Pu De Paris-sorbonne

  • L'histoire du champagne est aujourd'hui en plein renouveau, notamment grâce à la publication des thèses de Claire Desbois-Thibault et de Michel Étienne. Mais l'un des aspects les plus importants de cette histoire, à savoir les liens et relations franco-allemandes à propos de ce merveilleux breuvage restaient à creuser. C'est donc sous l'angle d'une histoire franco-allemande que se situe très clairement ce nouveau livre consacré au champagne, sans exclusive cependant, puisque il est aussi question du rôle des moines et des chanoines dans son histoire au Moyen Âge, sa place dans les lots de la seconde loterie nationale française en 1795, la construction de l'image du champagne depuis le XVIIe siècle, les vins de Champagne et leurs consommateurs de 1650 à 1830, ce chapitre expliquant les conditions de la transformation de ce vin en vin effervescent de grande qualité, prolongé par une analyse du contexte dans lequel la montée de la consommation de luxe a entraîné la naissance des grands vins de qualité.

    Si la clientèle anglaise est à l'origine de l'essor du champagne, il n'en reste pas moins que ce sont les négociants et consommateurs allemands qui ont contribué de manière décisive à son expansion en Europe à partir de la fin du XVIIIe siècle. On peut penser que cela tient à l'ancienneté des achats allemands de vins en France, ou à l'empire qu'exerça le champagne sur les usages de table à partir du milieu du XVIIIe siècle. Mais le rôle des maisons de négoce a été déterminant, soit parce que, comme pour Moët et Clicquot, il y a eu un démarchage systématique de la clientèle allemande, soit parce que naquirent des maisons allemandes du champagne : Deutz et Geldermann, Krug, le tout n'allant pas sans difficultés, soit pour reconstituer cette histoire comme le montre l'exemple d'Heidsieck, soit parce que l'occupation allemande est venue rendre compromettants ces liens pendant la seconde guerre mondiale.

    L'ouvrage comporte aussi deux chapitres à portée générale qui achèvent d'en faire un livre de référence, d'un côté sur l'histoire du champagne et son renouveau, de l'autre sur son histoire franco-allemande.

  • Face à l'événement, quelle posture adopter pour répondre au défi lancé par l'Histoire ? Les chercheurs interrogent les pratiques politiques et sociales d'acteurs confrontés à l'impasse. Qu'il s'agisse d'affronter l'échec, de le subir, d'en jouer ou de le sublimer, les choix des protagonistes permettent de mieux comprendre les stratégies d'action aux XVIe et XVIIe siècles.

  • L'offre de mélanges à un grand universitaire est l'occasion, autour de la diversité des domaines qu'il a abordés, d'ouvrir de nouvelles perspectives à partir de ses travaux.
    Rien ne le montre mieux que le présent ouvrage, dont l'histoire des familles constitue le coeur, comme il est devenu voici quelques années, le plus important domaine de recherches de jean-pierre bardet. pour le lecteur, ce sera un véritable voyage, à travers plusieurs siècles, mais où chaque fois les sites visités apportent la joie de la nouveauté et des perspectives inattendues. l'ouvrage apparaît ainsi comme un manifeste pour de nouvelles recherches en histoire démographique, comme pour celle des familles et des sociétés, ou celle des comportements.

  • La vie de quelques dizaines de familles de marchands et d'artisans d'un ensemble de villes de province anglaises et françaises forme une manière de paysage humain dont l'auteur retrace et analyse les transformations, au long du XVIIIe siècle. Attentif aux nouvelles problématiques, en particulier sur le genre, l'ouvrage repose sur la mise en oeuvre d'une méthode originale d'histoire sociale - le suivi longitudinal des familles - qui reconstitue le parcours dans l'espace social urbain d'une série d'individus et de leurs familles sur plusieurs générations. Il démontre la fragilité démographique de ces familles mais également leur relative autonomie au sein de la population urbaine en raison de leur aisance, certes relative, de leur participation à une culture de l'imprimé en plein essor et de leur excellente insertion dans les communautés locales qui fonctionnent en partie à leur profit. Il rappelle également l'importance que jouaient les familles aux côtés des individus à l'époque moderne à la fois par l'héritage symbolique qu'elles leur transmettaient, par les solidarités dont elles les entouraient mais aussi par les conflits dans lesquels elles les entraînaient.

