Portaparole

  • Histoire d'une passion interdite à la Cour des Valois, La princesse de Montpensier (1662) est le premier texte narratif de Madame de Lafayette, la plus grande romancière du XVIIe siècle français. Chef-d'oeuvre de la nouvelle historique, elle fixe les règles d'un genre destiné à une grande fortune. Bien que celà soit un coup d'essai, elle affiche déjà tous les traits marquants de l'univers de l'auteur: l'analyse impitoyable des passions, saisies dans leur muet langage et dans leur égoïsme inconscient, le pessimisme moral, la critique des valeurs aristocratiques. Mais ces thèmes acquièrent une résonance d'autant plus grande que l'écriture est sobre, dépouillée, subtilement allusive. Une intrigue amoureuse entre histoire et fiction qui devient l'emblème atemporel de la fragilité du moi, incapable de s'analyser et de préserver son équilibre face à l'émergence d'instincts obscurs. La nouvelle a inspiré récemment le film de Bertrand Tavernier.

  • Un coeur simple

    Gustave Flaubert

    Un Coeur simple ouvre le recueil de Trois contes, écrits entre 1875 et 77, époque où Flaubert est harcelé par les tracas financiers de sa nièce adorée, et risque de perdre sa grande maison de Croisset. Une fois le danger passé il se consacre à ce récit où il raconte l'histoire d'une servante prête à sacrifier sa vie aux autres, incapable d'avoir une vie à elle. Jeune elle s'éprend d'amour pour Théodore qui l'abandonne. Puis elle sera une deuxième mère pour Paul et Virginie, les deux enfants de Madame Aubain, qui lui causeront de grands chagrins. Elle aura une grande affection pour son neveu Victor, qui disparaîtra après s'être embarqué. Un jour sa patronne recevra comme cadeau un perroquet, qu'elle n'aime pas et lui donna. Félicité sera alors heureuse, au perroquet elle donnera toute son affection qu'elle croira partagée.

  • Caïn

    Lord Byron

    Caïn, publié en 1821, n'est pas une tragédie au sens classique du terme mais un « mystère » métaphysique aux tonalités baudelairiennes, où dominent les thèmes de la révolte, de la faute et de la culpabilité. Cette pièce noire, tourmentée, qui fit scandale lors de sa parution, fut encensée par Goethe et Shelley et, un siècle plus tard, par Tomasi di Lampedusa.

  • Ce livre rapporte fidèlement une enquête de journaliste, qui reconstitue le parcours tourmenté et la découverte du «vieux manteau déchiré« de Marcel Proust, celui-là même que l'écrivain a porté pendant de longues années au point qu'il est devenu inséparable de sa légende, et que des écrivains de son époque, comme Cocteau et Morand, ont décrit dans les belles pages qu'ils lui ont consacrées.
    En bonne journaliste, fascinée par le mystère des événements et des coïncidences qui ont marqué ce parcours, Lorenza Foschini nous introduit dans le monde fascinant du Collectionneur prêt à tout pour mettre la main sur des objets, des manuscrits, des éditions rares ou d'autres choses provenant d'écrivains qui ont marqué l'histoire de la littérature. Avec sa connaissance profonde de l'âme humaine, l'auteur met en lumière, en retraçant l'histoire de ce manteau et d'autres objets (meubles, lettres, photos, livres rares), une «histoire« de famille, mystérieuse et passionnante.

  • Au fil de la deuxième pièce de théâtre que donne Jean-Noël Jeanneney, se dessine le personnage puissant d'un escroc de haut vol, à la veille de la première guerre mondiale. Henri Crochette, tel Madoff de nos jours, a fondé sa prospérité sur la naïveté d'épargnants qu'il convainc en les rétribuant grâce à la création de nouvelles affaires creuses qu'il lance sans relâche. Crochette a fini par se persuader lui-même de son propre génie de bienfaiteur. L'intrigue bascule au moment où il trébuche et où s'effondre son château de cartes. Parmi le monde des gogos et des médiocres maîtres-chanteurs, poursuivi par l'hostilité des grandes banques, il a tracé son chemin, sûr de lui et arrogant. La faille fatale est celle d'une confiance que, dans la solitude de son génie maléfique, lui qui n'a pas de fils, il place imprudemment dans un garçon qui a croisé sa route dans des circonstances rocambolesques et qui tout en l'admirant, le compromet et le fait tomber.

