Littérature générale

  • Au fil de la deuxième pièce de théâtre que donne Jean-Noël Jeanneney, se dessine le personnage puissant d'un escroc de haut vol, à la veille de la première guerre mondiale. Henri Crochette, tel Madoff de nos jours, a fondé sa prospérité sur la naïveté d'épargnants qu'il convainc en les rétribuant grâce à la création de nouvelles affaires creuses qu'il lance sans relâche. Crochette a fini par se persuader lui-même de son propre génie de bienfaiteur. L'intrigue bascule au moment où il trébuche et où s'effondre son château de cartes. Parmi le monde des gogos et des médiocres maîtres-chanteurs, poursuivi par l'hostilité des grandes banques, il a tracé son chemin, sûr de lui et arrogant. La faille fatale est celle d'une confiance que, dans la solitude de son génie maléfique, lui qui n'a pas de fils, il place imprudemment dans un garçon qui a croisé sa route dans des circonstances rocambolesques et qui tout en l'admirant, le compromet et le fait tomber.

  • « Que nul ne s'y trompe ! cette pièce est une fable », avertit l'auteur. Toute ressemblance avec des personnages réels est naturellement fortuite. Mais l'histoire de ce panda disparu et retrouvé ne cesse pas de conduire joyeusement à la politique, à la diplomatie, à l'écologie, parmi un tourbillon de surprises qui bousculent sans relâche les personnages. Avec, d'un bout à l'autre, les caprices du secret (tel qu'imposé, instrumentalisé, débusqué). Voici la troisième oeuvre théâtrale de Jean-Noël Jeanneney.

  • Voici un dialogue imaginaire, le 27 et le 28 juin 1944, entre Léon Blum et Georges Mandel, livrés par le régime de Pétain aux Allemands, et emprisonnés dans une petite maison proche du camp de concentration de Buchenwald. Ils y sont demeurés ensemble près de quatorze mois à partir du printemps 1943. Apprenant le meurtre de Philippe Henriot, ministre de l'Information de Vichy, accompli par la Résistance le 28 juin 1944, ils pressentent que l'un d'entre eux va être livré à la mort par représailles. C'est Mandel qui va être renvoyé en France, livré à la Milice et assassiné en forêt de Fontainebleau, le 7 juillet. Léon Blum, après s'être attendu constamment à subir le même sort, survivra. Les deux hommes, au fil des péripéties de leur angoisse et de leur espoir, confrontent leurs visions du monde et de la politique, en se référant aux deux grands hommes dont ils se veulent les disciples: Jean Jaurès pour l'un, Clemenceau pour l'autre - si bien que leur dialogue paraît souvent s'élargir à quatre voix.

  • Toujours à l'avant-garde, Max Aub livra trois monologues précurseurs en leur temps. Le premier annonce la tragédie des Juifs dans l'Europe Allemande, le deuxième la confrontation entre l'idéologie communiste et l'empire américain, le troisième le désenchantement du monde avec le dépérissement de la croyance religieuse.

    Il n'y a pas si longtemps.
    Écrit dès 1939, ce monologue met en scène une femme juive qui vit dans un taudis de Vienne. Emma raconte de manière poignante l'assassinat de son mari en camp de concentration et la mort de leur fils pendant la guerre d'Espagne. Dans une Vienne en proie à l'antisémitisme, elle a été expulsée de son appartement et résiste avec une grande dignité à la tragédie dont elle ignore qu'elle n'en est qu'à ses prémices.

    Le discours de la place de la Concorde.
    Publié dès 1950, ce discours est prononcé par un Suisse qui s'adresse à Truman et à Staline. Mais faute de les avoir en chair et en os, l'orateur met sur l'estrade deux pantins pour les représenter.

    Le Monologue du pape.
    Parue aussi en 1950, cette confession du pape montre le souverain pontife en proie au doute qui « va et vient comme d'énormes chauves-souris à la tombée du jour ». En tête à tête avec Dieu, il lui demande, avec une fureur burlesque, de décider de la fin du monde, tout en lui reprochant d'avoir abandonné l'humanité.

