennes
    • 26 April 2018

    Depuis le lancement du programme de séquençage du génome humain, le développement continu des technologies et des langages génétiques a fait émerger une riche littérature au croisement de la sociologie, de l'anthropologie et de la philosophie s'interrogeant sur la place grandissante acquise par le gène dans nos sociétés. Si la notion de génétisation s'y est imposée comme schème interprétatif critique des processus en jeu, celle-ci se voit aujourd'hui en partie dépassée consécutivement au développement de nouvelles modalités de diffusion des technologies génétiques. L'apparition d'une offre d'autotests génétiques par le biais d'Internet laisse en effet apparaître une autonomisation de la dynamique de génétisation au sein de la société, soit l'émergence d'une auto-génétisation à l'heure où la génomique en vient à se pratiquer en version Do-It-Yourself.

    Sur la base d'une enquête par observations ethnographiques de divers espaces numériques et d'entretiens, il ressort que des publics grandissants se voient désormais acquis à l'intérêt qu'il y aurait à s'orienter vers les gènes pour pouvoir se constituer un "capital santé" ou un "capital généalogique". Au coeur de cette dynamique où le génétique en vient à englober des domaines en expansion, touchant tout autant à la santé qu'à la construction de l'identité, la génétisation n'apparaît plus seulement comme une opération de nature intellectuelle conduisant à valoriser le rôle des gènes face aux facteurs dits d'environnement, mais aussi et surtout comme une entreprise pratique au cours de laquelle l'individu en vient à se tourner vers ses gènes pour faire face à un environnement devenu incertain.

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  • Dans les travaux français de la sociologie de la jeunesse, la question du genre comme processus d'assignation sexuée des pratiques et des représentations, renouvelant la lecture des rapports sociaux de domination, n'est apparue que récemment.

    Poursuivant l'interrogation initiale des premières Rencontres Jeunes & Sociétés sur "les cadres et les modalités de la socialisation sexuée", cet ouvrage analyse les marginalités et les déviances juvéniles à l'égard des normes de genre. Les contributions étudient les modalités de production de pratiques et de représentations dont les contours, rapportés à l'ordre du genre et à ses critères de classements, ses catégorisations et ses comptages, tracent des groupes minoritaires, parfois placés sous un contrôle institutionnel qui marque l'évaluation d'une possible dangerosité sociale.

    Il s'agit donc moins de comprendre la reproduction des clivages sexués, que d'analyser la recomposition des marges du genre en même temps que le processus de normalisation qui fait des déviances d'hier, les normes d'aujourd'hui.

  • Les consommations de produits psychotropes (alcool, tabac, cannabis, autres "drogues") chez les adolescents attirent l'attention de la santé publique et des médias depuis plus de cinq décennies. Cette attention se focalise surtout sur les pratiques à risque : on en sait moins sur les sorties et consommations ordinaires des jeunes filles et garçons.

    Ce livre vise à comprendre la gestion et l'inscription de ces pratiques genrées au sein des relations familiales. Si la relation de confiance apparaît comme un mode privilégié des rapports parents-adolescents, en vue de développer une autonomisation responsable des jeunes, elle se trouve aussi mise en jeu et à l'épreuve dans la négociation et l'encadrement des sorties et des consommations juvéniles. On y observe par exemple une différenciation genrée qui reflète un certain rapport au monde et à ses dangers.

    Ces pratiques constituent dès lors une entrée pertinente pour étudier l'autonomisation et la construction d'une vie à soi chez les jeunes, les pratiques éducatives genrées ainsi que l'échange, les non-dits et les mensonges parfois à l'oeuvre dans les relations familiales contemporaines.

  • La charnière des XXe et XXIe siècles a été marquée par la prise en compte de la diversité en éducation sous plusieurs aspects : genre et orientation sexuelle, ethnie, langue, culture, religion, état de santé, âge, territoire... Le projet d'intégration sociale se conçoit de plus en plus dans la reconnaissance des différences et de moins en moins dans l'indifférence aux différences. Pour maintenir l'objectif de l'émancipation sociale, la définition de la citoyenneté s'enrichit de dimensions nouvelles : des compétences qui permettent de s'orienter dans des univers complexes et un renouvellement du cosmopolitisme correspondant à la mondialisation.

    Cet ouvrage explore, dans différents pays, les aspects de cette diversité et les approches théoriques et méthodologiques, afin de mettre en évidence les capacités d'initiative des enseignants et tracer les contours d'une société inclusive.

  • Boys don't cry ; les coûts de la domination masculine

    Collectif

    • Pu de rennes
    • 10 April 2012

    Ce livre analyse les discours « masculinistes », tels qu'ils s'affirment par exemple dans certaines organisations de pères divorcés. Côté scientifique, l'enjeu est clair : il s'agit de poursuivre le travail de déconstruction de la domination masculine en montrant que celle-ci n'a rien de naturel. Elle suppose des investissements et implique des coûts, pour les femmes bien sûr, mais également pour les hommes. Combinant prudence, rigueur et refus des tabous, ce livre revendique donc la vertu de l'insolence scientifique en posant la question des coûts des masculinités.

  • Particulièrement touchées par l'épidémie, les femmes de l'immigration sont devenues des actrices clé de la lutte contre le VIH/sida en France depuis deux décennies. Issu d'une enquête ethnographique en immersion au sein d'associations "communautaires", cet ouvrage éclaire la grammaire du care que ces femmes déploient dans le domaine de la prévention comme du soutien aux personnes vivant avec le VIH, les capacités d'agir favorisées par ce modèle associatif ainsi que les rapports de pouvoir inégalitaires, incorporés et/ou véhiculés par diverses institutions de l'échelle globale à l'échelle locale. Première étude en profondeur sur le sujet, ce livre constitue une contribution notable tant à l'histoire de la lutte contre le VIH/sida en France qu'à la sociologie des migrations.

  • La neutralité, en science comme ailleurs, est un voeu pieux, voire un leurre, à mieux comprendre, si ce n'est évaluer ou contrôler. Surtout, l'engagement sur un terrain d'études conduit à des surprises, voire à des déconvenues qui font le sel des ouvrages de N. Barley comme par exemple L'anthropologue en déroute (2001).

    Dans le cadre des approches sensibles en sciences humaines et sociales, les émotions ressenties par le corps, recueillies et partagées, avec plaisir ou déplaisir, ne sont plus considérées comme des perturbateurs de l'analyse mais comme des sésames d'accès à la compréhension humaine. Elles s'imposent à la chercheuse ou au chercheur, la/le surprennent; elles deviennent des guides utiles, des opératrices d'inclinaisons, voire de bifurcations, dans la recherche scientifique. Longtemps délaissées, les émotions ne constituent plus un obstacle à la rationalité mais un échafaudage à l'avènement d'une orientation théorique spécifique plutôt qu'une autre, à une modification d'attitude sur le terrain, etc. Émotion et cognition sont, pour le pire et le meilleur, définitivement intriquées.

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