  • La chute de Québec provoquée par la bataille des Plaines d'Abraham en 1759 et la capitulation de Montréal l'année suivante signèrent la conclusion d'un long conflit et la fin de la Nouvelle-France.
    Si le souvenir de la guerre de la Conquête reste très vif au Québec, comme l'ont récemment montré les débats suscités par la commémoration des événements, la guerre de Sept Ans, davantage connue sur le Vieux Continent pour les brillantes campagnes de Frédéric II et les défaites subies par la France sur les champs de bataille européens, n'y a guère marqué les mémoires. C'est en effet en Amérique du Nord que le conflit a commencé et qu'il a provoqué les bouleversements décisifs entérinés par le traité de Paris de 1763, portant un coup fatal au premier empire colonial français.
    Derrière les enjeux diplomatiques auxquels on réduit trop souvent ce qui fut l'une des premières guerres mondiales de l'histoire, des hommes ont combattu pour défendre ou conquérir un territoire sur lequel se livra une guerre différente de celle pratiquée en Europe. La rudesse du climat, l'immensité du théâtre d'opérations, la guerre à la canadienne et les alliances amérindiennes forcèrent les troupes venues d'Europe à s'adapter, avec plus ou moins de réticence et de succès.
    Au-delà des interrogations qui subsistent sur la responsabilité d'un Montcalm ou les mérites d'un Wolfe, ces combats et les hommes qui les livrèrent méritaient qu'on porte sur eux un nouveau regard. Cet ouvrage collectif, réunissant les contributions d'historiens et de conservateurs français, anglais, canadiens et américains, explore toutes les facettes du conflit et étudie à nouveaux frais tant la stratégie des belligérants et l'expérience vécue par les combattants que l'évolution du contexte mémoriel hérité de la guerre de la Conquête.
    S'appuyant sur les recherches les plus récentes et tentant de répondre aux ambitions de l'histoire totale du fait militaire, il se veut enfin un bilan historiographique sur la guerre de Sept Ans en Nouvelle-France.

  • Si chacun sait que le roi de France disposait du droit de grâce, l'exercice de cette prérogative au XVIIIe siècle demeurait une question quasi ignorée, principalement parce que les lettres de clémence expédiées par la Grande Chancellerie en faveur des graciés ont été irrémédiablement perdues ou dispersées.
    Cette étude entreprend de reconstituer cet aspect de la justice monarchique sous les règnes de Louis XV et Louis XVI, en se fondant sur les papiers de travail du procureur général du parlement de Paris, qui était régulièrement consulté par le gouvernement sur des demandes de grâce adressées au trône. Pour remplir cette mission, ce magistrat constituait des dossiers qui conservent la trace de ses avis et de leurs conséquences, mais aussi des multiples interventions dont il faisait l'objet de la part de tous ceux, parents ou protecteurs, qui travaillaient à obtenir des lettres de clémence pour les criminels.
    Cette documentation d'une richesse exceptionnelle fait ressurgir tout ensemble la mobilisation des intercesseurs, la jurisprudence de la grâce et les mécanismes de la procédure. Ce livre se veut donc une histoire à la fois sociale, judiciaire et administrative de la grâce au siècle des Lumières, histoire illustrée, tout au long de sa progression, par le récit détaillé d'affaires criminelles éminemment révélatrices.