  • Un roman sur Balzac, unique en son genre: mêlant fiction et faits réels, Rosa Romano Toscani, dans ces pages, propose un portrait de Balzac - sans du reste le nommer - vivant et palpitant, à travers les souvenirs d'un prétendu majordome.

  • - Écoute ça ! Écoute ça !
    Son ami la tire rapidement vers la radio qu'il a emportée dans ses bagages et qu'il a réussi à brancher. Solange tend l'oreille. Du poste lui parvient une voix nasillarde et lointaine qu'elle ne reconnaît pas.

    «Nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là. Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi. Quoi qu'il arrive, la flamme de la Résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas».

    C'est la première fois que Solange entend la voix et le nom du général de Gaulle.

  • Treize récits par lesquels Jean-Philippe de Garate revisite sa mission de juge des enfants. Un parcours difficile, dur, éprouvant, commencé - il y a bien des années - au coeur de l'antique palais de justice de Paris et continué dans les tribunaux les plus sombres du Nord de la France.
    Appelés à protéger les mineurs démunis, désarmés, maltraités...
    Parfois délinquants, voire criminels, « les juges des enfants doivent décider, mais parfois aussi ne pas décider, et laisser faire selon les circonstances », car l'âge tendre est riche de ressources insoupçonnées.
    La résilience se joue des tragédies les plus cruelles, la résistance à la bêtise bureaucratique peut l'emporter, la fuite face aux parents toxiques s'organiser, le mensonge que l'amour d'un père rend nécessaire, tomber... En toile de fond, l'Afrique, Neuilly, Lille ou Cambrai, une palette infinie. En fin de course une fleur, piétinée, mais aussi renaissante, celle d'une vie qui commence.

  • Paulina c'est l'histoire inoubliable d'une clandestine arrachée à la misère de ses origines et lâchée dans un riche pays occidental abruti par la télévision et la corruption : l'Italie. Alors âgée d'à peine dix ans, Paulina est réveillée au milieu de la nuit et est contrainte à voyager, avec cent-cinquante passagers, dans un ancien chalutier qui autrefois fournissait langoustes, rougets, crabes et espadons aux restaurants de la côte. « Bousculée comme un bagage qu'on est obligé à porter », elle débarque ainsi sur les côtes italiennes.
    Sans être victime d'un réseau d'exploitation, une série d'épisodes de dégradation humaine ainsi que son incapacité de jugement, vont la transformer en une « baby-prostituée », prête à satisfaire les perversions d'hommes privés de toute inhibition morale. L'amitié avec une fille de son âge va réveiller ses souvenirs d'enfance, du temps où elle était aimée par ses parents. Sa conscience va l'amener à se construire une personnalité propre sans toutefois réussir à lui épargner les horribles conséquences du crime qu'elle subit. Un homme d'affaires, « ses amis habillés en gris » et un homme au sommet de sa carrière contribuent, de différentes manières, à la faire sombrer dans l'abîme. Elle va cependant s'en sortir grâce à son intelligence et à l'aide d'une partie de l'humanité pas encore corrompue.

  • L'idée d'imaginer Marcel Proust pratiquant avec adresse et ferveur un art martial ne s'impose pas d'emblée à l'esprit. Claquemuré dans une pièce cloisonnée de plaques de liège, engoncé dans sa robe de chambre et prisonnier de son asthme qui va lui faire garder sa chambre pendant des années, l'écrivain incarne plus l'idéal romantique de l'artiste qui sacrifie tout à son uvre, que l'athlète soucieux de sa forme physique et de ses performances. Pourtant, c'est en lisant ce petit roman plein d'humour et en découvrant l'histoire de Paul et d'Elodie qu'on va comprendre que ce qui semble impossible et inimaginable ne l'est pas vraiment, et qu'il existe des domaines où les arts les plus opposés peuvent, par une curieuse alchimie, se rencontrer et donner naissance à quelque chose de précieux et de rare. C'est donc avec plaisir et étonnement qu'on découvrira cette histoire d'amour improbable entre une passionnée de littérature, inconditionnelle de Marcel Proust, et un jeune pratiquant d'arts martiaux ne s'intéressant qu'à Bruce Lee et aux films de Kung-Fu...

