Pu De Pau

  • Longtemps, les femmes artistes ont travaillé en coulisse, le plus souvent anonymement. À partir des années 60, non sans efforts et provocations, elles ont commencé à gagner le devant de la scène, participant largement à l'exploration de nouvelles formes d'expression et à l'extension du territoire de l' art hors de ses fr ontières traditionnelles. Aujourd'hui, elles sont nombreuses à choisir une formation et une carrière artistique, mais les relais institutionnels peinent à suivre le mouvement et à assurer leur reconnaissance ou même leur visibilit é. Réunir sous la notion d'engagement une série d'études consacrées à des artistes femmes de l'époque contemporaine revient avant tout à insister sur la détermination dont celles-ci ontdû ou doivent faire preuve pour oeuvrer et faire connaître leur travail. Mais l'engagement prend divers visages selon qu'il s'agit de mettre en question des préjugés et des prescriptions, d'interroger la définition de l'art et la construction des savoirs, d'inventer d'autres figures de l'i maginaire ou d'autres formesd'expérience sociale. Tour à tour, les artistes s'exposent, mettent leur corps à l'épreuve, se confrontentavec l'histoire de l'art, portent témoignage, font mémoire ou dénoncent, accomplissant autant d'actions audacieuses, porteuses d'une volonté d'émancipation et de transformation politique

  • En 1990, Judith Butler publie Gen der Trouble. Ce livre auroral s'appuie avec brio sur la French Theor y pour en fonder une autre : the Queer Theory. Celle-ci nous donne à comprendre que la vie est une tr agi-comédie, dans laquelle tout-un-chacun peut changer le rôle auquel il se croyait assigné et assujetti par nature. On ne naît plus homme ou femme mais neutre. Gender Troub le aura très vite une influence considérable sur les études li ttéraires et cinématographiques. Il n'en est toujours pas de même dans les études esthétiques et d'histoire de l'art. Tout se passe en effet comme si le geste phallogocentrique hystérique de Socrate, le père spirituel de la philosophie (de l'art), banissant la beauté féminine, se répétait dans les deux grands livres majeurs de l'esthétique : La critiq ue de la fac ult é de juge r (Kant) et L'e sth éti que (Hegel). Comment l' esthéticien peut-il donc parvenir à « queeRriser » sa « vieille » discipline ? Peut-être en ajoutant le « R » cratylien incantatoire de Rrose Sélavy au néologisme audacieux de sonparricide ! Avec les contributions de Z. Adam, B. Andrieu, L. Barrière, J. Carrié, M. Cindy, C. Croce, E. Edmond, M. Gil, B. Lafargue, Cl. Lahuerta, A. Lampropoulos, A.-C. Lenoël, M. Marull, A. Martinez, M. Navarro, N. Nercamet ali

  • La pensée sociologique de Pierre Bourdieu explore de nombreux domaines des sciences sociales et humaines, notamment, la sociologie, la philosophie, l'anthropologie, la linguistique, l'économie, le droit, l'histoire de l'art, l'histoire, la psychanalyse, la littérature. Sa pensée s'efforce de maintenir de manière ouverte, une « tension » de la sociologie avec les autres disciplines autour des thèmes précis.
    Les notions et concepts, produits d'une histoire réelle, se retrouvent aussi bien dans les structures sociales que dans les structures mentales de chaque agent social.
    La démarche réflexive adoptée ici par Abel Kouvouama consiste alors à interroger de manière créatrice pour ses propres recherches, les concepts élaborés par le sociologue Pierre Bourdieu.

  • Si la confrontation entre littérature et cinéma connaît déjà une longue histoire (adaptations, sémiologie et narratologie), l'étude des rapports entre langage littéraire et langage audiovisuel s'est considérablement renouvelée ces dernières années. De nouveaux objets émergent : jugement des écrivains sur le cinéma et rapport des cinéastes au « discours », récits fictionnels de séances et de fantasmes de spectateurs ou encore prescience du cinéma dans la littérature. Le présent numéro rassemble des articles signés par des spécialistes de la question, qui s'intéressent à des écrivains et cinéastes comme Kafka, Proust, Duras, Visconti, Godard, Straux, Kubrick ou Scorsese, ainsi qu'à des textes de films ou de documentaires. Ces études mettent l'accent sur la réception réciproque des deux médiums et sur les rapports qu'ils entretiennent par-delà leurs spécificités : écrivains-cinéastes et cinéastes-écrivains, procédures mimétiques, rhétorique du documentaire ou encore présence du langage poétique au cinéma...