  • Eiffel, Michelin, Peugeot, Blériot, Dumez, Bouygues sont quelques uns des noms que l'on rencontrera dans ce livre essentiellement consacré à l'apport des centraliens à l'innovation et à la création d'entreprise. On y apprendra aussi qui sont ces sorciers de la vapeur qui décuplèrent la force des locomotives, ces constructeurs de ponts et de chemins de fer qui parcoururent le monde, ce papetier qui inventa la Houille Blanche avant l'hydroélectricité. On saura comment ces « ingénieux ingénieurs » partis de l'industrie du XIXe siècle surent maîtriser l'organisation scientifique du travail dans les usines du XXe siècle, passer de l'acier à l'aluminium et pratiquer l'informatique. Des histoires d'hommes, riches d'expériences, d'aventures, d'échecs et de réussites qui ont construit le monde actuel.
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  • Les travaux d'historiens ont eu tendance à traiter très rapidement le cas des orphelins ou à les confondre complètement avec les abandonnés, sans reconnaître les particularités de leur situation : ils sont légitimes, ils connaissent leurs origines et leur parenté. Ceci est d'autant plus important que les contemporains faisaient une grande différence entre abandonnés et orphelins et qu'ils en étaient venus à créer à leur intention des maisons spécialisées. Y a-t-il un modèle unique de ces maisons pour orphelins durant la période qui court du XVIe au XVIIIe siècle ? Quelle clientèle fait appel à ce genre de maisons ? Peut-on considérer l'envoi de l'enfant dans cet établissement comme une forme particulière d'abandon ? Que font ces établissements pour ces enfants qu'ils ont pour mission d'élever puis de rendre à la société en possession de moyens de survivre ? Cet ouvrage, entre histoire de l'enfance et histoire de l'assistance, propose un tableau d'ensemble de cette dizaine d'établissements parisiens qui forment un groupe cohérent et se démarquent spécifiquement de l'ensemble des maisons d'assistance.

  • Dans le vaste espace méditerranéen, dont l'histoire millénaire est une suite quasi ininterrompue d'innovations d'une importance fondamentale pour notre civilisation, on peut s'interroger sur la manière dont se sont opérés les échanges et les transferts de technologie et de connaissances.
    Ils furent la conséquence d'une longue suite de pratiques individuelles ou collectives favorisées par l'espionnage industriel et les missions à l'étranger, sinon facilitées par les institutions économiques et les pouvoirs publics, ce livre propose un large aperçu de cette histoire complexe. A travers ces analyses, le lecteur goûtera, en plein débat sur l "'innovation technique et la mondialisation, les aventures des pionniers de la globalisation.

  • la france et l'angleterre (puis la grande-bretagne) forment un couple historique turbulent ! les relations qu'entretiennent les deux etats depuis leur apparition au milieu du moyen age ont cependant été marquées, au fil de phases d'hostilité ou de rapprochement, par des échanges permanents d'hommes, de produits et d'idées.
    c'est sur ce dernier thème qu'ont travaillé les dix-neuf chercheurs dont les contributions sont ici réunies. ils envisagent les transferts, les appropriations ou les rejets des deux côtés du channel dans les domaines les plus variés : innovations administratives, idées politiques ou intellectuelles, techniques les plus spécifiques, ou encore concepts historiques... ils s'attachent à reconstituer les flux de notions, de représentations, ou d'images de part et d'autre de la manche, qui ont toujours été maintenus y compris dans les périodes les plus tendues de l'histoire.
    ainsi sont restituées quelques-unes des pages d'un dialogue intense - même s'il est parfois conflictuel -, essentiel à la compréhension de l'histoire culturelle européenne.

  • Etude du problème anthroponymique particulier des enfants trouvés, considérés le plus souvent comme sans nom. Analyse la quête des origines par ces anciens pupilles ou leurs descendants. Tente de relier les pratiques de dénomination par l'évocation des destins de ces sans nom et sans passé à travers les archives européennes.

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  • " la politique jalouse des souverains médicis fut cause d'un grand vide dans notre histoire " : l'indignation manifestée par anton filippo adami en 1756 met en lumière l'un des éléments les plus intrigants du règne des grands-ducs médicis au xviie siècle : la disparition de l'histoire.
    où le temps de la commune florentine avait été caractérisé par une profusion de récits mettant en scène l'histoire de la patrie, le principat des grands-ducs, issus d'une branche cadette de celles des glorieux ancêtres - côme l'ancien et laurent le magnifique - font des res facta un récit tabou.
    où trouver l'origine de ce " vide " ? doit-on l'attribuer au statut inédit des médicis dans l'europe des princes ? en effet, comment une famille de banquiers, nés sous la république, faits ducs à l'issue d'une guerre contre leur propre patrie, aurait-elle pu se doter d'une histoire dynastique satisfaisante ? la " raison d'état " a-t-elle, par une censure efficace, cherché à protéger et à construire le secret de la famille au pouvoir ? mais comment expliquer, alors, la frénésie de copie et de recherche d'archives concernant la période républicaine qui s'empare au même moment des patriciens florentins, sans que le pouvoir s'en inquiète oe
    ces questions sont au coeur d'une enquête où la florence baroque apparaît peu à peu comme " hantée " par les grands spectres républicains.