  • Déjà en 1995, en France, le gazole augmentait, on parlait de la pollution du diésel et la technocratie régulatrice était en marche. Écrite il y a vingt-cinq ans, cette dystopie imagine un mouvement social qui ressemble étonnamment à celui des Gilets Jaunes et raconte tout ce qui en est découlé pour une prospérité renouvelée du capitalisme.

  • « Les fleurs blanches des pommiers de Hyde Park éclatent contre un ciel bleu sombre, traversé d'orages et de nostalgies.
    Qu'importe. Au bout du voyage il n'y a pas une ville mais une femme, dont la simple présence suffit à combler la ville, à lui donner un sens. Londres n'est qu'un labyrinthe dont l'issue est Julia : toutes les rues convergent vers Kensington. Il n'y a plus de temps mais une distance à franchir, un point à atteindre, une durée que l'urgence mesure douloureusement ».

    Une histoire d'amour qui est aussi une quête de son identité et de son double. Lucidité et passion, doutes et évidences, plénitude sans cesse trouvée et perdue : les contradictions s'accumulent pendant que Julia et Alexandre se cherchent entre Paris et Londres, les absences et les voyages, les mots et les ellipses, les livres, les tableaux et les scènes de théâtre. L'errance géographique et métaphorique de deux êtres enfantins et exigeants qui refusent d'accepter cette vérité rimbaldienne, que la vraie vie n'existe pas.

  • Chaque généalogie a pu être touchée par l'immigration. Souvent poussé par la misère, l'ancêtre partait vers la terre promise. Un nom de famille peut révéler une histoire d'hommes unis au-delà des croyances et des horizons. Rosario, le personnage de ce livre, a quitté sa Calabre natale pour rejoindre ses frères déjà installés à New- York. À travers les moments importants de sa vie, ce récit nous relate le parcours peu banal d'un immigré italien. Avec simplicité, il nous transporte dans son quotidien rempli de rencontres touchantes, d'anecdotes drôles, mais aussi d'évènements dramatiques. Animé par la volonté farouche de s'en sortir, le héros nous livre une remarquable leçon de foi, d'espérance et d'amour.

  • À la mort de sa grand-mère, Serena, la narratrice, hérite d'un appartement de neuf pièces situé à Bastia. Inspirée par les lieux de ses origines, poursuivant, à travers la trame de son histoire, le fil rouge énigmatique et terrifiant d'une tragédie personnelle, elle nous invite à partager son questionnement du réel en une vision poétique du monde. Explorant la mémoire de ces pièces, au cours de l'écriture, elle nous livre de petites scènes du passé, souvent poignantes, parfois cocasses, dont la signification se trouve intimement liée au caractère des personnages, et finit par rassembler, parmi les souvenirs, drames et témoignages d'époques différentes.

  • La vie de Gustave serait d'une extrême banalité si le hasard ne plaçait pas sur son chemin d'étranges rencontres.
    Si chaque homme porte en lui un imaginaire façonné dans l'enfance, certains, les plus pragmatiques, le mettent de côté alors que d'autres, les rêveurs, lui laissent une place de choix. Gustave est de ces derniers et c'est un maître de la godille entre la réalité et son monde onirique. C'est ainsi que, partagé entre son imagination et les exigences de la vie et les renoncements qu'elle impose et auxquels la sagesse commande de consentir, Gustave se laisse entraîner dans un voyage qui le mènera aux confins du monde.

  • Ceci n'est pas un essai ni une biographie, ce livre est une promenade du côté de chez Céline. D'une écriture élégante et selon un tempo, lent ou saccadé, l'auteur trace, à l'aide de touches de couleur, un portrait original de Céline. L'esprit de procès est banni pour cette oeuvre controversée. Le lecteur suit Céline le long d'une vie menée telle celle d'un baladin.