    Avec les contributions de S. Dreyer, Ph. Ducat, M.-L. Guétin, E. Leclercq, V. Loubet-Poëtte, O. Maillart, Cl. Murcia, A. Pichon, J. Rajkumar, A. Sebbah, T.-V. Ton-That et D. Vaugeois.

  • Les écrits du for privé ou écrits intimes dégagent un capiteux parfum de vérité humaine. Ils le doivent à leur capacité de rapprocher des êtres aussi différents qu'une jeune fille russe, un aventurier italien, un juriste béarnais et une comtesse prussienne. Cette illusion référentielle a été maintes fois dénoncée, mais si elle n'existait pas les penseurs historiens et littéraires seraient bien moins nombreux à se pencher sur les journaux, les mémoires, les autobiographies et les correspondances qui forment le coeur de cette documentation.

  • Les disciplines et les hypothèses ici réunies, s'attachant à étudier ce lien particulier et fort entre l'opération oxymorique, la production artistique et l'expérience esthétique, ont permis d'identifier trois possibilités de définition pertinente de l'oxymore, trois manières positives de penser la relation entre deux opposés, de nouer les contraires en un lien (et en un lieu) signifiant, plutôt que de les rejeter dans la zone des non-sens. La première envisage l'oxymore comme trope de l'impossible ou de l'irreprésentable, constat d'échec de la relation engendrant la dynamique du sublime. La deuxième décrit l'oxymore comme une double énonciation, la relation devenant signifiante par distinction des niveaux et restituant au réel sa véritable consistance polyphonique. La troisième envisage la mise en relation oxymorique sous la figure de la contiguïté, de l'enchevêtrement et de l'empiètement, non pas comme juxtaposition du « côte à côte », mais comme relevant plutôt de « l'un (tout) contre l'autre ». Dans une perspective interdisciplinaire, ces hypothèses sont ici explorées et développées à partir d'analyses d'oeuvres picturales, littéraires, cinématographiques et musicales.
    Avec les contributions de B.-N. Aboudrar, J. Arrouye, J.-P. Cometti, M. Costantini, J. Dürrenmatt, C. Kintzler et allii.

  • Comment l'oeuvre d'art suscite-t-elle l'attention ? Comment instaure-t-elle la relation ? La manière dont elle y parvient - ou s'y efforce - constitue-t-elle une dimension spécifique de l'oeuvre comme art ? Ainsi pourraient se résumer les questions de l'adresse. Ostension, interpellation, apostrophe, appel, dédicace.
    Les modes, figures et formes de l'adresse en art, conventionnels ou non, sont multiples et permettent de poser l'hypothèse que l'oeuvre d'art commence, se manifeste (avant tout), se perpétue - voire se définit essentiellement comme oeuvre d'art - par une adresse. Si tel est le cas, s'agit-il d'une forme ou d'un mode d'adresse particulier, d'un mécanisme énonciatif spécifique ? Et de quelle manière cette adresse est-elle diversement - et distinctement - mise en oeuvre selon les divers médiums artistiques, les styles, les époques ? Telles sont quelques-unes des questions abordées dans ce volume à travers l'analyse d'oeuvres aussi diverses que celles de Mallarmé, du Caravage, de Giacometti, de Proust, de Vermeer, de Richter, de Serrano, du Pontormo ou de Holbein.
    Avec les contributions de B.-N. Aboudrar, G. Banu, F. Fimiani, P.-H. Frangne, T. Golsenne, B. Lafargue, J.-L. Leutrat, S. Liandrat-Guigues, M.-N. Moyal, M.-D. Popelard, B. Prévost, B. Rougé, J.-P. Sag, I. Thomas-Fogiel et allii.