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  • Comment l'ordinateur a-t-il été inventé ? Comment s'est diffusée l'informatique ? Comment une technique donne-t-elle naissance à une science ? Comment stimuler ou freiner l'innovation ? Pourquoi la France, où l'on prétendait en 1947 avoir une « avance théorique » en calcul électronique, a-t-elle dû, vingt ans après, lancer un Plan Calcul pour rattraper son retard ?

    Fondé sur une ample documentation française et étrangère souvent inédite, ce livre est un essai d'histoire comparée. On découvre que la France est le seul de tous les pays industrialisés où la recherche publique n'ait pas réussi à construire d'ordinateur durant la période pionnière, avant 1960, dans un contexte caractérisé par les séquelles de la guerre, par les spécificités du milieu mathématicien français et par la faible demande de calcul au début de cette période, faiblesse elle-même liée à la situation des industries électrique et aéronautique.

    L'informatique s'y est cependant développée grâce aux initiatives d'universitaires, véritables entrepreneurs de science, qui collaboraient avec des industriels novateurs et avec les services techniques civils ou militaires - cela souvent dans le cadre régional de véritables pôles d'innovation. Ils ont bientôt dû faire face à l'explosion de la demande du marché du travail, qui réclamait toujours plus d'informaticiens.

    Au cours des années 1960-1970, on est passé progressivement du calcul électronique, outil au service des ingénieurs et des mathématiques appliquées, à la construction d'une discipline nouvelle, l'informatique, qui recomposait le paysage scientifique. Cette évolution ne s'est pas effectuée sans résistances ni controverses. Elle s'est accomplie parce qu'elle correspondait à la fois à la nécessité de formaliser les savoirs pour les enseigner, à la volonté modernisatrice des dirigeants de la politique scientifique et au besoin de mieux comprendre ce que l'on faisait en concevant des systèmes informatiques, afin d'améliorer les performances des ordinateurs et d'étendre leurs champs d'application dans l'économie et la société. Une science émerge pour maîtriser des techniques d'une extrême complexité : il n'y a rien de plus pratique qu'une bonne théorie.

  • Offrir des mélanges, faire une leçon inaugurale, écrire une lettre de recommandation, présenter un poster, ce sont là quelques exemples des nombreux rituels et genres du savoir qui font le sujet de ce livre.
    Relevant de l'ordre symbolique aussi bien que scientifique, ils sont le lieu d'une exploration originale du monde universitaire, depuis le XVIIe siècle jusqu'à nos jours. L'étude de ces pratiques exceptionnelles ou ordinaires révèle les règles, souvent implicites, qui organisent la communication du savoir. Elle montre les configurations fascinantes qui, hier comme aujourd'hui, se créent entre l'écriture, l'imprimé, la parole, le geste, l'image.
    Une authentique culture multimédia se déploie au-delà les bornes de la civilisation du livre : dans les opérations intellectuelles, écrire et imprimer vont de pair avec parler, voir et montrer. Au fil des formes et des civilités régissant la vie savante, ressortent les liens multiples qui unissent des personnes entre elles et dessinent des communautés vivantes avec leurs autorités, leurs légendes, leurs panthéons.
    Un univers fortement contrasté apparaît, où les émotions ont place à côté de la raison, où l'oeuvre la plus individuelle a une dimension collective, où la générosité entre dans l'économie du savoir. Sous le signe des passions académiques, se révèle l'ambivalence d'un monde fait de jeux de pouvoir violents et de sentiments tout aussi puissants.

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