  • Deux musiciens, Anna et Pietro, engagés pour un concert doivent mettre au point un programme inédit. Pour eux, ce sera le début d'une aventure passionnante : la découverte d'un compositeur à travers son oeuvre.
    Le roman retrace l'existence d'un mystérieux personnage - M, en réalité Giuseppe Maria Marangoni (1866-1945) -, célèbre contrebassiste inexplicablement disparu de la scène musicale italienne et internationale pendant près d'un siècle, après une brillante carrière en Italie et aux Amériques.
    Tout au long du récit, sa musique émerge peu à peu du silence où elle a été ensevelie, devient le fil conducteur qui relie les différents épisodes et tisse un lien entre le passé et le présent. Les trois personnages vivent de musique et se rencontrent en elle à travers le temps.
    Des descriptions de paysages, des atmosphères raréfiées, des personnages scrutés d'un regard à la fois profond et léger étoffent le récit, et la musique de Marangoni innerve certaines pages, constituant la véritable trame dans le canevas de l'écriture.

  • « L'affaire ressuscita vingt ans plus tard.
    Certain candide, découvrant le roman dans un grenier et saisi d'admiration, le fit relire et propagea un nouveau succès.
    Les rééditions emplirent les étals des libraires, et réveillèrent les blessures des plus âgés, qui, jadis, avaient découvert avec enthousiasme ce livre, ce livre qui avait, si exagéré que cela paraisse, gâché leurs existences. Or il se trouvait que son auteur était toujours en vie : le moment était venu de le faire parler, pour de bon et par tous les moyens. »

  • « Il appartient, par sa naissance, à ce mois de septembre qui annonce le déclin de l'année et les premières journées grises et brumeuses. Sa journée de travail terminée, il se dirige vers l'un des bus de l'usine qui va le déposer à l'entrée de la ville.» Ainsi commence l'histoire d'un homme sensible à l'approche de l'automne, saison entre toutes préférées et qui a trouvé son égalité d'âme dans la solitude et le bien-être que lui procurent l'étude en général et la lecture en particulier. Dans sa « chambre-refuge », son île, sa tanière, il est comme abrité dans un chaud vêtement où il peut restaurer sa sérénité. Il s'y sent bien, pour lire, écrire et méditer, entouré de ses livres et de la quiétude de ses objets familiers.
    Rien ne devrait altérer un rythme de vie si bien établi. Demain, un jour entre les autres, il s'accordera une journée de repos, une pause, qu'il multiplie ces derniers mois.

  • Quel que soit le récit, il se doit de commencer par une scène idyllique dépeignant un bonheur paisible et sans nuage pour mieux laisser craindre un malheur sous-jacent qui ne devrait pas tarder à frapper, le drame qui se noue et dont on ne perçoit rien encore. Je déroge à cet effet littéraire en commençant par une longue scène d'effroi, celui que j'ai ressenti en partant de chez moi pour prendre le Grande Anversa.
    Après un moment d'euphorie dans les jours suivant l'achat de mon billet, je me mets à douter secrètement de l'opportunité de ce voyage, doute qui se transforme en crainte, puis en frousse pure et simple, je suis progressivement envahi par la peur croissante de l'inconnu, de l'insécurité, des défaillances ou des douleurs de ce corps qui vont complètement pourrir mon plaisir. J'en arrive au point où le capitaine m'abandonne dans un port perdu au fin fond de la Turquie où je me fais voler mes papiers, mon argent, obligé de mendier pour gagner Istanbul et trouver le Consulat (penser à prendre l'adresse) ou condamné à une mort solitaire et atrocement pénible dans un bidonville au fin fond de la Mer Noire. « L'arrogance obscène de l'imbécillité triomphante », rend Paris irrespirable, il faut bien s'en soustraire. Partir, c'est aussi le plaisir d'aller à la rencontre de l'inconnu, quitte à connaître l'inconfort, la solitude. Richard Laborier se laisse alors transporter dans un monde où les distances et les conventions sont abolies, dans ces grands cargos surchargés de voitures ou d'énormes containers métalliques, cette arrière-cuisine de la société de consommation mondialisée. Interrogeant le muet horizon de la pleine mer, il débarque enfin dans des ports commerciaux fades et inhospitaliers, qui pourtant le fascinent. Ces lettres, conçues pour des amis restés à quai, constituent un journal de ces voyages, drôle, fin, intelligent... « Donc, je cargote et je me fiche complètement que ce soit à la mode ou non. »