  • Fräulein Else est une nouvelle d'Arthur Schnitzler, publiée en 1924, rédigée selon la technique du monologue intérieur, à travers laquelle l'auteur révèle les pensées les plus profondes de la jeune protagoniste.
    Else, qui a dix-neuf ans, appartient à une famille bourgeoise de la Vienne fin de siècle. Son père, avocat, a une addiction au jeu.
    Pendant des vacances dans un luxueux hôtel, à San Martino de Castrozza, la jeune fille reçoit une lettre lui annonçant la tragique situation financière de son père. Il n'y a qu'un moyen pour sauvegarder l'honneur de la famille et préserver son père de la prison : se procurer en vingt-quatre heures trente mille florins. La solution :
    Demander de l'argent à un certain von Dorsday, riche marchand qui loge dans le même hôtel et qui n'est pas indifférent au charme de la jeune fille. Mais « tout a un prix en ce monde ».

    Edité et présenté par Maurizio Basili.

  • « Que nul ne s'y trompe ! cette pièce est une fable », avertit l'auteur. Toute ressemblance avec des personnages réels est naturellement fortuite. Mais l'histoire de ce panda disparu et retrouvé ne cesse pas de conduire joyeusement à la politique, à la diplomatie, à l'écologie, parmi un tourbillon de surprises qui bousculent sans relâche les personnages. Avec, d'un bout à l'autre, les caprices du secret (tel qu'imposé, instrumentalisé, débusqué). Voici la troisième oeuvre théâtrale de Jean-Noël Jeanneney.

  • Voici trois histoires de drôles d'oiseaux. Elles ne se ressemblent pas et pourtant elles racontent chacune la difficulté qu'il y a parfois à vivre ensemble. Entre les glaces des pôles et les forêts de nos pays, ces histoires parlent du respect que l'on doit à son voisinage.

  • Voici un dialogue imaginaire, le 27 et le 28 juin 1944, entre Léon Blum et Georges Mandel, livrés par le régime de Pétain aux Allemands, et emprisonnés dans une petite maison proche du camp de concentration de Buchenwald. Ils y sont demeurés ensemble près de quatorze mois à partir du printemps 1943. Apprenant le meurtre de Philippe Henriot, ministre de l'Information de Vichy, accompli par la Résistance le 28 juin 1944, ils pressentent que l'un d'entre eux va être livré à la mort par représailles. C'est Mandel qui va être renvoyé en France, livré à la Milice et assassiné en forêt de Fontainebleau, le 7 juillet. Léon Blum, après s'être attendu constamment à subir le même sort, survivra. Les deux hommes, au fil des péripéties de leur angoisse et de leur espoir, confrontent leurs visions du monde et de la politique, en se référant aux deux grands hommes dont ils se veulent les disciples: Jean Jaurès pour l'un, Clemenceau pour l'autre - si bien que leur dialogue paraît souvent s'élargir à quatre voix.

  • Toujours à l'avant-garde, Max Aub livra trois monologues précurseurs en leur temps. Le premier annonce la tragédie des Juifs dans l'Europe Allemande, le deuxième la confrontation entre l'idéologie communiste et l'empire américain, le troisième le désenchantement du monde avec le dépérissement de la croyance religieuse.

    Il n'y a pas si longtemps.
    Écrit dès 1939, ce monologue met en scène une femme juive qui vit dans un taudis de Vienne. Emma raconte de manière poignante l'assassinat de son mari en camp de concentration et la mort de leur fils pendant la guerre d'Espagne. Dans une Vienne en proie à l'antisémitisme, elle a été expulsée de son appartement et résiste avec une grande dignité à la tragédie dont elle ignore qu'elle n'en est qu'à ses prémices.

    Le discours de la place de la Concorde.
    Publié dès 1950, ce discours est prononcé par un Suisse qui s'adresse à Truman et à Staline. Mais faute de les avoir en chair et en os, l'orateur met sur l'estrade deux pantins pour les représenter.

    Le Monologue du pape.
    Parue aussi en 1950, cette confession du pape montre le souverain pontife en proie au doute qui « va et vient comme d'énormes chauves-souris à la tombée du jour ». En tête à tête avec Dieu, il lui demande, avec une fureur burlesque, de décider de la fin du monde, tout en lui reprochant d'avoir abandonné l'humanité.

  • Histoire du voyage rocambolesque de madame de Staël depuis son château de Coppet en Suisse, devenu lieu de sa résidence surveillée, jusqu'à Londres via Saint-Pétersbourg et Stockholm (les ports français lui étant interdits). Ces manuscrits cryptés, « déguisés », selon la jolie métaphore de madame de Staël, couvrent les années 1797 à 1812 : des causes de l'exil à la fuite en Angleterre, préparée en secret, retardée par une grossesse inattendue et finalement entreprise le 23 mai 1812, quand elle monte enfin dans son carrosse - avec un éventail pour seul bagage - vers Londres.
    Pour tromper la police napoléonienne, d'une première version de ce livre, qui était d'abord un portrait de l'Empereur, madame de Staël fit faire plusieurs et différentes copies cryptées. Avec sa secrétaire elle recopia le texte sous l'apparence d'une oeuvre sur le XVIIe siècle anglais, ou de l'époque d'Elisabeth d'Angleterre, s'employant à déguiser les noms des personnages et des lieux, remplaçant Napoléon par Cromwell ou par Elisabeth 1e, le duc d'Enghien par Marie Stuart - tout le monde peint comme dans un bal masqué.