  • L'Arbitrage OHADA procède à une présentation synthétique et à une analyse exhaustive des instruments OHADA relatifs à l'arbitrage, que sont l'Acte uniforme relatif au droit de l'arbitrage et le Règlement d'arbitrage de la Cour commune de justice et d'arbitrage de l'OHADA (Règlement CCJA). Outre les textes normatifs posant les bases de l'arbitrage OHADA, cet ouvrage met aussi à la disposition du lecteur la jurisprudence de la CCJA et commente les premières applications pratiques de l'arbitrage OHADA. Il est en cela indispensable à tous les praticiens de l'arbitrage OHADA. Mais au-delà, par la réflexion qu'il développe sur les difficultés rencontrées et les espérances suscitées par la mise en oeuvre de l'arbitrage OHADA et - en définitive - sur l'apport de l'arbitrage dans le développement du droit OHADA et l'amélioration du climat des affaires en Afrique, cet ouvrage intéresse un public bien plus vaste et est appelé à constituer la référence en matière d'arbitrage pour l'ensemble des usagers du droit OHADA

  • Le présent ouvrage publie les actes du colloque organisé par l'Association pour la promotion de l'ar- bitrage en Afrique (APAA) à Yaoundé (Cameroun), les 31 octobre et 1 er novembre 2013 dans le cadre de la célébration du 20 e anniversaire du Traité fondateur de l'OHADA, signé à Port-Louis (Île Maurice) le 17 octobre 1993. L'analyse de l'institution arbitrale et la quête de sa maîtrise a conduit à privilégier trois aspects : tout d'abord l'offre d'arbitrage, et plus précisément l'offre institutionnelle d'arbitrage ;
    Ensuite les interactions entre la justice étatique et la justice arbitrale en Afrique ; enfin l'exécution des sentences arbitrales contre les personnes morales de droit public. Le rôle de l'OHADA, et tout particu- lièrement de la Cour commune de justice et d'arbitrage créée en son sein, a sous-tendu l'ensemble de cette réflexion. L'ouvrage entend ainsi oeuvrer à la promotion en Afrique de la culture de l'Arbitrage et, plus généralement, des modes alternatifs de règlement des différends.

  • La diversité du vocabulaire qui se rattache au mot « art » - arts libéraux, arts mécaniques, beaux-arts, majeurs, mineurs, nobles, populaires, Grand Art, high art, low art, art de masse, arts décoratifs, arts appliqués, arts industriels, etc. - témoigne de la complexité de la question même de ses définitions. Bien que l'histoire de toutes ces catégories et doctrines qui leur furent liées soit connue, les malentendus et les différends ne sont pas, aujourd'hui encore, vraiment résolus, d'autant que l'historiographie n'a pas épuisé la mise à jour des substrats idéologiques qui permettraient de toujours mieux en comprendre les fondements. Les articles réunis dans le présent volume, sous les regards croisés de l'histoire de l'art, de l'esthétique, de l'histoire de la musique, de la muséologie et du graphisme, participent à l'élaboration d'un état des lieux de la recherche et proposent de nouvelles pistes de réflexion.

  • Tout est désormais affaire de design. La consonance anglaise de ce mot, qui s'est imposé sur toute la planète dans la seconde moitié du XXe siècle, témoigne d'un changement de vision du monde beaucoup plus profond qu'il n'y paraît. Si la plupart des historiens font naître le design au début du XXe siècle d'une synthèse entre la tradition socialiste utopiste de William Morris, celle du Werkbund de Muthesius et celle du Bauhaus de Walter Gropius, ils oublient presque toujours le « back again » de Warhol, designer puis artiste, célébrant la beauté des Boîtes Brillo d'Harvey, artiste puis designer. En prenant la place de « l'artiste-phare-messie » des avant-gardes modernistes dans les années soixante, l'artiste designer s'est retrouvé le seul à même de répondre à l'irrépressible désir de beauté de l'être humain. Il est ainsi devenu une « popstar » qui « change le monde », quitte à le faire tourner en boucle, de révolution esthétique en révolution esthétique, en mettant en oeuvre, entre cynisme et humour, « un design pour la vie ».