  • Ce livre est un témoignage insolite et poignant. Alors que le Cambodge vient d'obtenir l'indépendance du protectorat français, une très jeune et jolie femme française y débarque pour rejoindre son mari qui vient d'entamer une carrière de diplomate. C'est l'année 1947 et, contrairement à son voisin le Vietnam où la rébellion gronde, le Cambodge bouddhiste et francophile est un havre de paix. Le couple y connaît, assez vite, le charme de la vie provinciale et le privilège de faire partie du petit groupe des familiers du roi Norodom Sihanouk, lequel étant âgé de vingt-cinq ans aime bien la danse et les chevaux. La jeune femme vit à l'ombre de son mari, se contentant d'une vie tranquille sans secousses - « les jours, occupés de petits riens, passent vite » -, elle nettoie les crottes de souris et chasse les cafards, meuble sa maison, lit Proust, Zola, Balzac, écrit des lettres et confie au journal quelques pensées plus intimes. Au fil des jours sa personnalité se dessine.

  • Bicentenaire de l'arrivée de Napoléon : l'auteur raconte, dans ce livre, son périple et sa mission peu ordinaire de signer un accord sur les Domaines français de Sainte-Hélène avec le gouvernement local, tout en imaginant la vie du détenu, et en situant le personnage dans les débats politiques contemporains. L'émotion que provoquent naturellement les lieux chargés d'histoire, à Sainte-Hélène, est décuplée par l'extrême isolement de l'île et Mendelson, loin de récuser cette émotion, se laisse conduire par l'épopée chantée par Victor Hugo.
    Au-delà de la légende ou du parti pris, il examine les raisons de la vivacité des débats sur la Révolution et l'Empire dans lesquels prennent racine nombre d'aspects de la France contemporaine. Robespierre et Napoléon, avec leurs fulgurances comme leurs fautes - et parfois leurs crimes -, ne demeurent-ils pas les personnages les plus clivants de notre histoire, déclenchant toujours, deux siècles plus tard, haine ou adulation, critique systématique ou admiration .

  • Les anciens attribuaient à l'apparition héliaque de Sirius, l'étoile la plus brillante de la Constellation du Grand Chien, de puissants effets sur le monde.
    Est-ce cette étoile qui pousse Adam à quitter dans la nuit la résidence francilienne de son épouse Judith, abandonnant la rédaction d'un article sur un candidat populiste aux élections présidentielles, pour répondre à l'appel au secours de son ami généticien qui vit au Havre, sans pourtant empêcher sa fin tragique ? Puis, sur le chemin du retour, à s'arrêter à Mantes-la-Jolie pour y retrouver Aïcha, une ancienne maîtresse qui le supplie de lui ramener son fils, embringué dans une émeute urbaine ? Enfin, à son retour, fatigué par ce « road movie » nocturne, à s'endormir et rêver d'un monde à reconstruire, d'une fuite au désert et d'une vie nouvelle ?
    Canis Major est le roman souvent cynique, parfois drôle, d'une génération qui a perdu ses rêves de jeunesse mais chez qui persiste l'espoir de « découvrir ce lieu secret, en nous-mêmes, à partir de quoi eut été possible une aventure humaine toute différente », comme l'écrivait Jean Genet. Une aventure qui serait d'abord et avant tout morale.

  • Dans ce court récit autobiographique, ponctué par les magnifiques dessins d'Evelyne Carubini, l'auteur Arlette Bach-Moati nous entraîne sur les traces d'une enfance heureuse ; mais qu'on ne s'y trompe pas, ici pas de pathos ni nostalgie, mais l'évocation de lieux à travers une époque, une atmosphère, des odeurs, non sans humour parfois, de sa belle cité antique d'Arles.
    Et c'est pour le lecteur un bonheur de la suivre sur ce chemin et de goûter aux bonnes navettes d'avant...

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