    Présenté et établi par Daria Galateria.

  • Tout le monde connaît le nom de l'écrivain Vercors, auteur de la célèbre nouvelle Le Silence de la mer, publiée clandestinement en février 1942 sous l'Occupation allemande. Ce nom est aussi associé à la création des Éditions de Minuit et à la résistance intellectuelle française face à l'oppression nazie. Derrière le pseudonyme mythique se cachait un dessinateur humoriste nommé Jean Bruller, qui avait commencé sa carrière en 1921. Cette biographie invite à mieux connaître l'artiste d'avant guerre, auteur de nombreux albums dessinés, qui se métamorphose en écrivain engagé dans la Résistance, puis après la Seconde Guerre mondiale dans la recherche d'un nouvel humanisme. Le lecteur découvrira le parcours de cet homme dont l'oeuvre est beaucoup plus riche et variée qu'on ne le soupçonne : nouvelles et romans, théâtre et essais, traductions et adaptations. Son travail d'écrivain est toujours animé par la volonté de définir l'homme comme un rebelle affranchi de la nature, solidaire de ses frères humains, toujours tendu par l'exigence morale et la quête intellectuelle.
    Dans une Europe à nouveau à la dérive, le message de Vercors redonne sens au refus, au courage, à l'engagement.

  • Telle qu'elle

    Chantal Mainguy

    À dix-huit ans, Chantal Mainguy est déjà « citoyen du monde ».
    Elle est militante à la Ligue des droits de l'Homme depuis plus de quinze ans. Elle déplore que l'intitulé de ces deux institutions chères à son coeur soit exclusivement masculin.
    Elle a eu la chance de voyager et de vivre au Moyen Orient en des temps moins violents.
    Depuis l'enfance, la poésie a été son moyen d'exprimer colères, peurs, émerveillements et élans d'amour. Ses poèmes sont drôles ou graves... Reflets de la vie, chargés d'espérance et d'amour de toute façon.

  • L´occasion de la remise de la Légion d´honneur, en cette année 2020, le journaliste Jean-Louis Montey, star de la télévi- sion, et son épouse Ariane, organisent une réception avec des amis très proches. C´est le moment pour lui de remonter le temps au fil des souvenirs. Trente ans plus tôt, en Provence, au cours d´hivers froids et lugubres : un avocat disparaît un retraité SNCF est assassiné un président de cour d´assises à la retraite est étranglé de même qu´un avocat général. Sauveur Maccia, jeune camar- guais, déjà coupable d´avoir tué une touriste allemande lors de la célèbre Féria de Pâques, est le premier suspecté. Difficile de prouver son innocence, mais le jeune journaliste, tout juste sta- giaire alors, et sa fiancé, s´en mêlent pour découvrir la vérité au-delà des apparences.

  • Paulina c'est l'histoire inoubliable d'une clandestine arrachée à la misère de ses origines et lâchée dans un riche pays occidental abruti par la télévision et la corruption : l'Italie. Alors âgée d'à peine dix ans, Paulina est réveillée au milieu de la nuit et est contrainte à voyager, avec cent-cinquante passagers, dans un ancien chalutier qui autrefois fournissait langoustes, rougets, crabes et espadons aux restaurants de la côte. « Bousculée comme un bagage qu'on est obligé à porter », elle débarque ainsi sur les côtes italiennes.
    Sans être victime d'un réseau d'exploitation, une série d'épisodes de dégradation humaine ainsi que son incapacité de jugement, vont la transformer en une « baby-prostituée », prête à satisfaire les perversions d'hommes privés de toute inhibition morale. L'amitié avec une fille de son âge va réveiller ses souvenirs d'enfance, du temps où elle était aimée par ses parents. Sa conscience va l'amener à se construire une personnalité propre sans toutefois réussir à lui épargner les horribles conséquences du crime qu'elle subit. Un homme d'affaires, « ses amis habillés en gris » et un homme au sommet de sa carrière contribuent, de différentes manières, à la faire sombrer dans l'abîme. Elle va cependant s'en sortir grâce à son intelligence et à l'aide d'une partie de l'humanité pas encore corrompue.