  • Des tout premiers tableaux vivants du XVIIIe siècle aux photographies mises en scène du XXIe siècle, des problématiques communes se font jour : codes de représentation, emprunts à divers médiums, part de l'intentionnalité qui préside à leur construction, rôle accordé aux corps qui peuplent la scène ou l'image scénographiée... Le tableau vivant comme la photographie mise en scène se jouent dans l'écart nécessaire qu'ils organisent entre un plan de référence et une plus ou moins forte émancipation, fondant leur dimension artistique. La dimension théâtrale du tableau vivant lui a pourtant peu donné droit de cité sur les planches ; quant à la photographie mise en scène, elle a été longuement ignorée en tant que telle par les théoriciens et les critiques. L'ère des flux et hybridations de toutes sortes permet aujourd'hui la pleine reconnaissance de ces pratiques intensément vivantes et polymorphes.
    Avec les contributions de C. Amey, J. Arrouye, Y. Butel, L. Darbellay, M. Debat, M. Debowski, M. Galéa, D. Grojnowski, F. Guerrin, C. Halimi, D. Méaux et alii ; entretiens avec B. Caron, A. Bernardini, S.Skoglund (par A.-L. Bessou).

  • Dès son origine le design s'est posé la question de sa propre visibili té avec cette double contrainte d'apparaître et d'exister dans le champ artistique (au sens large) tout en cherchant à créer un lienparticulier avec une clientèle potentielle et d'éventuels consommateurs. Aujourd'hui, cette question s'est considérablement complexifi ée à la fois par l'éventail élargi des activités du design, par les méthodologies de travail réinventées, par le changement des habitudes de consommation ou encore par la diversifi cation des lieux proposés. Aux places physiques traditionnelles se sont ajoutés et quelquefois substitués des endroits dits dématérialisés qui permettent à la fois de se montrer sans intermédiaire,et sans réalité physique pour une partie de la production, mais qui imposent également une forme d'investissement et d'asservissement. En changeant, en se transformant, en se renouvelant, l'expositi on du design se réinvente sans cesse.Avec les contributions de B. Auziol, D. Ayvazova, C . Azéma, Ch. Bardin, B. Bettazzi, P. Bianchi, A. Bonte/P. Jaingueneau/A. Lotodé, E. Combet, J. Dupont, N. Ghribi, D. Jacob, S.Y. Kim et D. Reunkril erk.

  • Les textes réunis dans cet ouvrage sont une mise en perspective criti que et comparée des travaux pluridisciplinaires consacrés aux sciences sociales et humaines face aux écritures de soi, cela dans undouble intérêt scientifi que. D'une part, il consiste à offrir au lecteur l'occasion de voir comment des chercheur-e-s sont à même de confronter directement leurs analyses et leurs travaux ; d'autre part, il s'agit d'esquisser de nouvelles orientations théoriques et de prouver la capacité des sciences sociales et humaines à identifier, avec un recul temporel nécessaire, les questions découlant de différents régimes historiques d'avant et d'après la chute du Mur de Berlin.Ouvrage à plusieurs entrées, il invite ainsi à voyager dans le temps autant que dans l' espace, et surtoutà entendre la voix intérieure, tout à la fois celle de l'enseignant, du conférencier et du savant, celle que l'on n'a pas souvent l'habitude d'entendre, par pudeur ou par devoir.

  • Au cinéma, la question la plus intéressante que pose la musique est celle de son origine : à quoi ou à qui convient-il de l'attribuer ?
    Cette interrogation d'apparence simple est au point de départ de cette étude dense et originale.
    Elle conduit Jerrold Levinson à examiner la fonction de la musique dans les films de fiction, son rôle au regard du récit et ce qu'elle induit, de façon parfois décisive, au coeur de l'oeuvre cinématographique et de l'expérience du spectateur. Welles, Hitchcock, Bresson, Fellini, Kubrick, etc., apportent ici leur contribution à une analyse qui révèle la part de la musique dans la complexité de leur art.

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