  • Qui est Julien Gracq ? C'est un écrivain, à part, qui a dominé la littérature du XXe siècle.
    « Plus exacte que Chateaubriand, plus musicale que Stendhal, plus sensuelle que Proust », son écriture visuelle et charnelle enchante.
    Qu'il s'agisse de romans, de récits, de nouvelles ou d'autres genres littéraires, la précision de son écriture « est toujours possédée de l'intérieur par la poésie ». Le romantisme allemand, la littérature fantastique et le surréalisme ont fortement inspiré l'univers Gracquien et fait naître « ce sentiment magique » que nous éprouvons à le lire.
    Julien Gracq s'inscrit, sans conteste et sans aucun doute, comme le meilleur des paysagistes qui a hissé au sommet de la littérature française l'art d'évoquer les lieux. Cet homme du retrait, secret, éloigné des médias jusqu'à l'oubli n'offrira que de rares conférences et interviews. Le physique mince aux allures d'ascète, il apparaît sévère, même austère, dans sa veste à chevrons gris. Sur les photos auxquelles il a dû se soumettre, l'objectif paraît le saisir à contrecoeur avec souvent une lueur d'ironie à la commissure des lèvres. Ce livre se propose de faire découvrir l'oeuvre et l'itinéraire du « dernier de nos classiques ».

  • L'idée d'imaginer Marcel Proust pratiquant avec adresse et ferveur un art martial ne s'impose pas d'emblée à l'esprit. Claquemuré dans une pièce cloisonnée de plaques de liège, engoncé dans sa robe de chambre et prisonnier de son asthme qui va lui faire garder sa chambre pendant des années, l'écrivain incarne plus l'idéal romantique de l'artiste qui sacrifie tout à son uvre, que l'athlète soucieux de sa forme physique et de ses performances. Pourtant, c'est en lisant ce petit roman plein d'humour et en découvrant l'histoire de Paul et d'Elodie qu'on va comprendre que ce qui semble impossible et inimaginable ne l'est pas vraiment, et qu'il existe des domaines où les arts les plus opposés peuvent, par une curieuse alchimie, se rencontrer et donner naissance à quelque chose de précieux et de rare. C'est donc avec plaisir et étonnement qu'on découvrira cette histoire d'amour improbable entre une passionnée de littérature, inconditionnelle de Marcel Proust, et un jeune pratiquant d'arts martiaux ne s'intéressant qu'à Bruce Lee et aux films de Kung-Fu...

  • Un roman sur Balzac, unique en son genre: mêlant fiction et faits réels, Rosa Romano Toscani, dans ces pages, propose un portrait de Balzac - sans du reste le nommer - vivant et palpitant, à travers les souvenirs d'un prétendu majordome.

  • Treize récits par lesquels Jean-Philippe de Garate revisite sa mission de juge des enfants. Un parcours difficile, dur, éprouvant, commencé - il y a bien des années - au coeur de l'antique palais de justice de Paris et continué dans les tribunaux les plus sombres du Nord de la France.
    Appelés à protéger les mineurs démunis, désarmés, maltraités...
    Parfois délinquants, voire criminels, « les juges des enfants doivent décider, mais parfois aussi ne pas décider, et laisser faire selon les circonstances », car l'âge tendre est riche de ressources insoupçonnées.
    La résilience se joue des tragédies les plus cruelles, la résistance à la bêtise bureaucratique peut l'emporter, la fuite face aux parents toxiques s'organiser, le mensonge que l'amour d'un père rend nécessaire, tomber... En toile de fond, l'Afrique, Neuilly, Lille ou Cambrai, une palette infinie. En fin de course une fleur, piétinée, mais aussi renaissante, celle d'une vie qui commence.

  • Signes

    Claudine Hermant

    La mort est un dénouement heureux Une simple croche Qui nous évite les anicroches Et nous restons Avec la présence Du secret Ta présence Ô Mnémosyne !

  • Sam est à la recherche de Joe. Où qu'il puisse être. Sous quelque aspect qu'il se manifeste. Pour lui poser des questions, beaucoup de questions. Pour l'obliger une bonne fois pour toute à répondre. Pour un règlement de compte définitif. Mais Joe, où est-il ? Partout, dit-on. Cette dérobade veut tout dire, ou ne veut rien dire. Une chose est sûre - deux, même. Que Sam, pour s'adresser à lui, lui a collé un nom, le plus affectueux des noms, alors qu'il se cache derrière un voile obscur et impénétrable. Et que cette histoire a des racines assez anciennes, dont même aujourd'hui on n'entrevoit pas la fin. Un duel à mort, ou, si on préfère, un procès : Sam contre Joe. Et qui est le juge ? Le lecteur.

  • Je radote, Tu souris, Comme deux souris, Qui grignotent, Sur le pont du souvenir, Le gruyère du passé, Avec ses trous et ses saveurs.
    Que reste-t-il de nos fromage durcis par les années ?
    T'en souviens-tu, T'en souvient-il ?
    Grignotons, Grignotine, Les croûtons et les tartines des cantines.

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